Suite et fin de cette histoire dédiée à Hikari Yumeko !

Merci beaucoup d'avoir commenté (je réponds bientôt, promis, et j'en profiterai pour commenter le 25 décembre) ! J'espère que cette parie te plaira tout autant !

Assistant

Partie 3 : Juste assistant ?

Elle regardait sa boîte mail d'un air circonspect. Tout à coup elle écarta les bras et laissa un grand cri passer à travers ses poumons, sa gorge et sa bouche. Elle ne pouvait pas le croire. Alerté par le cri, Moblit déboula dans la bibliothèque, et ouvrit la porte à la volée. Une furie lui sauta à la gorge, le prenant dans ses bras pour le faire tourner si vite qua quand elle arrêta, il ne distinguait plus la gauche de la droite du haut et du bas. Il serait tombé si elle ne l'avait pas retenu de deux mains fermes sur les épaules. Elle riait aux éclats, et il ne savait pas comment il était supposé réagir.

« Thomas Gordon, merde, Thomas Gordon ! »

Elle se mit à déblatérer à une vitesse folle, et si Moblit n'avait pas lu tous les livres qu'Hanji avait écrits, nul doute qu'il n'aurait pas comprit un mot de son discours. Il avait beaucoup de mal à suivre, mais il saisissait assez de l'ensemble pour que son cœur s'arrête définitivement quand elle prononça les mots :

« Il m'invite à travailler à l'institut de recherche scientifique de l'université de Boston ! »

Un grand silence.

Quelques mois plus tôt, il en était certain, il aurait exulté de joie. Voir cette femme promue à l'étranger, cette femme qu'il admirait, aurait suscité chez lui un empressement incroyable, et il n'aurait eu qu'une hâte : lire le résultat de ses recherches là-bas, avec plus de moyens et en rencontrant d'autres grands scientifiques du monde entier. Mais tout ce qu'il pouvait penser, en cet instant, c'était l'égoïste « Et moi ? ». « Et moi, pensait-il, qu'est-ce qui va m'arriver ? Tu vas partir et m'oublier, aussi rapidement que tu m'as rencontré. Mais tu es juste heureuse. »

Ça lui faisait mal, de penser ça, parce qu'il savait qu'il ne pouvait pas le dire. Il voulait tout sauf la gêner. De toute façon, elle s'en ficherait. Tout ce qui avait toujours compté pour elle, c'était son travail, ses recherches et l'étendue infinie des connaissances de ce monde.

« Félicitations, Hanji. »

C'était impersonnel et presque froid, mais il n'aurait su penser à rien d'autre, sinon des plaintes sans fin. Elle était trop à sa joie pour remarquer son trouble, pensa-t-il, et elle ne le remarquerait sûrement jamais. Tant pis, tant pis. Il garderait ce stage en mémoire toute sa vie, comme un bon souvenir. Dès cet instant, il se rendit compte que ce présent n'existait que pour devenir passé, qu'il disparaîtrait aussitôt né pour être futur.

Le monde, dans son fonctionnement même, était emprunt de mélancolie.

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Hanji tendit l'index droit et n'eut même pas à relever la tête pour savoir que c'était bien le scalpel qui avait atterri dans sa main. Elle continua de travailler en silence, et le laboratoire se remplissait du bruit de ses gestes et de celui, plus régulier, du stylo de Moblit sur son carnet. Quand elle eut fini, elle s'autorisa enfin à détendre les épaules, et tourna la tête vers l'homme, qui avait déjà commencé à débarrasser la table de travail. Il n'avait rien dit.

Depuis l'annonce de la nouvelle, à peine une semaine auparavant, il se comportait étrangement. Elle n'avait rien dit à ce sujet, puisqu'il accomplissait toujours avec rigueur et précision son travail et puisque lui, ne disait rien. Simplement, elle le voyait parfois la tête dans les étoiles. Il lisait un traité de biologie avancée et puis paf, tout à coup, il semblait partir sur une autre galaxie. Elle avait l'impression qu'il mettait de la distance entre eux, aussi. Il riait moins à ses bourdes quand elle faisait le ménage, lui rappelait d'aller se laver sans montrer ostensiblement qu'elle puait la charogne et la transpiration, ce genre de choses. Il était toujours aussi bienveillant, ceci dit, mais il lui manquait un peu de le voir s'illuminer en la regardant.

Les premiers jours, elle n'avait rien vu, concentrée sur son excitation grandissante, et le pensait simplement aussi choqué qu'elle.

Elle avait été vexée aussi, c'est vrai, qu'il ne la félicite que si peu. C'était peut-être simplement par orgueil, mais elle aurait bien voulu … qu'il organise un petit quelque chose ? Un bon dîner, par exemple, ou un gâteau. Hanji adorait les gâteaux, et c'était une bonne occasion, non ? Elle avait fait tant d'efforts pour parvenir ici, chaque jour et chaque nuit, pendant des années, et la récompense arrivait enfin. Elle reposa à terre le livre qu'elle venait d'achever, écrivant sur une feuille volante la bibliographie – enfin, la part de la bibliographie qu'elle ne possédait pas encore. Bien entendu, il y avait encore chez elle une bonne trentaine d'ouvrages qu'elle n'avait même pas ouverts, et plus encore qu'elle n'avait que vaguement parcourus, mais elle se sentait assez angoissée dès que sa pile à lire passait le seuil des cinquante. Ce mois-ci, elle avait dévoré plus de vingt gros livres, et savoir que sa pile à lire, telle qu'elle était, ne lui permettrait pas de tenir plus de trois mois sans passer à la librairie lui pesait. Elle mit la liste dans son carnet du moment et se dirigea vers le téléphone, dans sa chambre.

Moblit ne l'avait pas récompensé et bien soit, elle trouverait quelqu'un d'autre pour le faire. Elle composa le numéro de Levi, et laissa sonner. Une voix éraillée lui répondit, et elle était à peu près certaine que ça n'était pas celle de son ami.

« Allô ?

—Euh, bonjour ? »

Elle entendit un grésillement, un souffle dans le micro et des bruit flous, comme si on éloignait le téléphone de son oreille pour le regarder. Une phrase retentit, et elle ne put s'empêcher d'être abasourdie.

« Ah, zut, c'est le tien, Levi.

Hanji ?

—Mais dis-moi on cher, qui donc m'a répondu ?

T'es au courant qu'il est deux heures du mat', putain ?

—Ma question est d'autant plus valable : qui m'a répondu sur ton téléphone à deux heures du matin ?

Si t'es juste là pour dire de la merde, je raccroche.

—Techniquement, je ne suis pas là, puisqu'il s'agit d'une conversation téléphonique et puis …

O.K., salut.

—Je pars aux États-Unis dans deux semaines. »

Elle entendit son ami s'étouffer un peu avec sa salive, et elle imaginait bien que ça ne devait même pas se voir sur son visage, et que l'aile droite de son nez devait à peine se froncer. Elle l'entendit soupirer, renonçant à raccrocher, et poser le téléphone quelque part. Elle entendit des bruits de tissus, de draps, il était donc bien au lit avec quelqu'un. Elle devina qu'il enfilait un vêtement, et qu'il devait donc être nu avant ça. Selon toute probabilité il était chez lui, et elle savait qu'il n'avait aucun problème à déambuler en caleçon, même pour aller sur le balcon. Elle entendit la porte-fenêtre s'ouvrir et qu'on recollait le téléphone à son oreille. Une respiration, le roulement d'un briquet et un bruit de combustion. Elle avait l'impression d'être à côté de lui, quand ils avaient douze ou treize ans et qu'ils s'étaient faufilés sur le toit du foyer, de nuit, pour qu'il fume une cigarette en cachette et jure contre tout un chacun ici-bas. Elle ferma les yeux, et les rouvrit quand il parla.

« Comment ça ?

—J'ai eu une proposition de l'institut de Thomas Gordon.

—Et ?

—Attends, je t'ai parlé de lui mille fois ! Il a fait des trucs tellement cools ! Je te prêterai un de ses bouquins, si tu veux, il a écrit sur les variations de –

—La ferme. C'est bien. »

Elle pouvait sentir la chaleur du très léger sourire que Levi pouvait arborer. C'était minuscule, mais elle savait que pour lui, c'était beaucoup.

« C'est bientôt.

—Ouais. Mais j'ai tellement hâte, tu peux pas imaginer !

—Tu l'as dit au vieux ? »

Elle rit un peu. Erwin n'était pas beaucoup plus âgé qu'eux deux mais Levi l'avait toujours appelé comme ça. Après tout, quand on a six ans, neuf ans, c'est si loin.

« Pas encore.

—Mais qu'est-ce que tu fous ?

—Je l'ai appris i peine une semaine. De toute façon, je n'avais pas prévu de prendre d'élèves l'année prochaine.

—Ouais, ouais. Faut qu'on se voie. »

Elle le savait, qu'il allait proposer ça. Il était si peu à l'aise avec un téléphone qu'elle ne s'attendait même pas à ce qu'il décroche.

« Après-demain, à vingt heures, chez Erwin ? »

Il grogna un assentiment et raccrocha. Ils auraient tout le temps de parler le surlendemain.

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Elle était sortie, comme ça, elle avait quitté sa propre maison en le laissant seul. Elle allait dîner avec des amis. Elle ne lui avait même pas proposé de venir. Oh, il comprenait, bien sûr, mais il se sentait un peu délaissé. Il secoua la tête. Il n'avait qu'à passer un coup de fil à un camarade de classe, tiens. Il fit le tour de son répertoire, et abandonna. De toute façon, il avait encore tellement à lire ici.

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« Alors tu pars vraiment ? »

Hanji fit un grand sourire, un peu hébétée.

« Levi a lâché le morceau.

—Ouais, c'est ça. Mon vol est le vingt-quatre. Mais de toute façon, je reviendrai.

—Qu'est-ce que tu vas faire de la maison ?

—Je la garde ! Je vais peut-être la louer, ceci dit, en tout cas je ne la revend pas. En plus, je n'aurai jamais de quoi déménager tous mes livres. Remarque, je pourrais peut-être les donner à Moblit, il sait en prendre soin.

—Moblit ?

—Mais si, tu sais, mon assistant, qu'était dans ma classe l'année dernière.

—Il a survécu si longtemps en ta compagnie ? Pas croyable. »

Hanji tira la langue à Levi. Quoiqu'en y pensant, c'est vrai qu'il avait tenu longtemps. Peut-être parce qu'elle avait fait des efforts. Elle aurait dû s'y mettre plus tôt … Elle secoua la tête. Elle n'avait pas l'impression qu'un seul de ses assistants aie mérité tant de peine. Et puis, aucun ne l'avait aidée à comprendre en premier lieu.

« Mais dis-moi, tu ne lui avais pas parlé d'une embauche possible à la fin des vacances ?

—Bah si, mais comme je pars de l'autre côté de l'océan … ah mince ! C'est pour ça qu'il est dans les vapes !

—Dans les vapes, tu dis ?

—Ouais, depuis que je lui ai dit que je partais il est un peu distant.

—Mais merde, t'as pensé à lui ou quoi ? »

Hanji fronça les sourcils. Levi, habituellement, ne pensait qu'à eux trois. Alors qu'il lui demande, à elle, de penser aux autres avait quelque chose qui tenait de l'absurde.

« Bah non. »

Levi haussa un sourcil, et elle vit Erwin enfoncer son visage dans ses mains avant de dire :

« Et si je vous proposais des cours de rattrapage en relations sociales, ça vous intéresserait ? »

Mais personne ne réagit. Non, elle n'avait pas réfléchi plus que ça à ce que Moblit pouvait ressentir. En même temps, sa réaction était légère et légèrement incompréhensible. Ne pas penser à lui … c'est un peu ce qu'il lui avait reproché la première fois, non ? Elle se sentit bête, sur le coup, mais aussitôt la conversation dériva. Elle se promit que, quand elle rentrerait chez elle, elle aurait une conversation avec Moblit.

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D'accord, il fallait qu'elle arrête de se promettre des choses à elle-même. Elle partait dans cinq jours, et elle n'avait toujours pas trouvé le courage de parler à Moblit. Elle se trouvait toujours une bonne excuse « Je finis ce chapitre, et j'y vais. », qu'elle disait, mais le titre du suivant était si alléchant qu'elle ne se détournait pas de sa lecture. « Je vais lui parler ! Mais d'abord, je fais un peu ma valise. » et il fallait savoir qu'elle avait beaucoup de mal avec ça, et qu'elle pouvait y passer des heures et, choisissant des livres à emporter, commence à en lire un et ne s'arrête plus.

Elle avait son assiette de légumes grillés sur les genoux, un livre dans une main et face à elle, Moblit faisait comme un miroir. Elle pourrait lui parler, maintenant, c'était le moment parfait, en plus elle venait de finir son chapitre. Mais il semblait si absorbé dans sa lecture, elle ne voulait pas le déranger.

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Est-ce que c'était lui, ou bien Hanji l'évitait ? Il savait bien qu'il avait été plus distant ces derniers temps, mais tout de même, c'était malvenu de sa part. Il avait été stupide, en plus. Il avait cru que s'éloigner d'elle l'empêcherait de tomber amoureux, bonne blague, n'est-ce pas ? Plus il se retenait de la toucher, même amicalement, plus il avait envie de la toucher, et pas forcément amicalement.

Et plus il se retenait, en toute logique.

Merci au connard céleste d'avoir inventé les cercles vicieux.

Il n'avait plus que cinq petits jours ici, et s'il ne pouvait se permette de profiter au maximum de l'habitante de cette demeure, il pouvait au moins profiter des nombreux livres à disposition. Il y en avait encore tant à lire, et il lui restait si peu de temps ! Il aurait voulu demander à Hanji s'il pouvait en emprunter quelques uns, quand elle partirait, mais n'osait pas vraiment l'approcher. Elle avait souvent l'air d'être sur le point de dire quelque chose, mais au final se limitait au plus strictement nécessaire. Ce qui était exaspérant au possible. Une seconde, il releva les yeux de son livre. Par-dessous ses cheveux emmêlés, Hanji le regardait. Elle baissa rapidement les yeux, mais il se racla la gorge. Qu'ils parlent, enfin !

« Le grand jour approche. »

Elle sourit faiblement. Il y avait quelque chose qu'elle ne voulait pas dire. Il planta ses yeux dans les siens, et put voir la respiration d'Hanji se troubler. Elle souffla, comme pour elle-même.

« Pourquoi tu es si distant ? »

Elle écarquilla les yeux face à ce qu'elle venait de dire, avala rapidement le reste de ses légumes, attrapa son livre et monta s'enfermer dans sa chambre. Niveau : adolescente en crise.

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Elle ne pouvait pas l'éviter, maintenant tout de suite, parce qu'il fallait bien qu'ils se disent au revoir en bonne et due forme. Ils ne se reverraient sans doute jamais, elle n'allait pas dire juste « Salut ! » et le laisser en plan. Quoique, on n'était jamais sûr de rien, avec elle. Elle s'agitait follement comme à l'accoutumée, mais si ses yeux bougeaient tant, c'était bien parce qu'elle fuyait le regard de Moblit. Elle n'avait pas envie d'avoir la réponse à sa question. Elle n'avait pas envie qu'il la déteste, ou juste qu'il lui en veuille. Elle voudrait bien que, simplement, il la prenne dans ses bras en silence, comme pour se promettre de se revoir. Elle y croirait plus que s'il le disait avec sa bouche. Elle avait envie qu'ils soient aussi proches qu'avant, juste maintenant, parce qu'elle n'avait pas voulu, vraiment, s'éloigner de lui comme elle l'avait fait.

Elle mit son sac sur son dos et attrapa sa grosse valise. Le reste, Erwin le lui enverrait par colis. Elle ferma la maison à clé, et se retourna, le regard trop insistant de Moblit sur elle.

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Il avait son sac sur l'épaule. Il ne reviendrait plus jamais ici. Il ne reverrait plus jamais Hanji, et pour seul contact il lirait ses livres. Une relation à sens unique, comme ses sentiments. Il n'avait plus rien à perdre, alors. Il inspira. Expira.

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Le regard de Moblit était doux et calme, bienveillant. Elle avait l'impression d'avoir face à elle une sorte d'ange descendu du ciel. Quel message pouvait-il bien porter ?

« Hanji … »

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À peine eut-il prononcé un mot que sa respiration se coupa. Même s'il n'avait plus rien à perdre, c'était difficile. Peut-être parce qu'il espérait avoir encore l'estime de cette femme. Elle le regardait comme une hallucinée, et il se demanda un instant s'il n'avait pas prononcé la suite sans le vouloir. Mais non. Il avait besoin de continuer.

« Excuse-moi d'avoir été distant. C'était égoïste, parce que j'avais peur d'avoir de la peine. »

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Hanji fronça les sourcils. Elle ne voyait pas où il voulait en venir.

« Mais ça n'a servi à rien, puisque … je suis quand même tombé amoureux de toi. Prends soin de toi à Boston, d'accord ? »

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Il tourna les talons et alla pour passer la rue. Il entendit une flopée de jurons derrière lui, mais, par miracle, il ne s'agissait pas d'injures. Une main s'agrippa à son sac, manquant de le faire tomber. Hanji avait les yeux grands ouverts, les mêmes yeux que quand elle avait compris que le Père Noël, c'était l'amour familial.

« Merde, maintenant que tu le dis, c'est ça ! »

Il haussa un sourcil. Ça se voyait, alors ?

« Putain, en fait je suis tombée amoureuse de toi. »

Elle avait l'air plus surprise qu'autre chose, et se mit à rire spontanément, comme si une petite bombe avait explosé dans son cœur. Elle le mit bien face d'elle, et d'un élan génial planta ses lèvres sur les siennes. Elle avait enfin compris. L'envie de contact, ce tressaillement dans son ventre, là, tout de suite, ce bien être mêlé d'excitation, cette satisfaction d'une chaleur sur ses lèvres, et en même temps l'impression qu'elle ne serait jamais vraiment satisfaite.

Moblit n'était pas sûr de comprendre ce qui se passait, mais décida de faire ce qu'il avait toujours fait en ce qui concernait Hanji Zoé : ne plus penser, et juste la suivre. Il sentit son sac tomber de son épaule comme il tendit la main pour attraper les cheveux d'Hanji. Pour toucher un peu plus, beaucoup plus que ce qu'il pensait avoir le droit de toucher quelques minutes plus tôt. Il entendait son cœur dont le battement était si rapide qu'on aurait juste dit un grondement sourd. La respiration d'Hanji, accélérée comme si elle avait couru des kilomètres, et son propre souffle, brûlant dans l'air déjà chaud de l'été. Les mains d'Hanji s'agrippèrent à sa nuque, et on aurait dit que les doigts voulaient arracher un peu de peau et de chair, pour emmener avec eux quand ils partiraient.

Elle recula à tâtons, rouvrit la porte et se laissa entrer dans la maison. Moblit se recula quelques secondes et elle grogna. Elle ne voulait pas que ça s'arrête.

« Ton avion …

—J'prendrai le prochain. »

Il avait l'air de vouloir résister encore, mais quand elle attrapa sa fesse et colla leurs bassins, tout ce qui n'était pas eux deux, et là, tout de suite, s'évanouit dans une brume dense.

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Moblit rajusta son sac à dos sur son épaule, les mains moites. Il faisait trop chaud. Sa montre affichait quinze heures dix-sept minutes et quarante secondes. Bientôt quinze heures dix-huit. Sincèrement, il ne savait pas pourquoi il avait décidé de frapper à cette heure précisément, parce que ça faisait déjà vingt minutes qu'il attendait sur le pas de la porte que le temps passe. Les vingt secondes s'écoulèrent lentement et finalement, Moblit frappa à la porte trois coups secs. Son cœur battait trop fort. Deux ans. Ça faisait deux ans qu'elle était partie. Bien cinq mois qu'il ne l'avait pas vue.

Une silhouette lui ouvrit la porte, mince et transparente comme le fantôme d'un verre de terre. La chose se redressa aussitôt, avec un cri incroyable. En voyant la surprise qui semblait tenir de l'effroi sur son visage, il rit doucement.

« Bonjour, Madame Hanji Zoé, c'est bien ça ? On m'a dit que vous cherchiez un assistant. »

Ça aurait pu s'arrêter là, elle lui aurait juste sauté dans les bras et tout aurait été parfait. Mais elle prit sa tête entre les mains et commença à fermer la porte.

« Hanji ? »

Elle releva la tête. Ses yeux étaient lourdement cernés, mais ils brillaient toujours autant. Elle avait à peine changé.

« Merde alors, c'est pas une hallucination ? »

Il leva les yeux au ciel. Elle était pas croyable. Mais deux bras s'enroulèrent autour de sa taille, avec une poigne incontestable et vraiment, c'était comme ça qu'il l'aimait.

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Et voilà.

Merci à Hikari, parce que sans toi cette fic ne serait jamais née, et sans toi je n'aurais même pas eu connaissance de l'existence de ce couple.

Joyeuses fêtes à tous !