Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à JK Rowling, des personnages jusqu'à la trame majeure de la fiction qui suit. Je n'écris pas à but lucratif, etc, etc !
Me revoici après une (très) longue absence (et plus encore), pour le troisième chapitre de cette fic. Ceux qui souhaitent savoir le pourquoi de cette absence, je les invite à aller voir à la fin de ce chapitre.
En attendant, je vous souhaite à tous une très bonne lecture, et espère que ce chapitre vous plaira. Je le trouve un peu inégal, mais jugez par vous-mêmes )
Chapitre 3 : Où les choses évoluent, changent et progressent.
Bien qu'il fut seul, Harry ne souffrait pas de la solitude. A dire vrai, il n'en avait pas le temps. Les entraînements divers et variés qu'il s'était imposé prenaient l'intégralité de son temps. Il ne partait pas de la clairière où il s'était établi si ce n'est pour aller dans le monde Moldu ou magique pour s'approvisionner en nourriture ainsi qu'en ouvrages nécessaires à son apprentissage.
En l'espace de deux ans, Harry avait fait des progrès phénoménaux. D'une part, il avait atteint une taille plus importante que la majorité des enfants de son âge, mais également une fine musculature qui venait de ses multiples entraînements physiques. La piscine qu'il avait creusée lui servait au quotidien, étant donné qu'il avait ajouté un sort de température sur l'eau, pour qu'elle demeure à l'agréable température de 26°C. Cet exercice en particulier l'avait allongé en plus de développer ses muscles, et la course à pied terminait de renforcer ses muscles.
Cependant, même si ses entraînements purement physiques l'épuisaient, ils ne représentaient rien par rapport aux entraînements magiques, qui là aussi développaient son corps mais aussi sa magie.
Son apprentissage était partagé par des tranches de semaines, pendant l'une il apprenait la théorie, et pendant les deux qui suivaient il mettait en application ce qu'il avait appris. Ce qui était absolument primordial pour lui était l'augmentation de ses canaux magiques. C'était une technique qu'il avait découvert dans un ouvrage très ancien, qui traitait des sciences de l'esprit. Cela consistait à se concentrer jusqu'à rentrer dans un état de transe, où l'esprit est entièrement vide et où la magie se révèle à son maître. Peu de sorciers pouvaient un jour y arriver, car pour d'une part voir son flux magique il fallait une grande puissance, et la capacité à se concentrer devait être très développée.
Depuis qu'il s'était découvert la capacité d'arriver à cet état de transe, il n'avait eu de cesse de se débarrasser des obstacles qui empêchaient sa magie de courir librement dans son corps. Ceci ne s'était pas fait sans mal, dans la mesure où les barrières étaient censées se libérer au fur et à mesure que le sorcier vieillissait. Le livre disait également qu'en les libérant plus tôt que prévu, la magie gagnerait en intensité et deviendrait à terme bien plus forte que si les barrières s'étaient libérées par elles-mêmes. A chaque explosion de ses barrières, Harry s'était senti submergé de pouvoir brut, ce qui le laissait penser qu'avant de revenir dans le passé d'une manière ou d'une autre, aucune de ses barrières n'avait encore cédé. Il se savait plus puissant, et de beaucoup, qu'à l'époque où il avait 16 ans.
Il n'était pas encore parvenu à faire céder les cinq dernières barrières, sur les douze initiales. Il essayait régulièrement, mais n'insistait pas plus que ça. Il savait que ce genre de manipulations pour sa propre magie pouvait être très dangereuse, C'est pourquoi il ne voulait pas forcer l'accès. Si sa magie devenait incontrôlable, elle pourrait émaner delui sans interruption et le vider intégralement et définitivement de tout pouvoir magique. Il avait déjà rencontré ce problème auparavant, mais savait que la barrière cèderait lorsqu'il aurait atteint un niveau supérieur dans l'avancement de ses connaissances et exécutions de sorts. Il savait que ce n'était qu'une question de temps. Généralement, cela ne lui prenait pas beaucoup de temps, mais il ne pouvait s'empêcher d'être impatient. Il voulait devenir puissant. C'était ce qu'il voulait par-dessus tout. Il voulait pouvoir corriger les erreurs qu'il avait fait auparavant.
La maîtrise de la Magie sans Baguette s'était imposée à lui comme étant une nécessité, lorsqu'il avait su que l'état de transe méditative dont il faisait régulièrement l'expérience était la première étape pour maîtriser cette magie. Il fallait débloquer certains canaux, sans même parler de barrières magiques à proprement parler, pour que les pouvoirs puissent s'y répandre en toute liberté, et ainsi inonder son corps de pouvoir magique afin que la magie n'ait plus besoin d'être canalisée pour être efficace.
Cela était impératif pour lui d'apprendre ce type de magie depuis le jour où il avait essayé, un jour, lors d'un de ses entraînements contre l'un de ses mannequins animés, de se lancer un sort de lévitation pour éviter un sort de manière originale. Il avait non seulement perdu son duel, mais avait en plus de cela failli perdre la vie, au vu de l'énorme cicatrice qu'il avait gardé sur son torse. Un sort de lévitation effectue sans le bon mouvement de baguette pouvait donc s'avérer TRES dangereux.
Depuis cet épisode, il s'était entraîné tous les jours, laissant de côté certains de ses apprentissages, au profit de ceci. Et il avait finalement réussi à la maîtriser. Dans un premier temps les sorts tout à fait basiques tels que le Lumos, et autres sorts de base, pour arriver à produire à ce moment un Stupéfix tout à fait efficace et diablement redoutable. En effet, Harry ne pratiquait désormais que la Magie Silencieuse, où il ne prononçait pas une seule parole. Voir un Stupéfix partir de quelqu'un qui n'a pas de baguette visible devait probablement être hautement déconcertant.
Harry était relativement satisfait de ses progrès. Cependant, il allait devoir mettre un terme à son entraînement le lendemain. En effet, on était le premier août, le lendemain de son anniversaire de 11 ans, c'est pourquoi il se devait de retourner prendre sa place dans le monde magique maintenant. Grâce à ses nouvelles aptitudes et un sort de dissimulation très efficace, il était parvenu à se rendre à Ste-Mangouste et à appliquer un sort sur son illusion qui y reposait. Il avait fait en sorte que les modifications physiques qu'il subissait lui s'appliquent également à l'illusion, pour que personne ne
se pose de question quant au subit changement de morphologie qui ne manquerait pas de se produire quand il retrouverait sa place et son monde.
Il avait, à regret et avec un pincement au cœur, rendu à la clairière la même apparence que lorsqu'il y était arrivé, en détruisant aussi bien sa cabane que sa piscine, et en effaçant toutes les traces de magie qui avaient pu rester suspendues en l'air. Il ne voulait pas que quiconque puisse rapprocher cet endroit avec la présence d'un sorcier. Il avait bien entendu pris le soin de cacher toutes ses possessions comme les livres et autres accessoires magiques dans une grotte se trouvant non loin de là, dans les bois, protégées par de nombreux sortilèges avancés, que ce soit des Repousses-Moldus ou encore le Repousse-Sorcier qu'il avait lui-même créé.
Il s'était alors jeté un sort de Dissimulation, le meilleur qu'il ait jamais exécuté, et avait Transplanné sans un bruit dans les couloirs de Ste-Mangouste. Il s'était rendu dans sa chambre sans faire un bruit, puis avait détruit son illusion, tout aussi silencieusement. Il avait alors pris sa place, et s'était allongé sur son lit. Les multiples sorts reliés à son lit pour prévenir toute activité anormale s'activèrent alors qu'il finissait de prendre exactement la même position qu'avait son illusion avant qu'il ne la détruise.
Les infirmières s'étaient ruées dans sa chambre environ 20 secondes après, pour voir ce qu'il s'était passé. Harry en profita pour bouger faiblement dans son lit. Aussitôt, les infirmières ne le lâchèrent plus, l'aidant à se réveiller et à émerger de ce coma qui l'avait maintenu inconscient aussi longtemps.
Il fit de son mieux pour paraître surpris devant toute cette agitation et devant tous ces gens qui lui étaient complètement inconnus. Grâce à un sort posé par lui-même dans sa chambre il avait été en mesure de voir qui lui avait rendu visite au cours de son « coma ». Il y avait eu Rémus, qui était venu en premier, avant même que Dumbledore ne soit sur place. Puis Dumbledore lui-même, et enfin certaines personnes qu'il n'avait jamais vues et qui venaient cérémonieusement lui rendre hommage et prier pour son réveil, lui qui les avait déjà tellement aidés.
Il fit mine d'être agité, et se recroquevilla dans son lit pour tenter de faire croire qu'il était effrayé par tous ces gens. Après tout, il était censé être tombé dans le coma alors qu'il avait 8 ans, ce qui veut dire qu'il aurait normalement dû être intimidé, et tout simplement timide, comme le sont certains enfants dont l'assurance en eux reste encore à prouver.
Les médicomages ne perdirent pas de temps pour l'ausculter sous tous les angles, et tout ce qu'ils purent déceler chez lui était une santé de fer, qui ne montrait en rien qu'il était tombé dans le coma et était resté inactif pendant près de trois ans. Quelques minutes plus tard, Dumbledore arrivait dans sa chambre, les yeux pétillants de malice et de joie à la vue d'Harry réveillé et apparemment en bonne santé. Il s'avança doucement vers le lit du jeune garçon, puis s'assit sur le rebord.
« - Bonjour Harry, je suis le Professeur Dumbledore, directeur de l'école de magie Poudlard. Je suis heureux de voir que tu vas bien.
- Bonjour Monsieur… Qu'est-ce que je fais ici ? Et où suis-je ?
- Tu es à l'hôpital Harry, tu as eu un grave accident impliquant une voiture. Mais il semblerait que ça aille bien maintenant… le seul problème était que tu es resté près de trois ans dans le coma.
- Coma ? Qu'est-ce que c'est ? Et… Qui… Qui est Harry ? »
Harry s'amusait énormément maintenant. Déstabiliser Dumbledore en étant un enfant « innocent » était diablement facile. Le vieil homme avait perdu une partie de la malice qu'il avait dans le regard, et c'est d'une voix douce qu'il reprit :
« - Harry, c'est toi. Tu te nommes Harry Potter.
- Je… Je ne m'en souviens pas… Je ne me souviens de rien…
- De vraiment rien ? Es-tu sûr Harry ? Je sais que tu viens de te réveiller, mais il est important que je sache si tu te souviens de quoi que ce soit.
- Je… Je crois que je sais lire et compter… Et toutes ces choses sur l'histoire anglaise, le dessin… Mais… Je ne me souviens de rien sur moi, qui je suis…
- Ca va compliquer les choses Harry, tu t'en doutes. Il va falloir que je te révèle une bonne quantité de choses sur ton identité, et certaines particularités qui te concernent.
- Es-tu mon grand-père, pour être ici et pas mes parents ? »
De nouveau Dumbledore sembla ébahi, mais cette fois-ci il se reprit plus rapidement. Il sourit gentiment à Harry, puis reprit de la même voix patiente et douce que l'on utilise en parlant à un enfant :
« - Vois-tu, Harry, cela fait partie des choses dont nous devons tous deux discuter. Mais avant, je vais simplement faire quelque chose pour vérifier si tes souvenirs sont réellement bloqués profondément, et si je ne peux pas les libérer. »
Harry s'était préparé à cette éventualité dès l'instant où il avait pensé à cette histoire de perte de mémoire. Cela éviterait probablement les questions indiscrètes quant à ses incroyables barrières mentales, sur lesquelles il avait passé plusieurs semaines, jusqu'à ce que même lui ait du mal à accéder à certaines de ses émotions reliées à un souvenir en particulier. Cela serait catastrophique que Dumbledore découvre qu'il avait déjà vécu sa vie jusqu'à ses seize ans. Il ne pourrait alors pas être libre de ses mouvements, de ses actes et de tout ce qu'il voudrait faire, comme par exemple commencer ses recherches sur les Horcruxes bien avant que Dumbledore ne lui en fasse part, et bien d'autres choses qu'il avait prévues. Il savait qu'à Serpentard tout le monde n'était pas mauvais, et qu'il y en avait certains qui devaient être sauvés. Mais ce n'était que l'une des nombreuses étapes de son plan pour changer les choses.
Dumbledore regardait cet enfant aux yeux tellement semblables à ceux de sa mère qui avait l'air tellement perdu face à lui. Mais il devait le faire, il devait être sûr qu'il ne pourrait pas aider l'enfant en l'aidant à se souvenir de qui il était. Bien entendu, il avait toujours veillé de près à l'enfant, le faisant installer à Ste-Mangouste mais dans la pièce où le portrait de Dillys Derwent était établi, tableau qui pouvait facilement le prévenir en cas d'urgence. Il leva donc sa baguette et pensa « Legilimens ». Il fut aussitôt projeté dans l'esprit d'Harry, ou plutôt ce qui aurait dû être l'esprit de l'enfant. Car ceci n'était en rien semblable à ce qu'il ait pu voir auparavant. Il n'y avait rien. Tout simplement et désespérément rien. Ah si. Une lueur, tout là-bas. Il se dirigea dans cette direction, mais il fut instantanément bloqué par une barrière invisible. Il n'avait là non plus jamais vu quoi que ce soit de ce genre. S'imaginant dans une représentation physique de lui-même, Dumbledore palpa cette barrière, tentant de trouver une faille par laquelle son esprit pourrait s'introduire pour continuer son exploration en direction de la lumière. Ce qu'il n'avait pas prévu, en revanche, c'est la multitude de représentations physiques de lui-même qui apparurent en même temps, et qui dirigeaient toutes vers lui une baguette menaçante. Dumbledore se mit sur ses gardes, paré à tout éventualité, mais rien ne venait. C'était très étrange. Pourtant, bientôt, les Dumbledore changèrent vers quelque chose de plus sombre, dans une cape noire, des mains putréfiées… Des Détraqueurs… Des centaines de Détraqueurs qui l'entouraient. Il commençait à ressentir ce froid si caractéristique de leur présence. Il voulut lancer un Patronus, mais rien ne voulait sortir de sa baguette. Déjà, il entendait sa dispute avec Grindelwald. Déjà il revoyait sa sœur, sa pauvre sœur, sans vie. Ne comprenant pas comment cela était possible, Dumbledore choisit de se rétracter pour l'instant de cet esprit si hostile.
Quand il regarda dans la direction de Harry, celui-ci s'était à nouveau renfermé sur lui-même, en position de fœtus en répétant inlassablement la même chose : « Faites les partir, s'il vous plait, pas encore ». Dumbledore sentit le sang quitter son visage. Etait-ce lui qui l'avait mis dans cet état ? pourtant il n'avait rien fait… Ou peu. Il n'avait pas réellement commis d'agression envers cet esprit… Mais l'était de l'enfant était préoccupant. Il semblait bien avant qu'il ne pratique sa légilimentie sur lui. Intérieurement, Dumbledore se promit de ne pas recommencer ce genre de choses tant qu'Harry n'en saurait pas plus sur le monde de la magie, et de ses subtilités. De toute manière, cela ne serait qu'une chose supplémentaire à lui annoncer plus tard. Il avait d'autre priorités concernant le garçon actuellement,.
Harry, bien que prostré sur son lit, souriait intérieurement. Il était persuadé que ce qu'il venait de se passer dans son esprit suffirait à dissuader Dumbledore de toute nouvelle intrusion dans son esprit avant un bon moment. Quand il sentit une main se poser sur son épaule, il fit exprès de sursauter, et donna de ses yeux verts un regard effrayé en direction du vieil homme qui le regardait d'un air concerné.
« - Ca va aller Harry, je te promets que je ne le referai pas sans ton consentement… Sans que tu le veuilles, si tu préfères. C'est très étrange, ce qui se passe dans ta tête ! » dit-il, se voulant rassurant, laissant un sourire apparaître sur son visage âgé »
Durant les deux heures qui suivirent, Dumbledore apprit à l'enfant tout ce qu'il y avait à savoir sur lui. Qu'il avait onze ans, qu'il était un sorcier, qu'il avait vaincu Lord Voldemort à l'âge d'un an grâce au sacrifice de sa mère pour lui, et de son père qui avait tenté de retarder le Mage Noir sans toutefois y parvenir, de sa célébrité pour ce fait… Et Harry affichait de plus en plus clairement sa déception sur son visage au fur et à mesure que les informations affluaient dans son cerveau.
Après tout lui avoir raconté, Dumbledore dut partir, lui promettant de revenir le lendemain pour continuer de parler avec lui. De son côté, Harry était relativement satisfait, il avait réussi à berner Dumbledore du début à la fin, parvenant même à extirper de vraies larmes de ses yeux qui étaient pourtant fortement réticents à cette idée. De la même manière, il avait été obligé de laisser son visage exprimer ses sentiments, malgré le fait qu'il se fut entraîné à garder un air froid, inaccessible de tout le monde.
Harry profita de sa première nuit de plus de six heures depuis environ deux ans, et se reposa plus qu'il ne le pensait possible, s'endormant à 21h pour se réveiller à 12h le lendemain. Pour lui, les potions que lui avaient données les Médicomages n'étaient pas si inoffensives que ça. Mais il ne s'en plaignait pas. Il savait qu'en revenant dans le Monde Magique, il aurait à se réhabituer à vivre normalement, du moins aux yeux de tous, afin qu'il ne soit suspecté de rien par qui que ce soit.
Dumbledore revint effectivement le lendemain, et continua de lui expliquer ce qu'était le monde magique, ce qu'était Poudlard, et à quel point il était heureux d'être le directeur de cette école. C'était la première fois qu'il voyait le directeur être tellement passionné lors d'un discours, malgré les quelques occasions qu'il avait eu de le voir dans des situations périlleuses.
Ce fut une certaine routine qui s'installa. Tous les jours, Harry dormait plus que de raison selon lui, et avait du mal à supporter cette inactivité, mais les visites de Dumbledore étaient toujours enrichissantes, il apprenait notamment quelle était la situation financière du monde magique en Angleterre et d'autres choses encore qu'il n'avait pas jugé bon d'apprendre par lui-même, craignant de faire des erreurs d'interprétation. C'est pourquoi il n'hésitait pas à poser des questions au grand sorcier et politicien à ses heures qu'était le directeur de Poudlard, posant uniquement des questions pertinentes, au grand bonheur du vieil homme qui voyait l'intelligence que possédait l'enfant. Lui aussi appréciait ces visites, n'hésitant pas à rester plus longtemps que les heures données par
l'hôpital quand lui-même en avait le temps. Il lui fallait toujours trouver un professeur de Défense avant la rentrée, et s'arranger pour les formalités administratives concernant Harry. Dudley Dursley, suite à l'accident d'Harry et diverses enquêtes de voisinage, avait été placé en maison de redressement après que ses parents eurent été envoyés en prison pour agression sur mineur et complicité, non-assistance à personne en danger. Il fallait donc que la garde de l'enfant aille à quelqu'un de sur, car sa tante n'habitant plus le 4, Privet Drive, les protections étaient devenues complètement inefficaces et inutiles.
Il n'avait à l'heure actuelle qu'une seule famille potentielle en vue, celle des Granger, des gens tout à fait normaux dont la fille, brillante et vive élève, ainsi qu'il avait pu le constater lui-même en allant leur rendre visite, allait elle aussi rentrer en première année. Il ne faisait nul doute que ces gens seraient ravis d'accueillir un nouveau jeune sorcier dans leur famille, surtout si cela pouvait être bénéfique à ce dernier. Dumbledore avait été surpris de leur réponse favorable instantanément, mais avait été soulagé. Bien sûr, il avait pensé à envoyer Harry chez les Weasley, mais le problème était justement la perte de mémoire de l'enfant ainsi que sa célébrité dans le monde des sorciers. Le jeune garçon n'était en aucun cas habitué à tout cela, et il n'était pas convaincu qu'une telle ambiance puisse lui être favorable.
Les Granger quant à eux, tous deux Moldus, tous deux surpris de l'existence du monde Moldu, avaient répondu qu'il serait normal qu'ils l'accueillent. Dumbledore se surprit à penser qu'il lui suffirait de demander à Fudge de s'arranger pour les formalités, étant donné que de toute manière, comme d'habitude, il ferait exactement ce qu'il lui dirait. Il ne fallait pas s'en faire pour ça.
Deux semaines passèrent ainsi, entre les visites quotidiennes de Dumbledore, qu'Harry appréciait non seulement pour leur pertinence à chaque fois, mais également car il se surprit à aimer faire usage de la parole à nouveau. S'il ne souffrait pas de la solitude en étant seul, il n'en trouvait pas moins agréable de revenir à une vie civilisée.
Au milieu du mois d'août, Harry put sortir de l'hôpital, pour finalement aller chez les Granger. Harry n'en pouvait plus d'attendre, pour enfin revoir son amie. Sa meilleure amie, celle qui avait toujours été là pour lui. Il espérait de tout cœur pouvoir renouer avec elle une amitié aussi forte que celle qui les liait auparavant. Etonnamment, s'il était impatient de revoir Hermione, il n'en était pas réellement de même en ce qui concernait Ron. Il ne pouvait pas se l'expliquer, mais il savait qu'il ne pourrait renouer avec le rouquin. Il savait à quel point une telle amitié avait peu de chance de se reproduire, mais il était persuadé que Ron serait encore une fois jaloux… De toutes manières, avec le plan qu'il avait établi pour sa scolarité à Poudlard, il doutait de pouvoir se rapprocher du roux de toute manière. Il savait qu'Hermione aurait l'esprit plus ouvert.
Son arrivée chez les Granger se fit tout naturellement, comme s'il avait toujours vécu avec eux. Les parents d'Hermione étaient chaleureux, amicaux, et par-dessus tout ne s'apitoyaient pas sur Harry. Ils semblaient considérer que le jeune garçon avait assez vécu de drames pour qu'ils ne cessent de lui rappeler par une attitude dégoulinante de sollicitude. Ils étaient néanmoins très à l'écoute de ses désirs, cherchant à savoir ce qui lui ferait plaisir. Une de leurs chambre d'amis avait été aménagée pour lui, et il s' était tout de suite trouvé à l'aise dans cet espace. Ni trop petite, ni trop grande, la chambre était simplement accueillante, ni trop nue ni trop chargée de décorations, elle était parfaite pour lui.
Quand il se retrouva face à une Hermione aussi jeune, qui possédait toujours ses dents de lapin, il ne put s'empêcher de sourire, puis de la saluer chaleureusement. Elle ne ressemblait pas vraiment à l'idée qu'Harry s'était fait d'elle quand elle était chez elle. Elle semblait épanouie, heureuse, et ne tarissait jamais de conversations diverses et variées. Bien entendu, elle n'avait reçu sa lettre de Poudlard que récemment, quand Dumbledore était venu les voir en réalité, mais elle avait déjà bien
entamé tous les livres proposés par le programme. Elle s'était montrée très amicale avec Harry, découvrant en lui une personne très intéressante.
Bien sûr, elle connaissait son histoire, elle savait qui il était mais ça n'avait réellement que peu d'importance. Elle avait appris de ses parents qu'il ne fallait pas juger quelqu'un d'après son histoire. Quand elle avait su qu'il allait venir vivre chez eux, de manière permanente, elle avait été heureuse, car toujours trop studieuse en dehors de chez elle, elle n'avait que peu d'amis. Ses inquiétudes concernant ce garçon qui venait chez elle et qui devait, au vu de son histoire, être extrêmement doué en magie, s'étaient envolées dès qu'il lui avait assuré ne pas savoir que le Monde Magique existait avant que Dumbledore ne le lui dise.
Eux deux passaient donc de longues après-midi à lire divers ouvrages traitant de l'histoire du monde magique et de ses coutumes, afin de ne pas être trop pris au dépourvu une fois qu'ils seraient à proprement parler avec des enfants de sorciers élevés dans cette ambiance.
Ils devinrent rapidement liés, par leur goût des études, qu'Harry avait acquis au cours de ces deux dernières années, mais également au niveau du sport. Harry avait été enchanté quand la jeune fille lui avait proposé d'aller courir un matin. Il s'état empressé d'accepter, afin de maintenir la forme physique qu'il s' était forgé avec le temps.
Tous deux appréciaient la présence de l'autre, discutaient de tout et de rien, avec l'insouciance de jeunes gens qui n'ont pas eu à se confronter aux difficiles réalités de la vie. Harry était heureux. Il n'avait avant ce moment pas réellement eu de chance dans toute sa vie d'être insouciant, et il en profitait plus que jamais.
La rentrée cependant arriva bien vite, et ce fut avec une grande excitation qu'il se rendit en compagnie d'Hermione et de ses parents à la garde de Kings Cross, où ils prendraient le Poudlard Express pour la première fois. Harry aussi bien qu'Hermione avaient un niveau supérieur, au moins au niveau des connaissances, que des élèves de première année. Ils étaient confiants vis-à-vis de leurs résultats, et se jurèrent de rester proches quelles que soient leurs maisons respectives.
Quand ils embarquèrent dans le Poudlard Express, Harry avait l'impression de revivre sa vie. Ron Weasley était en train de se faire frotter le nez par sa mère d'un côté, Draco Malfoy disait dignement au revoir à ses parents, tandis qu'eux deux montaient leurs valises dans le train. Ils s'installèrent dans un compartiment vide, et ressortirent chacun un ouvrage que l'autre avait déjà lu, afin de bénéficier l'un l'autre des interprétations que l'autre en faisait. Pour Harry, ces lectures n'avaient aucun intérêt, dans la mesure où il avait déjà tout relu et appris par cœur plus de deux ans auparavant.
La visite de Draco Malfoy dans leur compartiment ne se fit pas attendre. Il rentra, flanqué de ses habituels gorilles, comme un roi entrerait dans son palais. Son orgueil était visible comme une aura autour de lui, et il n'était pas difficile de voir qu'il n'avait pas changé par rapport au souvenir d'Harry.
« - Bonjour à vous. Je me présente, Draco Malfoy. Mon Père m'a dit qu'Harry Potter rentrait à Poudlard cette année, et étant donné que j'ai visité les autres compartiments, je ne vois que toi qui puisse répondre à ce nom.
- Oui, c'est moi, en effet. Enchanté de faire ta connaissance. Je te présente Hermione Granger, elle aussi rentre à Poudlard cette année.
- Tes parents sont des sangs purs, Granger ? Il ne me semble pas me souvenir d'un tel nom parmi les grandes familles.
- Non, Draco, ils sont Moldus. Je n'ai appris l'existence du Monde Magique il y a peu. Je suis néanmoins ravie de te rencontrer.
- Plaisir non partagé. Potter, si tu veux un bon conseil, tu ne devrais pas fréquenter ce genre de personnes. Dit –il d'un air hautain et supérieur
- Quel genre de personnes ? demanda Harry avec une pointe de naïveté qui déstabilisa le jeune homme
- Hé bien, les fils et filles de Moldus bien sûr !
- Mais pourquoi ? Quel mal y a-t-il à ça ?
- Je… Mais c'est évident, ils ne sont pas comme nous !
- Peux-tu me dire pourquoi ? Je ne vois pas en quoi ils sont différents de nous. Ils ont des yeux, des oreilles, une bouche, un cerveau, et des pouvoirs magiques. Comment crois-tu que les premiers sorciers sont apparus ? Crois-tu qu'au départ tous les hommes étaient des sorciers et que seuls les Cracmols se sont transformés ensuite en Moldus ? Les statistiques auraient une nette tendance à prouver le contraire… Dans le monde, on compte environ 6 milliards d'êtres humains. Seulement 75 millions d'entre eux sont des sorciers. Crois-tu vraiment que les sorciers auraient pu subsister sans la présence des Moldus ? »
Draco resta silencieux, mais Harry pouvait voir qu'il réfléchissait inténsément . Il savait que dans le cerveau du jeune Malfoy s'opposaient deux idées. Celle qu'on lui avait apprise tout au long de sa vie, et celle que le dernier des Potter venait de lui exposer. Il se passa un long moment avant qu'il ne reprenne la parole, pour finalement dire à Crabbe et Goyle de partir. Une lueur de défi brillait dans les yeux argentés du jeune Malfoy, il voulait connaître cet autre garçon qui en une seule phrase avait réussi à le faire douter sur tous les préceptes que son père avait essayé de lui inculquer.
Une discussion s'engagea entre les trois jeunes sorciers, et ils découvrirent que Draco aussi aimait étudier, qu'il était un jeune homme tout à fait agréable quand les apparences ne se devaient pas d'être préservées, et qu'il pouvait même être amical malgré l'impression de froideur qui se dégageait de lui.
Hermione, elle, était définitivement certaine qu'Harry Potter était une personne merveilleuse. Il l'avait défendue, et des gens de son âge, il était le premier à l'avoir fait. Mieux que ça, plutôt que de prendre ouvertement parti, il avait réussi à faire se retourner les arguments de son détracteur contre lui, et finalement le faire rester avec eux. Oh oui, Harry Potter était plein de surprises, et elle était bien déterminée à continuer de les voir se manifester encore longtemps.
Ce fut un voyage agréable qu'ils passèrent ensemble, pour finalement arriver à Poudlard après qu'ils se soient changés. Hagrid les mena tous trois à l'enceinte de Poudlard, où ils prirent les barques qui glissaient doucement sur le lac dans de faibles clapotis. Une fois encore, Harry fut enchanté par la vue que proposait Poudlard depuis le lac la nuit. Comme tous les autres, il descendirent des barques pour finalement être accueillis parune Minerva Mc. Gonagall aussi stricte que dans les souvenirs d'Harry.
Bientôt, ce serait la répartition…
Et voici ce troisième chapitre qui s'achève. Alors oui, je sais, vous avez tous oublié le début de l'histoire. Mais j'ai une bonne raison. Durant toute l'année, j'étais à l'étranger, et l'accès que j'avais aux ordinateurs était relativement limitée et je ne m'en servais pas pour rédiger des fictions. Ceci dit, maintenant, je suis de retour en France, aussi vous pouvez vous attendre à une parution plus régulière des chapitres, ainsi qu'à une longueur qui, j'espère que vous l'aurez remarqué, s'est grandement accrue. Ce chapitre seul fait plus que les deux premiers réunis.
Je tenais sincèrement à remercier tous les reviewers de cette fic, je suis on ne peut plus étonné par le nombre de reviews pour seulement deux chapitres, et j'espère que vous ne me laisserez pas tomber malgré cette longue absence !
