Réponse à L'Unique Guest: Nooooon, je ne peux résister au badass puppy eyes! Aaaaaahhhh, voici un nouveau chapitre, aie de la pitié pour l'auteur que je suis!
Sinon, j'aime beaucoup ton pseudo %D
Réponse à Anonyme: Je propose "Fangirl hardcore de RusSey" en tant que nouveau surnom - non, je plaisante ne fais pas ça! XD Pourquoi pas Anymimosa (Anonymous +mimosa) ? Bien évidement, ce n'est qu'une proposition, tu n'es pas obligé(e) ^^ En tout cas, merci encore de ta fidélité! Et oui, Franny fais de la peine, je suis d'accord. U-U


Chapitre 2: La fuite


La première étape qui fut de loin la plus facile : obtenir de la suie. Cela lui servirait à lui noircir le visage (bien qu'il n'était pas de base très clair, elle préférait y mettre toutes les chances de son côté) et les cheveux.

La deuxième étape fut de prendre des vêtements masculins. Cette fois, la tâche fut bien plus ardue. Elle ne pouvait pas demander à un quelconque serviteur de les lui apporter, cela risquait de paraître suspect. De plus qu'elle souhaitait des vêtements d'homme et de classe populaire. Assez intriguant pour une requête venant d'une demoiselle royale.

Elle se résolut donc à lâchement voler des vêtements sur un étendoir dans le quartier des serviteurs. La jeune femme se sentait un peu mal d'avoir ainsi dépouillée les habits d'autrui, mais elle se consola en se disant qu'elle les rendrait bientôt. Ou du moins, le plus tôt possible. Elle en profita aussi pour s'approprier un couteau et une bourse pleine de pièces d'or à des gardes peu sérieux.

Le plus périlleux, en plus de prendre à l'insu de tous ces objets, fut de les ramener à sa chambre sans paraître curieux. Bien qu'ayant pris un sac, se promener ainsi était assez étrange. Elle s'était inventée une excuse comme quoi elle devait transporter des pots de fleurs pour un projet de jardinage, mais qu'elle ne voulait pas se salir les mains. Elle avait ainsi mis plusieurs pots de terre au-dessus de ses méfaits. Heureusement, peu de personnes l'avaient interpelé et son plan s'était déroulé sans accro.

- Je ne savais pas que tu jardinais, fit remarquer Lili un peu étonnée.
- Je me suis dit que ça pourrait être amusant, répondit son amie avec un sourire qui se voulait joyeux, il faut un commencement à tout tu ne crois pas ?
- Je vois. J'aimerai bien qu'on fasse ça toutes les deux, enfin si tu es d'accord…

Michelle se sentait si mal de lui mentir à elle, sa meilleure et sa seule amie. Pour éviter qu'elle ne vit son visage défigurée par la honte et le dégoût d'elle-même, la princesse l'enlaça et lui murmura :

- Bien sûr Lili.


Le grand soir arriva. Elle termina sa missive afin de déculpabiliser ses proches. Dire qu'elle n'avait ni peur ni regret serait mentir : elle était sous le point de se pâmer malgré ses nouveaux vêtements amples, sa plume tremblait sous le poids de la culpabilité et de la crainte de l'inconnu. Mais elle ne pouvait plus reculer. Si elle s'arrêtait maintenant, elle ne trouverait plus jamais le courage de se relever.

La princesse Michelle prit le couteau. Il luisait avec l'éclat de la lampe à huile. Elle le fit tourner gentiment dans sa paume, fixant avec un regard vide la petite lumière. Puis, elle se rapprocha de sa coiffeuse, prit une de ses couettes et la coupa. Elle fit bien attention à ne pas lâcher ses cheveux et les rangea aussitôt dans son sac. Elle fit de même avec la deuxième. Sa nouvelle coupe était inégale, mais c'était mieux que rien. Elle s'enduit ensuite des cendres. Avec ses vêtements de paysan, elle était méconnaissable et elle fut très satisfaite du résultat. Pour paraître encore plus « réaliste », elle s'essuya sur les habits, comme pour faire croire qu'elle les portait depuis un moment.

C'était bon à présent. Il ne lui resta plus qu'à se faufiler par le raccourcit secret -et de manière discrète- pour ne pas se faire prendre par les gardes, et la liberté fut à elle.

C'était un étrange sentiment de se dire qu'elle était libre alors qu'elle avait toujours été conditionnée à être une fille de bonne famille. Ah ! Ce temps était révolu.

Michelle jeta ses cheveux coupés dans un tas de fumier, puis elle enfourcha –« comme un homme »- son cheval favoris, Feliks.

Elle prouverait qu'elle avait elle aussi une liberté, un droit d'être autonome, qu'elle avait aussi ses propres idées et opinions. Et elle ne les devait à rien ni à personne.

Elle allait trouver comment rentrer dans le château du sorcier.

Et encore mieux, elle apprendrait du comment au pourquoi il terrorisait le peuple de ce pays.


Nous passerons les péripéties du nouveau paysan qu'était devenue l'ancienne princesse sur le dos de son cheval. En effet, celui-ci ne pensait qu'à brouter et refusait de se laisser guider. Mais il faut savoir que notre princesse ne faisait pas vraiment d'équitation, c'était plus des promenades à dos de cheval mener par Vash qu'autre chose. Ils ont ainsi perdu beaucoup de temps et la princesse s'était demandée s'ils allaient seulement pouvoir atteindre la prochaine ville avant le lever de soleil. Elle était si désespérée qu'elle eut même l'idée de laisser repartir son cheval pour marcher à pied.

Mais ses efforts ne furent pas vains et elle arriva à la première ville non loin du château.

Il n'y avait encore personne dans les rues, ce qui ennuya un peu la jeune femme. Elle ne savait absolument pas où le château maléfique se trouvait. Il lui fallait des renseignements, ou mieux: un guide.

Le faux jeune homme attacha la bride de son destrier et se rendit dans ce qui lui parut être une auberge.

Il y avait peu de monde encore, le soleil commençant à peine à se lever.

- Ça sera pourquoi ? Demanda une voix derrière le comptoir.

Un homme était en train d'astiquer des verres à l'aide d'un mouchoir crasseux. Il la regardait avec un air méfiant. Celle-ci reprit son courage à deux mains, tenta de prendre une voix grave et se lança :

- Euh, bonjour. Je chercherai à savoir où je dois me rendre pour aller au château d'Ivan Braginsky.

Les rares personnes présentes levèrent la tête. Leurs regards passèrent de la stupéfaction à de l'amusement en une fraction de seconde.

Le barman quant à lui la fixa encore quelques instants, se pencha pour regarder à la fenêtre, avant de reposer son regard sur l'ancienne princesse.

- Vous êtes l'un des rigolos qui croient pouvoir faire face au sorcier pas vrai ?

Michelle entendit des rires étouffés dans son dos.

- Ecoute petit, si j'étais toi, je rentrerai chez moi et j'abandonnerai. Qu'est-ce que tu comptes faire face à lui ? Il a une forteresse imprenable et de puissants pouvoirs magiques. Il pourrait te réduire en cendres en un claquement de doigt.
- J'ai un couteau ! Je peux me défendre! Répliqua-t-elle naïvement mais elle regretta bien vite sa décision.

Le peu de personnes présentes rirent grassement. Le barman en revanche, ne souriait pas. Il rajusta ses lunettes. Avec les rires en fond sonore et sa manière monotone de parler, la jeune femme dû tendre l'oreille pour bien l'entendre :

- Est-il magique ?
- Non.
- As-tu une armée ou quelque chose de semblable ?
- Non.
- As-tu un quelconque moyen pour faire face à lui, en dehors de ce couteau ?
- Non…

L'homme continuait de la fixer. Puis il se dirigea vers un tonneau, duquel il extrait ce qui semblait être du lait dans une chope et la posa sur le comptoir.

- Bois ça et rentre chez toi. C'est la maison qui offre. J'imagine que tu n'as pas d'argent de toute façon.
- Si ! Je peux payer ! Regard-
- Ne crie pas ce genre de chose dans une auberge, coupa-t-il.
- Pardon.

Elle se rendit compte qu'il était idiot de s'excuser : il ne faisait que lui donner un conseil. Elle se mordit la lèvre tandis qu'elle observait son breuvage laiteux.

- Bois. C'est frais. Tino a été le traire ce matin.

Elle ignorait qui pouvait être ce Tino, mais elle décida de faire confiance au barman. Elle absorba un petit peu de lait.

Le goût était d'une puissance incroyable ! Elle n'avait jamais bu du lait comme celui-ci ! Elle déglutit douloureusement, refusant de recracher le liquide.

Si le faux paysan n'avait pas eu un barman avec un regard si sévère, elle aurait probablement abandonné sa chope et repris sa route. Mais elle ne voulut pas le froisser alors elle avala d'un trait le reste de son verre, malgré les protestations de son estomac habitué à des mets plus raffinés.

- Je suis tout à fait d'accord que ma quête peut paraître ridicule, tenta-t-elle une deuxième fois, mais pouvez-vous tout de même m'indiquer où se trouve le château s'il-vous-plait ?

Les rires qui s'étaient tus depuis qu'elle s'était assise au comptoir réapparurent, mais encore plus bruyant :

- AHAHAHA ! Qu'est-ce que tu crois pouvoir faire avec ton petit poignard ? Lui curer les ongles de pieds ?
- La ferme Mathias, répliqua le serveur avant de s'adresser de nouveau à elle, tu n'as pas compris ce que je t'ai dit ? Tu vas à la mort.
- Il vaut mieux que je meurs que je retourne de là d'où je viens.

Elle lui lança un regard sombre, pour lui montrer qu'elle ne plaisantait pas. Peu importait les arguments, aussi justes soient-ils, elle ne partirait pas avant d'avoir eu des informations.

Le silence était lentement et lourdement retombé. Le grand homme blond se retourna pour trouver un autre verre à essuyer.

- La troisième ville en allant au Nord-Est. Si tu as un bon cheval et que tu ne dors pas, tu pourrais l'atteindre en deux jours. Sinon, tu devrais y arriver dans une bonne semaine.
- Berwald ! S'exclama le dénommé Mathias en se levant de sa chaise sous le choc, c'est un gosse ! T'as pas vu à quel point il est frêle ? On dirait une fille !

Le faux jeune homme eut un frisson incontrôlé en entendant ces mots.

- Je ne suis pas son père. Et de toute façon, vu comment il est décidé, il finira par trouver les renseignements qu'il cherche. Autant que ce soit fait.
- Je vous remercie infiniment monsieur Berwald, dit Michelle en quittant le comptoir, pour le lait et pour les renseignements.
- Hm, répliqua ce dernier, fais attention à toi et bonne chance. Tu vas en avoir besoin.


Avant de partir de la ville, Michelle prit quelques provisions. Elle avait bien l'intention de suivre les conseils du serveur, et se prépara à ne pas dormir. Plus elle s'éloignerait du château de son père et se rapprocherait de celui du sorcier, mieux cela serait.


Le voyage fut pénible. Entre la fatigue qui la guettait, son cheval qui continuait à la malmener, les intempéries, les provisions qui se raréfiaient et son coccyx qui criait pitié, son aventure prenait une tournure désagréable.

C'est pourquoi, lorsqu'elle arriva enfin à la ville, elle bénit Dieu tout puissant et se retenu tout juste de ne pas pleurer de joie.

Elle avait pris un peu plus de temps que prévu cependant : elle était arrivée au bout de quatre jours au lieu de deux.
Elle en déduisit qu'elle devait donc avoir un mauvais destrier.

Mais de toute façon, elle n'en en avait plus besoin à présent.

- Tiens Feliks, prend cette pomme et rentre au palais, dit-elle alors à son animal.

Le cheval huma la pomme, la prit et fit demi-tour, comme lui avait ordonné sa maîtresse. Voir le cheval crème s'éloigner émit un petit pincement au cœur de la demoiselle. C'était comme-ci les derniers liens qui la reliaient à son ancienne vie venaient de se défaire.

Elle secoua vivement la tête. Ce n'était pas le moment de se lamenter ! Il était temps d'approcher le château et d'échafauder un plan pour y rentrer !

Et c'est avec cette conviction que la jeune femme se dirigea vers son prochain objectif.


- Votre Majesté ! C'est terrible ! La princesse… La princesse a disparu !

Le roi eut un mouvement de recul tandis que Vash venait vers lui. La peur se lisait dans ses yeux, chose rare chez le jeune homme.
Sous le choc de cette information, aucun son ne put sortir de sa gorge pour demander des explications.

- Il y a… Il y avait ceci sur son bureau… Continua-t-il.

Le garde du corps tendit fébrilement une lettre, portant le sceau royal. Le roi lut :

Cher père,

Ne tentez pas de me retrouver, mais sachez que je vais bien.

Je fais appel à votre clémence afin que vous ne passiez pas votre courroux sur Vash Zwingli ainsi que sa sœur, Lili Zwingli. Ils ignoraient tout de ma conspiration, et j'ai pris ma décision seule.
Je reviendrais bientôt.

Avec mes sincères regrets,

Votre fille bien-aimée, Michelle Delphine Angélique Bonnefoy.

Francis eut le sentiment que le monde autour de lui s'écroulait. Il demanda à se que seule la garde royale le rejoignirent dans la salle des réclamations.

Quand ces derniers se réunirent, le roi annonça :

- La princesse Michelle s'est enfuie durant la nuit dernière (il eut de vives protestations) Silence ! (Le calme revint) Cette information ne doit pas passer les murs de ce château. Que tous les gardes et espions du royaume se mettent en quête de ma fille ! Et n'oubliez pas de la rapporter vivante ! Celui qui la ramènera pourra se voir récompenser par la réalisation de l'un de ses vœux les plus chers ! Il y a de fortes chances qu'elle se soit dirigée vers la forteresse d'Ivan, rattrapez-la avant qu'il ne soit trop tard !
- Oui, Votre Majesté ! Compris, Votre Majesté ! Répondirent ces derniers en chœur.

Aussitôt, ils se dispersèrent, prenant en chasse la princesse disparue. Seul, Vash resta.

- Tu as de l'impudence de rester paraître devant moi, lui lança durement le roi.
- Je sais Votre Excellence. Je tenais simplement à vous dire que je pars moi aussi à la recherche de Michelle, et je tenais à m'assurer qu'il n'arrive rien à Lili pendant mon absence.
- Elle ne sera pas expulsée, si c'est cela que tu crains. Ma magnanimité, mêlée à celle de Michelle, m'empêche de lui faire le moindre mal.
- Je vous en remercie Votre Majesté. Je n'échouerai pas.

Avant qu'il ne quitte la salle, Francis l'interrogea une ultime fois :

- Si tu réussis, ce que j'ai promis tout à l'heure s'appliquera aussi pour toi. Quel serait ton souhait ?

Le garde royal se retourna de trois-quart et lui avoua d'une voix lourde :

- Continuer à servir Ses Majestés.