Pour un enfant
Ceci n'est pas le chapitre 3, mais de nouveau le chapitre 2, car j'avais oublié de préciser comment Draco reconnaît Harry. C'est juste un détail, mais je tenais à le rajouter. La suite arrive vendredi. Promis.
Auteur: Micka, eh oui c'est toujours moi.
Rating: Moins de M pour l'instant ça c'est sûr, je dirais T par mesure de sécurité, mais je ne suis pas encore sûre pour l'instant.
Couple: Yaoi. Harry +… Mais pas tout de suite de toute façon.
Warnings : SI L'HOMOSEXUALITE VOUS GENE PASSEZ VOTRE CHEMIN, je n'accepterais pas de commentaire sur ce point. Pas de Mpreg. Ne prend pas en compte le tome 6 HBP.
Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas à mon grand regret. Tout comme leur univers ils appartiennent à JK Rowling. L'histoire originale m'appartient, la nouvelle apparence des persos aussi et Aria Black est rien qu'à moi. Pas touche je mords Grrrrrrrr !
Résumé : Fudge dans sa bêtise chronique prend une décision encore plus idiote que les autres qui va bouleverser le destin d'Harry et de certains de ses condisciples. Il les exile dans le monde moldu, privés de leurs pouvoirs, comment vont-ils y survivre ? Qu'est ce qui les attend dans ce monde cruel ? Dallas ton univers est impitoyable, la la la. Oups, je crois que je me trompe d'histoire….
Je remercie tous ceux qui ont lu et en particuliers ceux qui ont laissé une review. Merki ça fait très plaisir. Je remercie en particulier Julie Reed pour ses conseils éclairés sur le fonctionnement de fanfiction. J'espère que ça vous a plu et que vous voyez mieux en quoi la décision de Fudge est idiote. En tout cas voici la suite, j'espère que vous prendrez du plaisir à la lire. J'avoue avoir eu un peu de mal à l'écrire, les personnages ne voulaient pas se laisser faire et refusaient d'aller dans le sens que je voulais, alors voilà un chapitre qui ne me satisfait qu'à moitié. Le suivant aussi risque de me poser quelques soucis, mais après on rentre dans le vif de l'histoire, la partie intéressante ou je sais ce que je veux faire plus précisément. En tout cas si ce chapitre vous plaît, si vous le trouvez nul, n'hésitez pas à me laisser une review ça fait toujours plaisir et ça permet de s'améliorer, il arrive même que ça donne de nouvelles idées…
Au fait si vous chercher une bêta ma proposition tient toujours, je suis à votre disposition. D'autre part si l'un d'entre vous est intéressé par le fait d'avoir les chapitres en avance pour me donner son avis sur le déroulement de la fic, j'en serais ravie. Merci et bonne lecture.
Petit concours :
Suite à une review que j'ai reçue, je serais curieuse de savoir qui est l'enfant du prologue selon vous. Qui sait vos suggestions me donneront peut-être des envies de changements ou de one-shot. Ce concours est ouvert jusqu'à la publication du chapitre 5. Le premier qui trouve aura droit à un one-shot cadeau dès que j'aurais révélé qui il est (soit pas avant le chapitre 5, voire dans plus de temps car les personnages sont têtus et ne veulent pas faire comme je veux, ils lambinent en route, doués d'une existence propre. Je plains JK Rowling de devoir tout le temps les gérer…) sur un thème et un couple de son choix (à condition qu'il soit yaoi, j'ai du mal pour les hétéros, sauf Mione/Draco) de n'importe quel rating, sauf peut-être NC-17, je ne sais pas si je suis capable d'en écrire. Voili voilou.
Chapitre 2 : Bienvenue en enfer
(Dans ce chapitre, les pov d'Harry et de Draco vont s'enchaîner sans véritable rupture pour avoir l'avis de chacun sur ce nouveau monde. Chacun de ces pov cherche à rendre l'état d'esprit des personnages, et en leur sein les « pensées brutes des personnages sont indiquées en italiques.)
Le réveil fut dur pour les exclus. Beaucoup avaient profité de leur dernière soirée à Poudlard pour commettre tous les excès possibles et imaginables : de la cuite au septième ciel en passant par jeter des bombabouses dans la salle de cours de Snape. Leur imagination fertile leur avait donné plein d'idées. Ils s'étaient couchés tard – ou tôt selon le point de vue – ou avaient fait nuit blanche. Quand il fallu se lever à 5h30, avant même tous leurs camarades, pour aller dans la grande salle subir la transformation finale et peut-être, avec de la chance, déjeuner avant le départ, les élèves grognèrent donc et tentèrent de grappiller quelques précieuses secondes de sommeil, mais sans espoir. A 6h ils étaient tous réunis dans la grande salle. Un dispositif avait été mis en place pour leur métamorphose. Afin d'éviter que les élèves se reconnaissent les uns les autres ils étaient appelés de façon aléatoire, transformés dans une pièce closes puis répartis au hasard dans différentes pièces avant d'être de nouveau réunis. Le sort pour changer leur apparence les empêchait aussi de prononcer leurs anciens noms de façon à éviter les interférences et les risques de dénonciation.
Harry fut le premier à être appelé. Il pénétra dans une petite pièce à la suite du directeur. Celui-ci lui demanda de s'asseoir sur le tabouret qui se trouvait au centre de la pièce. Harry comprenait à cet instant le sens de cette expression moldue « être sur la sellette » 1, il se sentait en effet inconfortable et en position d'infériorité. Il s'assit cependant, un peu hésitant, mais aussi en colère contre Dumbledore, et celui-ci déposa le choipeaux sur sa tête. Celui-ci avait pour mission de déterminer quel établissement moldu convenait le mieux à chaque élève.
« Monsieur Potter, encore vous ? Décidément je suis bien servi avec vous. A ce que je vois, j'aurais vraiment pu vous placer à Serpentard, peut-être aurais-je dû…Mais c'est une toute autre question qui nous amène aujourd'hui. Je peux voir que la langue qui vous intrigue le plus en dehors du fourchelangue est le celte. Bien, bien, ce sera donc le lycée saint Joseph. Je suis sûr que vous vous y plairez et avec de la chance vous ne serez pas seul… » Le choipeaux se tu alors et Dumbledore le lui ôta. Il avait dit tout ça sur un ton un brin ironique, comme s'il savait quel autre élève pourrait bien partager son sort.
Puis le directeur lui tendit une fiole remplit d'un liquide bleu clair.
« Harry, cette potion modifiera ton apparence. Elle fait effet jusqu'à ingestion de l'antidote que je suis le seul à posséder. Elle te permettra de passer incognito, même aux yeux des personnes les plus proches de toi. »
Harry n'avait pas attendu la fin de son explication pour avaler la potion. Quitte à le faire, autant le faire vite. Autant son aspect était attirant, bleu clair avec des reflets argentés, autant son goût était repoussant. Comment quelque chose d'aussi joli et inoffensif en apparence peut-il être aussi infect et décapant en réalité ? Encore que quand on pense à Malfoy c'est un peu la même chose : une gueule d'ange, mais un caractère de démon…Harry sentit comme un picotement engourdir tout son être, un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et il se senti un peu étourdi. Ses membres lui parurent lourds, comme attirés par le sol. Quand il ouvrit les yeux, il prit conscience de les avoir fermés sous le choc. Face à lui, Dumbledore avait dévoilé un miroir en pied. Harry observait son double dans le miroir, mais ce n'était pas, ce n'était plus lui. Son reflet était un autre, il ne lui ressemblait pas. Le jeune homme du miroir faisait 10 bons centimètres de plus, le faisant atteindre, enfin, le mètre soixante-quinze dont il rêvait du haut de son mètre soixante cinq. Il était un peu plus étoffé, tout en restant mince. Il avait un aspect fragile, presque féminin. Cette impression était accentuée par la finesse de ses traits et par de longs cils autour de deux yeux légèrement bridés aux pupilles couleur chocolat. Des cheveux châtains encadraient en douce vague son nouveau visage, lui tombant dans le dos.
Une voix le tira de sa contemplation. « Voici le portauloin qui te conduira à ton nouvel établissement. Il sera activé en même temps que tous les autres. Au fait tu t'appelles désormais Arthur Black. Je te souhaite bon courage et bonne chance. J'espère que tu pourras me pardonner de ne pas avoir mieux veillé sur toi. »
Harry sortit sans un mot, il n'en avait que faire des encouragements de ce vieil homme. Les excuses étaient ce qu'il savait le mieux faire, pour le reste il avait toujours été incapable de le protéger. Il l'avait envoyé chez les Dursley, n'avait pas pu lui éviter d'affronter Voldemort lors de sa première et de sa deuxième année, il l'avait laissé approché un criminel en troisième année, n'avait pas su éviter qu'il ne participe au tournoi des trois sorciers. Finalement il n'avait pas non plus réussi à mettre Sirius en sécurité et à cause de ça Harry ne voulait pas lui pardonner ce nouvel abandon qu'il cautionnait. Il se prostra dans un coin de la salle, regardant les élèves arriver peu à peu sans savoir qui était qui et s'en moquant un peu. Au bout de quelques temps, il vit sortir une jeune fille gris souris. Oui, oui, gris souris. C'était bien cette expression qui la caractérisait le mieux. Son petit visage pâle, fin, voire un peu anguleux, était entouré par un mince rideau de cheveux lisses et noirs, coupés en une sorte de carré dégradé. Tout dans son allure était fragile, presque éthéré, mais aussi un peu éteint. Quand elle s'approcha de lui il se demanda ce qu'elle pouvait bien lui vouloir.
« Salut petit Loup
-Her… Le reste du prénom resta coincé dans sa gorge sous l'effet du sortilège de fidelitas.
- Maintenant je m'appelle Elen Gadjo.
- Comment m'as-tu reconnu ?
- Tu t'installes toujours dans cette position quand tu n'es pas bien.
- …
- Tu es où ? Moi je suis au lycée Gorges Perrec
- Saint Joseph
- Mince on ne sera pas ensemble…
- Les enfants, il est l'heure de partir. Que votre nouvelle vie vous apporte plein de bonnes choses et à très bientôt »
A cet instant, les portauloins s'activèrent sans qu'Harry ait eu le temps de dire à Hermione son nouveau nom.
XXXXXX
Il n'y avait pas à redire, Harry détestait par-dessus tout les voyages en portauloin. Se sentir aspiré par le nombril dans une sorte de vortex lui laissait toujours une impression de malaise. Et comme toujours il se retrouvait dans une position on ne peut plus ridicule, les quatre fers en l'air, le nez et les genoux dans la poussière. Ça aurait pu être pire, il aurait pu pleuvoir et que ce soit de la gadoue au lieu de la poussière... Avisant deux pieds à la limite de son champ de vision il compris qu'il n'était pas seul dans cette ruelle. Faites que ce ne soit pas un passant moldu ! Non, c'était un adolescent de son âge et Harry se rappelait l'avoir vu à Poudlard avant le départ. Au moins il ne serait pas tout seul dans cette galère et avec un peu de chance se sera un gentil Pouffsouffle ou Serdaigle et pas un aspirant mangemort. Quoi il avait le droit de croire en sa bonne étoile pour une fois. Non ! En se relevant il pris la peine de détailler son nouveau « meilleur ami » qui le regardait d'un air goguenard et moqueur pas vraiment encourageant. Il était plus grand que lui, mais qui ne l'était pas, même avec ses nouveaux 10 centimètres en plus. Il devait faire un mètre quatre vingt dix. Elancé, mais pas maigre, avec des muscles dénotant la pratique du sport. Son visage était fin, ses yeux couleur de miel liquide, ses cheveux blond vénitien étaient mi-longs et effleuraient son cou et ses épaules. Une fois en face de lui, il lui tendit la main tout en remettant une mèche de cheveux qui lui tombait dans les yeux, révélant sa célèbre cicatrice que le sort n'avait pas pu cachée.
« Salut compagnon de galère. Je suis…
- MERLIN QU'AI-JE FAIT AU CIEL POUR MERITER ÇA ! De tous les crétins pourquoi faut-il que je me coltine Monsieur je survis pour te pourrir la vie ? Écoute moi bien il est hors de question que je te serre la main, on n'a pas gardé les hyppogriffes ensemble.
- La fouine ? Je le savais, je suis maudit.
- Tu en doutais encore ? Le ton de celui qui il y avait peu était encore un Malfoy était ironique et suffisant.
- J'allais te proposer une trêve pour le temps qu'on doit passer ici, mais apparemment t'es trop con pour accepter.
- Po…, grr Binoclard, Langage !
- Tu peux te la mettre où je pense ta politesse. Si jamais ça t'intéresse mon nom est Arthur Black. »
Devant le mutisme du blond, Harry se renfrogna. Quel con ! Bon c'est pas tout ça, mais faudrait trouver notre nouveau bahut. Il se dirigea donc vers la sortie de la ruelle où ils se trouvaient. Elle débouchait sur une grande avenue et sur la façade d'en face Harry pouvait lire « Lycée catholique Saint Joseph ». Il se dirigea donc vers celui-ci, suivit par un Draco plus que récalcitrant, mais peu désireux de rester seul en arrière au milieu de moldus inconnus. Perdu dans ses considérations sur la dangerosité d'un tel monde il ne vit pas Harry demandé à deux jeunes brunettes où se trouvait le secrétariat du lycée, mais il le vit bien entré dans cette antichambre de l'enfer sans sourciller, comme s'il connaissait les lieux. Son attitude ne parut pas étrange au cerbère qui surveillait les entrées et sorties, Draco se décida donc à le suivre. En trop peu de temps au goût de Draco, ils se retrouvèrent dans le bureau de leur nouveau directeur ou plutôt directrice. La femme, rondouillette et avenante, parlait avec un accent à couper au couteau. On aurait presque pu croire qu'elle parlait avec une pomme de terre dans la bouche. Cet accent mis la puce à l'oreille de Draco. Se pourrait-il qu'ils soient en Irlande ? Le vieux fou n'avait pourtant pas parlé d'établissements étrangers. Ses soupçons furent confirmés quand la directrice leur demanda s'ils n'avaient pas eu trop de mal à se diriger dans Dublin pour trouver leur chemin jusqu'au lycée. Elle leur expliqua ensuite les règles de base de cette nouvelle école. Ils seraient tous les deux en classe scientifique, en dernière année. Elle leur confia aussi les clés de leur nouveau chez eux, relatant que c'était elle qui s'était chargée de leur trouver deux chambres dans la même résidence étudiante, et leur expliqua comment s'y rendre. Finalement elle les escorta vers leur nouvel environnement. Draco appréhendait la rencontre avec une vingtaine de jeunes moldus près à déchiqueter le pauvre sorcier égaré qu'il était. Et ils furent lâchés dans l'arène où les attendaient les fauves.
« Bonjour les garçons ! Je suis madame Butlen votre professeur de mathématiques et votre professeur principal. Vous autres voici deux nouveaux élèves qui arrivent de Grande Bretagne, ils sont ici pour un échange linguistique et culturel. Ils resteront avec nous au minimum jusqu'à Noël, ensuite cela dépendra des dispenses qu'ils pourront obtenir en Angleterre…
- Écosse.
- Pardon ?
- On est en cours en Ecosse. Draco n'avait pas pu s'empêcher de contredire leur nouveau professeur, autant pour le plaisir de lui montrer qu'elle avait tort que pour se faire pas trop mal voir. Il savait de source sure que les Irlandais acceptaient mieux les Ecossais que les Anglais.
- D'accord j'en prends bonne note. Je vais maintenant vous laisser vous présenter vous-même.
- Salut ! Je m'appelle Arthur Black et je suis ravi d'être enfin en Irlande. Euh…je suis quelqu'un de joyeux qui adore s'amuser et faire du sport. Voilà.
- Dimitri Mattews.
- …
- Vous inquiétez pas, c'est pas contre vous il est toujours comme ça. C'est pas de sa faute s'il est prétentieux et se mélange pas au bas peuple.
- Ha ha ha. La classe avait plutôt bien réagi à la pique qu'Harry avait faite pour détendre l'atmosphère.
- C'est sûr que quand on fréquente que les bouseux sans le sou et les sang-de-b…
- Jeunes gens ça suffit. Installez vous aux places disponibles. »
Harry s'installa auprès d'un jeune brun à l'air sympathique qui se retenait de rire trop bruyamment devant les regards meurtriers que les deux sorciers échangeaient. Draco se retrouva à côté d'une blonde qui le regardait déjà avec des yeux de merlan frit, mais qui paraissait quand même gênée par l'air hautain et méprisant du blond. Tant mieux elle me fichera peut-être la paix comme ça. Les deux heures passèrent rapidement pour lui : c'était quand même nettement plus facile que l'arithmancie ! Pour Harry au contraire c'était le début du calvaire. Certes le choixpeau en choisissant leur destination leur avait implanté les connaissances requises, mais il savait que dès qu'une nouveauté surviendrait il serait perdu. Il avait toujours détesté les maths !
Dès la pause, Draco sut que ce serait un véritable enfer pour lui. Il était hors de question qu'il s'accoquine avec ces moins que rien et le leur avait fait comprendre par quelques regards noirs bien sentis. Personne ne s'approchait de lui à moins d'un mètre. S'il avait su ce qu'était un champs magnétique, il aurait pu croire qu'il en générait un qui éloignait les indésirables, autant dire tout le monde. Potter par contre, semblait comme un poisson dans l'eau. Il avait déjà une cour d'admirateurs curieux de tout savoir à son sujet. Et monsieur joue le modeste en rougissant de cette attention qu'il fait toujours tout pour obtenir. Pathétique ! L'heure du repas fut encore pire. La nourriture était loin de valoir celle de Poudlard et en plus il fallait payer ! Une honte ! La descente aux enfers le conduisit au plus bas quand, la journée finie, ils découvrirent leur home sweet home. Une cage à lapin de 9 mètres carrés avec une mini kitchenette mais sans sanitaires (ceux-ci se trouvaient au bout du couloir). La peinture était défraîchie, le lit minuscule comparé aux lits à baldaquins de Poudlard ou du manoir Malfoy et inconfortable, le placard minuscule (où allait-il pouvoir mettre ses vêtements ?) et la table bancale. Il ne s'attendait certes pas à un palace, mais là il était persuadé que même le Terrier devait être plus agréable, et celui-ci était infesté de rouquins alors ce n'était pas peu dire ! Il pu constater que sa malle avait été magiquement transporté dans ce trou à rats. Sur le couvercle se trouvait une enveloppe contenant l'argent pour le mois, une misère. Draco ne savait pas cuisiner, il avait toujours eu des elfes pour ça. De toute façon un Malfoy, même s'il s'appelle Mattews pour le commun des mortels, ne s'abaisserais jamais à faire la cuisine comme un moldu, c'est contre tous ses principes. Agir comme un vulgaire elfe et puis quoi encore. Ce n'est pas pour rien que la devise des Malfoy était « Plutôt mourir que se salir » 2. Il irait manger à l'extérieur. Déjà qu'il devait manger moldu…il faudrait qu'il trouve un restaurant correct : qui sait ce qu'ils mettent dans les établissements bas de gamme ? En France on mange bien des grenouilles et des escargots ! Les irlandais ont sans doute aussi des habitudes déplorables dans ce genre … 3. Il ferait chair maigre le midi et mangerait mieux le soir, tant pis.
Dès la pause Harry sut qu'il y aurait aussi du bon dans cette affaire. Les élèves de cette classe étaient accueillants, rendant honneur à la réputation des Irlandais d'être chaleureux. Ils l'avaient abordé sans gêne pour en savoir un peu plus sur lui. Les conversations banales avec des gens ignorant tout de lui et de son destin avaient manqué à Harry ses dernières années. Il redécouvrait grâce à ses élèves un bonheur simple, oublié ou méconnu. Il fut heureux de découvrir des gens qui s'intéressaient autant que lui au sport, qui connaissaient les mêmes films, bandes dessinées ou séries TV, qui avaient les mêmes références que lui et qui pouvaient comprendre ses blagues. Il adorait le monde de la magie et Poudlard, mais le fossé entre les nés de moldus et les autres étaient parfois pesant pour les enfants comme lui. Dans la communauté magique ils étaient une minorité et leur attitude était parfois regardée de travers. Certaines expressions faisaient se lever un sourcil curieux ou dédaigneux chez les sangs-purs. Essayez de faire comprendre l'expression « renvoyer l'ascenseur » à un sorcier et vous comprendrez le problème ! Avec ses nouveaux camarades il pouvait parler foot ou rugby librement et s'était tant mieux. Le repas du midi fut sympathique, il s'était déjà fait adopter par un groupe de joyeux lurons qui lui expliquèrent toutes les ficelles pour bien gérer cette étape cruciale dans la journée d'un adolescent – autrement dit d'un estomac sur pattes. La nourriture était certes moins bonne qu'à Poudlard, mais au primaire la cantine était de bien moins bonne qualité. Ça aurait donc pu être pire. Il ne fut pas étonné de voir que Malfoy restait dans son coin et snobait tout, dont la nourriture, et tout le monde. D'une certaine façon, il le plaignait. Il aurait sans doute aussi été mal à l'aise à un cocktail organisé dans une grande famille de sang purs… ou à une réunion de mangemorts. Il avait proposé son aide, cet idiot avait refusé, tant pis pour lui, mais Harry espérait qu'il descendrait vite de sa tour d'argent. Ils étaient là pour un moment et la santé mentale de Malfoy ne survivrait pas longtemps dans ces conditions. La chambre qu'il découvrit dans la cité universitaire lui sembla plutôt pas mal. Il s'attendait à pire et de toute façon tout était mieux que son placard sous l'escalier. Les murs auraient certes eu besoin d'un coup de peinture, mais il savait déjà quels posters il allait afficher. La kitchenette n'était pas très bien équipée, mais elle avait le minimum vital pour faire quelque chose de correct. Au moins je ne mourrai pas de faim, merci tante Pétunia de m'avoir forcé à faire la cuisine pendant toutes ces années… Le pécule qui se trouvait dans l'enveloppe pour le mois était bien suffisant pour se nourrir convenablement pendant cette durée et il pourrait même se payer quelques extra. Peut-être que cette décision ministérielle ne serait-elle pas si horrible…si on passait sous silence l'absence de magie bien sûr ! il pouvait prendre ça comme des vacances loin de la pression que faisait peser sur lui sa réputation de Survivant et l'approche de son combat avec Tom.
Les jours s'écoulaient paisiblement à Saint Joseph, Harry s'était bien acclimaté à son nouvel environnement. Les élèves étaient toujours aussi sympas et les nombreux courriers échangés avec Ron lui permettaient de pallier à l'absence de ses meilleurs amis. Il avait même obtenu des nouvelles d'Hermione. Ron avait harcelé Snape jusqu'à ce que celui-ci lui avoue avec reluctance que « oui, mademoiselle Granger va bien, elle est accueillie dans une famille adorable selon ses propres termes, elle peut piller en toute tranquillité une nouvelle bibliothèque. Donc monsieur Weasley tout va pour le mieux. Cinquante points en moins pour Griffondors et une retenue avec moi à vingt heure ce soir pour m'importuner et me rappeler que cette miss-je-sais-tout a cru bon de me prendre pour son confident ». Qu'est ce qu'il avait pu rire en lisant le courrier de Ron ! Celui-ci lui avait aussi appris que « notre pote face de serpent » se tenait tranquille. Il semblerait que la décision du ministère avait malgré tout ralentit ses projets. Harry ne pouvait cependant s'empêcher de craindre que ce ne soit que de la poudre aux yeux. Ne rien faire en apparence, mais le rechercher pour le tuer en secret. Si ce mois et demi s'était plutôt bien passé pour lui, Harry craignait que ce soit le contraire pour Malfoy. Il ne l'avait jamais vu dans un tel état. Lui, d'habitude toujours soigné, était désormais négligé. Ses vêtements semblaient propres, mais ils étaient chiffonnés, ils ne tombaient plus très bien et certaines couleurs avaient virées. Ses cheveux étaient désormais dépourvus de gel et, même si Harry trouvait que ça lui allait mieux, ça signifiait en langage malfoyen qu'il ne s'occupait plus de lui. En plus Harry était persuadé qu'il avait maigri et il semblait très fatigué. Harry avait le sentiment que Malfoy avait du mal à s'adapter au monde moldu et à ses machines et qu'il peinait à gérer son alimentation.
Mais Harry était loin de se rendre compte de l'étendu du problème. Incapable de se servir d'une machine à laver et trop fier pour demander de l'aide, Draco avait d'abord réglé son problème de vêtements en profitant de sa vaste garde robe pour se changer sans avoir à laver ses affaires. Cependant au bout d'un mois il était arrivé en rupture de stock et avait du se résoudre à s'occuper de son linge. En observant les étudiants autour de lui, il avait compris en gros le principe de la machine à laver, en gros… Il avait fait une première tournée sans lessive et tout mélangé, couleur et blanc, fragile et coton, le tout au maximum pour bien décaper, qui sait ce que ces moldus avaient mis avant ? En était ressorties des fringues trempées, déchirées ou rétrécies pour les plus fragiles, décolorées ou recolorées pour un certain nombre. L'expérience machine à laver de Draco s'arrêta donc là et il dut se résoudre à utiliser l'huile de coude pour les laver à la main. Le résultat n'était pas parfait, mais il devait de toute façon faire avec. Par contre pas de sort lissant pour éviter les froissements, donc il portait des affaires chiffonnées. Ses pauvres cheveux subissaient aussi cette douloureuse situation. En effet, son pot de gel de peourte (une sorte de mammifère géant qui vit dans l'océan, assez proche des baleines moldues) était terminé et il était hors de question qu'il mette dans ses cheveux un de ces trucs synthétique que les moldus utilisent. Cependant le pire était bien l'alimentation, il n'avait pas mangé depuis presque une semaine, son argent du mois étant dépensé et il lui restait une semaine à tenir. Il savait qu'il n'y arrivait pas mais ne savait pas comment faire sans demander de l'aide à Potter et ça il ne pouvait pas s'y résoudre. Il endurait donc cette situation fièrement, c'est-à-dire en faisait comme si de rien était et en snobant les autres.
Le cours de sport du vendredi après-midi lui porta le coup de grâce. Obligé de courir sans rien dans le ventre, il s'effondra sur la piste au bout d'un tour, comme une poupée de chiffon ou un pantin dont on aurait coupé les fils. Il se sentit partir et béni Merlin d'avoir abrégé ses souffrances. De l'autre bout du terrain, Harry vit Draco s'effondrer. Bizarrement tout le monde semblait figé, Harry se précipita alors. Il se pencha sur sa Némésis, elle semblait dans les pommes. Le professeur arriva à ce moment là et décida de le transporter à l'infirmerie. Harry le suivit pensif et inquiet. Qu'arrivait-il donc à Malfoy ? Faites que ce ne soit pas trop grave se surprit-il à espérer.
A suivre…
Dans le chapitre suivant, Harry prend les choses en main et tente d'apprivoiser le dragon
1 la sellette était le petit tabouret sur lequel on faisait s'asseoir les accusés dans les tribunaux du moyen âge. Ceux-ci étaient volontairement très bas pour que les accusés aient à lever la tête pour voir les juges et se sentent écrasés par ceux-ci.
2 en réalité c'est la devise d'une famille italienne qui vivait non loin de Venise à la Renaissance. On peut trouver cette citation sur le tableau de Vittore Carpaccio Jeune Chevalier dans un Paysage. Cependant je trouve qu'elle irait très bien aux Malfoy. Ils sont toujours en train de dire qu'ils refusent de s'abaisser à ceci ou cela autant dire qu'ils refusent de se salir les mains. Mon dieu, ils risqueraient de se casser un ongle ou d'abîmer leur nouvel ensemble pure soie du dernier magasin très chic à la mode ! ;-)
3 en fait la cuisine irlandaise est assez simple mais bonne. Ils n'ont pas de truc bizarre comme chez nous. L'irish stew, le plat traditionnel, bien cuisiné est délicieux. Ils font aussi des espèces de galettes de pommes de terre comme en Espagne qui sont supers, notamment dans un petit resto du quartier jeune de Dublin. Par contre pour le petit déjeuner il faut avoir l'estomac bien accroché, tout le monde supporte pas le boudin noir avec le café et le jus d'orange le matin, mais on s'y fait rassurez vous !
Info
Si vous avez du mal à vous imaginez Hermione métamorphosée, elle ressemble dans mon esprit à Mathilda dans Léon. Après réflexion, elle me fait penser à Pansy dans le film. Pour Draco j'ai pensé à Katou dans le manga Haru wo daite ita.
D'ici peu de temps je vais mettre à jour mon livejournal (adresse dans mon profil) avec des illustrations qui me font penser à l'atmosphère de Pour un enfant ou aux personnages métamorphosés. J'y ferais aussi les réponses aux reviews anonymes pour pas avoir de problème avec fanfiction.
ENJOY.
