Réponses aux reviews :
Ninoue : et oui, ça commence doucement XD tu en apprendras un peu plus sur le passé de Juu-chan dans les prochains chapitres! Alors patience !
Chapitre 3 :
Les jours qui suivirent eurent l'allure des jours ordinaires, ceux bien remplis, ceux qui ne laissent aucun répit. Shunsui n'avait pas une minute à lui et bien qu'il trouvait toujours le temps de taquiner ses infirmières, il n'avait guère le temps de monter au deuxième étage pour embêter celles de Unohana. Et Ukitake par la même occasion.
Le jeune homme lui avait laissé une drôle d'impression et il n'arrivait pas à s'en défaire. Il ne pouvait s'empêcher de vouloir en savoir plus sur lui. Et cette curiosité le surprenait lui-même. Il n'avait toujours accordé que peu d'attention aux autres hommes. Il avait toujours préféré la compagnie des femmes à celles de ses homologues masculins. Aussi essayer d'en savoir plus sur Ukitake était une première pour lui.
Il se disait que c'était le fait d'être entouré par des femmes depuis trop longtemps et qu'il avait envie d'un ami avec qui sortir, rigoler, pouvoir parler entre mecs. Et puis ils travaillaient ensemble et Shunsui aimait bien connaître ses collègues.
Juushiro venait de sortir de la chambre d'une patiente, jeune mère un peu paniquée face à son bébé. Le pédiatre avait examiné l'enfant et rassuré la mère, essayant de redonner confiance à la jeune femme. Il avançait dans le couloir, la tête plongé dans ses dossiers, aussi ne remarqua-t-il pas de suite Kyoraku dans le couloirs. Ce qui fit sourire le brun.
-Et bien Ukitake-sensei, fit Kyoraku, vous voilà bien absorbé!
-Kyoraku-sensei, sursauta le jeune homme. Je ne vous avais pas vu.
-Ce n'est pas grave, répondit le plus vieux plein de bienveillance. Cependant …
-Cependant?
-Que diriez vous de venir boire un verre avec moi ce soir?
-C'est que , commença l'albinos.
-Vous venez! Retsu m'a dit qu'il fallait vous forcer un peu la main pour vous faire sortir d'ici! Alors je ne veux pas de résistance … Et puis, j'aimerais connaître un peu mieux mon seul collègue masculin au milieu de cette horde de femmes!
Juushiro sourit devant l'air dramatique qu'avait pris le brun. Après tout, pourquoi pas? Ça n'engageait à rien et puis, il devait bien admettre que lui aussi avait envie de connaître un peu plus le brun. Il s'était fait une raison, Kyoraku était hors de sa portée, mais ce n'est pas pour autant qu'il devait le fuir.
-Dans ce cas … ça sera avec plaisir, Kyoraku-sensei.
-Très bien! S'exclama ce dernier. Dans ce cas, je vous dit à ce soir!
-À ce soir.
Juushiro s'éloigna du brun songeur. Il essayait de calmer son cœur. Ce n'était en rien un rendez vous galant. C'était une sortie avec un collègue. Une sortie entre hommes. Pour faire connaissance. Mais il ne pouvait empêcher son corps et son esprit de partir en vrille. Il devrait se maitriser ce soir. Il n'avait pas envie de se faire griller. Il adorait son job. Il adorait ses collègues. Il ne voulait pas tout gâcher parce qu'il était incapable de se maitriser.
Juushiro passa le reste de la journée la tête complètement ailleurs. Pas qu'il n'assure pas son travail correctement, mais dès qu'il avait deux secondes de libre, il déconnectait. Son comportement n'échappa ni aux infirmières, qui gloussaient dans leur coin en le regardant, ni à Unohana, qui se demandait ce qui pouvait bien arriver à son collègue. Cependant, elle n'allait pas lui demander ni lui faire remarquer qu'il était dans la lune. Elle supposait qu'il avait appris une bonne nouvelle car elle le trouvait plutot de bonne humeur.
Kyoraku passa le reste de la journée sans embêter ses infirmières. Celles-ci en conclurent qu'il avait rendez vous ce soir et qu'il se préservait pour charmer la dame en question. Elles avaient faux mais ne pouvaient en aucun cas le savoir. Cependant, le brun ne s'aperçut même pas de son changement de comportement. Il était tellement pris dans l'idée de sortir ce soir et d'en savoir plus sur son collègue. Il avait l'impression de vivre quelque chose de nouveau, totalement nouveau pour lui. Il ne s'était jusque là intéressé qu'aux femmes et Ukitake avait réussit à éveiller sa curiosité. Qu'il allait pouvoir satisfaire ce soir. Il s'en réjouissait d'avance.
Juushiro venait de terminer sa journée. Il était épuisé. Les enfants lui avaient joué farces sur farces et il s'était une fois de plus plié de bonne grâce à leurs petites facéties. Il rejoignit avec plaisir le vestiaire et se changea avec une certaine lassitude. Il n'avait en rien oublié son rendez vous de ce soir. Comment aurait-il put? Il sentait monter en lui un léger stress et se força à respirer calmement plusieurs fois de suite. Il finit de se changer et sortit de la clinique. Il repéra rapidement Kyoraku. Celui-ci l'attendait, assis sur les marches devant la clinique, une cigarette à la main. Juushiro s'étonna de le voir fumer.
-Vous fumez? Lui demanda-t-il en arrivant à sa hauteur.
Kyoraku se leva et rangea rapidement sa cigarette dans son cendrier portable.
-Oui. C'est une mauvaise habitude que j'ai pris à la fac. Et dont j'ai beaucoup de mal à me débarrasser, avoua-t-il.
Juushiro se contenta de hocher la tête avec un sourire. Lui n'avait jamais fumé, mais il savait combien il était difficile pour certaines personnes d'arrêter.
-J'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre?
-Pas le moins du monde Ukitake-kun! Suivez moi! Je vous emmène dans un endroit dont vous me direz des nouvelles!
Juushiro se contenta de sourire et de suivre le brun. Le bar en question se trouvait tout prêt aussi firent-ils le trajet à pied. Kyoraku menait la conversation, il racontait toutes sortes d'anecdotes sur le quartier et ses habitants. Et Juushiro avait plaisir à l'entendre.
-Alors comment en es-tu venu à vouloir devenir médecin? Demanda le brun.
Juushiro soupira avant de répondre. Il devait avouer que son collègue avait une sacrée descente, en tout cas meilleure que la sienne, mais que ça n'entamait en rien sa lucidité. Enfin … pour le moment.
-Pourquoi voulez vous absolument savoir?
-Tu éludes encore ma question. D'accord alors que penses-tu de celle-ci : que font tes parents?
Juushiro secoua la tête avant de répondre. Il comprenait le besoin du brun : satisfaire sa curiosité. Ses collègues l'avaient prévenu! Mais il ne pensait pas que c'était à ce point là.
-Ma mère est toujours restée à la maison. Mon père était flic. Maintenait je suppose qu'il doit être à la retraite.
-Tu supposes? Fit Kyoraku étonné.
-Oui …
-Comment ça tu supposes?
-Disons que je ne les ai pas vu depuis des années … depuis que j'ai commencé mes études de médecine à la fac de Tokyo pour être tout à fait franc... répondit Juushiro songeur.
-Tu as bien de la chance, soupira le brun.
Juushiro haussa un sourcil. D'habitude ce n'est pas ce qu'on lui disait. On lui demandait toujours pourquoi.
-Les miens me collent un peu trop à mon goût. Je les vois minimum une fois par semaine et j'ai ma mère quasiment tous les jours au téléphone.
-Ça ne doit pas être si terrible que ça, sourit l'albinos.
-Tu as raison, il y a pire ...le sourire de Retsu! Tu as vu comment elle peut sourire parfois!
-Oui, répondit Juushiro dans un grand éclat de rire. Un sourire qui veut dire « tu as intérêt à faire ce que je te dit si tu tiens à la vie ».
-Exactement! Renchérit le brun. Qu'est ce que j'aimerai sourire comme ça à mes parents … pour avoir la paix au moins une semaine.
Kyoraku vida son verre et se resservit. Il fit de même pour Juushiro et ils trinquèrent en l'honneur de leur terrifiante collègue. Ils en virent à la conclusion que chaque service devait avoir sa « terreur » et que si Retsu Unohana était celle du service pédiatrique, Ise Nanao était celle du service gynécologique.
-Je te jure ! Elle peut être flippante quand elle veut. C'est sûr qu'elle ne sourit pas comme Retsu mais elle peut vous regarder avec cet air …
Shunsui frissonna et fit rire Juushiro. Celui-ci trouvait agréable la conversation et la compagnie du brun et il devait se rappeler à l'ordre pour ne pas céder. Il s'était juré de ne rien faire à part être un collègue de boulot. Il devait arrêter de se faire du cinéma et laisser ses fantasmes au placard, même si une petite voix au fond de lui commentait tout sous un angle « amoureux ». Non il n'était pas amoureux de son collègue. Il ne devait pas. Il ne pouvait pas. Mais il avait beau se le répéter, rien n'y faisait, il était en train de tomber sous le charme. Il était tombé sous le charme.
Kyoraku essayait tant bien que mal de tirer les vers du nez de l'albinos. Il arrivait à avoir certaines réponses mais le jeune homme éludait la plus part de ses questions. Ce qui ne faisait qu'augmenter sa curiosité et son obstination à obtenir des réponses. Pourquoi donc Ukitake tenait-il tant à cacher son passé? Pourquoi ne voulait-il rien dire sur ses parents? Pourquoi ne les voyait-ils plus? Pourquoi rester aussi secret sur sa motivation à devenir médecin? Tout ça ne faisait que tourner et retourner dans l'esprit de Shunsui. Il voulait savoir. Il devait savoir. Et ce n'était pas que pour satisfaire sa curiosité. Il sentait chez le jeune homme comme une blessure, un secret, enfoui très profondément et entouré d'une carapace, d'une muraille, qui l'isolait du monde et des autres. Restait à savoir si c'était conscient ou pas de la part de l'albinos.
-Ils doivent être fier de toi, fit remarquer Kyoraku.
-Pardon?
-Tes parents! Ne me dis pas qu'ils ne sont pas fiers de toi. N'importe quel parent serait fier si son fils était médecin!
-Je n'en sait rien … je ne sais pas s'ils sont fiers que je sois devenu médecin, répondit tristement Juushiro.
-Ils le savant au moins? Demanda le brun incertain.
Que c'était-il passé pour qu'ils coupent les ponts ainsi? Voilà la question qui rongeait le brun.
-Sans doute, répondit Juushiro en haussant les épaules. Je t'ai dit que je n'ai plus aucun contact avec eux …
-Pourquoi?
-Je me demandais quand est-ce que tu poserais la question … je n'y répondrai pas! Répondit catégoriquement le jeune homme en vidant son verre.
-Mais pourquoi? Insista le brun.
-C'est privé! S'énerva Juushiro en faisant claquer son verre sur la table.
-Je veux juste comprendre … tu es un jeune homme si charmant, si gentil ...
-Il n'y a rien à comprendre! Le coupa Juushiro.
-Ukitake-kun, excuse moi … je ne voulais pas te blesser … apparemment, il a dû se passer quelque chose de grave pour ...
-Tu ne connais rien de ma vie alors arrête! le coupa l'albinos. Pourquoi faut-il toujours que tout le monde cherche à savoir ce qui s'est passé, ce qui se passe dans ma vie! C'est ma vie! Ce que j'en fait ne regarde que moi!
Juushiro commençait à voir rouge. Encore une fois, il était confronté à la curiosité excessive des autres. Il savait que Kyoraku ne pensait pas à mal, mais comment réagirait-il s'il lui disait? Comme les autres? Et pourquoi ne pas lui dire? Histoire de mettre un terme à tout ça. Rapidement. Avant qu'il ne s'accroche trop à lui.
-Tu veux vraiment savoir pourquoi mon père m'a jeté de chez lui? Pourquoi ma mère n'a pas protesté? Pourquoi elle n'a rien fait pour l'empêcher de me … corriger?
-Calme-toi …
-Je suis calme, fit Juushiro un ton plus bas. Je suis homosexuel!
Kyoraku ouvrit la bouche ne pouvant rien répondre à ça. Homosexuel. Ce mot résonnait en lui comme une évidence, comme s'il justifiait le comportement du jeune homme, comme s'il l'avait toujours su sans pouvoir mettre un mot dessus.
-Et tu m'attires énormément.
Juushiro se leva et sortit du bar, laissant Kyoraku incertain sur ce qu'il venait d'entendre, incertain sur ce qu'il devait faire, incertain sur ce qu'il devait éprouver. Juste incertain et incapable d'agir. Incapable de soutenir le jeune homme, incapable de faire comme si de rien n'était. Il se détesta sur l'instant.
