Disclaimer : Les personnages et lieux appartiennent à J.. Je ne fais que jouer avec... Mais qu'est ce que je rigole !
Warning: Ceci est un slash de rating M, de jolis messieurs vont se sauter dessus à un moment ou un autre... (je ne sais pas quand, c'est pas moi qui décide! )
Si l'idée vous gêne, vous pouvez aller lire autre chose, je ne vous en blâmerais pas!
J'ai pu voir qu'il y avait encore des personnes intéressées pour lire cette fic ! Ça fait plaisir ! Encore merci de toutes vos gentilles reviews ! ^_^
Même si j'ai répondu aux questions posées directement aux intéressés, voici quelques infos qui pourraient vous éclairer. Tout d'abord, pour cette fic, le tome 7 n'est pas pris en compte. C'est un UA à partir du tome 6. C'est pour ça que Snape est encore en vie. C'est une des différences, ça, et puis d'autres choses encore que vous découvrirez au fur et à mesure, notamment dans ce chapitre !
Et sinon pour le rythme de publication... Beuuuuh. Aucune idée ! Ça va dépendre du temps libre que j'aurais et de l'inspiration... Désolée de ne pas pouvoir vous promettre un nouveau chapitre toutes les semaines !
J'espère que ce chapitre vous plaira autant que le précédent ! (voire plus, on peut rêver...)
Bonne lecture !
EDIT : chapitre réuploadé avec des fautes en moins. Merci à Elsa pour sa relecture !
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Je ne suis pas gay!
Chapitre 3: Rumeurs.
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L'après-midi passe horriblement lentement. Et oui, Histoire de la Magie, c'est toujours le parfait moment pour une sieste !
Enfin, c'est le cas d'habitude, mais mes camarades ne me laissent pas ce répit, malheureusement. Je n'ai qu'une hâte, allez me planquer dans mon dortoir et faire un somme. Je n'en peux plus des questions curieuses des Gryffondors, des commentaires désobligeants des Serpentards, et j'ai vraiment besoin de repos avant d'affronter Snape ce soir.
Je déchire rageusement un énième oiseau volant qui atterrit sur mon pupitre. Aucune envie de connaître le message qui s'y cache.
Le premier et dernier que j'ai lu venait de Malfoy et me demandait si la rumeur était vraie, et si je ne pensais pas que mes parents allaient se retourner dans leur tombe, dégoûté de leur fils.
Bizarrement, je n'ai eu aucune envie de répondre. Pas même pour confirmer le contenu de ladite rumeur. A moins que mettre son poing dans la figure de quelqu'un constitue une réponse ? Parce que ça, par contre, j'en avais trèèèès envie !
Je savais bien que c'était suspect le commentaire de Snape ce midi. L'enfoiré, qu'est-ce qu'il a dit ?
A la fin du cours, je me dépêche de réunir mes affaires et je vais en direction de la tour Gryffondor au pas de course. Je refuse de prêter attention aux appels de mes amis ou aux regards interloqués des élèves que je croise.
Qu'on me fiche la paix, c'est tout ce que je demande !
Et ce n'est pas une fuite, hein ! Ou alors une fuite stratégique. Je compte bien affronter tout ce petit monde lorsque je serais plus en forme.
Il n'y a pas un chat dans la salle commune, ni dans les dortoirs. Tout le monde est soit en cours, soit en étude. Je bénis Merlin pour cette heure de libre et me laisse tomber dans mon lit. J'enfouis ma tête dans l'oreiller et laisse l'univers s'éloigner.
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Une main me tient fermement l'épaule, des yeux rouges luisent devant moi et cette voix, grinçante, me chuchote à l'oreille.
«C'est toi le responsable, Harry. Tu aurais dû te rendre à moi. Maintenant regarde tes petits cafards d'amis mourir !»
Je suis épuisé, cela fait des jours que je n'ai pas dormi, que je n'ai pas pu manger. J'essaye maladroitement de me redresser, mais il me repousse à genoux avec un rire sardonique. Il sait que je n'ai plus la force de me battre, ma piètre résistance est pathétique à ses yeux. Il a déjà gagné.
Je regarde, impuissant, Ron s'approchant de Hermione baguette brandie. Je lui hurle d'arrêter, de revenir à lui-même, tout en sachant la futilité de mon acte. Il ne m'entend pas au travers de l'envoûtement de Voldemort.
Alors que mon meilleur ami se prépare à jeter un sort mortel à celle qu'il aime depuis toujours, je sens mon cœur s'affoler et ma magie avec. Elle m'emplit soudainement comme une vague brutale. Alors, mû par le désespoir, je tente l'impossible. Je n'ai pas ma baguette, elle gît plusieurs mètres plus loin, mais je tente un sort malgré tout.
« Expelliarmus! »
Ron est projeté violemment contre le mur, mais sa chute est amortie par un lit.
Un lit ?
Mais qu'est ce que... ?
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La compréhension fait jour dans mon esprit alors que je prends conscience de mon environnement.
Je suis à Poudlard. Ce n'était qu'un de ses milliers de cauchemars qui me hantaient depuis la Bataille Finale.
« Ron ! »
Pétrifié, je regarde Hermione se précipiter pour s'assurer de son état. Je ne l'ai pas loupé ! Je le sais !
Ma baguette tremble dans ma main et j'ai une soudaine envie de la jeter au loin. Ça ne s'arrêtera donc jamais ?
Je n'ose pas m'approcher de mon ami alors qu'il gémit en reprenant conscience.
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« Harry, aide-moi ! Je crois qu'il a une jambe cassée... Et peut-être d'autres fractures... »
Je sors de ma torpeur et lance machinalement un sort de lévitation. Je laisse à Hermione la tâche d'expliquer les derniers événements à nos camarades, ainsi que de les rassurer alors que nous quittons la tour. J'ai assez à faire à maintenir le sort tandis que nous nous dirigeons vers l'infirmerie.
Nous sommes accueillis par David, l'apprenti de Pomfrey, un jeune homme d'une vingtaine d'années au caractère paisible. En nous apercevant, il repousse machinalement une mèche de ses cheveux qu'il persiste à garder longs et qui lui retombe continuellement dans les yeux.
« Vous revoilà ! Cela faisait longtemps ! »
Son doux sourire dément l'ironie de ses propos. Nous sommes tous les trois soumis à deux visites obligatoires chaque semaine, afin que notre état physique et mental puisse être contrôler. Auxquelles il faut bien entendu ajouter nos passages en trombe à chaque « accident ».
« Je crains que nous ne vous n'ayons pas laissé le temps de nous manquer, murmure la voix faible de Ron.
- Bah, vous êtes mes patients préférés, alors forcément un jour sans vous me paraît long ! »
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Ron sourit légèrement de la plaisanterie, puis enchaîne sans transition sur son propre diagnostic.
« Ma jambe droite est cassé, mon épaule droite déplacée, mes côtes sont un peu esquintées, mais pas de casse je pense et ma tête a fait un joli bang sur le mur, donc je parie pour une commotion cérébrale. »
David hausse un sourcil sans rien dire et attend l'explication, l'expression égale, paisible.
« C'était moi..., j'interviens d'une voix monocorde.
- Évidemment ! Je n'en ai pas douté une seconde Mr Potter ! Sourit David. Vous n'envoyez pas fréquemment vos camarades à l'hôpital, mais lorsque vous vous y mettez, vous battez tous les records ! »
Je ne souris pas de la boutade. Tandis que Ron nous jette des sorts six jours sur sept, avec en général des dommages assez légers, je n'ai de « crise » que environ une fois par semaine, mais toujours avec des résultats impressionnants. Ce que David sait fort bien, nous ayant déjà soigné durant l'été.
La dernière fois, personne n'a été blessé. Par contre, j'ai joliment détruit la tour Gryffondor. Toute la tour Gryffondor... Ce désastre m'a valu les foudres du directeur. Après convocation dans son bureau et discussion houleuse, j'ai bien dû admettre que Emrick n'était pas Dumbledore, ni de près, ni de loin.
Là où l'ancien directeur n'était que mansuétude et gentillesse, Charles Emrick était rigide. L'ambiance à Poudlard n'était plus à la rigolade. Pas que Emrick soit un mauvais directeur ! Il n'était pas Umbridge ! Il ressemblait plus à McGonagall, mais un cran plus sévère.
Et par un bizarre effet de ricochet, le professeur McGonagall semblait maintenant se lâcher un peu plus. Elle n'en était pas au stade de Dumbledore, mais avec le pari contre Snape pour la Coupe des Maisons, elle s'en rapprochait étrangement !
Chassant de mon esprit les pensées pêle-mêle qui s'y trouvaient, de la menace à peine voilée de renvoi de Emrick, à la tête de Snape lorsque McGonagall l'avait mis au défi dans la Grande Salle, je me concentre sur l'examen que David fait subir à Ron, sous l'œil attentif de Pomfrey qui nous a rejoint.
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« Vous pourriez vous diriger vers une formation de Médicomage Mr Weasley, votre diagnostic est parfait !
- J'aurais préféré avoir tort... gémit Ron.
- Oh allons, vous êtes un dur à cuire ! Ne me faites pas croire que vous souffrez tant que ça ! »
Je vois du coin de l'œil Hermione se tendre, prête à envoyer vertement paître le jeune médicomage. Elle se ferait une joie de lui infliger les mêmes dommages que Ron, qu'il expérimente d'un peu plus près la douleur dont il parlait avec tant de légèreté !
Elle n'a pas besoin de prononcer un mot, tant la menace est lisible dans son attitude. Parfois elle fait un peu peur Mione... Mais l'expression féroce disparaît de son visage, alors que son petit-ami répond avec humour à David.
« Oh naaaan, je n'ai pas si mal ! Mais franchement, passer encore la nuit à l'infirmerie en observation je m'en serais bien passé ! Grimace Ron. La prochaine fois Harry, steuplait, fais plus attention à ma tête ou choisis un autre soir que lorsque j'ai prévu un rendez-vous avec Hermione... »
Je hoche la tête, mais moi ce que je voudrais vraiment, c'est qu'il n'y ait pas de prochaine fois. Je regarde Hermione faire de tendres bisous à son héros et leur vue me rassure, me soulage et m'attriste tout à la fois.
Moi aussi je veux qu'on me dise que j'ai dépassé le quotient émotionnel d'une cuillère et être fier d'être traité de grosse louche !
Enfin, un truc comme ça quoi. Plus ou moins. Je ne suis pas contre entendre des trucs plus gentils, aussi.
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« Harry, vous voulez bien me suivre ? »
Je grimace, mais me lève sans protester. Je sais pertinemment que je ne peux pas refuser. David referme la porte de son bureau derrière moi et m'invite d'un geste de la main à m'installer dans un des fauteuils qui peuplent la salle.
Je me demande pour la énième fois combien de sorts ont été utilisés pour créer ses merveilles, probablement une douzaine au moins, et surtout, s'il y a possibilité que j'en achète un pour mon usage unique. David me sourit gentiment, probablement conscient de la langueur qui a envahi mes membres, alors qu'il s'installe à son tour en face de moi.
J'ai la sensation étrange de m'être transformé en chamallow. Un chamallow tout fondu près d'un feu ardent. Sensation étrange, oui, mais très agréable.
« Des choses à me raconter, Harry ?
- Non, pas vraiment...
- En général, vos crises sont favorisées par la fatigue, le stress. J'ai dans l'idée qu'il y a donc quelque chose qui vous tracasse, je me trompe ?
- Oh, oui, vous vous trompez sûrement ! Je ne vois pas ce qui pourrait clocher dans ma vie ! Tout y est parfait ! fais-je d'une voix sarcastique. Je ne pourrai rien demander de plus... »
David et moi avons un accord tacite. Il fait de son mieux pour me soigner, corps et esprit, et moi, je fais mon possible pour ne pas lui sauter à la gorge lorsqu'il s'attaque à ma vie privée de trop près. Ce qui est fréquent, forcément, puisque c'est mon psy.
« Je vais m'abstenir de vous faire subir un énième discours sur votre engagement, dit-il avec un soupir. Vous n'avez pas eu le choix, d'accord, mais vous savez la nécessité de cette thérapie. Et elle ne peut pas avancer si vous refusez de me raconter quoi que ce soit d'important dans votre vie ! Vous savez que je ne veux que votre bien. Et tout ce qui se dit entre ces murs est totalement confidentiel. Faites-moi un peu confiance ! »
Je culpabilise. Un peu. Mais c'est tellement dur de s'épancher auprès de quelqu'un qui n'est pas un proche. Je peux parler à Ron ou Hermione, aux Weasleys et encore quelques personnes. Enfin, je ne leur raconte pas tout non plus, mais je peux me confier à eux si le besoin s'en fait sentir.
Mais parler à un étranger ? Ça c'est différent. Indécent, d'une certaine manière. Ce n'est pas mon genre de chouiner sur mes problèmes.
Surtout que je n'ai pas le besoin de me confier, mais plutôt celui d'oublier.
« Pour une fois, je ne vais pas m'acharner sur vous, attendre une heure pour vous arracher trois mots de la bouche. Je n'en ai pas besoin. Vous savez que Seamus Finnigan et Dean Thomas se sont battus aujourd'hui ? »
Le changement de sujet sans transition me déstabilise légèrement.
« Le plus intéressant, c'est la raison de la dispute qui les a conduit jusqu'à l'infirmerie.
- Et qu'elle est telle ?
- Vous.
- ?
- Et oui ! Des rumeurs circulent sur votre compte et leurs opinions sur le sujet différent quelque peu... ils ont finit par dialoguer avec leurs poings. »
J'ai comme une boule qui se forme dans l'estomac, qui grandit et se propage peu à peu, malgré les effets du fauteuil magique. Des rumeurs, hein ?
« Harry, je sais que ce n'est pas toujours facile de s'accepter, qu'il faut du temps pour se connaître et être sûr de qui on est, mais aussi de qui nous attire. Vous passez peut-être actuellement par une phase de curiosité tout à fait normale à votre âge, et qui éventuellement passera, ou pas. Et c'est tout à fait acceptable aussi, quel que soit les réactions et opinions des autres ! Mais je tiens à vous dire que -
- Mais quel sale enfoiré de bâtard graisseux ! »
Oups, j'ai dit ça à voix haute ?
« Hum... Et bien, ça a le mérite de vous faire réagir Potter, c'est une bonne chose ! Toussote David, pris par surprise. Ne vous inquiétez pas, je ne prends pas mal votre commentaire. Je ne me considère pas comme « graisseux » à proprement parlé, même si j'admets fort bien avoir besoin de faire un peu plus d'exercice. Bref, passons. J'aimerais vraiment, si vous avez fini de vous défouler, que nous passions à une discussion un peu plus approfondie sur ce bouleversement dans votre vie qu'est cette attirance pour les hommes.
- Mais je ne suis pas gay !
- Hum hum... Je vois. Vous n'avez pas à choisir une étiquette si cela vous met mal à l'aise. Gay n'est qu'un mot. L'important c'est la définition que vous en avez. Que veut-dire « être gay » pour vous ?
- Ben... Je ne sais pas... Un gay, c'est un gars qui couche avec d'autres gars...
- Hum hum. Vous n'avez donc pas encore « couché avec un autre gars » ?
- Mais enfin non ! Merlin !
- Il n'y a pas de honte à avoir Harry. Rappelez-vous, ce bureau est un espace où vous êtes en sécurité. Vous pouvez tout me dire.
- Mais puisque je vous dis que je ne l'ai jamais fait !
- Hum hum. Très bien. Avez-vous eu déjà un petit-ami ?
- Non !
- Je sais que vous avez rompu récemment avec Ginny Weasley, est ce qu'avec elle...?
- Oh par la barbe de Merlin ! Jamais de la vie !
- Je note que la suggestion d'avoir des relations sexuelles avec une femme vous dérange plus. Même si vous n'avez pas l'air prêt à des relations sexuelles de toutes façons. A priori, votre attirance pourrait pencher plutôt pour les hommes. Ils vous dégoûtent visiblement moins. Mais bien sûr, ça ne veut peut-être rien dire, une attirance ne fait pas de vous un homosexuel, il y a d'autres facteurs a prendre en compte et nous aurons l'occasion d'en reparler.
- Mais, mais, mais...
- Très bien Harry, belle avancée aujourd'hui ! J'ai hâte à notre prochain rendez-vous. Maintenant filez, si j'ai bien compris vous avez une retenue avec le Professeur Snape. Mieux vaut ne pas être en retard si vous ne voulez pas l'énerver ! »
L'énerver ? Oooooh, mais ça va être le cadet de ses soucis à cet enfoiré quand j'en aurais fini avec lui !
Je sors au pas de charge et passe devant une Hermione éberluée. A la vue de mon expression, elle décide de rester gentiment assise auprès de Ron qui ronfle joyeusement. Bon choix. Je me sens d'humeur à faire un massacre.
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Lorsque j'arrive aux cachots, je ne prends pas la peine de toquer et rentre directement.
« Potter ! Vous êtes en retard ! Il est 20h01 ! J'avais pourtant bien dit 20h, il me semble. Vous avez un problème d'audition Potter ? Ou votre vue a telle baissé au point que vous ne puissiez plus consulter une montre ? Je ne parlerai même pas de votre impolitesse. On apprend donc pas aux Gryffondors qu'il faut frapper avant de rentrer dans une pièce ? Votre manque d'éducation est affligeant. »
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Je vibre de rage. Oui, oui, je vibre. J'en ferais presque trembler les dalles en pierre sous mes pieds. Comment ose-t-il, après la vacherie qu'il m'a faite aujourd'hui ? Il a toujours été vicieux, mauvais comme la gale, mais alors là, il bat tous les records. Je sers fort ma baguette dans mes mains, tentant de me contenir.
« Vous attendez quoi Potter ? De vous transformer en porte-manteau ? Rejoignez votre place, il y a des grenouilles qui n'attendent que vous pour récolter leurs entrailles... »
Un Avada ?
Naaaaan, trop rapide, j'aurais même pas le temps de savourer !
Un Crucio alors ?
Ce serait tip-top moumoute, le hic, c'est que je ne maîtrise pas ce sort. Jusqu'ici, je n'ai jamais été capable de haïr qui que ce soit suffisamment pour qu'il soit efficace. Mais je sais pas pourquoi, j'ai un bon feeling là. Il y a des chances qu'il soit trèèèès efficace sur Snape mon petit sort.
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« Tu aimes te faire désirer Potter... Mais je te rappelle que ces grenouilles sont déjà mortes, elles n'ont plus de risques de tomber raide, éblouies par ta présence ! »
Je me tourne vivement vers ma gauche où Malfoy m'offre son sourire le plus sarcastique. Purée, il est là lui ? Je ne l'ai même pas remarqué...
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« Épargnez-nous votre sens de l'humour douteux pour ce soir Malfoy, je ne suis pas d'humeur ! Jette Snape d'un ton sec. Potter, bougez-vous, je n'ai pas que ça à faire ! »
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Les yeux de Snape lancent des éclairs et je note que lui aussi, vibre. Oulà, ça sent pas bon pour le blondinet.
Aussi stupéfait que Malfoy qui a manqué tomber de sa chaise, j'en oublie d'être en rage et je vais m'asseoir.
« Vous avez eu bien trop l'habitude des laisser-passer Malfoy. Je vous l'avais déjà dit à la rentrée, mais le message n'a apparemment pas été assez clair. Votre comportement d'aujourd'hui n'a aucune excuse. Ce n'est pas un mois de détention dont vous devriez écoper, mais plutôt un an ! Et en plus par votre ânerie, vous avez fait perdre 50 points à Serpentard ! Voilà qui nous met en mauvaise posture pour gagner la Coupe ! »
Ah ouais, en vrai il est énervé pour les points, n'est ce pas ? Pas envie de laisser McGonagall user de ses talents en Métamorphose sur lui, si Gryffondor gagne la Coupe !
Je laisse un sourire goguenard s'installer sur mes lèvres.
« Je ne veux plus entendre sortir un mot de votre bouche de toute la soirée Malfoy, et si Potter ici présent a une quelconque plainte à faire à votre égard à la suite de cette détention commune, je prendrais des mesures. Drastiques. »
J'en reste comme deux ronds de flan. Oubliée ma colère, elle est partie en vacances. Alors comme ça, Snape se retourne contre Malfoy ? Pour de vrai ? Et mieux, il me donne possibilité de me venger d'années d'insultes et coups fourrés ?
C'est Noël ? Caméra caché ? Je dors encore ?
Je me pince discrètement alors que mon professeur continue sur sa lancée.
« Comme j'ai autre chose à faire que de surveiller deux ânes bâtés d'étudiants en détention, Mr Filch va venir prendre ma relève. Quand vous aurez terminé de récolter les entrailles de ces grenouilles, vous ferez la même chose avec la cervelle des rats que vous trouverez à côté dans ma réserve. Interdiction formelle de toucher à quoi ce se soit d'autre. Est-ce que c'est bien clair ? »
Malfoy et moi hochons la tête docilement. Filch apparaît à la porte, accompagné de Mrs Norris.
« Vous pourrez partir à 22h. Pas une minute plus tôt. Interdiction d'utiliser vos baguettes. »
Nous hochons à nouveau la tête, puis nous mettons au travail dans le plus parfait silence. Après un ultime regard noir à Malfoy, notre professeur quitte la salle.
Snape, des fois, il fait vachement peur quand même. Et c'est un Gryffondor qui le dit !
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Alors que je remonte vers le dortoir, je tente vainement différents sorts sur mes mains. Non, rien à faire, il y a toujours une légère odeur d'entrailles de grenouille. Beurk.
La grosse dame minaude dans son tableau lorsque je lui donne le mot de passe. Et où étiez-vous donc ce soir ? Vous avez une nouvelle petite amie ? Que c'est dommage, vous êtes si charmant pourtant... Et si j'étais vivante, blah blah blih, blah blah blah... Elle me fait le coup à chaque fois, ça saoule !
Au bout de vingt minutes, j'arrive à la persuader de me laisser rentrer. Le couvre-feu est tombé et si je me fais attraper dans le couloir, je suis mal...
Il n'y a plus grand monde dans la salle commune. Deux sixièmes années qui finissent une partie d'échecs et quelques sérieux septièmes années prenant de l'avance sur le programme pour les NEWTs. Dont Hermione, bien entendu !
Ni une, ni deux, je la chope à sa table et l'entraîne à ma suite près du feu où se trouve les fauteuils les plus confortables.
« Oh Harry ! Souffle Hermione, mal à l'aise. Ça s'est bien passé ta détention ? Ron va beaucoup mieux tu sais, il ne faut surtout pas que tu t'inquiètes. J'ai fini mes devoirs, alors je vais aller me coucher hein ! Bonne -
- Taaaaaatatata ! Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser partir si facilement Mione ? »
Je la repousse gentiment dans son fauteuil, prenant mon sourire le plus menaçant, et je lui bloque le passage de mon bras pour l'empêcher de fuir. J'attends des réponses à mes questions, nomdidiou !
« Hermione, quelque chose m'a perturbé aujourd'hui...
- Ah bon ? Tu devrais peut-être en parler avec David, il est là pour ça et -
- Non merci, j'ai suffisamment parlé avec David aujourd'hui ! Je la coupe avec une grimace. Non, ce qui m'inquiète, ce sont tes allusions de ce matin. Qu'est-ce que tu crois savoir sur moi exactement ? »
Hermione se mord les lèvres sans répondre, jetant des regards désespérés autour d'elle, espérant peut-être que certains camarades viendront la sauver. Mais un regard vers moi et ils décident qu'il vaut mieux aller se coucher et nous laisser en tête à tête. Bien joué Mione ! Ça va être beaucoup plus facile de mettre les choses au point comme ça.
Je soupire et m'assois, laissant un peu d'air à ma pauvre amie.
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« Qu'est ce que Ginny t'a dit ?
- Euuuh... Tu sais, c'était une conversation privée, je ne sais pas si je devrais -
- Une conversation privée à mon égard : j'ai donc le droit de savoir ce qui a été dit. Si la situation était inversée, tu n'aimerais pas rester dans le noir Mione.
- Oui, c'est vrai... Tu as raison. Bon, se lance Hermione après avoir pris une grande inspiration. Elle m'a parlé de votre rupture. Plus particulièrement d'une théorie qu'elle avait et que tu aurais confirmé. Au début, je ne voulais pas la croire, mais en y réfléchissant...
- Je ne suis pas gay Hermione ! »
La jeune femme lève vers moi des yeux plein de doutes.
« Mais est-ce que tu es hétéro Harry ?
- Ben euh, oui. Évidemment !
- Tu trouves que c'est évident, toi ?
- Mais enfin ! Je suis sorti avec Ginny ! Et avec Cho !
- Oui, tu es sorti avec elles deux... Si je puis dire.
- Comment ça, « si je puis dire » ?
- Ben Harry, il faut admettre qu'elles étaient particulières ces relations ! Tu es tombé amoureux de deux filles avec lesquelles tu pensais que ça ne serait jamais possible. Comme par hasard. Alors qu'il y a des dizaines d'autres filles disponibles qui auraient été ravies de sortir avec toi ! D'abord Cho qui sortait avec Diggory, ensuite Ginny qui était la petit sœur de ton meilleur ami... Tu n'as pas choisi la simplicité ! Et puis lorsque finalement, contre toute attente, une relation s'est avérée envisageable, poum tu as pris la tangente ! A chaque fois ! C'est à se demander si tu voulais vraiment être avec elles, ou si tu aimais juste l'idée d'avoir une petite amie. »
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Je fais le poisson rouge pendant une bonne minute. Mais, mais, ce n'est pas possible ? Elle s'y met aussi ? Et avec des arguments franchement, franchement... Pas bêtes. Merde.
Comment je fais pour lui enlever ces idées de la tête maintenant ?
« Tu es au courant qu'il y a des rumeurs qui courent sur mon compte ? Dis-je les yeux fixés sur le feu qui crépite dans l'âtre. Qui disent que je suis gay ? »
Hermione ne répond pas.
« Même David en a entendu parler ! J'ai dû supporter un discours sur la normalité de l'homosexualité. Il faut s'accepter Mr Potter ! Le singe-je. Mais je ne suis pas gay ! Je te le jure Hermione ! »
Je sens sa main doucement me serrer l'épaule, et je sais qu'elle ne me jugera pas. Je me retrouve à tout lui raconter. Mon face à face avec Ginny, ma lâcheté, Snape qui a tout entendu, mes craintes qu'il dévoile la conversation qu'il a surprise, mais aussi celle de la réaction de mes camarades.
« Mais je suppose que je n'ai plus à me prendre la tête : ils vont tous vite être au courant...
– Il y a des chances, acquiesce Hermione. Tu sais comment ça se passe avec les potins !
– Tout ça à cause de Snape...
– Qu'est ce qui te dit que c'est lui ? Fait Hermione en fronçant les sourcils.
– Qui d'autre ? Tu l'as lancé cette rumeur toi ?
– Bien sûr que non ! S'offusque-t-elle.
– Et ce n'est pas moi, ni Ginny. Non, je te le dis, c'est signé Snape. C'est petit, mesquin, Serpentard au possible. Mais ça ne va pas passer ce coup-ci. La vengeance est un plat qui se mange froid !
– Tu devrais attendre avant d'aller à de telles conclusions, insiste Hermione. Je te rappelle que pendant des années, tu l'as accusé de tout et n'importe quoi, et généralement, à tort. Évite de refaire la même erreur ! Tu n'as aucune preuve que c'est lui, et puis franchement Harry, ça ne te ressemble pas de parler vengeance.
– Bah j'en ai marre de me faire marcher dessus, traiter comme un moins que rien ! Alors oui, j'ai envie de me défendre, je ne vois pas où est le mal à ça...
– Mais tu ne parles pas de te défendre Harry ! Te défendre, ce serait faire une annonce publique stipulant que ces rumeurs sont mensongères ! Ce serait faire face à Ginny et lui dire la vérité !
– Mais si je fais ça... Elle va m'en vouloir !
– Ça c'est la vie ! Il faut t'y faire ! »
Alors que Hermione me laisse pour rejoindre son lit, je reste à bouder dans mon fauteuil. Oui, c'est infantile. Oui, c'est déjà un peu ce que Hermione me reprochait. Mais prout. Pour une fois, je colle à l'image que les autres ont de moi au moins.
Je sais bien que Hermione a raison. Il faut que je tue cette rumeur dans l'œuf. Sinon ma vie va être un enfer. Mais ce n'est pas de gaieté de coeur que je vais faire souffrir Ginny.
Et non, ça ne m'empêchera pas de me venger de cet enfoiré de Snape !
Alors que je monte dans mon dortoir, une petite pensée vient me taquiner les neurones à demi-endormis.
Qu'est-ce que Malfoy a bien pu faire pour mettre son directeur de maison dans cet état ? Mine de rien, ça m'intrigue.
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Levé de bonne heure, je baille dans mon café. Je cogite trop en ce moment, je frôle le surentraînement du cerveau. Alors que je trempe ma tartine dans mon bol sans embêter personne, je reçois soudainement un jus d'orange en pleine figure.
Je tousse, à moitié noyé, et me nettoie le visage. Devant moi, Colin ouvre des yeux éberlués et une bouche d'où dégouline quelques gouttes de jus. Génial ! Maintenant je me fais cracher dessus !
« Tu pourrais faire attention ! Je grogne. Ou au moins t'excuser ! »
Colin ne réagit pas et je remarque que ses yeux sont fixés sur le journal, posé sur la table devant lui. Je fronce les sourcils et l'attrape. Qu'est que...
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HARRY POTTER, GAY !
Par notre envoyée spéciale, Elena Skeeter.
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Désolée du petit cliffhanger, mais il fallait bien que j'arrête ce chapitre quelque part ! J'espère que ça vous a plu, même si l'action n'a pas encore beaucoup avancé... On est encore en bonne partie en phase d'introduction ! J'espère que ce n'est pas trop ennuyeux...
N'hésitez pas à me laisser un message pour me donner vos impressions ou poser une question !
A bientôt !
