Mot de l'auteur : Pour ceux que ça intéresse, le dernier chapitre de Le Silence a donc été posté. Je tiens à remercier Moehrel qui a ajouté cette fic' dans celle à suivre et Yume-cry qui l'a ajoutée à ses favorites :3
Réponse à la review de Sirius x Severus : Habituellement je fais la guerre aux fautes d'orthographe, mais je vais oublier les tiennes puisque la bonté m'habite. Effectivement, ce serait cool de faire de Sirius et Severus la « famille » de Seren ! En tout cas, ton idée me plaît beaucoup et rentre dans les choses que j'aime écrire ! :D Personnellement, je ne supporte pas Dumbledore, c'est juste un vieux cinglé manipulateur pour moi, donc je ne lui fais jamais de cadeau, dans mes fanfictions haha. Merci pour ta review !
Si quelqu'un veut être mon ou ma bêta, je l'accepterai volontiers puisque j'ai la malchance de ne pas voir les fautes que j'ai faites lorsque je me relis.
Chapitre 3
Haine
14 ans plus tard…
- Evite d'égorger Harry, d'accord ? Tu seras gentille.
- Je suis venue spécialement pour lui et je n'ai pas le droit d'en avoir un petit bout ?
- Mon Dieu, Seren, tu es horrible !
Ladite Seren offrit à son interlocutrice un sourire rayonnant qu'elle souhaitait innocent, mais Minerva lui répondit par un rictus amusé, signe que la splendide femme de vingt-six ans ne l'aurait pas.
Quelques secondes plus tard, l'arme la plus précieuse de Dumbledore s'asseyait à l'ancienne place d'Ombrage en grimaçant. Elle appréciait d'obtenir le poste de professeur en Défense Contre les Forces du Mal, mais pas le fait de succéder à ce crapaud dépourvu de la moindre matière grise.
Elle tourna la tête vers les tables des quatre maisons qui se remplissaient au fur et à mesure que les élèves arrivaient. Scrutant la table des Gryffondors, ses yeux se posèrent sur une touche de cheveux noirs en bataille. Elle attendit qu'il se soit retourné pour apercevoir deux émeraudes l'observer avec curiosité. Agacée, elle le fusilla du regard et tenta de se concentrer sur la conversation qu'entretenaient Filius et Minerva. Mais, impatiente d'en savoir plus sur le célèbre Potter et de connaître ses faiblesses, elle ne put s'empêcher de lancer son esprit à l'assaut du sien. De faibles défenses s'opposèrent à son attaque. Un rictus arqua les lèvres de la jeune femme qui pénétra dans la vie la plus intime de du sauveur du monde sorcier. Les noms de Ron et Hermione lui sautèrent au visage. Il avait des amis qu'il aimait et qui l'aimaient. Elle martela l'inconscient du garçon avec une certaine folie furieuse.
Potter secoua la tête. Un mal de crâne pointait le bout de son nez. D'où cela pouvait-il bien venir ? Le bruit de la Grande Salle lors de la rentrée ne lui avait jamais posé de problème.
La tête de Minerva apparut devant Seren. Penchée pour pouvoir bloquer la vue de la jeune femme, la professeur de Métamorphose fronçait les sourcils.
- Tu n'écoutes pas ce que nous disons. Qu'es-tu en train de faire, Seren ?
- Bien sûr que si j'écoute ! Mais l'étalage de votre programme de cette année ne me semble pas particulièrement intéressant, ni les mentions de vos élèves aux Buses. Je me fiche de tout ça, personnellement.
- Ne te moque pas de moi. Je te connais mieux que personne et je sais ce que tu fais. J'espère pour toi que c'est passionnant !
La rage de Minerva fit prendre comprendre à la nouvelle professeur de Défense Contre les Forces du Mal qu'elle n'était pas censée s'introduire dans les pensées des élèves et que c'était quelque chose qui, selon la morale courante, était « mal ».
Avec un soupir, elle se retira donc de l'esprit de Potter et porta son regard sur le plafond de la Grande Salle. Il pleuvait visiblement à l'extérieur. Cette nuit-là serait sans étoiles et nuageuse. Même la lune était absente.
Albus termina son discours et s'assit sur le fauteuil qu'il avait intégré à son siège depuis le début de l'année. Seren ricana, moqueuse. Le directeur se faisait vieux et, si personne ne semblait en avoir conscience, les rhumatismes s'installaient lentement dans son corps âgé. Personne ne résistait à l'épreuve du temps.
La nourriture apparut dans les assiettes. Avec un air dégoûté, la jeune femme fixa le poulet qui lui faisait face. Elle jeta un œil à Minerva. Celle-ci lui offrit un sourire désolé. La professeur de Métamorphose savait que Seren ne mangeait que la viande dont elle avait chassé l'animal auparavant. Elle avait pourtant été élevée depuis sa naissance dans une société qui ne connaissait pas ce genre de pratiques reconnues comme « primitives » par les gens. Mais Seren se souciait peu des gens et de leurs pensées à son propos.
Elle repoussa le poulet et fusilla du regard les pommes de terre sautées entassées dans l'assiette de Filius. Décidée à faire honneur à la nourriture préparée par les elfes de maison, elle s'empara tout de même des couverts à salade et se servit de la mâche en grand nombre. Minerva s'amusait régulièrement à la comparer à une tortue. En effet, durant toute la période de son enfermement chez Severus, elle n'avait jamais mangé de la viande et s'était toujours rabattue sur les légumes verts.
Une pensée la frappa soudain, alors que son regard s'était à nouveau aventuré sur les cheveux de Potter. Cette année encore, son professeur de Défense Contre les Forces du Mal ne l'apprécierait pas et ferait de sa vie un enfer. La pitié la prit soudainement. Qui aimait Potter, en vérité ? Albus se servait de lui tout comme il s'était servi d'elle. Les Weasley ? Black ? Les Gryffondors ? Elle observa le fond de son verre à travers l'eau qu'il contenait. Il avait tout de même eu plus de chance qu'elle. Lui, il était soutenu par les sorciers. Elle, elle était honnie. Haïe. Méprisée. Transparente et inexistante. Mythique. Haha, mythique ! S'ils savaient…
Elle songea à sa mère. Celle-ci était morte juste après la naissance de sa fille. Le nom du père de Seren n'avait jamais été trouvé et ne le serait sans doute jamais. Depuis des milliers d'années, la famille Crewneth se faisait discrète. Les hommes ne se mariaient jamais et le sang de la lignée se transmettait par les femmes. En effet, il suffisait qu'elles couchent avec un homme et ne le revoient jamais par la suite. Ainsi, elles tombaient enceintes d'un inconnu qui ne viendrait jamais rien réclamer. L'enfant, élevé uniquement par sa mère, ses tantes et ses oncles, ne pouvait pas être influencé par des pratiques extérieures à la famille.
Albus avait tenté d'entrer en contact avec des proches de la mère de Seren, il les avait cherchés longtemps. Un jour, il avait admis son échec et tenté de faire de la fillette une sorcière comme les autres. Avant de s'apercevoir du pouvoir qu'elle possédait. Le jour où elle avait tué par peur un chien qui s'était jeté sur elle, Albus avait compris qui elle était, quel secret cachait les Crewneth. Et il avait compris que Seren était l'ultime héritière du sang de cette famille, que les autres n'existaient pas, que cette famille s'était finalement éteinte après des milliers d'années de tentative de survie.
Seren observa tristement ses mains. Elle n'était même pas certaine de suivre les pratiques familiales correctes. Albus n'avait pu lui transmettre que les restes d'un livre écrit sur du papyrus deux mille ans plus tôt. Isolée toute son enfance afin d'assimiler sans l'influence d'autres enfants de son âge lesdites pratiques, une partie de son pouvoir était bloquée, elle le savait et le sentait. Jamais le vieillard ne s'en était rendu compte, pourtant.
Ses pensées l'avaient tellement absorbée, qu'elle ne s'aperçut pas que les élèves commençaient à sortir de la Grande Salle. Minerva lui tapota l'épaule afin qu'elle revienne à la réalité. Elle sortit mécaniquement de la pièce, suivant sa meilleure amie jusqu'aux appartements de Severus d'un air absent.
Malgré la confiance qu'Albus lui montrait en lui confiant des élèves pour leur apprendre de nouvelles formes de la magie et leur apprendre à être plus tolérant, il lui avait donné l'obligation de continuer à vivre avec son tuteur, Severus.
Elle ouvrit la porte lentement. Son homologue n'était pas encore arrivé. Elle se dirigea rapidement vers sa propre chambre et s'effondra sur le lit avant de s'endormir d'un coup.
