Et voilà pour le troisième texte de cette petite série, en sachant qu'il y en aura quatre. J'espère que celles qui ont aimé les précédents aimeront celui-ci et qu'elles me le feront savoir ! Bonne lecture ! (Et merci beaucoup à mes revieweuses !)
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Ma joie de vivre est de retour, avec le temps et l'affection de celui qui devient au fil des jours mon meilleur ami, j'ai réussi à me sortir de ma mélancolie.
Au fil de la pluie, Sirius s'est ouvert à moi à ma plus grande surprise. Le séducteur de l'école, le garçon populaire par excellence m'a offert sa confiance au point de faire de moi une de ses confidentes, au même titre que les Maraudeurs, et a risqué de me faire don de lourdes armes si j'en venais à vouloir lui nuire. Le plus étonnant dans tout cela c'est que ce rapprochement ne s'est pas fait que dans un sens, que je me suis moi aussi mise à parler, à accepter de passer pour une faible ou une idiote devant quelqu'un. J'ai osé braver ma fierté et ne le regrette pas, ce que je vis avec Sirius est trop beau pour que je puisse souhaiter modifier mes actes.
Lors des premières neiges il m'a invité à le rejoindre les Maraudeurs et lui pour une bataille enfantine. Je ne m'y trompe pas, je sais qu'il m'a fait un véritable honneur en me présentant à ses amis.
Ce soir encore, nous nous émerveillons devant le spectacle que nous apporte le parc. Même lorsque l'on pratique chaque jour la magie, on trouve la vue incroyable. Tout est recouvert d'un manteau blanc d'une pureté étonnante, personne n'ayant eu l'idée saugrenue de sortir alors que la nuit était tombée. Le lac est gelé par endroit et la forêt interdite semble plus accueillante avec ses arbres dont les branches ploient sous le poids de la neige et ce soir, comme si les astres s'étaient mis d'accord pour nous offrir en cadeau un paysage idyllique, les étoiles et la lune brillent de mille feux et éclairent ainsi d'une lumière douce le coin retiré du parc où nous nous tenons Sirius et moi.
Emue par la beauté de la nuit, j'en oublie de parler et emportée par mon instinct je me cale contre Sirius, assis au sol tout comme moi. Ce geste n'a rien d'extraordinaire, d'ailleurs Sirius ne s'en étonne pas et c'est tout naturellement qu'il passe un bras autours de ma taille pour me serrer contre lui.
Je suis en cet instant plus sereine que je ne l'ai jamais été en bientôt dix-sept ans d'existence. L'endroit et la présence de cet ami en qui j'ai toute confiance à mes côtés m'apaise. Je crois être dans un rêve où dans l'un de ses contes de fées, et je suis touchée au point d'en être presque à pleurer. Cette magnifique nuit fait ressortir ma sensibilité que je trouve un peu trop présente ces derniers mois.
Je ferme les yeux et apprécie la sensation du froid qui vient me pincer le visage, puis suite à un involontaire déplacement de la tête je sens le souffle chaud de Sirius dans mon cou. Ce contraste me fait frissonner mais pour rien au monde je ne voudrais rentrer me réchauffer. Je suis tellement bien là, dans ce qui pourrait être une scène de roman fantastique ! La neige qui recommence à tomber vient me geler le bout du nez, vient me geler tout court. Il fait diablement froid ce soir et pourtant une onde de chaleur circule en moi, un soleil intérieur qui s'attarde dans mon ventre.
Une douce caresse sur mes lèvres achève de mon arrivée au pays des Dieux. Je me sens basculer lentement en arrière, protégée du moindre choc par une main prévenante. Puis le souffle chaud vient se poser sur ma gorge ainsi qu'un léger baiser. Le souffle remonte et de nouveau mes lèvres sont caressées et avec elle mon âme tout entière. Je ne veux pas la laisser mourir. Alors je passe une main autours du cou de Sirius et l'attire à moi, je ne le laisserai pas s'envoler si rapidement. J'entrouvre les lèvres et il répond à mon implicite appel. Ce baiser se prolonge en douceur pendant des minutes qui me semblent être une éternité qui s'écoule trop vite, je me sens immortelle, je me sens bien. Tout simplement.
Une fois le contact rompu entre lui et moi et mon estomac complètement noué, je rouvre les yeux. Il est là à côté de moi, magnifique. Je lui souris, il me répond. Blotti l'un contre l'autre nous restons sous la neige un long moment en silence, jusqu'à ce que le froid ait raison de nous et nous décide à rentrer. Il m'aide à me relever et nous nous dirigeons vers la salle commune où, sans même nous concerter, nous irons à deux nous réchauffer devant la cheminée.
-Tu es sublime avec ses flocons dans les cheveux.
Si mes joues n'étaient pas déjà rosées, elles le seraient devenues. D'un regard je lui fais comprendre que ce compliment me touche et nous poursuivons notre chemin.
Avec un ami comme celui-là, cette saison promet d'être merveilleuse.
