Coucou les mandragores !

On se retrouve pour un nouveau chapitre ! ATTENTION grooooooooooooooooooos lemon de présent, écrit par la merveilleuse Kalincka qui en plus d'être une mère poule avec ses fils (même si c'est une lapine) écrit merveilleusement bien et est super sympa. Un beau combo. Allez lire ses textes, sérieux.

Bonne lecture ! =D


Chapitre 2 : Retrouvailles

Il se rappelait de ce jour comme s'il avait eu lieu la veille, quand bien même une décennie s'était écoulée depuis.

Lloyd percevait encore la chaleur de cette journée ensoleillée, étouffante, sans le moindre souffle d'air. Lui-même transpirait, la sueur dégoulinant à grosses goutes le long de sa tête jusqu'à son torse nu. Il avait réussi à trouver refuge sous l'ombre d'un arbre aux feuilles sèches. Le jeune homme s'assit contre le tronc et ferma les yeux. Il avait très chaud, mais il pressentait que le pire restait à venir.

Les jardins du château, jaunis par des jours de température élevée, étaient déserts, tout le monde restant cloîtré à l'intérieur. Il n'y avait que les fous pour oser sortir et braver les rayons du soleil.

Cela doit être la preuve que je suis fou, alors.

Lloyd en aurait souri s'il ne se doutait pas de la raison de sa venue sous l'arbre. Si le rendez-vous avait été choisi ici, c'était justement parce que personne ne le verrait. Personne ne les verrait eux deux ensemble…

Le jeune homme entendit que l'autre arrivait de loin. Chacun de ses pas faisait se craqueler les bruns d'herbes desséchés. La discrétion n'était pas de mise, mais qu'importait le bruit, tant qu'il n'y avait personne pour les épier.

- Je suis là et tu le sais déjà, alors ouvre les yeux !

Lloyd n'obéit pas tout de suite. S'il pouvait faire rager Peter un peu, il ne s'en priverait pas.

- Lloyd !

Le susnommé finit par obtempérer. Il vit son amant qui se tenait devant lui. Lui aussi avait la figure rouge et trempée, à l'image de ses vêtements. L'imprudent était entièrement vêtu.

- Tu es venu, soupira de soulagement Peter. J'ai craint le contraire !

- J'étais tenté, je dois l'avouer. Mais pour une fois que Monsieur Shukoff accepte de m'adresser la parole, je voulais savoir ce qu'il voulait bien me dire.

Peter grimaça.

- Ne rends pas les choses plus compliquées qu'elles ne le sont, s'il te plait.

- N'inverse pas les rôles, je te prie.

La voix de Lloyd avait été dure et cassante, à l'image de son humeur, mais il fallait que cela sorte.

- Je ne…

- Ne me mens pas, Peter ! Tu m'évites, ces derniers temps, je ne suis pas stupide ! Du jour au lendemain, tu as changé. J'ai l'impression que…

Le ton énervé chancela pour devenir hésitant, malheureux.

- J'ai l'impression de ne plus compter à tes yeux.

- C'est faux ! s'empressa de rétorquer Peter. Mais je…

- Quoi ? Dis-moi ! C'est bien pour cette raison que tu m'as donné rendez-vous, non ?

Peter, hésita. Il tourna la tête comme pour voir si on les observait avant de fixer à nouveau son interlocuteur.

- Si je t'ai fait venir, c'est parce que je voulais t'annoncer la nouvelle moi-même. Je pense que tu souffriras moins de l'apprendre de ma part que de manière officielle.

La peur s'empara de Lloyd. Son cœur battit la chamade tant il angoissait de savoir la suite.

- Je vais me marier avec Meghan. Il n'y a plus qu'à attendre la réponse positive de ma mère et je vais…

Le coup de poing dans le ventre lui coupa le souffle. S'il ne hurla pas, Peter s'écroula néanmoins à genoux au sol, se tenant le ventre tout en crachant de la bile quand il ne toussait pas. Lloyd n'avait pu retenir son coup, aveuglé par la rage. Peter allait se marier avec Meghan ?

- Je comprends que tu sois en colère, mais…

- Espèce d'enflure ! Et notre promesse de toujours nous aimer, qu'est-ce que tu en fais ? Tu l'as jetée aux orties ?

Lloyd allait frapper derechef son amant mais ce dernier, s'y attendant cette fois-ci, bloqua son poing en s'emparant de son poignet.

- Je vais me marier, Lloyd ! Tu auras beau me frapper, cela ne changera rien !

Te rends-tu comptes de ce que tu oses dire ? Tu es prêt à oublier toutes nos années de relation et d'amour pour… Pourquoi au juste ?

- Depuis quand tu portes un intérêt à Meghan ? Aux dernières nouvelles, vous ne pouviez même pas vous voir en face !

Peter prit le temps de se relever.

- Tu ne sais peut-être pas tout.

- Que veux-tu dire par-là ?

Son cœur semblait être sur le point d'exploser. Il allait le faire si les quelques mots qu'il redoutait le plus allaient être prononcés.

- J'aime Meghan, autant qu'elle m'aime. Nous allons vivre ensemble, fonder une famille, ce que toi tu ne peux pas m'offrir ! Il est temps de grandir un peu Lloyd ! Tu te prétends mature, mais tu vis dans un rêve comme un gosse ! Contrairement à toi, je prends mes responsabilités.

Lloyd entendait ce qui lui était dit, mais il n'écoutait pas. Il ne pouvait comprendre ces mots. C'était impossible ! Comment son homme pouvait lui dire de telles paroles ? Comment pouvait-on être aussi cruel ?

- C'est tout ce que tu as à dire ? Où je vais apprendre que tu ne m'as jamais aimé ?

- Lloyd, quitte la cour, quitte la capitale, et ne reviens jamais, sauf si tu n'as pas le choix. Mais ne cherche plus à me voir, ni à me contacter. C'est fini entre nous.

Ce qu'il se passa ensuite, Lloyd ne s'en rappelait plus très bien. Une chose demeurait sûre : Peter l'avait trahi, il avait rompu leur promesse, il l'avait traité comme un moins que rien. Et cela, Lloyd ne lui pardonna pas.

Alors il se fit une promesse. Un jour, si son chemin recroisait celui de son ancien amant et désormais empereur consort, il le tuerait de ses propres mains.


Lloyd s'était promis d'honorer sa promesse si un jour il reverrait Peter. Il se l'était promis. Mais alors qu'il tomba par hasard sur lui alors qu'il cherchait les cuisines, tout ne se déroula pas comme prévu.

Il y eut un moment de flottement. À peine le temps pour que l'information ne les foudroie, tous les deux, que les conséquences ne leur reviennent en pleine face comme un ouragan – un ouragan qui poussa Peter à s'avancer, saisir le poignet de Lloyd, ouvrir la première porte à sa portée pour la refermer brutalement derrière eux.

— Qu'est-ce que tu fais ici ? grinça-t-il, dangereusement près de son visage.

— J'ai reçu une invitation, répliqua Lloyd d'un ton tout aussi virulent en soutenant son regard brûlant.

Peter cilla. Il venait de reconnaître l'endroit. Il les avait emmenés dans la chambre de Lilly. Le lit double était dans son dos.

— Depuis quand tu es là ? insista-t-il en ne laissant pas transparaître son trouble.

Lloyd l'observa en fronçant des sourcils, sûrement plus qu'agacé par cet interrogatoire forcé, et il sembla décider de ne pas lui répondre pour protester. Dix ans qu'ils ne s'étaient pas revu. En contemplant de nouveau le visage de l'empereur consort, des sentiments contradictoires s'emparèrent de lui : haine, envie, colère, nostalgie, tristesse et… amour. Malgré le temps écoulé et ce qu'il lui avait fait subir, il l'aimait toujours, Lloyd s'en rendit compte. Parce qu'il le comprit – et que cela le désespéra – il resta muet.

Au dernier moment cependant, il se ravisa :

— Hier, confessa-t-il d'un air étrangement perturbé.

Il prit en considération la réponse en silence, sentant soudainement son rythme cardiaque s'accélérer. C'était leur proximité, il le savait. Inconsciemment, il s'enivrait du parfum de son ancien… Partenaire, ce qui eut le don de l'exciter plus qu'il ne l'était déjà. Ses pupilles se braquèrent sur sa mâchoire par réflexe, et la réalisation le frappa rapidement. Il en avait besoin. Il voulait son corps et son âme à nouveau. Il réprima un juron avant de se pencher en avant. Lloyd le vit venir, mais il n'eut pas le temps de protester : il l'embrassa sans hésiter.

L'action fut emmêlée, précipitée, une effusion d'émotions contradictoires quand il mordit sa lèvre inférieure pour lui arracher un gémissement avant d'intensifier le baiser. La prise sur le poignet de son invité se desserra car son attention fut captée bien ailleurs ; et il sentit Lloyd fondre sensiblement contre le mur avant de répondre. Ses mains l'enlacèrent au niveau de la taille, mais le plus petit sembla réagir à cet instant précis, plaquant les siennes sur son torse pour le repousser vivement.

— Non, non, haleta-t-il en se détachant de sa bouche.

Il ne devait pas perdre la raison, pas maintenant ! Il devait tuer Peter, profiter qu'ils furent seuls, qu'il n'y ait aucun témoin, comme lors de leur dernière entrevue. Il pouvait le faire, il devait le faire pour se venger, il devait…

— Si, insista Peter en revenant à la charge.

Lloyd l'évita en tournant la tête, et paradoxalement, ses mains agrippèrent par réflexe la chemise qui lui faisait face. Son ancien amour laissa la panique envahir totalement son visage en voyant où Peter les avait amenés, le déclic se faisant soudainement dans sa tête. Rouge, il l'observa en louchant presque à cause de leur proximité. Peter le vit se retenir de respirer, et comme pour l'inciter à sombrer, il raffermit la prise sur ses hanches en avançant d'un pas.

— Je te veux, souffla-t-il dans son oreille.

Le geignement ne lui échappa pas, et il mordilla le lobe à portée de ses dents avec envie.

— Tu m'as laissé tomber, assume, cracha subitement sa proie en levant instinctivement son genou pour mettre de la distance entre eux.

Cela eut pour effet d'écarter légèrement les jambes de son empereur, pressant contre son entrejambe et lui arrachant un soupir. Galvanisé, Peter ignora totalement l'accusation, faisant comme un blocage mental contre la véracité de cette dernière.

— Ça fait trop longtemps, supplia-t-il d'un ton horriblement tentateur.

— C'est fini…

— Comme avant, insista-t-il encore une fois.

La pique fit mouche. La colère qui dansait dans les prunelles sombres en face des siennes laissait peu à peu place au désir. Confiant, Peter l'embrassa à nouveau et fit remonter ses mains sur le corps de l'autre qu'il sentit défaillir sous le toucher. Il commença à déboutonner les boutons de son haut, un à un, avant de sentir des doigts enlacer les siens pour stopper sa progression.

— J'ai quelqu'un, souffla Lloyd d'un ton désemparé.

— Moi aussi.

La pression sur ses doigts se fit plus forte, comme pour manifester la rancœur mutuelle qui parcourut les deux amants. Intérieurement, Peter sentit une étrange sensation venir lui tordre les tripes, un goût âcre sur sa langue ; l'idée que Lloyd avait trouvé quelqu'un, et que ce quelqu'un soit suffisamment important pour l'empêcher d'aller au terme de leur passion avait le don de le rendre incroyablement agacé. Il aurait dû se douter que cela arriverait, surtout au bout d'une décennie, surtout comment lui l'avait traité, mais la jalousie se fit intense.

Il est à moi.

En réponse à son ressentiment, il l'embrassa à nouveau, et un sourire étira ses lèvres suite au gémissement désolé et légèrement attendri qu'il provoqua.

— Ce quelqu'un ne saura pas, chuchota-t-il en défaisant ses doigts pour finir d'enlever son haut.

— T-tu peux pas me demander ç-ça, trembla Lloyd en répondant néanmoins à chacun de ses baisers.

Il le voulait, il le voulait mais il était en colère et n'allait pas céder encore, réalisa Peter après un autre baiser fiévreux et maladroit. Rapidement, il lui ôta sa chemise avant qu'il ne puisse protester, et il descendit embrasser la peau de son cou avec voracité. Au diable la morale, tant pis, il avait faim et ça ne pouvait pas attendre ; que Lloyd soit pris ou pas, il était à lui maintenant et il ne s'était jamais senti aussi vivant. Dix ans que cette sensation ne l'avait guère étreinte ! Quand il sentit des mains se poser en tremblant sur ses épaules, il comprit que c'était presque gagné. Il l'entraîna vers le lit avec violence mais fluidité, comme pour l'empêcher de saisir avec recul ce qu'ils faisaient. Habile, il se glissa derrière lui, l'enlaçant par la taille, ses mains vagabondant sur l'intérieur de ses cuisses tandis que Lloyd s'appuyait de son avant-bras sur l'un des baldaquins du lit, tête baissée, résistant encore à se laisser aller. La proéminence qu'il effleura du bout des doigts fit retentir un gémissement dont il n'avait pas vu le volume arriver. Il l'embrassait toujours, dans le cou, le creux des épaules, et ce fut d'une voix rauque et autoritaire qu'il traduisit ses pensées :

— Ton pantalon, ordonna-t-il avec envie.

Il sentit son partenaire hésiter. Impatient, il déposa un suçon passionné sur son cou, et il perçut aussitôt les mains se mettre en marche pour défaire la ceinture. Un sourire mesquin lui échappa au moment où il l'entendit gémir alors qu'il accompagnait ses gestes pour lui retirer ses vêtements trop encombrants enfin, il s'attela à ôter ses propres habits, et ils tombèrent sur le matelas dans un soupir commun.

— Ta main…

Peter se figea suite à la demande, surpris d'entendre un gémissement qui n'avait pas pour but de le persuader qu'ils ne devaient pas. Instinctivement, il obéit, se voyant mal refuser un toucher de plus pendant un tel moment, et il sentit le dos de son amant se cambrer contre son torse dans un soupir quand il entrelaça ses doigts par-dessus les siens, prenant un peu de draps avec lui. Le geste pouvait paraître futile, mais il comprit que s'il voulait vraiment récupérer ce qu'il avait laissé tomber des années plus tôt pendant les minutes à venir, ce devait être comme avant. Inspiré, il embrassa les omoplates nues à portée de ses lèvres, sentant le besoin devenir de plus en plus pressant puis, il fit glisser une main entre leurs deux bassins sensibles désormais à la moindre caresse, ce qui se confirma quand il entendit la plainte étouffée venir de l'homme sous son emprise. Un juron lui échappa et la pression sur leurs mains jointes accentua l'instant où tout devait basculer.

L'empereur consort se pencha pour mordiller le lobe de l'oreille gauche avec envie, réclamant son dû perdu il y a trop longtemps. Ce dernier s'arqua contre son corps en baissant la tête, soumis entièrement, et le gémissement qu'il laissa échapper quand il perçut les touchers trop longtemps oubliés tinta aux oreilles de Peter avec satisfaction. Il joua un instant avec la peau qu'il brûlait d'imprimer à nouveau contre lui il fit remonter sa main le long de ses fesses, traçant les lignes de son dos, avant de la faire glisser sur le côté pour descendre sur son torse, plus bas, plus bas jusqu'à ce qu'un halètement particulièrement affolé ne se fasse entendre.

— P-peter…

— Ici, répondit-il en se mordant l'intérieur de la joue.

La manière dont son prénom fut exhalé ne fit qu'augmenter son impatience pour la suite ; cela fait des années, des années qu'on ne l'a plus supplié comme ça. Fébrile, il entendit Lloyd gémir indécemment lors du premier va-et-vient, et par réflexe, il se pencha pour presser leurs bassins ensemble et mimer ce qui risquait d'arriver bientôt. Le soupir commun qui s'échappa de leurs lèvres béates aurait pu attirer du monde si ça n'avait pas été pour les portes fermées. Au bout de plusieurs secondes de halètements et de draps froissés, le plus grand fit remonter sa seule main utilisable, l'autre restant enlacée avec celle de son partenaire. Tremblant d'excitation, il la porta à sa bouche, avant de s'arrêter, frappé par une idée bien plus alléchante.

Autoritairement, il musela presque son amant en plaquant sa main vacillante sur ses lèvres ; puis, peu à peu, il sentit la bouche de l'autre s'entrouvrir en comprenant ce qu'il voulait, étouffant ses gémissements. Une fois humidifiés, il fit glisser ses doigts sur son dos, avant de se préparer pour ce qui allait suivre. Pour la deuxième fois, il sentit son corps vibrer quand Lloyd se cambra en soupirant son prénom. Peter attendit un instant que l'autre s'habitue à sa préparation, en profitant lui aussi pour reprendre ses esprits malgré l'effervescence de la situation. La première stimulation arracha un soupir à son amant, et en quelques secondes, il le sentait totalement prêt pour la suite, se collant volontairement contre lui en imitant des mouvements si indécents qu'il ne pouvait plus tenir. Il l'entendait le supplier à travers sa respiration chaotique, l'appeler comme son dieu, et un sourire incroyablement fier étira ses lèvres : il n'avait même plus à l'inciter, il venait de lui-même, tremblant, à sa merci, presque comme avant.

Le plus grand se pencha, retirant ses doigts, et il sentit la main capturée par la sienne le serrer presque religieusement. Il était à lui, à lui, rien qu'à lui et il aurait voulu que le monde entier le sache. Peter aurait voulu le marquer plus qu'il n'y avait pensé pendant toutes ces années perdues, et un besoin des plus fous le torturait intérieurement – peu importe s'il repartait dans quelques jours, ce moment-là lui était réservé pour chaque seconde d'amour. L'empereur ferma les yeux, s'enivrant de l'odeur forte qui flottait autour d'eux, et sa deuxième main vint se plaquer sur celle de Lloyd en lui faisant bien comprendre que tout était fini, et que tout commençait en même temps.

— Pete, haleta soudainement son partenaire, a-attends…

— Non, souffla-t-il autoritairement. Tu le veux, dis que tu le veux…

Il l'embrassa dans la nuque, et un geignement coupable franchit les lèvres rouges qu'il avait tant de fois maltraitées en quelques minutes. Il ne le montrait pas, mais entendre son surnom le laissa tout aussi affolé.

— Oui, oui, soupira enfin Lloyd en s'arquant de lui-même.

La sensation de son corps soudainement happé par un autre faillit lui faire perdre la tête, et en retour, Peter se raccrocha précipitamment au contact. Dépassé, il fourra son nez dans le creux de l'épaule droite de son compagnon, frissonnant au moindre mouvement. Il pensa faire exploser les mains sous les siennes dans sa passion, ne pouvant empêcher un gémissement de lui échapper ; Dieu, il avait oublié à quel point cela lui faisait perdre la tête. Extatique, il entendit des prières sortir frénétiquement de la bouche entrouverte de Lloyd, complètement soumis à la moindre de ses action.

Ce dernier se cambrait tant qu'il lui semblait devoir s'enfoncer plus fort pour combler désespérément le creux de son dos avec le sien, dans une tentative qui, peu à peu, les mena à des mouvements de va-et-vient légers mais incontrôlables. Le plus grand ferma les yeux en mordant lascivement l'épaule à sa portée : c'était comme un courant électrique qui le saisissait au bas-ventre avec une chaleur insoutenable, et bien vite, la dépendance à une telle sensation le poussa à aller plus loin. Sous lui, il savait que Lloyd n'était plus qu'à la merci d'un roulement de hanches ou une caresse bien placée ; et se savoir aussi puissant dans un tel moment ne fit que le galvaniser encore plus. Il déplaça sa main droite, jusqu'alors posée sur celle de son amant, et par quelques touchers bien placés, il le força à abandonner sa position à quatre pattes pour s'allonger presque entièrement sur le matelas dans un gémissement fiévreux. Peter soupira sous le contact encore plus rapproché qu'il en soutira, et il sentit Lloyd tourner la tête sur les oreillers pour pouvoir l'observer malgré tout. Inspiré, l'empereur se pencha pour lui voler un baiser à moitié langoureux, et il se détacha de ses lèvres plus tôt que prévu en se délectant du soupir déçu qu'il lui arracha. Dans le même geste, ils enlacèrent l'oreiller en entrelaçant leurs doigts sous le désir.

Peter se mit en tête de poser sa joue contre celle de l'autre avec douceur, tenant tout de même à ne pas l'écraser, et il augmenta légèrement la cadence suite à la respiration chaotique de l'être contre lui. L'acte dura plusieurs secondes, quelques secondes où le plus grand entendit toutes les injures les plus violentes sortir de la bouche sous la sienne – il en soupçonna certaines dirigées vers lui. Quelques secondes où il sentait le feu dans ses reins grandir et le ravager intérieurement, où il perçut la pression sur ses mains augmenter avec une dévotion qui lui plaisait énormément.

Il sentait leurs bassins l'un contre l'autre leur procurer des sensations trop manquées, et presqu'instinctivement, Peter se rappelait de certains gestes qu'ils avaient eu avant, à chaque fois qu'ils se retrouvaient dans cette situation. Il savait très bien que Lloyd aurait pu hurler encore plus fort s'il se mettait à l'appeler par certains surnoms, qu'il aurait sûrement pris plus de plaisir si ça avait été lui contre les oreillers et un corps sur le sien. Mais les choses avaient changé, et tout ce qui lui importait, c'était de profiter jusqu'à ce qu'il soit obligé de prétendre être empereur quand tout son monde avait été mis en ruines par ses propres actions. De rage suite à ces pensées, il effectua un coup de bassin plus soutenu, et même la plainte voluptueuse qu'il provoqua ne satisfit pas son désir emballé, le rythme augmenta sensiblement jusqu'à ce que ce ne soit que soupirs et gémissements dans ses oreilles.

— Tiens-moi, tiens-moi plus fort, répétait fiévreusement Lloyd en accompagnant chacun de ses va-et-vient.

— C'est ce que je fais, gronda le plus grand en raffermissant ses prises.

— Non, non, insista son amant entre deux soupirs. Non, pas comme ça…

Peter se figea presque dans sa position, déstabilisé, et un geignement commun suite à l'interruption du rythme leur échappa à tous les deux. Essoufflé, il sentit le regard de son ancien amour peser sur lui comme les pierres, en plein milieu de ce qui aurait dû être la phase du point de non-retour. Le cœur tambourinant à lui en percer les tympans, le souffle perdu, il posa ses prunelles bleues sur l'autre, cherchant à comprendre le double-sens de cette déclaration. En vain.

— Ferme les yeux, ordonna-t-il doucement.

Le regard ne le lâchait toujours pas, et il sentit l'une de ses mains, sous l'oreiller, se faire compresser plus fort.

— Garde-moi, chuchota Lloyd à travers ses iris embrumés par l'envie.

Il ne répondit pas. À la place, il effectua un autre balancement, et se retint de gémir pour rester en contrôle, à l'inverse de son partenaire pantelant. Il mordit le lobe de l'oreille gauche à sa portée, recueillant chacune des plaintes appréciatives de l'autre, et il accéléra brutalement le rythme pour éviter une autre phrase inutile.

Garde-moi. Non. Non, parce que ce n'était qu'un écart, il le savait, dans quelques minutes tout était fini ; et il n'avait pas le temps pour ce genre de choses. Pas le temps de revenir en arrière – profiter du présent et aller de l'avant.

En parlant d'aller de l'avant… [Je garde cette phrase Kali, juste pour le fou rire que ça m'a provoqué 😉]

Lloyd se cambra brusquement en laissant échapper le soupir le plus lancinant qu'il ait jamais entendu. Surpris, Peter se recroquevilla à son tour ; il le sentit, lui aussi. La fournaise qui se cramponnait à son corps augmentait sensiblement, et il réalisa alors que le moindre toucher lui arrachait un gémissement. Dépassé, il comprit brièvement que tout allait de plus en plus vite quand il entendit Lloyd le supplier de ne pas s'éloigner d'un ton si docile qu'il crut l'avoir rêvé, et que ses hanches se mirent à rouler contre les siennes avec une frénésie à peine supportable. Au bord du vide, l'empereur consort enlaça son sujet, mais aucun de ses mots fiévreux ne lui étaient dirigés. Il entendait, pourtant, les phrases tremblantes et chaudes qui lui étaient destinées. Mais à aucun moment il ne retourna la faveur à son amant, se contentant de garder ses mots profanes en tête en les remplaçant par des halètements perdus ou une respiration lourde d'efforts.

Il vint en premier. Évidemment, parce que dès le moment où ses yeux s'étaient posés sur ce corps, cette âme qui avait encore l'audace de lui parler d'un quelqu'un alors qu'il n'y avait que lui, parce qu'au moment où il l'avait poussé vers le lit, il était déjà parti. Peter se crispa de tout son long, secoué par la décharge électrique la plus attendue de ces quelques minutes, et le râle qui lui échappa perturba également son partenaire. Ce dernier se recroquevilla, dépassé par les émotions incontrôlables qui s'étaient répandues entre eux, avant de le rejoindre dans la félicitée juste après. Il perçut des prières, des gestes lascifs précipités, des soupirs, des milliers d'actions condensées en quelques secondes où ils atteignaient le point culminant.

Ils s'effondrèrent ensemble.

Peter s'écroula comme une masse sur celle de Lloyd, la respiration chaotique et l'esprit embrouillé. En dessous, il entendit les derniers gémissements s'échapper de la bouche de son amant, qui enfouit sa tête dans l'oreiller comme pour atténuer ses sons. L'empereur consort se redressa, passant une main moite sur son visage en délaissant celle qu'il avait fermement tenue pendant toute l'action. Il provoqua une protestation étouffée de Lloyd suite à la perte du contact. Il cilla, cherchant déjà ses vêtements dans la pièce, mais au moment où il posait un pied nu sur le parquet, il se sentit violemment agrippé.

Le baiser était presque suppliant, et il y répondit avec l'acharnement de celui qui savait que tout allait bientôt se finir. Peter ne put s'empêcher de contempler à nouveau le corps de Lloyd. Malgré le temps écoulé, il était toujours aussi apetissant. Différent, avec des marques et des cicatrices qui dataient d'après leur rupture, mais semblable également à ses souvenirs. Malgré lui, il sentit une douce chaleur envahir de nouveau son bas-ventre.

La raison voudrait qu'il n'y pense pas et qu'il s'en aille, mais Lloyd lui fit oublier la raison. Non, il écouta plutôt son instinct. Dix ans, c'était beaucoup trop long. Lloyd était sûrement venu pour la naissance de sa fille, il repartirait aussitôt la présentation officielle achevée. Et s'ils ne se revoyaient jamais après cela ? Cette idée l'horrifia. Il fallait qu'il profite le plus longtemps possible de l'homme qu'il aimait avant qu'il ne soit trop tard.

Comme si cette idée avait traversé son interlocuteur, ce dernier s'écarta soudainement de lui et s'habilla à toute vitesse.

- Lloyd…

- Tais-toi ! Ce qui est arrivé n'aurait jamais dû avoir lieu !

- Tu regrettes ?

- Evidemment !

- Tu n'avais pas l'air de cet avis quand tu me suppliais de…

- LA FERME !

Lloyd était quasiment entièrement habillé maintenant, alors que Peter était nu comme un ver. Refusant que la discussion se termine ainsi, l'empereur consort plaqua son amant contre le mur.

- Cesse de nier les faits. Pourquoi serais-tu allé du côté des appartements impériaux si ce n'était pour me voir ?

- Je cherchais les cuisines !

- Tu es à l'opposé. Tu as déjà tout oublié de la configuration du palais ? Tu y as pourtant habité pendant des années !

Lloyd ne répondit pas, préférant se dégager du mur. Il reprenait ses esprits à présent. Il s'était fait avoir par ses sentiments. Comment pouvait-il aimer un tel homme ? Il ne pouvait pas ! Il devait le détester la place, et uniquement cela. Le haïr lui faciliterait la tâche quand il l'assassinerait. D'ailleurs, pourquoi ne pas le faire maintenant ? Il ne s'y attendrait pas. Il avança d'un pas, sous l'œil curieux de Peter.

La porte s'ouvrit à la volée.

- Peter ? Mais qu'est-ce que…

- Lilly !

La susnommée regarda, effarée, son souverain toujours nu comme au premier jour, en compagnie d'un parfait inconnu. L'odeur, la chaleur et l'état de sa chambre lui firent tout de suite comprendre ce qu'il s'était passé.

- Peter !

Lloyd profita de la surprise de son ancien amour pour fuir hors de la pièce. Il courut à en perdre haleine avant de se poser dans un couloir afin de reprendre son souffle. Ce fut à ce moment-là qu'il réalisa qu'il avait trompé Zach et que le temps de plusieurs minutes, il l'avait oublié.