Nouveau chapitre! On finit de faire le tour de la situation de chacun avec le point de vue particulier d'une Hermione toujours aussi travailleuse, curieuse et compréhensive.
J'attends vos commentaires, surtout concernant la clarté des informations données dans ce chapitre. J'ai choisi de la faire nous raconter un soir particulier mais du coup, j'ai peur que les liens qu'il y a avec les chapitres précédents ne soient pas clairs. L'autre doute que j'ai est lié au démarrage du chapitre. J'ai peur qu'il ne soit un peu lent à se mettre en place. Ai-je bien fait d'essayer de montrer quelles sont les missions d'Hermione? Dites moi!
Bonne lecture.
PS : merci aux personnes qui ont mis cette histoire en favoris ou dans les followers!
Chapitre 3 : Of doubts and trust (Hermione)
Quand je gare enfin ma voiture, il fait déjà nuit. Hugo doit être couché et Sirius être avachi sur le canapé entrain de lire. Du petit déjeuner d'Hugo à la fermeture du bureau, la journée a été longue et je n'ai qu'une envie, celle de m'écrouler sur mon lit et de pouvoir laisser dernière moi cette journée du 1er septembre qui n'en finit pas. Je passe le pas de la porte et une odeur de chili con carne me monte au nez.
Mon ventre gargouille malgré moi. C'est vrai que je n'ai pas eu le temps de manger durant ma pause de mi-journée. Il fallait que j'avance le dossier de présentation de la loi portant sur la Sécurité et l'Indépendance informatique nationale au Parlement, après mon absence de ce matin. J'ai des horaires souples mais il ne faut pas croire que ce soit sans conséquences : j'ai des délais pour rendre les commandes qu'on me passe très courts.
Préparer une loi, c'est toujours une responsabilité importante, surtout dans le domaine informatique où il y a peu de lois déjà prises. Mais là, il s'agit pour le ministère pour lequel je travaille de créer un système législatif simplifié et complet qui permette d'encourager un nouveau développement de l'industrie informatique tout en assurant plus de sécurité aux citoyens britanniques.
C'est l'étape 2.1 du développement informatique comme aiment à le dire nos dirigeants en ce moment. Le premier ministre anglais veut maintenant aller jusqu'à développer des serveurs et des réseaux sécurisés propre à la Grande-Bretagne, en accord avec l'Europe et dans l'intérêt général des citoyens européens qui en bénéficieraient aussi. Autant vous dire que c'est un vrai défi. Cette décision du gouvernement amène dans les journaux de multiples questions sur la circulation des données, leur utilisation et sur le développement futur de cet espace informatique que j'ai redécouvert à mon retour chez les moldus.
Cela me fait souvent penser aux sorciers qui n'avaient pas encore vécu cette révolution informatique quand je les ai laissés, il y a 11 ans. Je me demande s'ils connaissent maintenant internet et les réseaux sociaux ou si le fossé entre eux et les moldus s'est creusé. Je parierais qu'aucun sorcier ne s'est encore posé la question. C'est un monde qui évolue très lentement et j'ai bien peur que l'évolution rapide de la technologie les pousse à se replier encore d'avantage sur eux- mêmes.
Sirius n'est pas d'accord, il dit que de toute façon ce repli sur soi a toujours été une des particularités du monde magique. Je veux bien le croire mais je reste convaincue que c'est sans commune mesure avec ce qu'il se passe aujourd'hui. Les sorciers avaient réussi à s'adapter à la Révolution Industrielle du monde moldu, est-ce possible cette fois? Je pense que non.
Un jour, je suis d'ailleurs sûre que la technologie dépassera la magie, qu'elle la débusquera et que les deux mondes se heurteront.
J'avoue que toutes ces nouvelles technologies m'ont fascinée dès que je suis revenue à un monde sans magie. C'est ce qui m'a décidé à choisir de travailler dans ce domaine si particulier de l'action publique qu'est la sécurité et la surveillance informatique. Pour tout dire, il y a aussi cette idée qu'en travaillant dans cette branche, j'entende peut être un jour parler de nouveau d'actes magiques sans que personne ne le sache.
Cette envie me démange régulièrement et si je m'empêche de lancer la moindre action concrète ou de poser la moindre question qui pourrait m'amener à entrer en contact avec le monde sorcier, j'ai bien conscience des quelques liens ténus et indirects qui pourraient me permettre d'avoir des nouvelles. Une vraie tentation.
Peu importe. Mes pensées s'égarent alors que l'eau me vient à la bouche et avant de rejoindre mon lit, je fais quand même un détour par le salon où je trouve mon cher mari entrain de lire le Guardian. Mes lèvres esquissent automatiquement un sourire quand je vois mon assiette sous une cloche en plastique qui retient la chaleur.
Ce n'est pas très orthodoxe de manger dans le canapé mais pour cette fois, je trouve que c'est une bonne idée. C'est incroyable de se dire qu'après 10 ans de vie commune, Sirius arrive toujours à me surprendre ! Je l'embrasse et je me rue sur la nourriture sous son regard moqueur.
« Alors ta matinée ?
Je lève la tête pour voir son regard concerné, je regarde mon assiette et je fais le lien. Je grogne devant tant de naïveté de ma part. Du chili con carne ? J'aurais dû être étonnée de ne pas trouver des pâtes ou des haricots en conserve. Manipulateur ! Me préparer à manger juste pour avoir une réponse à une question qu'il n'ose pas poser.
Est-ce que je suis allée voir la petite fille que j'ai dû laisser derrière moi faire sa première rentrée à Poudlard? Évidemment même si c'est me faire mal.
« J'ai vu Helen à la gare, elle a grandi, je réponds agacée.
Ses sourcils se froncent et il hésite.
-Tu as réussi à retourner travailler ? »
Une question et tellement de sous-entendus que j'ai envie de lui demander de reformuler. Mais je le connais assez pour deviner l'enchainement de questions que cela cache.
Est-ce que cela t'a touché ? Tu voulais rester ? As-tu eu envie de lui parler ou de l'accompagner quai 9 ¾ ?
Je regarde Sirius, ce mari qui n'aurait jamais dû en être un et je mesure toute l'intensité de ses doutes et de ses craintes…
Comme d'habitude je le rassure.
« Oui, j'avais enfin l'esprit libre. »
Il se détend et pose le journal qu'il agitait comme une protection –si vaine !- contre ma réaction. Je joue avec ma fourchette à défaut de m'autoriser à jouer avec la nourriture : l'assiette est à moitié pleine et j'ai le ventre noué.
Avec une moue d'excuse il me prend dans les bras et comme toutes les autres fois où les fantômes de notre passé ont ressurgi, sa chaleur efface- un peu- ses craintes et mes remords. Le feu qui ronfle dans la cheminée me parait soudain plus vivace et le petit sourire de Sirius me le confirme. Il ne manque plus qu'une tasse de thé pour parfaire le tableau.
Le sommeil me prend par surprise, là, à demi-étendue sur le canapé.
Alors?
