Auteur : mimi yuy

Site perso (supprimer les blancs) : www . mimimuffins . com

Série : Les Bleus, Premiers pas dans la police

Disclamer : Aucun des petits Bleus ne m'appartiennent

Couple : Yann x Kevin

Bon, j'ai eu la flemme de raconter le début de l'affaire dont s'occupe Yann, prenant le parti et volonté de suivre Kevin. Mais du coup, il est vrai que je raccourci aussi les sévices de Kevin, parce que bon, ce serait toujours un peu la même chose sinon ;p (Bref, j'assume l'excuse à deux balles de ma flemmagite aiguë lol ;p)


Dernier Combat

.

3. Infiltration infiltrée

.

Au commissariat, service de la PJ, la tension était à son comble. Personne n'avait trouvé la moindre piste permettant de savoir où le lieutenant stagiaire Laporte se trouvait.

Après avoir retrouvé son portable éteint dans une salle de musculation, la fouille complète des lieux avait permit à Lyes et Nadia de découvrir son arme camouflée sous des ordures, sur le trottoir d'où débouchait une sortie de secours. Une porte reliée via un escalier commun à l'endroit même où avait été retrouvé son portable.

De là, à en déduire quoique ce soit de plus solide qu'une infinie de suppositions…

Les auditions de tous les membres du personnel n'avaient rien donné. Pas plus qu'une seconde visite à tous les proches voisins de l'immeuble.

Ils n'avaient rien !

Personne n'avait revu le lieutenant Laporte après qu'il se soit séparé de sa collègue.

Les bleus étaient dépités.

Regroupés dans la cafeteria autour d'un café voué à les aider à supporter des nuits toujours plus écourtées par leurs recherches incessantes, tous y allaient de leurs dernières idées.

- Et si on demandait de l'aide extérieur ?

- A qui tu penses Lyes ? demanda Alex. Le service des personnes disparues ? La commissaire a déjà rabattu toute la police parisienne pour retrouver un flic enlevé dans l'exercice de ses fonctions. On ne peut vraiment pas l'accuser de nonchalance sur ce coup.

- Et la haut ? explicita Nadia qui avait bien comprit où Lyes voulait en arriver.

- La haut ?

- Te fait pas plus con que tu ne l'ais Alex, je parle de la BAC. Il n'était pas maqué avec leur capitaine, notre Kevin ?

- Ils se sont séparés ! tenta de communiquer sans trop s'énerver Laura. Putain mais faut suivre Lyes !

- En plus, moi, j'ai un pote d'un pote de la cité qui m'a confirmé que le Yann il avait toujours pas reprit sa place.

Personne n'osa demander comment les « potes de cité » d'Alex, obtenaient plus facilement que Franchard ou Duval des informations non transmise à la PJ elle-même.

- Alors on fait quoi ? explosa Nadia !

- Bah on continue à chercher !! Et on ratisse la ville entière, s'il le faut ! Alex n'a qu'à mettre ses potes de la cité sur le coup, puisqu'ils sont au courant de tout !

- Ca va pas Laura, tu veux sa mort ? Ils chercheront jamais à retrouver un flic si c'est pas pour le butter.

- Rappelle-moi. C'est qui tes amis ?

*-*-*

Cela faisait déjà dix jours.

Dix putains de journées infinies qui s'étaient toutes terminées de manière immuable par un combat de nuit contre une grosse brute.

Si c'était seulement possible, les types qu'on lui faisait affronter étaient de pire en pire, tandis que lui déclinait chaque soir un peu plus. Combien de temps tiendrait-il encore ?

Sous-alimenté, perpétuellement battu, il n'avait pas une fois réussi à s'évader.

Pourtant pas faute d'avoir essayé !

Chaque jour, il tentait quelque chose et chaque fois ça se terminait par de nouveaux sévices, la privation de bouffe en première ligne.

Putain, il avait faim !!!

Chaîné au pied d'un poteau, son garde-chiourme répondant au nom de Cristobal, le détacha. Son tour était venu.

Combien de temps pourrait-il tenir ? Il n'en pouvait plus.

Trébuchant, tiré trop fort par ses chaînes, il se retint de tomber.

Le combat ce soir allait commencer !

Il ne pouvait se douter qu'au même instant, des yeux verts venaient de le reconnaître.

*-*-*

A quelques mètres de l'arène faite de grillages et située au milieu d'une usine désaffectée, un groupe d'hommes souhaitant faire affaire ensemble, se présentait.

- Klaus Berger.

- Yann Lazarrec.

- Enchanté de vous connaître ! Mon petit frère m'a beaucoup parlé de vous, depuis quelques semaines ! Comment se passe votre séjour dans la capitale ?

- Je ne suis arrivé que ce matin à Paris.

- Alors vous avez pensez venir trouver quelques divertissements avant notre échange prévu pour demain ?

- Quelque chose comme ça. Votre frère m'a laissé entendre que je pourrais trouver matière à distractions dans votre club privé.

- Effectivement, les soirées d'hiver sont plutôt riches en plaisirs cette année. Vous aimez les combats ?

- Tout dépend du genre.

Devant le mouvement du big boss, Yann le suivi vers la rambarde de leur position surélevée pour observer l'arène aperçue à son arrivée et située en contrebas. En son centre, il y découvrit deux hommes s'apprêtant à combattre. Bien qu'un peu loin, il se fit une remarque sur la ressemblance de l'un d'eux envers son ex. Mais à plus y regarder, l'impensable prit forme devant ses yeux.

C'était quoi cette merde ?!!

Que foutait Kevin dans ce plan foireux ?

Putain ! Un bleu en plein milieu de la pègre la plus dure du moment et de la région !

- Alors ? Vous en pensez quoi ?

- Plutôt sympathique. Qui sont les combattants du jour ?

- Le black vient d'une cité des environs, un free lance qui veut rentrer dans le cercle.

- Et la gueule d'ange ? Il ne semble pas en bon état.

- Lui ? Une bonne surprise. On attend qu'il perde pour le supprimer. En attendant, il nous permet de gagner pas mal de fric. Vu son état comme vous dite, personne ne croit jamais en lui. On prévoit qu'il y passe ce soir. Vous voulez parier ?

- Et comment !

Un petit sourire en biais, Yann sortit une liasse épaisse de billet de 100.

- Monsieur est généreux. Tout sur Mercure ?

Avec un nom pareil, il ne pouvait pas s'agir de Kevin.

- Non. Tout sur la gueule d'ange.

- Vous savez, il n'a vraiment aucune chance ce soir. Ca fait bien trop de jours qu'il est sur la corde.

- J'aime vivre dangereusement.

Il flippait surtout devant le spectacle se présentant à lui ! Dans quelle merde ils étaient, là ! Sur sa passerelle surplombant la cage en fer où les combattants lutaient de toutes leurs forces, il priait pour que Kevin s'en sorte. Il ne pourrait jamais lui venir en aide, s'il perdait. Trop loin de sa position, trop de monde, aucune sauvegarde et surtout aucun flingue. C'était la mort assurée pour eux deux !

Et c'était bien mal parti pour Kevin ! S'il n'avait déjà pas une commotion cérébrale avec le dernier coup reçu au visage. Depuis combien de temps il faisait ses combats ?

Etait-il en infiltration, volontaire ou entraîné dans un mauvais plan contre son gré ?

Putain ! Et pourquoi personne de la BAC ou de la PJ ne l'avait tenu au courant ?

Ca devait bien se savoir en haut lieu qu'un petit jeune venait d'entrer dans la pire galère du moment.

A force de redouter le pire pour Kevin, il ne le vit pas assener un violent coup de boule à son adversaire. Le nez éclaté, ce dernier ne tenait déjà plus en équilibre. Un coup de genou dans les couilles, un second plus haut à l'estomac et il le finit par un coup de poing d'une violence telle, que de sa position, Yann vit des dents crachées par Mercure.

En voilà un qui aurait une belle facture chez son dentiste.

- Il m'épate ce type ! Encore un ko !

- Vous m'étonnez à avoir si peu confiance en vos hommes.

- Oh. Ce n'est pas l'un de nos hommes, mais une flicaille qui en avait trop vu. Si vous saviez ce qu'il prend, le môme, depuis qu'on l'a chopé. C'est surprenant l'instinct de survit que peuvent avoir les jeunes flics de nos jours.

- Si vous le dite… Et j'ai gagné combien grâce à votre perle rare ?

- Beaucoup trop pour nous.

Se redressant de la rambarde où il était accoudé, Yann détourna les yeux de l'arène pour les river à ceux du big boss des lieux. S'il avait été choisi, pour cette infiltration, ce n'était pas sans rapport avec le fait que son homosexualité ait été mise au grand jour, suite à son agression. A la fin de son stage de remise en forme, voué à lui faire reprendre sa place de capitaine de la BAC sur Paris, une sur-section des stups l'avait contacté. En guise de remise de pieds à l'étrier, ils lui avaient proposé une infiltration dans le milieu du grand banditisme situé sur Bordeaux. Comme partout, les visages des flics du coin finissaient toujours par être connu de la pègre locale.

- Vous savez quoi ? Je garde mon fric et vous fais cadeaux des bénéfices du pari.

- En quel honneur M. Lazarrec ?

- Pour tout vous dire, savoir que votre tête blonde vient de la flicaille m'a donné une envie.

- Une envie ?

- Disons plutôt qu'un vieux fantasme est revenu subitement à moi…

- Laissez-moi deviner vous cherchez une belle plante, peut-être ?

- Comme vous le savez sûrement, je serais plutôt en recherche d'un bel éphèbe.

Le petit frère de ce Klaus Berger était gay et l'assumait comme personne. Pseudo producteur de film X sur Bordeaux, il proposait en guise de production maison, la vidéo de jeunes mecs de citée, violés en tournante. Concept, à l'image de ce qui se faisait depuis des années avec les filles. C'est pour minimiser de quelques années sa lourde condamnation, qu'il avait craché à qui voulait l'entendre ce qu'il savait sur son frère aîné, trafiquant de drogues à ses heures perdues. Bel esprit de famille…

Pour approcher le grand frère, Yann devait passer pour un ex- du cadet, débutant un petit business sur sa côte Bretonne. Et dans ce milieu, qui de mieux qu'un vrai gay pour rester naturel et ne pas trop en faire…

Les flics des stups se chargeant de cette enquête, avaient pensé bien agir en lui exposant franco les raisons de sa sélection. Lui avait encore vu en cette démarche, l'archétype même des mecs hétero qui ne comprennent pas qu'il n'y avait pas une attitude de gay et une attitude d'hétéro. Et après, la psy du service lui demandait pourquoi, ça le gonflait de faire état de ses préférences sexuelles à tout à chacun dans le cadre de son boulot.

A ce jeu-là, Kevin était un grand naïf de la vie.

Mais peu importe.

Un surprenant hasard lui permettait au moins de profiter de toutes ces pièces pour venir en aide à Kevin tout en consolidant sa couverture.

- Et vous avez un type particulier d'éphèbe qui vous vient en tête ? Beurre ? Black ? Latino ?

- Votre marchandise en bas ? Vous l'avez déjà testé ailleurs que dans l'arène ?

Un sourire copyrighté « je sais ce que je veux » sur les lèvres, et Yann attendit sa réponse, le cœur battant. En moins d'une seconde, il sut qu'il avait piqué son intérêt.

Le type lui faisant face souriait lui aussi de toutes ses dents à la seule idée de casser du flic par un pédé prêt à violer le petit hétéro bodybuildé qu'ils n'arrivaient toujours pas à plier, malgré la taille de ses adversaires.

Comme quoi, même dans la pègre on finissait par progresser du coté des mœurs. Quoique découvrir que les viols de mecs devenaient aussi courants et compulsifs que celui des filles, n'était vraiment pas sa vision du progrès !

- Je vois où vous voulez en venir.

- Et qu'en pensez-vous ?

Yann laissa l'homme échanger quelques chuchotements avec son second. Mais compris vite que c'était gagné. Déjà le bras droit, aux allures de prof de gym, demandait à l'un de ses sbires d'aller chercher la marchandise.

- Vous comprendrez que ce n'est pas dans nos habitudes de récompenser de la sorte nos gagnants. Mais celui-ci a quelques faits à expier.

- Si je peux vous rendre service tout en y prenant mon plaisir ?

- Le monde n'est-il pas parfait ?

Une poignée de main pour valider leur échange et l'homme le quitta tandis qu'ils descendaient tous deux de la plateforme.

Satisfait que le début de sa mission soit menée à bien et lui permette de passer à une partie plus imprévue, il ne vit pas Kevin se faire littéralement jeter à ses pieds. Toussant comme s'il allait arracher ses poumons, il tremblait de froid. Rien d'étonnant en le voyant seulement vêtu d'un tee-shirt en plein hiver quand lui était bien au chaud sous son épais manteau… Le sang s'écoulant de lèvres bleutées ne le rassurait pas plus. Ne pouvant afficher le moindre signe d'inquiétude, Yann observa quelques secondes ses chaussures tachées de sang, avant de les essuyer avec quelque répugnance sur le ventre d'un Kevin toujours à quatre pattes devant lui.

- Pour le prix, j'apprécierais qu'il passe au Karcher.

- Ca peut s'arranger.

A suivre.

mimi yuy