Titre : Essaye-moi (WIP- Chap 3)
Auteur : Zia Black
Pairing : Mckay/Sheppard
Rating : T (pour ce chapitre)
Spoilers : Saison 2 avant 2x05
Avertissement : (Pré)Slash (rien de très compromettant pour ce chapitre)
CHAP 3
« Comment ça, vous leur avez dit que vous étiez mariés ? », s'étrangla Elisabeth lors de leur débriefing.
« Fiancés », rectifia Mckay sans oser regarder le docteur Weir dans les yeux.
« C'était son idée ! » fit Sheppard en pointant son doigt vers Rodney.
« Il n'a pas voulu se raser la tête ! Comme si sa choucroute valait plus qu'un ZPM ! » Rodney rétorqua, fixant Sheppard d'un oeil furibond. Ce dernier glissa un peu plus dans son siège voulant échapper à l'intense et hostile regard bleu percent fixé sur lui.
« Vous savez que vous ne pouvez actuellement tué personne grâce à la seule force de votre cerveau, n'est-ce pas, Mckay ? », demanda John.
Un sourire machiavélique jouant sur ses lèvres, Rodney répliqua : « Je n'en serais pas si sûr si j'étais vous ! »
« S'il vous plaît, Messieurs, est-ce qu'on peut revenir au sujet qui nous préoccupe, à savoir que vous avez effrontément menti à des alliés très précieux et que les conséquences pourraient en être incalculables ! »
Bien qu'elle essayait en tout temps de maintenir une façade de calme professionnel et de maîtrise sereine, la voix d'Elisabeth trahissait son exaspération grandissante devant les exploits maintes fois renouvelés du duo infernal que constituait le Docteur Mckay et le Colonel Sheppard. Et même si elle était la première à reconnaître qu'à eux deux, ils les avaient plus d'une fois sortis de situations éminemment périlleuses, il était également vrai que leur agissement combiné leur avait attiré plus de problèmes qu'elle ne pouvait compter, et si pour l'instant le positif l'emportait sans doute sur le négatif, elle n'était pas certaine qu'il en serait toujours ainsi.
« Inutile d'en faire toute une histoire ! », s'exclama Rodney d'un ton indigné. « Après tout, ce n'est pas de notre faute si les gens ont d'idiotes croyances, et puis je vous signale que ce petit mensonge de rien du tout nous a permis d'obtenir plus que ce qu'on n'aurait jamais pu espérer ! »
Elisabeth passa une main sur son visage et soupira, l'air soudain fatigué. « Rodney, je n'arrive pas à croire que vous ne compreniez pas les possibles conséquences de vos agissements ! »
« Mais je comprends très bien !, s'époumona-t-il. Je comprends que bientôt, nous pourrons alimenter nos boucliers pour les centaines d'années à venir, que nous accéderons à tous les systèmes défensifs de la cité et que nous n'aurons plus à nous inquiéter de mourir atrocement chaque jour où nous nous levons. »
Rodney finit sa diatribe le souffle court et les joues empourprées. Il s'enfonça dans son siège et croisa ses bras sur sa poitrine, persuadé de la justesse de ses dires et défiant quiconque de le contredire.
Ce que Sheppard n'allait sûrement pas faire. « Je crois que Rodney a marqué un point là, et puis, ce n'est pas comme s'il y avait beaucoup de couples mariés sur Atlantis qui auraient pu mener les négociations à notre place ! »
« Que faites-vous de Christian et Eva Miller ? » demanda le Docteur Weir, faisant référence à un couple travaillant comme biologistes marins depuis quelques mois sur Atlantis.
« Oh, je vous en prie, s'écria Rodney, horrifié. Miller a le QI d'une mangouste et encore, je crois que les mangoustes pourraient légitimement s'offusquer de la comparaison. Quant à sa femme, elle est si naïve qu'elle ne ferait pas la différence entre un Wraith et le chanteur des Led Zeppelin. »
Le Colonel esquissa un sourire qu'il se pressa de réprimer quand il vit l'expression sévère marquant le visage du Docteur Weir. Essayant d'adopter un ton neutre, il lui dit : « Ecoutez, on ne peut pas refaire ce qui a été fait. Je sais bien, Elisabeth, qu'on aurait dû vous consulter avant de nous lancer là-dedans, mais on a agi sous l'influence du moment. Je crois que maintenant, il faut se concentrer sur le plus important, c'est-à-dire l'organisation de la visite du 1er Suppléant. »
Les propos du Colonel Sheppard semblèrent faire revenir Elisabeth à de meilleurs sentiments, son expression s'adoucit et elle se détendit presque imperceptiblement dans son fauteuil.
« Il est tard et vous êtes sûrement fatigués, » fit le Docteur Weir d'un ton qui se voulait conciliant. « Vous devez encore être examinés par le Docteur Beckett, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. » Elle se leva, réunissant les documents devant elle.
« Nous nous reverrons demain à 0800 pour discuter de la visite du 1er Suppléant. »
« Cela s'est plutôt bien passé !, fit John en sortant du bureau d'Elisabeth.
Rodney eut un petit ricanement, puis se retourna et fixa le Colonel Sheppard d'un air sérieux. « Je voulais vous dire, Colonel, que j'avais apprécié que vous m'ayez soutenu devant Elisabeth… Et ce, même si je dois dire que votre soutien n'a pas été très clair au début, mais je suppose qu'il vous fallait le temps de vous échauffer. » Mckay baissa les yeux, visiblement embarrassé et reprit : « Je sais que vous n'étiez pas d'accord avec ce que j'ai fait et … , bon, je crois toujours que j'ai eu raison de leur dire que nous étions …, vous savez quoi … mais je tenais à ce que vous sachiez que … enfin, vous voyez… »
Prenant pitié de lui, Sheppard intervint pour mettre fin à son martyre. « Ce n'est pas utile de me remercier, Rodney, j'ai simplement dit ce que je pensais. Je crois aussi que vous avez eu raison. »
« Ah, vous reconnaissez que j'avais raison ! Je savais bien qu'il y avait un cerveau qui se cachait derrière cette touffe de cheveux ! », s'écria Mckay avec un sourire radieux.
« J'allais dire que, surtout, cela ne vous monte pas à la tête, mais je crois que c'est trop tard ! »
« Et c'est probablement trop tard depuis un bon bout de temps, maintenant ! » rajouta-t-il pour lui-même alors qu'il entrait dans l'infirmerie.
« Ah, vous voilà enfin ! Encore quelques minutes et j'allais me coucher vous laissant au bon soin du Docteur Biro ! » Beckett était venu à leur rencontre tout sourire malgré les ombres noires encerclant ses yeux bleus.
« Et vous auriez raté une occasion de nous enfoncer toutes vos aiguilles dans le corps ? Non, cela ne vous ressemble pas, Carson ! » En dépit de la rudesse de ses mots, Rodney se laissa emmener docilement jusqu'à la table d'examen.
« Je vois que l'air de Séphalie ne vous a pas rendu plus aimable », nota Carson d'un ton amusé.
« Je suis parfaitement aimable », se défendit Rodney. « Je ne faisais que constater un comportement redondant de votre part! »
John grimpa sur la table lui faisant face et commença à se dévêtir. Une infirmière arriva pour vérifier ses constantes tandis qu'il observait Carson ausculter Mckay minutieusement.
« Vous savez, fit Carson en préparant une seringue, on m'a déjà fait remarquer autre chose de redondant chez moi, c'est ma tendance à faire subir des examens de la prostate à mes patients les plus récalcitrants. Qu'est-ce que vous en pensez, Rodney ?
Regardant Beckett d'un air épouvanté, Mckay s'empressa de répondre. « Ai-je déjà mentionné que de tous les charlatans que je connais, vous étiez de loin celui que je préférais ? »
« Ce n'est pas encore tout à fait ça, Rodney, mais vous y êtes presque. Encore un peu d'entraînement et vous arriverez à dire quelque chose de gentil ! »
Carson enfonça délicatement l'aiguille dans le bras de Mckay, celui-ci grimaçant et geignant sous l'assaut. Beckett secoua la tête avant de retirer l'aiguille.
«Sous réserve des résultats des tests sanguins, Vous m'avez l'air en parfaite santé, Rodney, ou en tout cas en aussi bonne santé qu'il y a deux jours. Votre tension est toujours un peu trop élevée, mais il n'y a là rien de nouveau »
Rodney remonta sa manche et roula ses yeux. « Rappelez-moi combien il vous a fallu d'années d'étude pour faire des diagnostics aussi brillants, Carson ? »
« Mckay, ne soyez pas méchant avec le gentil Docteur ! », intervint Sheppard en souriant à l'infirmière qui était entrain de lui prendre sa tension.
Voyant son petit manège, Rodney ne put s'empêcher de commenter. « Vous savez, quelques fois, je me demande si vous ne risquez pas de vous froisser un muscle à toujours sourire bêtement à tout ce qui porte jupon ! »
L'infirmière se retourna et fusilla Mckay du regard.
« Quoi ? » lui lança Rodney « Je ne faisais que poser une question très légitime, si on considère que le Colonel Sheppard est la personne responsable de ma sécurité, il est normal que je m'inquiète de certains comportements qui, j'ai pu le constater, influencent sa capacité à assurer sa fonction de façon satisfaisante. Et je tiens à préciser que si je suis si préoccupé par le fait de rester en vie, ce n'est pas entièrement pour des raisons personnelles, même si, je l'avoue, c'est un fait que j'apprécie particulièrement, mais c'est aussi parce que le fait que je sois en vie est grandement requis pour que je puisse accomplir les miracles chaque jour nécessaires à maintenir cette cité à flot, ce qui vous est à vous aussi, Mademoiselle, très profitable ! »
Sheppard n'était pas sûr que Rodney ait pris la peine de respirer durant son monologue, il faut dire que pendant ce temps-là, l'attention du Colonel avait été autrement occupée à suivre des yeux les mains de Mckay, virevoltant dans les airs en un ballet quasi hypnotique.
Si Mckay se fiait à la façon dont la jeune infirmière le fixait avec un air de poisson lobotomisé, il ne pouvait que conclure que sa plaidoirie, pourtant imparable, n'avait point adouci les sentiments de la jeune femme à son égard, aussi il crut bon d'ajouter : « Ce n'est quand même pas de ma faute si le Colonel perd le peu de neurones qu'il possède dès qu'il y a quelque chose ressemblant vaguement à une femme à proximité ! »
Et à en juger par le bruit retentissant que fit la main de l'infirmière quand elle entra en contact avec sa tendre joue, Rodney parvint à facilement en déduire que sa dernière tentative à raisonner la jeune femme n'avait pas rencontré plus de succès que la première.
« Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ? » s'exclama Rodney, clairement perplexe quant à la raison exacte de ce déchaînement de violence.
L'infirmière ne lui fournit pas d'explication autre que de tourner les talons, l'œil noir et de quitter l'infirmerie.
« Ouïe, ça a du faire mal ! » commenta Sheppard dans une de ses tentatives les moins convaincantes à montrer quelque chose ressemblant vaguement à de la compassion.
« Oh, vous, taisez-vous !, fit Mckay. Tout ça, c'est de votre faute ! »
Sheppard leva la tête et l'observa, déconcerté. « Comment ça de ma faute ? »
Rodney pressa ses lèvres en une fine ligne et descendit de la table d'examen. « Maintenant, je m'en vais. Passez une bonne nuit ou pas, de toute façon, je m'en fiche ! »
« OK » répondit John encore sous le choc.
Il regarda Rodney faire sa sortie, marchant d'un pas pressé et les épaules raides.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? » demanda-t-il à Carson qui trouvait l'observation de ses chaussures particulièrement fascinante.
Le Docteur Beckett avait bien sûr une ou deux théories sur la nature dysfonctionnelle mais curieusement productive de la relation qui liait Sheppard et Mckay, mais il n'était certainement pas prêt à partager ces dites théories avec quiconque et encore moins avec le Colonel Sheppard. Aussi, il s'entendit répondre. : « Oh, ne vous en faîtes pas, ça va lui passer. Il n'a sûrement pas dû manger depuis plus de deux heures, ça le rend souvent un peu grincheux ! »
« Un peu grincheux ? », répéta John, dubitatif.
Carson désinfecta soigneusement le bras du Colonel, reprenant l'examen là où son infirmière fugueuse l'avait arrêté. Cherchant à ramener la conversation sur un terrain moins sensible, Beckett l'interrogea sur le bracelet en coton qu'il portait au poignet. « J'ai cru remarquer que Rodney avait le même. »
« C'est un cadeau des Séphalens. C'est censé représenter une promesse de futur engagement. Une sorte de cadeau de fiançailles », finit d'expliquer John en haussant les épaules.
« Oh ! »
Finalement, sa tactique de changement de sujet n'avait peut-être pas été aussi brillante qu'il ne l'avait initialement pensé. « C'est intéressant», dit-il en observant de plus prêt le bracelet finement tressé avec des fils en coton blanc et noir.
« Dites ça à Mckay, j'ai cru qu'il allait avoir une crise d'apoplexie quand il a réalisé qu'il allait devoir leur céder sa précieuse sphère en échange de ces petits bouts de tissu ». John finit sa phrase un petit sourire aux lèvres et Carson crut voir une expression furtive passait sur son visage. En effet, pendant un moment, il aurait juré que le Colonel avait eu l'air attendri, apparemment ayant déjà tout oublié du récent petit excès de tempérament du canadien.
Réalisant que Carson l'observait d'un air curieux, John lui demanda : « Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Il n'y a rien… rien du tout », fit le Docteur Beckett en faisant mine de noter un résultat sur le dossier du Colonel.
