Note : Je suis ravie de constater qu'on s'intéresse à ma fiction ! Je n'espérais même pas qu'elle soit lue. Pour ce qui est de ce chapitre, je l'apprécie particulièrement, moment de suspens (ou pas !) : la répartition ! Et son florilège d'interrogation : qui va aller où, comment, dans quel état d'esprit, déçu ou content ! Aussi, mise en boite d'une de mes personnages préférés : Artémis Evans ! Je ne parle pas encore beaucoup d'elle dans ce chapitre, mais ça viendra, même si quelques lignes plus bas, on a déjà un avant goût de sa personnalité. Bref, je vous laisse découvrir ce chapitre, avec Minerva, Maddey, Virgile et Artémis ! Bonne lecture !
LE CHOIXPEAU.
A l'entrée de Poudlard, un sorcier nous attendait. Le voyant pour la première fois, il me parut être devant nous, ce que le château était dans ce décors : grand, majestueux, fort et implacable. Malgré sa longue barbe aux reflets déjà gris si semblable à la mousse recouvrant certains murs extérieurs de l'école, signes de vieillesses inéluctables.
Il se présenta tel le professeur Dumbledore, et entreprit de nous décrire le système des maisons et de nous donner un bref aperçu du fonctionnement de Poudlard ; toutefois, je ne lui prêtai que peu d'attention, mes frères m'en avaient à plusieurs reprises retranscris les paroles avec exactitude.
Je regardai autours de moi, pour la plupart, les élèves semblaient écouter attentivement, excepté Maddey, ce qui me surprit qu'à moitié. Il intercepta mon regard et hocha la tête avec superbe, tandis que je me rapprochai de lui en quelques pas discrets.
― Bien entendu, la famille Ollerton m'a déjà enseigné tout ce que je devais savoir sur l'école en elle-même. Il ne faudrait pas que je sois désorienté dès le premier jour.
― Elle aurait pu t'enseigner d'autres choses, beaucoup plus utiles à ta personne, d'après moi.
Me dépassant déjà d'une tête, il se pencha vers moi, ses yeux plissés sur son expression dédaigneuse :
― Ah bon ? Comme quoi ?
― L'humilité ! Chuchotai-je avec mordant, ce à quoi il ne trouva rien à répondre, et m'assena un regard noir.
Vint alors le moment que j'appréhendais le plus, puisqu'il déterminerait beaucoup de choses. Nous étions tous debout devant des centaines d'élèves plus vieux que nous, et assis à leurs tables respectives. Je redoutais les instants où je serai seule face à toute la salle, le Choixpeau sur la tête, certaine que tout le monde n'attendait que ça pour rire aux éclats. Le professeur Dumbledore énumérait les noms, dont peu attirèrent mon attention. Il s'agissait en grande partie d'enfant que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, sauf quelques exceptions. Ainsi, le premier visage familier qui fut appelé était Virgile Dubois.
Le Choixpeau hurla un tonitruant « GRYFFONDOR » au bout de quelques secondes à peine, et le jeune garçon se dirigea avec fierté jusqu'à la table rouge et or, où on l'acclamait.
― Jedusor, Tom. Prononça le professeur.
Le petit garçon qui m'avait accepté dans la barque se leva.
« SERPENTARD ! » Hurla le Choixpeau aussitôt qu'il eut effleuré sa tête.
Et irrémédiablement, vint mon tour. J'étais convaincue que les gens riaient à voix basse, lorsque j'avançai de plusieurs pas pour m'asseoir sur la chaise, et me sentis ridicule avec ce chapeau ensorcelé qui me recouvrait le visage. Une petite voix me parvint :
― Alors mon enfant, on n'a pas de préférence ?
― Serpentard ?
Je pensais à Hadrien qui à n'en pas douter, serait là pour m'aider et m'inclure.
― Non, non, c'est impossible. Je sens quelque chose de plus fort que toi, qui t'enveloppe, et m'encourage à te placer à l'opposé des Serpentards.
― Serdaigle alors ? Malgré le peu de rapports qui nous liaient, Firmin et moi, il constituait une présence rassurante.
― Non, j'ai dit son opposé, ce sera… GRYFFONDOR !
C'est ainsi que je pris place, une place qui était désormais mienne, autour de la table rouge et or. On m'applaudit avec enthousiasme, et je me surpris à sourire, ragaillardie par l'accueil chaleureux. Après tout, je respectais l'avis du chapeau magique.
― Nott, Caliste.
La jeune fille, après verdict, rejoignit la tablée des Serpentards en souriant. Et, tandis que les estomacs criaient famine à en devenir insupportables, le nom « Ollerton, Amadeus » se fit appeler, et Maddey posa avec assurance le Choixpeau sur sa tête. Toutefois, tout ne sembla pas se dérouler à son avantage ; je distinguai, les minutes passant, les mains du garçon se crisper sur les rebords du chapeau, et l'une de ses jambes d'agiter nerveusement. Enfin, la voix claironnante résonna :
― GRYFFONDOR !
Et le nouveau Gryffondor de se diriger vers nous, avec pour une fois, pas la moindre fierté sur le visage. Je trouvai l'occasion pendant le repas, de lui glisser, moqueuse :
― Alors, chez les Ollerton c'est Serdaigle ou bien rien ?
― La famille va faire en sorte que je sois déplacé de maison. On ne laisse pas un Ollerton chez les Gryffondors, répliqua-t-il, son bel aplomb retrouvé.
Et ce fut en me détournant de lui, agacée, que je rencontrai Artémis Evans. Je ne peux évoquer mes années à Poudlard, ni même ma première année, sans parler d'elle. Lorsque je posais pour la première fois mes yeux sur elle, je la trouvais simplement rousse. Mais le temps passant, la description que je pouvais faire d'elle ne fit que s'étoffer ; c'était en fait une rousse endiablée, avec de formidables yeux bleus qui semblaient voir partout sans ne jamais rien manquer, et un corps bien en chair, bien que lors de ma première année, elle paraissait plutôt poupine du fait de son manque de formes.
― Alors les premières années, on est content d'être chez Gryffondors ! S'exclama la jeune fille, de sa voix forte.
Virgile, placé à côté d'elle, rebondit aussitôt sur la question, avec une fierté non dissimulée :
― Bien sûr ! J'ai toujours su que ce bon vieux Choixpeau ne pourrait m'envoyer ailleurs !
― Je crois que Ollerton était du même avis, le concernant. Insinuais-je au garçon, histoire de lui rappeler qu'il avait été attiré par Serpentard, quelques heures auparavant ; mais c'était peine perdue, ses fanfaronnades le captivaient trop pour qu'il ne saisisse le sous-entendu.
― Ah bon ? Je croyais qu'il préférait Serdaigle, finit-il par relever, entre deux bouchées de tarte au citron.
Ce fut par chance Artémis qui prit la parole pour se présenter à ce moment là, et qui coupa court à mon exaspération. Puis elle déclara, avec force d'éclats de rire, tandis que je goûtais aux profiteroles.
― J'étais à votre place, l'année dernière ! Comme vous, j'ai pensé que mon ridicule passage sous le Choixpeau allait marquer les souvenirs durant mes sept prochaines années, mais détrompez-vous ! Je m'en rends compte ce soir, on voit passer tellement de têtes qu'on ne risque pas de se rappeler de vous individuellement !
Une seconde rousse, à côté d'Artémis, et qui devait suivre notre conversation, s'exclama bruyamment, en montrant Maddey du doigt :
― Ah non, Artie ! Celui-là, là-bas, je suis certaine qu'on s'en souviendra ! Pas vrai Kimie ?
― Tu l'as dit Josie, on dirait qu'il a bouffé la canne du Roi Soleil !
C'était encore une autre rousse ― une troisième, j'en avais la tête qui tournait ― qui venait de parler. Elle et la précédente étaient parfaitement identiques d'un point de vue physiologique ; du reste, elles sont aussi parfaitement identiques au niveau du caractère. Pour résumer, je me demande parfois si les deux jumelles ne sont pas un seul esprit divisé en deux corps !
Pour en revenir à « la canne du Roi Soleil », je n'apprécie généralement pas les moqueries méchantes et gratuites, mais celle-ci, Maddey l'avait bien méritée. Et puis, il ne l'avait pas entendue, après tout, elle ne lui causerait pas de mal. Toutefois, en avisant Virgile qui s'étouffait littéralement de rire, je jugeai que lui aussi méritait sa part de moqueries, et plus mordantes même.
Vint l'heure où nous fûmes accompagnés à notre dortoir respectif. J'avais surpris quelques bâillements sur la fin du dîner, et moi-même, commençai à rêver d'un lit moelleux et confortable, histoire de digérer tant bien que mal le repas copieux. Je notais que Virgile semblait lui aussi avoir mangé un peu plus que son estomac le permettait, mais ne fis aucun commentaires, bien que ce n'était pas l'envie qui me manquait.
C'était le préfet en chef qui nous guidait, et nous présentait sommairement le château, tout en ayant l'air de s'ennuyer sérieusement. Hadrien et Firmin avaient été beaucoup moins avares de détails lorsqu'ils me décrivaient avec enthousiasme Poudlard.
Je vis soudain Artémis apparaître à mes côtés, avec cet air conspirateur qui, je pus le remarquer au fil du temps, ne la quittait pratiquement jamais et seyait si bien avec ses agissements ; mais ne brûlons pas les étapes.
― Tod explique vraiment comme un pied, remarqua-t-elle en désignant le préfet en chef, mais en ce moment il sort avec la préfète des Poufsouffles, et il doit se demander à coup sûr comment la retrouver après que tous les premières années soient amenés à destination !
Je dus la regarder les yeux ronds, car elle ajouta à voix basse :
― Je le sais parce que déjà, l'année dernière, il faisait pareil avec l'attrapeuse de Serdaigle ! Je l'ai suivi une fois, pour savoir ce qu'il faisait chaque fois qu'il sortait en douce le soir…
Subitement, Artémis se tu ; je compris qu'elle pensait en avoir trop dit, et d'ailleurs, ce soir là j'avais vu juste. Il faut comprendre qu'Artémis est une de ces personnes pleines de cachotteries, mais qui est trop imbue d'elle-même pour réussir à ne pas se vendre. Elle est pardonnée, c'est dans sa nature.
Nous venions d'entrer dans la salle commune. Comme aucun de mes deux frères n'était à Gryffondor, j'eus pour la première fois depuis mon arrivée l'impression de découvrir réellement quelque chose. C'était une salle vraiment chaleureuse, que j'apprécie beaucoup. Elle me manque quand j'y songe… C'est la salle qui pousse aux confidences, de mon point de vue.
― Au fait Minerva, j'y pense, entama Artémis, les dortoirs accueillent huit élèves chacun. Si tu veux être avec moi, nous ne sommes que quatre pour le moment, avec les jumelles et une autre de première année.
― Mais je croyais qu'on devait être avec ceux de notre année ?
Elle m'adressa un clin d'œil :
― Tu crois que le règlement dicte ma vie ? Je trouve ça absolument fade de rester avec les personnes qui nous accompagnent déjà dans toutes nos journées !
C'est ainsi que, valises en main, je suivis Artémis jusqu'au fameux dortoir. Il m'arrive de me demander ce qu'auraient été mes années à Poudlard si je n'avais pas accepté sa proposition, et m'étais conformée à la consigne. Aujourd'hui, c'est ce que j'aurais fait, non parce que je regrette, et loin de moi cette idée, mais parce que à cette époque je n'étais pas encore tant à cheval sur la réglementation, et me montrais même un peu influençable. On ne peut pas dire qu'Artémis était une influence particulièrement bonne.
