J'ai encore un ou deux chapitres en réserve, mais ceux-ci nécessiteront une relecture approfondie, je n'aimerai pas que ma FF perde en consistance trop vite.
Ce chapitre n'est pas très long mais fait sans aucun doute monter la température (dans un sens).
SIAG : Je suis assez d'accord avec ton analyse, mais je voulais rajouter un contact supplémentaire et percevoir les choses du point de vue de Maura donc j'y ai rajouté les pieds froids haha.
CHERRY : Comme tu as pu le constater avec le chapitre précédent, je m'efforce d'alterner entre les pensées de chacune. Il faut d'ailleurs que je me familiarise davantage avec , les ¾ de mes symboles disparaissent, sur mon ordi c'est bien mieux segmenté.
Merci pour vos reviews et sur ce, bonne lecture.
Elles venaient de tomber en panne sur une petite route de campagne. Les deux jeunes femmes revenaient d'un interrogatoire à domicile en périphérie de la ville quand subitement, la voiture de fonction du lieutenant s'était arrêtée.
Jane pesta comme à son habitude, tout en trifouillant le moteur de la voiture à la recherche de la source de la panne. Maura observait à la dérobée la jeune femme, trouvant décidément cette dernière irrésistible lorsqu'elle était en colère.
- Si madame je-sais-tout daignait me donner un coup de main…
Maura s'avança, humidifia un de ses doigts pour tenter d'enlever la trace noire qui balafrait la joue de son amie.
- Pour le moteur Maura, ma joue va s'en sortir, fit-elle, amusée.
- J'aimerai bien Jane, je t'assure. Mais sans gants, ne compte pas sur moi pour mettre mes mains là-dedans !
- Regarde sous mon siège, il m'en reste peut -être. Ma joue en revanche, ce n'est pas sale ?
Maura secoua la tête d'un air désapprobateur, comme si la réponse était évidente. Elle se plaça ensuite aux côtés de Jane, lui soufflant que le problème venait plus certainement du carburateur que du moteur en lui-même. La seule réponse qu'elle obtint de la belle brune, fut un grognement.
La jeune femme observait la policière du coin de l'œil, cette dernière avait retiré son tee-shirt, laissant à la légiste la possibilité de détailler son teint halé à la perfection, son ventre plat et musclé, sa poitrine ferme retenue par une brassière de sport.
Maura ne pouvait détourner les yeux du spectacle que lui offrait son amie qui s'affairait à quelques centimètres d'elle à peine. Leurs bras se frôlaient et la jeune femme aurait juré que la tension sexuelle qui semblait se dégager ne venait pas uniquement d'elle.
Maura ouvrit brusquement les yeux mais les referma aussitôt, aveuglée par la lumière du jour. Sa tête lui faisait mal et elle se sentait inhabituellement lourde, comme entravée. Petit à petit, des bribes de son rêve lui revenaient en mémoire et elle rougit de son audace.
Cela vire vraiment à l'obsession, pensa-t-elle cependant, je rêve quasiment d'assister au strip-tease de ma meilleure amie, le tout au-dessus d'une voiture en panne. Ton imagination est digne du scénario d'une hardeuse reconvertie, soupira-t-elle.
Elle sentit une pression contre sa hanche, qu'elle n'avait pas remarquée jusqu'à présent. Le bras gauche de la brune était passé autour de sa taille, ses doigts s'étaient même emparés de son tee-shirt. Elle réalisa que la prise de Jane ne s'était pas relâchée de toute la nuit. Elle en soupira d'aise avant de se le reprocher presque immédiatement, sentant que le rêve qu'elle venait de faire l'avait excitée pendant son sommeil.
« Tu es vraiment en manque sérieux d'affection pour te réjouir de ce genre de contact physique avec ta meilleure amie, pensa-t-elle. »
Le rêve et maintenant ça. Maura oscillait entre s'interdire tout plaisir, ainsi peut-être que cette attirance passagère cesserait, et en profiter au maximum, quitte à voir ses sentiments découverts.
Jane tressauta et retira vivement son bras.
-Pardon, grommela-t-elle en se frottant les yeux. Elle lui parut gênée de ce contact involontaire.
En guise de réponse, Maura lui asséna un grand sourire, puis entreprit de s'étirer. Elle sentit le regard de Jane la parcourir, ses joues prirent feu. Lorsqu'elle eu fini, elle s'allongea sur le dos, plaça une main derrière sa tête, l'autre sur son ventre et plongea son regard dans celui de Jane. La jeune femme détourna presque aussitôt les yeux, s'enfonçant un oreiller sur la tête.
- Je crois que j'ai une gueule de bois carabinée, gémit-elle.
Jane se sentait terriblement mal à l'aise vis-à-vis de Maura. Elle s'était réveillée enlaçant sa meilleure amie. La légiste n'avait pas bronché pour autant. Peut-être ne s'en était pas rendue compte, elle qui éprouvait une profonde aversion pour les contacts physiques prolongés et pour le coup, subis.
Paradoxalement, Jane avait retiré son bras à contrecœur. Pourquoi son ventre s'était-il noué subitement ? Pourquoi n'avait-elle pas réussi à soutenir son regard ?
A ses côtés, elle sentit une main se poser doucement sur sa cuisse.
- Je vais nous chercher du café, le tien est particulièrement infect, annonça Maura tandis qu'elle se levait.
Jane sourit derrière son oreiller, la franchise de son amie lui était devenue si coutumière qu'elle devait presque se forcer à protester.
Discrètement, la jeune femme souleva un coin de son oreiller, juste à temps pour voir Maura quitter la pièce, vêtue simplement d'un vieux tee-shirt qu'elle lui avait prêté la veille, lui arrivant à peine au bas des reins.
Un nouveau frisson la parcourut toute entière, elle avait chaud, non pas parce qu'elle demeurait toujours enfouie sous ses draps, non. Cette chaleur partait du creux de son ventre pour se répandre progressivement dans tout son corps.
Elle se cambra et du bout des doigts, elle effleura sa peau. D'abord le long de sa mâchoire, ils parcoururent délicatement son cou, se perdirent dans le creux à la jonction de ses clavicules, caressant ses seins au travers de son tee-shirt.
Elle frissonna lorsqu'ils atteignirent la mince surface de peau entre son tee-shirt et son boxer. Elle repensa à la dernière visite de Casey, alors que Maura avait à sa charge Patrick Doyle Senior. Elle revit une Maura perdue, si fragile que Jane aurait eu peur de la serrer dans ses bras. C'était pourtant la seule chose qu'elle désirait, plus que la présence de Casey. Elle chercha dans ses souvenirs à la recherche d'une image de Maura qu'elle aurait enfouit pudiquement jusqu'à présent.
Jane se cambra de nouveau, glissant cette fois la main à l'intérieur de son boxer.
La porte d'entrée claqua, ramenant la jeune femme à la réalité. Elle s'interrompit et sortit de son lit avec précipitation, rejoignant Maura dans la cuisine. Cette dernière lui décocha un grand sourire en lui tendant son gobelet fumant. Jane se sentit rougir et tenta de masquer sa réaction en baillant. Des bribes de ses pensées lui traversaient encore l'esprit, son teint pris une couleur rouge pivoine difficile à cacher.
- Ok Jane, ça suffit ! S'exclama-t-elle.
Maura lui lança un regard étonné, elle s'aperçut alors qu'elle s'était exprimée à voix haute.
- Non rien, s'empressa-t-elle d'ajouter se ruant presque sur son gobelet de café. « La caféine devrait me remettre les idées en place, pensa-t-elle. »
