Bonjour ! ^^

Voilà la suite, pour vous, mes chers lecteurs.

Encore une fois, je veux remercier celles qui m'ont laissé de belles reviews pour le chapitre précédent : Rinku13, Alienor la Fantasque et Mileminia. Merci beaucoup, vous me faites chaud au cœur !

(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling)

Bonne lecture ! :)


Chapitre 3 ― Conscience

Minerva n'arrivait plus à se sortir Lupin de la tête. Elle avait beau essayer de se concentrer sur les leçons et les devoirs à corriger, les fantasmes envahissaient ses pensées. En plus de se remémorer en boucle la scène du placard, elle imaginait maintenant son élève dans son propre lit, alors qu'elle lui donnait des cours particuliers sur le sexe. Les scénarios qu'elle se créait étaient si souvent excitants qu'elle devait régulièrement s'arroser le visage d'eau froide pour apaiser ses chaleurs.

― Encore fatiguée, Minerva ? remarqua Dumbledore lors du petit déjeuner à la Grande Salle, l'air curieusement malicieux.

Minerva, derrière sa tasse de thé, répondit d'un grognement maussade.

― J'espère au moins que vous vous reposerez aujourd'hui.

― Et que vous viendriez à ma soirée ce soir, enchaîna Slughorn avec enthousiasme. Savez-vous qu'Adrian Tutley y sera aussi ? J'aimerais beaucoup vous le présenter.

― J'en serais bien ravie, Horace, dit Minerva en se frottant une tempe, mais comme Albus vient de le remarquer si judicieusement, je suis fatiguée. Je crois que je vais suivre son conseil et me reposer aujourd'hui.

― Oh, quel dommage que vous soyez aussi épuisée, se désola Slughorn. Mais si vous vous sentez mieux en fin de journée, n'hésitez surtout pas à venir faire un tour dans mon bureau, hum ?

À la table des Gryffondor, Black et Potter éclataient de rire alors que Pettigrow venait de renverser son jus d'orange sur le devant de sa robe. Lupin était absent. Minerva se demanda où il était passé. Peut-être qu'il s'exerçait encore dans le placard, à tenir son érection le plus longtemps possible.

Les grandes portes de la salle s'ouvrirent et elle vit alors Lupin entrer, avec une pointe de jalousie au cœur. Fanny Karline était avec lui. Le jeune couple échangea un sourire fuyant, puis se sépara pour aller rejoindre leurs amis chacun de leur côté.

S'était-il déjà passé quelque chose entre eux ? s'inquiéta Minerva. Venait-il de l'inviter un instant dans le placard avec lui ?

Aussitôt, elle se gifla mentalement pour revenir à elle. Quand bien même si c'était le cas, ça ne la regardait pas. Lupin avait le droit de faire ce qu'il voulait. Elle devait plutôt être heureuse pour lui.

Pourtant, pour une raison obscure, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer que le couple Lupin et Karline ne dure pas longtemps.

Dumbledore se pencha alors à son oreille et lui chuchota :

― Si ça peut vous intéresser, Minerva... Remus sera aussi présent à la fête d'Horace...

Le cœur de Minerva fit un bond dans sa poitrine.

― Pourquoi cette information m'intéresserait ?

― Je n'en sais rien, dit Dumbledore d'un air innocent. J'ai simplement cru vous surprendre à plusieurs reprises en train de mater le jeune Remus.

― Je ne le mate pas du tout ! s'insurgea Minerva. Et puis d'abord, qu'est-ce que c'est que ce langage ?

Dumbledore s'esclaffa dans sa longue barbe.

― Voyons, Minerva, ne vous emportez pas. Je voulais simplement vous taquiner...

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Minerva parcourait les couloirs en respirant bruyamment, envahie d'affolement. Était-elle si transparente que ça ? D'autres personnes que Dumbledore avaient-elles aussi remarqué son obsession pour Lupin ? Décidément, elle devait trouver le moyen de calmer ses ardeurs avant que toute l'école ne vienne à se moquer d'elle.

Elle surgit à un coin de mur et tomba sur un groupe de filles de Serdaigle, qui s'avançait tranquillement dans sa direction. Karline était parmi elles, occupée à se confectionner, sous le regard admirateur de ses amies, une torsade de cheveux sophistiquée à l'aide de sa baguette.

Minerva ralentit l'allure en l'examinant avec dédain. Karline possédait l'une de ces beautés insolentes à rendre jaloux n'importe quel mannequin. Tandis qu'elle émettait des rires cristallins, ses yeux d'un vert brillant pétillaient. Ses lèvres étaient pulpeuses et sa robe s'ouvrait sur la raie d'une paire de seins parfaitement généreux, ronds et fermes. Minerva eut soudain envie de crever ces derniers d'un maléfice.

― J'enlève cinq points à Serdaigle ! déclara-t-elle d'une voix forte.

Le groupe de filles sursauta.

― Mais pourquoi ? demanda Karline, perplexe.

― La magie dans les couloirs est interdite.

― Quoi ? Mais je ne faisais rien de mal !

― Le règlement est le règlement. Bonne journée.

Tandis que les filles échangeaient entre elles des regards incrédules, Minerva les contourna et s'éclipsa au bout du couloir. Elle entendit alors Karline pester avec fureur :

― C'est quoi son problème ? Ce n'est pas comme si je défiais quelqu'un en duel !

― Laisse, tempéra l'une de ses amies. C'est juste une vieille coincée.

Minerva s'arrêta net, les yeux ronds. Comment venait-elle de l'appeler ? Elle fit demi-tour dans le but de leur asséner sa façon de penser, mais elle s'immobilisa à nouveau lorsque l'amie reprit d'un ton plus calme :

― Alors, Fanny ? Tu y vas, à la fête, finalement ?

― Non, répondit Karline d'un ton déçu. Je n'ai pas réussi à me faire inviter.

― Oh, c'est nul.

La colère de Minerva se changea alors en joie féroce. Avait-elle bien compris ? Lupin n'avait pas invité Karline à la fête ? Était-ce en raison d'une trop grande timidité ou ne l'intéressait-elle simplement plus ?

Minerva demeura cachée au coin du mur afin d'en apprendre plus sur le sujet, mais les filles s'étaient déjà éloignées, leurs voix s'évanouissant au loin.

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― J'y vais... non, il ne faudrait pas... si, j'y vais... non, ce serait ridicule...

Il y avait des heures que Minerva tournait en rond dans sa chambre, à se triturer l'esprit. Dû à la possibilité que Lupin soit seul à la soirée de Slughorn, un désir irrépressible la poussait à s'y rendre également. Mais ce serait dangereux. Si on la soupçonnait déjà d'avoir un faible pour son élève, elle pourrait s'attirer de graves ennuis.

― Et puis pourquoi je me comporte comme une parfaite adolescente, aussi ? déplora-t-elle en s'attrapant le chignon à deux mains.

Elle devenait folle. Pourtant, ce n'était que Remus Lupin, un simple élève parmi tant d'autres. Elle avait juste vu son sexe bandé, rien de plus. Oui, mais quelle érection !

Minerva s'effondra sur le bord de son lit, dépitée. Le manque de sommeil en était sûrement la cause. Lorsque la fatigue l'oppressait, elle s'enlisait dans une multitude de pensées débridées sans plus aucun contrôle. Elle devait dormir, voilà. Elle devait récupérer le sommeil perdu. Une fois reposée, elle retrouverait bien la raison.

Résolue, elle se leva et sortit de ses appartements. L'infirmière gardait toujours en stock des potions de somnifère.

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Minerva se réveilla en nage dans son lit, dans une flaque poisseuse de sueur. La nuit était tombée, plongeant la chambre dans la pénombre. Péniblement, elle s'extirpa des draps trempés qui lui collaient à la peau et se jeta en bas du matelas.

Le cadran indiquait les neuf heures. Elle avait donc dormi durant toute la journée.

Elle se redressa debout dans sa chemise de nuit détrempée, se frotta les yeux et se rendit à la salle de bain d'un pas traînant. L'eau froide finit de la réveiller complètement.

Revenue dans sa chambre, elle s'assit dans sa serviette sur le bord du lit et savoura un moment, les yeux fermés, cet état de bien-être dû à ce merveilleux repos réparateur.

Le cadran émettait de faibles tic-tac. Minerva souleva les paupières et consulta l'heure une seconde fois. La soirée de Slughorn devait être commencée. Si elle se sentait bien maintenant, pourquoi ne pas se joindre à la fête, elle aussi ? Après tout, elle avait été invitée.

Lupin revint alors flotter dans son esprit, mais elle le chassa d'un geste impatient de la main. Si elle allait à la fête, ce serait dans l'unique but de se divertir et de rencontrer cet Adrian Tutley que Slughorn voulait tant lui présenter. Lupin pouvait aller se faire voir, elle n'avait plus aucun intérêt envers lui.

Elle entreprit de s'habiller et de renouer ses cheveux dans l'habituel chignon sévère. Elle examina ensuite le résultat dans son miroir sur pied. La robe qui lui retombait aux chevilles était la plus élégante de sa garde-robe. Pourtant, Minerva grimaça d'insatisfaction.

― Cette jeune prétentieuse a raison, soupira-t-elle. J'ai vraiment l'air d'une vieille coincée.

Remontant ses lunettes sur son nez, elle s'avança d'un pas et examina de plus près les rides aux coins de ses yeux.

― De toute évidence, je ne rajeunis pas...

Elle leva le menton et observa d'un air critique son visage austère sous tous ses angles. Karline avait les lèvres pulpeuses. Les siennes étaient minces et sèches. Elle ne possédait pas non plus d'yeux pétillants ni de poitrine généreuse.

― Et alors ? se dit-elle avec détachement. Ce n'est pas la beauté qui compte, mais l'intelligence. Si Lupin ne le sait pas encore, il le réalisera bientôt...

Elle s'interrompit.

― Ah non... je pense encore à lui...

Au même moment, une bouffée de chaleur déferla dans sa poitrine. Elle expira brusquement en tirant sur son haut col pour se permettre de mieux respirer. De l'autre main, elle s'empara de sa baguette et souffla de l'air frais dans son cou. La chaleur passa au bout d'un moment, en la laissant frissonnante dans sa sueur.

― Satanée ménopause ! pesta-t-elle.

D'un nouveau sort, elle se sécha, puis reporta son attention sur son reflet. La vue de sa robe, à présent grande ouverte sur sa poitrine rougie, la laissa soudain sans voix.

Longuement, un doigt entre les dents, la tête penchée, elle s'observa, réticente. Enfin, avec curiosité, elle empoigna ses menus seins à deux mains et les écrasa vers le haut, de sorte à leur créer une raie bien nette dans le décolleté.

― Et si... ? hésita-t-elle.

Le séduire n'était pas son intention, loin de là ― du moins, c'est ce dont elle essayait de se convaincre. Ce serait seulement pour... une expérience. De toute façon, si elle voulait éviter de se consumer en pleine fête, valait mieux s'armer d'un pratique décolleté pour évacuer la chaleur, non ?

D'un coup de baguette, elle modifia alors le collet de sa robe et gonfla du même coup ses seins pour mieux le remplir. Elle plongea ensuite un doigt dans son chignon et libéra une longue mèche de cheveux noirs.

― Après tout, c'est une fête, pas un cours à donner, se justifia-t-elle.

Un second coup de baguette plus tard, elle modifia son chignon en une coiffure plus relâchée, ornée de mèches ondulées qui lui donnèrent une mine plus jeune, puis elle osa un peu de maquillage autour des yeux afin d'atténuer les rides derrière ses lunettes.

― Parfait, dit-elle, elle-même surprise du résultat. Si, après ça, on m'accuse encore d'être une vieille coincée...

Elle tourna les talons d'un mouvement confiant, sortit dans le couloir et prit la direction du bureau de Slughorn.

.

Les basses fréquences d'une musique rythmée s'amplifiaient à mesure que Minerva approchait du bureau de Slughorn. Lorsqu'elle ouvrit la porte, le bruit ambiant et assourdissant de la fête l'assaillit. Elle hésita, puis se faufila parmi les invités secoués de rire et de conversations animées.

Les murs et le plafond étaient pour l'occasion drapés de nombreuses tentures émeraude et dorées, qui donnaient l'impression de se trouver sous une vaste tente. Plusieurs lampes rondes, suspendues dans le vide au-dessus des têtes, diffusaient des lueurs rouges dans tout l'endroit. Minerva se sentit un peu étouffée.

― Aaah ! Minerva ! s'exclama une voix tonitruante.

Slughorn l'avait déjà repérée et fendait la foule de son gros ventre. Il était vêtu d'une veste en velours dont les boutons sur le devant menaçaient de sauter.

― Vous êtes absolument ravissante ! complimenta-t-il en souriant derrière sa moustache de morse. Vous semblez avoir rajeuni de vingt ans ! C'est la sieste qui vous a redonné tout cet éclat ?

― C'est ça, oui..., marmonna Minerva, un peu gênée, en repoussant une mèche derrière son oreille. J'ai fait le plein d'énergie, si on peut dire.

― Fantastique ! Prendriez-vous un verre, très chère ?

Il désigna un elfe caché sous un large plateau de coupe de vin, qui venait de s'arrêter près d'eux. Minerva se servit en le remerciant d'un hochement de tête et but une gorgée pour se détendre. Pourquoi devait-elle être aussi nerveuse ?

Au même moment, un bruit de bousculade retentit derrière elle. En se retournant, elle aperçut Black, qui se relevait parmi la foule en éclatant d'un rire aviné.

― C'était du vin, on s'est trompés ! s'esclaffait-il.

― Ah, ce n'était pas du whisky ?

Black tendit la main et aida Lupin à se remettre debout également. Minerva s'embrasa subitement en le voyant. Dans sa robe de soirée bleu nuit, il apparaissait plus beau que jamais.

― Mais que faites-vous, les garçons ? interrogea Slughorn d'un air faussement indigné. Seriez-vous par hasard en train de dévaliser ma réserve de whisky Pur-Feu ?

― Pas du tout, on n'est pas si soûls que ça, protesta Lupin, échevelé, le visage écarlate. Je n'ai pris que deux verres...

― Quatre, rectifia Black.

― Ah oui, ce n'était pas trois ? dit Lupin d'un air hébété.

Il compta un moment sur ses doigts, puis il remarqua enfin Minerva qui le contemplait fixement, comme hypnotisée.

― Ouah ! s'exclama-t-il, les yeux écarquillés. Professeur, je ne vous avais pas reconnue ! Vous êtes vraiment... heu... époustouflante, ce soir.

Black étouffa un fou rire, qu'il ravala aussitôt sous le regard noir que lui lança Minerva.

― Heu..., fit-il en se raclant la gorge. En tout cas, on s'amuse bien ici, pas vrai Lunard ?

― J'ai la tête qui tourne un peu, je t'avoue, mâchouilla Lupin en se frottant la nuque. Je pense que je ferais mieux de prendre une petite pause avant de...

― Pas question ! Si je t'ai invité à la soirée, ce n'est pas pour que tu te dégonfles au bout de quatre verres seulement ! Ça fait deux semaines qu'il se ronge les sangs pour des bêtises, professeur, expliqua Black en passant un bras autour des épaules de son ami. Vous n'avez rien contre l'idée qu'il se défonce un peu ce soir, hein ?

Minerva se contenta de les regarder sans rien dire. Elle venait de comprendre pourquoi Karline n'avait pas été invitée. Black faisait partie des élèves préférés de Slughorn, pas Lupin. Pour que ce dernier ait pu venir à la fête, il lui avait fallu une invitation d'un invité de Slughorn. Karline n'avait simplement pas eu cette chance.

― Bon, alors, reprit Black avec désinvolture. Bonne soirée, professeur. Tu viens, Lunard ?

Lupin, qui était occupé à recompter ses doigts, hocha la tête. Il releva les yeux, détailla un bref moment le décolleté de Minerva, lui sourit timidement, puis suivit Black dans la foule.

Minerva demeura sur place, frémissante de chaleur. Il l'avait regardée ! Sa tenue ne l'avait pas laissé indifférent ! Pouvait-il maintenant la désirer comme elle-même le désirait ?

Elle se secoua brusquement l'esprit et but d'une traite la moitié de sa coupe. Qu'est-ce que c'était encore que ces pensées scandaleuses ? Elle ne le désirait pas du tout. Il n'était qu'un stupide gamin qui ne pensait qu'à boire. Elle l'avait cru plus mature que ça.

S'éventant d'une main, elle se retourna pour voir où était passé Slughorn. Ce dernier était en grande conversation avec un grand homme au nez pointu et au crâne dégarni. Elle se joignit à eux.

Au bout d'une demi-heure, à écouter distraitement parler Adrian Tutley, le président de l'Association Internationale des Animagi, elle retourna dans la foule, légèrement enivrée par l'alcool. Mine de rien, elle en était déjà à son troisième verre de vin et éprouvait maintenant, une fois encore, une envie folle de revoir Lupin.

Elle trouva Black et Potter, assis à une table en compagnie de Lily Evans, mais Lupin ne figurait pas parmi eux. Où était-il encore ?

Elle balaya la foule du regard. Plusieurs invitées se déhanchaient sur une piste de danse aménagée près du groupe de musiciens. Elle s'approcha. Lupin s'y trouvait peut-être, malgré sa timidité. Lorsqu'on était ivre, même danser comme un idiot devenait possible.

Il était là, mais pas sur la piste de danse. Il se tenait en retrait, à demi caché derrière une large tenture émeraude, et discutait d'un air séducteur avec une jolie fille blonde de Poufsouffle. Minerva se figea, la gorge nouée.

― Mais quel rythme engageant ! s'exclama une voix de stentor. Danseriez-vous avec moi, Minerva ?

Slughorn s'arrêta tout près d'elle. Ses joues luisaient d'un rouge vif et son haleine empestait l'alcool. Il lui posa la main sur la taille et essaya de l'entraîner dans ses mouvements chaloupés, mais elle le repoussa en grimaçant.

― Non, je... je ne danse pas très bien...

― Quelle importance ? Laissez-vous allez ! Personne n'est là pour vous juger !

― Non, vraiment, je... je crois que je vais rentrer...

― Quoi, déjà ?

Slughorn parut éminemment déçu.

― Pourquoi donc ? La soirée vient à peine de commencer.

Minerva lui adressa un sourire navré et regarda à nouveau en direction de la large tenture. À présent, Lupin caressait le dos de la jeune fille en la rapprochant de lui de façon très entreprenante.

― Minerva, écoutez, reprit Slughorn d'un air soudain sérieux. J'aimerais sincèrement passer une soirée avec vous, seul à seule. Peut-on se reprendre demain soir ?

― Non... je veux dire, oui... enfin, peut-être..., répondit Minerva qui luttait maintenant contre une nouvelle chaleur suffocante. On s'en reparlera. Bonne fin de soirée, Horace, et merci beaucoup de m'avoir invitée à votre soirée. C'était très amusant.

― On vous a déjà dit que vous aviez de beaux yeux ?

― Quoi ?

Slughorn s'approcha d'elle, le regard scintillant à la lueur des lampes rouges.

― Vos yeux... pétillent comme un million d'émeraudes.

― Ils pétillent, vraiment ? dit Minerva, incrédule, en relevant ses lunettes sur son nez.

Slughorn s'avança encore, son épaisse moustache lui frôlant presque le nez. Minerva recula d'un pas, mal à l'aise. Il devenait presque aussi entreprenant que Lupin derrière la tenture.

Tout à coup, un cri de douleur transperça la musique. Minerva et Slughorn sursautèrent en s'éloignant l'un de l'autre. À la table de Potter et Black s'élevèrent des rires stupéfaits. Lupin se frottait la joue devant la Poufsouffle blonde, comme si elle venait tout juste de le gifler. Cette dernière paraissait insultée.

― Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Minerva dans le brouhaha de la fête qui se poursuivait sans vraiment y faire attention.

Lupin jeta un regard noir à ses amis, puis s'enfuit sur la piste de danse en bousculant les danseurs sur son passage. Minerva hésita, puis le suivit en plantant Slughorn derrière elle.

― Lupin ? s'écria-t-elle.

Lupin sortit dans le couloir d'un pas furieux, la respiration précipitée. Minerva accéléra sa course et ralentit à sa hauteur.

― Lupin, est-ce que ça va ?

― Non, ça ne va pas ! répondit-il d'un ton brusque. On vient de me coller une baffe en pleine gueule ! Je suis nul !

Minerva ravala un sourire de satisfaction avant de se composer un air plus approprié à la situation.

― Ça ne veut rien dire, dit-elle placidement. Ce n'était tout simplement pas la bonne. D'ailleurs, vous n'étiez pas amoureux de Miss Karline ? Ça ne marche plus avec elle ?

― Mais oui, ça marche toujours ! Justement !

Lupin s'arrêta au milieu du couloir et se retourna face à elle, les poings serrés.

― Je n'y arriverai jamais ! s'emporta-t-il, aux bords des larmes. Je n'ai aucune aptitude dans le domaine de la séduction ! La preuve, elle n'a même pas voulu m'embrasser ! Et mes amis qui se fichent de ma gueule, en plus ! Ils ne sont même pas foutus de m'aider ! J'ai l'air d'un con, moi ! Fanny va rire de moi aussi !

― Et si on poursuivait cette conversation dans mon bureau ? suggéra Minerva en jetant autour des coups d'œil inquiets. Ce serait plus discret, vous ne pensez pas ?

Lupin s'essuya les yeux en reniflant.

― D'accord..., répondit-il plus calmement. Mais seulement si je ne vous ennuie pas.

― Vous ne m'ennuyez pas du tout. Suivez-moi.

Ils parcoururent silencieusement les couloirs, jusqu'au bureau de Minerva qui lui ouvrit la porte, le cœur battant d'excitation. Comment la soirée aurait-elle pu mieux se terminer ?

― Quelque chose à boire ? proposa-t-elle en se dirigeant vers l'armoire dans le fond de la pièce. J'ai du whisky Pur-Feu si c'est ce que vous préférez...

― Non merci, j'ai assez bu pour ce soir, dit Lupin qui s'effondra dans le fauteuil devant le bureau, les mains sur la tête.

― Un verre d'eau, peut-être ?

― Pourquoi êtes-vous aussi gentille avec moi, professeur ?

L'estomac de Minerva se contracta. Était-il en train de se douter de quelque chose ? Elle devait faire plus attention.

― C'est parce que je me fais du souci pour vous, répondit-elle avec précaution. Vous êtes un élève de ma maison. Vous aider est mon devoir.

― Humpf..., fit Lupin, la tête toujours prise entre ses doigts.

Un peu nerveuse, Minerva fit apparaître sur son bureau une cruche d'eau froide et versa deux verres. Elle en tendit un à Lupin qui se redressa pour le prendre.

― Merci, dit-il d'un ton déprimé.

Tandis qu'il but plusieurs gorgées, Minerva resta debout près de lui, appuyée contre son bureau, son verre dans la main, à l'observer en silence.

― Alors ? dit-elle enfin, intriguée. Pourquoi avoir essayé d'embrasser cette fille si vous êtes toujours amoureux de Miss Karline ?

― Parce que je cherchais à me rassurer, mâchouilla Lupin avec honte. C'était pour apprendre un peu comment embrasser avant de le faire réellement avec Fanny. Mais je sais. Je suis stupide.

― Vous n'êtes pas stupide. Vous ne vous y prenez pas de la bonne façon, c'est tout.

― Et c'est quoi, la bonne façon ? s'agaça Lupin. C'est mon haleine, le problème ? Ou alors, j'y suis allé trop vite ? J'aurais dû commencer par lui offrir des fleurs, peut-être ?

― Je ne parle pas de ça ! Je veux parler de...

Elle soupira.

― Avez-vous parlé à Miss Karline, Lupin ? demanda-t-elle avec patience. Lui avez-vous confié vos craintes comme je vous l'avais conseillé ?

― Mais lui dire quoi ? s'emporta Lupin. Lui dire qu'elle doit s'attendre à un piètre baiseur ? Que j'embrasse comme un chameau ?

― Vous n'embrassez pas comme un chameau, arrêtez ça !

― Qu'est-ce que vous en savez ? Vous ne m'avez jamais embrassé !

― Alors, embrassez-moi, qu'est-ce que vous attendez ?

Un imposant silence tomba dans le bureau. Horrifiée, Minerva manqua de s'évanouir. Venait-elle réellement de dire ça ?

D'un geste tremblant, elle amena son verre à ses lèvres et avala trois grosses gorgées en espérant que ses derniers mots lâchés sous l'impulsion passent inaperçus.

Hélas, Lupin s'esclaffa d'un rire incrédule. Minerva se sentit rougir jusqu'aux oreilles.

― Je plaisantais ! se justifia-t-elle en tentant de retrouver un semblant de dignité. C'était pour rire !

― Vraiment ? Parce qu'en fait, je trouve que c'est plutôt une bonne idée...

Minerva faillit relâcher son verre.

― Pardon ?

― Mais oui ! affirma Lupin, le visage illuminé. Vous, au moins, vous comprenez pourquoi je suis désespéré. Vous pourriez me donner quelques cours sur le baiser. Ça serait super ! Vous voudriez bien m'aider, professeur ?

Minerva resta figée, dépassée. Elle devait être en train de rêver. Cette réalité était impossible. Ses fantasmes ne pouvaient pas être sur le point de se réaliser.

― Vous... hum... vous voulez quoi... exactement... ? demanda-t-elle lentement. Je ne suis pas sûre d'avoir bien compris...

― J'aimerais vous embrasser, précisa Lupin sur un ton naturel. Pour que vous m'appreniez comment...

C'était donc réel. Elle ne rêvait pas. Elle n'avait qu'à dire « oui » et elle vivrait alors le moment le plus intense de sa vie. Rien qu'à y penser, elle se consumait d'excitation.

Mais elle ne le pouvait pas. C'était inadmissible. Un professeur n'avait aucun droit de profiter ainsi d'un élève. Si on le découvrait, sa carrière était finie, comme sa réputation. Elle-même se tuerait si elle osait s'abandonner à une telle folie.

Mais la façon dont Lupin s'humectait les lèvres tandis qu'il attendait patiemment sa réponse, les yeux lui détaillant à la fois le visage et le décolleté, la rendait folle de désirs. Pourquoi devait-il la regarder comme ça ?

Elle détourna la tête, la respiration accélérée, essuyant la sueur à l'arrière de son cou. Elle avait chaud de partout. L'atmosphère s'était de surcroît chargée de brûlants courants électriques, qui n'aidaient en rien à ses bouffées de chaleur.

― Vous ne protestez pas, observa timidement Lupin. Ça veut dire que vous le voulez bien... ?

― Non, ça veut dire que je suis choquée ! répliqua-t-elle sèchement. Je ne m'attendais pas à un tel excès d'audace de votre part, Lupin ! Avez-vous conscience de ce que vous venez de me demander ? À moi ? Un professeur ?

― Ah... oui... je comprends..., balbutia-t-il en baissant la tête, les joues empourprées. Désolé... J'ai encore beaucoup d'alcool dans le sang, ça doit être pour ça... Mais il n'empêche qu'une seule semaine me reste avant mon rendez-vous et je ne sais toujours pas quoi faire pour améliorer mes performances...

― Et vous avez cru qu'en demandant à un professeur...

― Si vous ne le voulez pas, ce n'est pas grave. Je... je me débrouillerai autrement... Mais... je demande juste un baiser, vous savez. Vous êtes sûre que vous ne le voulez pas ? Je veux dire... Je ne le dirai pas à personne, je vous le promets. Ça restera entre nous... Aidez-moi, s'il vous plaît...

Il lui adressa un regard implorant, les yeux si brillants que Minerva dut attraper le bord du bureau pour s'empêcher de vaciller. Voilà maintenant qu'il la suppliait.

― Lupin..., articula-t-elle d'une voix étouffée. Vous allez trop loin...

― J'aimerais beaucoup que vous m'aidiez, professeur, insista-t-il.

― Je... n'ai pas le... droit...

Le cœur battant, en quête de secours, elle sortit sa baguette, la pointa sur son verre à moitié vide, et à l'aide d'un sortilège informulé, changea l'eau en whisky Pur-Feu. Après l'avoir bu d'une traite, elle reposa le verre sur son bureau, mais ça n'apaisa en rien la tension sexuelle qui s'emparait d'elle de façon conséquente. Le corps plus en feu que jamais, elle murmura alors, malgré elle :

― D'accord... et dépêchez-vous avant que je ne change d'avis...

Le fauteuil grinça lorsque Lupin se releva avec empressement. Il déposa son verre près du sien et s'approcha d'elle avec des yeux à couper le souffle. Minerva frissonna sous les mains qu'il lui posa sur les épaules. Sa respiration aromatisée d'alcool lui réchauffa les lèvres. Il hésita un instant, comme s'il ne savait pas trop comment procéder, puis, enfin, il posa sa bouche sur la sienne.

Dès qu'il la toucha, Minerva eut l'impression que la pièce se mit à tourbillonner autour d'eux. Elle s'accrocha à lui pour ne pas tomber. Ses performances étaient loin d'être celles d'un chameau. Au contraire, ses lèvres étaient tendres, si délicieuses. Il embrassait à merveille.

Elle répondit au baiser avec avidité, le savourant de tout son être, la langue glissée dans sa bouche. Retombée contre le bureau, elle l'étreignit avec plus d'ardeur. Elle fut sur le point de lui arracher sa robe de soirée, quand Lupin la repoussa et la fixa dans les yeux, l'air stupéfait.

― Quoi... ? souffla Minerva, haletante. Qu'est-ce qu'il y a ?

― Je ne pensais pas qu'embrasser était si bon, professeur..., susurra-t-il.

Elle sourit, frétillante d'émotions. Elle voulut s'emparer à nouveau de ses lèvres, mais Lupin poursuivit :

― Est-ce que c'est aussi bien de votre côté ? Je veux dire... Je me débrouille bien ? Comment j'étais ?

La pièce cessa si brusquement de tourner que Minerva eut l'impression d'en sentir la secousse sous ses pieds.

― Vous... heu... Oui, vous étiez très bien, Mr Lupin, bredouilla-t-elle, brusquement refroidie dans sa sueur. Très intense, vraiment... un vrai prince charmant... Miss Karline sera renversée par vos performances...

Un sourire éclatant illumina le visage de Lupin.

― Oh, merci, professeur ! dit-il en reculant vers la porte. Je suis trop content, je... Merci beaucoup ! Vous me sauvez la vie ! Grâce à vous, je... je suis beaucoup plus confiant. Merci !

― De rien..., répondit Minerva avec un sourire crispé. Ravie de vous avoir apporté mon aide...

― Je retourne à la fête, maintenant. Et je vous jure que je ne parlerai pas à personne de ce baiser. Ça restera notre secret. Merci encore ! Merci beaucoup ! Infiniment !

Et lorsqu'il sortit joyeusement du bureau en refermant la porte, Minerva s'écroula dans le fauteuil devant elle, les doigts sur ses lèvres encore chaudes de la salive de Lupin.

C'était l'enfer qui s'ouvrait sous ses pieds. Maintenant, elle réalisait qu'elle était tombée amoureuse.


Merci d'avoir lu !

La suite, la semaine prochaine, sans faute, parce que vous comptez beaucoup pour moi. :)