Chapitre 3
Quatre jours c'étaient écoulés et l'enquête piétinait toujours. Tous les médicaments avaient été retirés du marché et les sept cas touchés furent soignés dans les plus brefs délais. Cependant, aucunes pistes ne leur permettaient de mettre la main sur le coupable des deux meurtres par balle. Bien que Samantha semble avoir pris le poste de la deuxième victime aucun lien n'existait entre eux. Tom McLarsky avait un solide alibi, en effet il était en France le jour du meurtre de Samantha et à l'hôpital pour le deuxième. Retour à la case départ. L'horloge du poste sonna la pause déjeuner et la détective décida de rendre visita a son amie malade.
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"Hey! Salut Maur', comment tu vas?
-Mieux, répondit-elle avec une voix rauque. Je dors beaucoup mieux et maintenant que je suis sortie de cet isolement j'ai l'impression de renaître.
-Tu as intérêt à te remettre vite de ça, on a besoin de toi au poste...
-Je me doute. Au fait comment c'est passé l'anniversaire de Francki?
-On l'a repoussé pour que tu puisses venir. De toute façon personne n'avait le cœur à s'amuser avec toi à l'hôpital.
-Merci. Et ton dîner avec Dean?
-Comment tu sais ça toi? Demanda-t-elle en rougissant.
-Le médecin m'a dit que le FBI avait aidé l'avion à décoller, te connaissant cela ne pouvait être que Dean. Je l'ai appelé pour le remercier et il me l'a dit.
-Et bien... Tout c'est très bien passé...
FLASH-BACK :
La jolie brune se déshabilla et alla prendre une douche après cette journée de travail éprouvante. Le soir-même elle avait rendez-vous avec un bel agent du FBI grâce à qui son amie était encore en vie. L'homme lui avait imposé une tenue féminine, chose très rare dans la garde-robe du lieutenant. Cependant, une robe noire achetée il y a peu sembla se démarquer des autres lors des essayages. Elle était simple, avec un décolleté léger et resserrée juste en dessous de la poitrine. Elle se regarda dans le miroir et se trouva ridicule comme à chaque fois qu'elle était féminine. Elle regarda l'heure: 19h56. Dean allait arriver. La détective mit sa paire de chaussure à talon noire et attendit le son de la sonnette. Elle résonna à huit heures tapantes et Jane se précipita pour ouvrir la porte. L'homme lui offrit son bras qu'elle prit sans hésiter. Les deux amis entrèrent dans un restaurant si chic que les sanitaires devaient faire la taille de son salon. Ils prirent place à une table près de la fenêtre. La vue était magnifique. On voyait les lumières de la New Atlantic Avenue se refléter dans le Fort Point Channel. Malgré la beauté du paysage le brun n'avait d'yeux que pour une chose: la femme assise en face de lui. Lorsqu'elle s'en aperçut elle rougit légèrement et se trouva soudainement un intérêt certain pour la carte. A la fin du repas, qui fut très agréable, les deux bruns se dirigèrent vers l'appartement de la détective. L'homme monta avec elle et commença à l'embrasser.
"Ecoute Dean... J'ai passé une super soirée...
-Mais...?
-Mais c'est trop tôt pour l'instant, Casey vient juste de repartir en Afghanistan et je ne suis pas prête pour ça...
-Je comprends. Bonne nuit."
Même si un sourire accompagnait ces mots, la détective ressentir la déception qui s'en dégageait.
FIN DU FLASH-BACK
Quelques minutes de silence avaient suivi le récit de Jane.
"Je comprends. Casey, encore et toujours.
-Je sais bien que je me fais du mal en m'accrochant à lui mais je ne peux pas faire autrement."
Au fond d'elle Maura était heureuse que son amie ne soit pas allée plus loin avec Dean mais elle savait que ses sentiments n'étaient pas partagés. Casey occupait le cœur de Jane et il fallait qu'elle s'y fasse. La légiste avait décidé de ne pas révéler ses sentiments à son amie de peur que celle-ci ne s'éloigne. Elle préférait encore une amitié plutôt que rien du tout. Le téléphone posé sur la table de chevet de Maura se mît alors à vibrer et fit sursauter les deux femmes.
"Rizzoli?
-On a trouvé un suspect potentiel!
-J'arrive tout de suite!"
"Désolée Maur' on a un suspect
-Ne t'inquiète pas. Mais viens me raconter demain s'il-te-plaît.
-Pas de soucis."
Elle l'embrassa sur le front et s'en alla. La légiste se sentir apaisée et s'endormit presque aussitôt.
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"Alors qu'est-ce qu'on a?
-Korsak a finalement trouvé quelque chose dans sa poubelle.
-Vas-y raconte.
-Voilà, il n'y avait que des ordures dedans alors j'ai quand même pris la peine de faire analyser les déchets et je n'ai rien trouvé. Seulement j'ai pensé à analyser le fond de la poubelle juste au cas où...
-Et?
-J'ai trouvé du sang nettoyé, je l'ai envoyé au labo et on a un résultat:
Samantha Berkings, Derek Landword et une troisième personne.
-C'est qui?
-La femme de Mr Gardoy.
-Quoi mais qu'est-ce que son sang faisait dans cette poubelle?
-Justement on a retrouvé une chemise pleine de sang appartenant à Monsieur Gardoy.
-Très bien, allez me le chercher."
Cette avancée dans l'enquête semblait avoir motivé les troupes. Tous semblaient plus enclins à remplir la paperasse qui s'accumulait sur le bureau des agents de la criminelle.
Une trentaine de minute plus tard le directeur de "Chemicalty&cie" était en salle d'interrogatoire. Le lieutenant Rizzoli entra dans la pièce où régnait une atmosphère pesante et tendue. L'entretien fut plus violent que la première fois. Aucune formule de politesse ne sortit des bouches. Le sergent Korsak s'assit calmement à côté de la détective et posa la photo des deux cadavres et de la chemise sur la table devant le suspect.
"Nous savons que vous étiez avec les victimes lorsqu'elles ont été tuées, cette chemise vous appartient, on a trouvé des cellules épithéliales correspondant à votre ADN.
-Quelqu'un cherche à me piéger...
-Non je ne crois pas... On a trouvé les mêmes molécules dans votre ordinateur que dans celui de Samantha.
-Quoi de plus normal... J'avais découvert qu'elle faisait des recherches non autorisées alors je m'y suis intéressé.
-Pourquoi ne pas l'avoir dit?
-Je ne voulais pas salir sa mémoire...
-Bien sûr, et comment pouvait vous expliquer que le sang de votre femme soit aussi sur la chemise?
-Je ne sais pas...
-Nous avons parlé à votre femme".
Cette fois c'était Jane qui avait parlé.
"Et elle nous a tout raconté. Vous introduisiez le virus du SRAS dans les médicaments pour la toux et elle l'a découvert. Elle vous a demandé d'arrêter mais vous l'avez battue et elle a fini par se taire. Derek Landword ne l'avait pas découvert mais il sortait avec Samantha et elle lui a dit. Vous deviez les tuer pour assurer vos arrières mais il y a une chose que je ne comprends pas...
Pourquoi avoir introduit le SRAS?
-Vous ne pouvez pas comprendre...Ils me donnaient de l'argent, beaucoup d'argent. J'en avais besoin, j'ai toujours besoin d'argent!
-Vous êtes malade... Vous avez mis des dizaines de vies en jeu pour de l'argent?
-L'argent est la seule chose qui peut vous sauver dans ce monde.
-Quel est le nom de ceux qui vous ont engagés?
-Impossible que je vous le dise.
-Très bien, emmenez-moi ça!"
Le coupable sortit les mains menottées, un sourire faisant froid dans le dos lui pendant aux lèvres. Un frisson traversa la détective lorsque le directeur lui murmura à l'oreille :"Au fait, comment va votre amie?"
Comment pouvait-il savoir cela? Qu'elle rapport avait cette affaire avec Maura? Finalement, la légiste avait-elle été visée? Sans réfléchir Jane se retrouva contre MrGardoy, son avant-bras pressant sa gorge le faisant suffoquer. Korsak libéra l'assassin et retint la brune afin qu'il puisse partir sans heurts.
"Qu'est-ce qu'il t'a dit?
-Il savait que Maura serait touchée par le virus!
-Quoi mais comment c'est possible?
-Je n'en sais rien mais je vais vite le découvrir. Faites des recherches sur ses comptes. De gros virements ça ne passe pas inaperçu...
-Et toi tu fais quoi?
-Je retourne auprès de Maura. Hors de question de la laisser seule après ça!"
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Bien que le coupable ait été arrêté, le lieutenant Rizzoli n'était pas satisfait. La révélation du coupable l'avait laissé perplexe et ne cessait de l'inquiéter. Elle ne voulait pas en parler à la légiste tant qu'elle ne se sentirait pas mieux néanmoins, elle avait demandé à un policier de rester devant sa chambre. Elle avait décidé de passer la nuit à l'hôpital. Son amie se sentait mieux et le médecin lui avait annoncé que si elle continuait comme cela elle pourrait sortir dans cinq jours. La nouvelle n'avait fait que renforcer la crainte de la brune. Cela diminuait ses chances d'arrêter le criminel avant la sortie de son amie.
"Tu as l'air préoccupé ce soir.
-Excuse-moi, je pensais à l'enquête...
-Encore... Tu dois te sortir le boulot de la tête, tu devrais rentrer chez toi et regarder un bon match de baseball.
-Il n'y a pas de raison que tu restes seule dans cette chambre froide et...
-Ce n'est pas une chambre froide. Une chambre froide est un local servant à conserver à basse température des éléments tels que des aliments, des vaccins... Elle est aussi utiliser pour traiter certains meubles en bois, insectes xylophages...
-Maur'!
-Quoi, je te sors la tête du travail...
-Ce n'est pas la peine de me la remplir avec tes insectes xylophages congelés!"
A ces mots les deux femmes éclatèrent d'un rire sonore avant de se regarder dans les yeux. Les yeux verts de la légiste se noyaient dans les sombres iris de la brune. Aucune d'elles ne voulaient rompre le lien qui les rattachait. Elles se fixèrent ainsi pendant plusieurs minutes pour des raisons différentes et semblables à la fois.
"Jane... Si tu savais ce qui se passe en ce moment dans ma tête tu t'enfuirais certainement en courant sans même te retourner. Aujourd'hui je sais que je veux te voir à mes côtés pour le restant de mes jours, je ne veux plus te savoir loin de moi ou avec quelqu'un d'autre. J'ai eu tellement peur de te perdre.".Malgré la difficulté de Maura à cerner ses sentiments, un chaos semblable régnait dans la tête de son amie.
"J'ai eu peur de te perdre lors de ta maladie, j'ai peur de te perdre une fois guérie, je vis sans cesse dans cette crainte. Cette amitié me ronge de l'intérieur, faisant de moi un être faible. Pourtant ça ne me gêne pas. Tu fais ressortir tous les sentiments que j'ai enfoui au fond de moi pour me protéger. Tu m'as sauvée, à mon tour de te protéger.".
