Auteur : Leviathoune

Bêtalecteur : Sinelune qui aime finalement un p'tit peu cette fic et qui est baby-sitter, là maintenant, oh pitain !

Pairing : HPDM

Rating : M

Résumé : Vous en avez marre que dans mes autres fics ce soit toujours Draco qui souffre, toujours Draco qui soit le tordu, toujours Draco qui se fasse mettre ? Et bien, là, ça sera l'exact contraire ! Yeah !

NDA1 : Cette fanfiction est dédicacée à Freaky Fair, puisque c'est elle qui m'a tant motivé pour l'écrire et qui m'a beaucoup conseillée sur certains passages. Je suis très heureuse de t'avoir rencontrée.

NDA2 : Attention ne vous fiez pas au titre et aux situations qui pourraient vous sembler niaises ou clichés. Cette fic n'est pas non plus une DeathFic, mais… vous pourriez bien être surpris - enfin, j'espère…

CECI EST LE DERNIER CHAPITRE.

Bonne lecture !

COMME UN VAGUE PARFUM D'AMOUR

CHAPITRE III, Sous le voile de la vérité

Draco s'était vu passer des menottes à Sainte Mangouste.

Les Aurors avaient fait cela presque timidement, en s'excusant. Car après tout, c'était lui qui avait ramené leur Sauveur inconscient dans un lieu où il était certain d'être finalement capturé. Une telle attitude ne pouvait être cautionnée par une âme franchement mauvaise –même s'il leur avait montré sa marque qui s'effaçait lentement, prouvant ainsi la disparition du Lord Noir.

Les Aurors lui avaient alors dit que c'était juste la procédure et que les autres Mangemorts étaient aussi au poste afin de subir un interrogatoire de routine.

Ils avaient si cruellement envie de comprendre et les seuls qui pouvaient les éclairer un tant soit peu étaient une poignée de Mangemorts qui se disaient avoir été des agents doubles pour leur compte.

« Même Severus Rogue ? » avait demandé Draco, interloqué, donnant sa baguette et tendant les poignets. Il ne voyait pas du tout son ancien directeur de maison se rendre bien gentiment –mais peut-être était-il las et épuisé, tout comme lui.

L'homme qui lui passait les menottes ensorcelées avait acquiescé et ils avaient transplané vers le QG des Aurors.

Draco avait d'abord eu droit à une visite médicale, puis à un repas copieux, une potion de sommeil sans rêve et enfin une nuit infinitésimale de repos brut.

Cela faisait des siècles, lui semblait-il, qu'il n'avait dormi ainsi.

Le lendemain, on l'avait longuement interrogé.

« Depuis combien de temps avait vous reçu la Marque ? »

« Presque trois ans. »

« Vous étiez consentant ? »

« Non. »

« Qu'est-ce qui vous y a poussé ? »

« Le Seigneur des Ténèbres menaçait de tuer mes parents. »

« Est-ce que c'est lui qui les a tués, finalement ? »

« Je ne sais pas… Je ne sais pas comment ils sont morts, exactement. »

L'Auror se racla la gorge. Apparemment, il n'en savait pas plus.

« Il y a de fortes chances pour que ce soit Lui qui en soit le responsable. » finit-il par conclure et l'interrogé acquiesça par l'affirmative. « Pourquoi être resté en son pouvoir, dans ce cas ? »

Draco le regarda dans les yeux.

« Parce que je ne voulais pas mourir. »

« Nous contacter et devenir espion ne vous a pas effleuré l'esprit ? »

« Oui, j'y ai pensé de nombreuse fois. Mais je n'attendais rien de spécial venant de vous et puis je n'en ai jamais eu l'occasion. De plus, on ne me confiait pas de mission d'un très large champ d'action ; je restais surtout dans la forteresse quand je n'étais pas un pion. Je n'aurais pas pu vous aider ; j'en savais trop peu. »

« Hum… » concéda l'Auror. « Vous avez donc agi tel un véritable Mangemort pendant près de trois ans ? »

« Oui. »

« Alors pourquoi faites-vous partie des survivants ? Les autres Mangemorts, les espions, disent que Potter n'aurait épargné personne d'autres qu'eux et les prisonniers de la forteresse. Alors pourquoi est-ce vous qui l'avez emmené à Sainte Mangouste ? »

« Parce que… » commença Draco, hésitant. « Toutes les nuits ou presque, depuis qu'Harry Potter a été capturé, je suis allé l'exhorter dans sa cellule pour qu'il accepte de s'évader. Je connaissais la forteresse, ses rouages, j'aurais pu l'aider et enfin être utile. Mais jamais il n'a voulu de mon aide. Il semblait préférer se faire torturer et passer pour un faible. Je le soignais… Il a sûrement dû en être reconnaissant. » acheva le blond sans trop de conviction.

« Vous avait-il parlé de son plan ? »

Draco réfléchit un moment.

« Oui… Mais je croyais qu'il divaguait, que les doloris l'avaient rendu fous. »

« Si vous ne croyiez pas en lui, pourquoi l'aidiez-vous ? »

« Je peux avoir un verre d'eau ? » demanda le jeune Malfoy, maussade.

Il but en réfléchissant à sa réponse et reposa finalement son verre.

« Parce que… » commença-t-il, résolument. « C'était tout ce qu'il me restait de m'occuper de lui et que je m'étais plutôt attaché à ce parfait abruti. Je me reconnaissais un peu en lui, dans sa captivité, et je voulais l'aider. Et surtout, je ne voulais pas qu'il meure, voilà pourquoi… »

Draco se demanda si le véritaserum lui aurait arraché une réponse plus franche que celle-ci. En tout cas, l'Auror fut parfaitement convaincu. Il feuilleta son calepin pour voir s'il avait éclairci toutes les parts d'ombres de cette histoire.

« Vous disiez qu'Harry Potter se faisait torturer ? Vous participiez à ses séances de tortures ? »

« Merlin, non. » s'exclama Draco en frissonnant. « Je n'y serais jamais arrivé. »

« Mais vous saviez ce qu'il subissait ? »

« Je voyais ses blessures et je les guérissais. » répondit le blond. « Mais il y a des actes qui ne laissent pas de marques physiques... »

L'Auror resta pensif.

« Les autres Mangemorts, ou plutôt les espions, nous ont décrit comment Potter a tué Celui-dont… heu… Vold… Voldemort. Pouvez-vous confirmer ? »

Draco acquiesça en souriant faiblement. Il comprenait très bien que l'Auror ait du mal à les croire.

« Il a contrôlé les Avada Kedavra qui lui étaient destinés, il en a fait une sphère dans sa main et l'a enfoncé dans sa poitrine. On dit que les Avada Kedavra ne laissent pas de marques et qu'ils tuent immédiatement leurs victimes sans même les faire souffrir. Mais celui de Potter lui a carrément fait sauter la cage thoracique et il n'est pas du tout mort sur le coup. Il a crié... »

« Il a contrôlé plusieurs Avada Kedavra et sans même utiliser de baguette… » répéta l'Auror, hébété. « C'est impossible. »

« Oui… » reprit Draco en désignant son verre pour que l'homme le remplisse. « Mais ça, il faudra le lui demander pour mieux comprendre. »

« Vous n'êtes pas parti en même temps que les autres. Est-ce que vous avez vu comment Harry Potter a tué tous les hommes de… Voldemort ? »

Un frisson de dégout parcourut Draco lorsqu'il se rappela la scène où Harry avait exécuté son premier Mangemort, juste devant lui : « Je ne suis pas resté longtemps. Il m'a bien fait comprendre qu'il ne voulait pas que je voie cette boucherie –ça a forcement dû être terrible. Vous avez entendu parler de son état ? Je l'ai trouvé couvert de sang de la tête aux pieds. La forteresse s'est écroulée en flammes et personne n'en est ressorti, à part lui... » Draco se tut, observant l'Auror qui tentait d'imaginer la scène. Il reprit : « Comment va-t-il ? »

L'homme inscrivit une note dans son carnet et répondit calmement : « Il dort. Il n'était pas évanoui, comme vous le pensiez, mais simplement endormi. J'ai entendu dire qu'il s'est réveillé, qu'il a mangé et s'est rendormi aussitôt. Il ne sait même pas que certains de ses amis sont encore vivants. »

« Oh… » s'exclama doucement Draco, imaginant les retrouvailles. « Et que va-t-il advenir de moi ? » finit-il par demander.

L'Auror se gratta la tête, contrarié.

« Je ne sais pas trop. Nous attendons la version d'Harry Potter. Il donnera une conférence dans quelques jours. Selon ce qu'il dit de vous et des autres, vous pourriez bien être immédiatement libéré sans même avoir à subir de procès. Je ne peux rien vous dire de plus précis, il vous faudra patienter. En attendant, vous resterez ici. »

Draco acquiesça. De toute façon, lui aussi était fatigué et ne demandait qu'à dormir et manger.

En attendant, la prison du quartier général des Aurors lui convenait tout à fait.

OoOoO

Quelques jours plus tard, Draco était pendu à bouts de bras aux barreaux de la petite fenêtre de sa cellule.

Il regardait à l'extérieur la vaste foule qui s'était réunie sur l'esplanade centrale de la caserne des Aurors.

Il y avait une estrade sur laquelle le Ministre de la magie discourait, annonçant la venue prochaine d'Harry Potter. La foule était en délire à cette idée.

Draco maugréa.

Sur la petite table de sa geôle était posé deux, ou trois gazettes aux gros titres victorieux.

Les seules choses un peu véridiques dites dans ces articles venaient de ce qui avait été révélé lors des interrogatoires. Il était même cité de nombreuses fois dans les textes et pas mal de journalistes étaient venus l'interroger, lui et les autres.

Enfin, Harry arriva, habillé façon Moldu, les cheveux coupés plus court qu'avant.

Il semblait tellement… normal, avec son sourire lumineux.

Draco repéra Weasley et Granger dans la foule, près de l'estrade. Il se demandait si ça avait été des retrouvailles fusionnelles qui avaient rendu un sourire si innocent au Survivant.

Il en doutait…

Harry utilisa une baguette pour faire porter sa voix par-dessus la foule et Draco trouva cela très surprenant. Il était absolument certain que le brun n'aurait plus jamais besoin de ce vulgaire bout de bois après les démonstrations de force qu'il avait fait.

Il comprit alors…

Tout ceci était faux.

Il les manipulait tous, comme il l'avait manipulé.

« Harry Potter ! » rugit un journaliste en faisant des étincelles rouge et or avec sa baguette pour attirer son attention. « Comment avez-vous réussit l'infaisable ? Racontez-nous ! »

« Et bien… » fit Harry, rayonnant tel un soleil. « Je n'ai pas agi seul dans toute cette guerre. Mais, selon la prophétie, je devais me retrouver, de toute façon, face à face avec Voldemort dans un duel final. Je pense que vous êtes au courant pour les Horcruxes, à présent. Ils avaient tous été détruit grâce à l'Ordre du Phoenix. Il ne restait plus que Voldemort mais jamais nous ne nous sommes trouvés. Je pense qu'il me fuyait, qu'il avait peur de ce duel tant annoncé par la prophétie. Alors je me suis laissé capturé et j'ai fait en sorte qu'il me croie faible, anéanti. Et ça a fonctionné, comme vous pouvez le voir. »

La foule s'enfla et hurla son amour au Survivant qui rigola doucement, rougissant un peu. Draco eut envie de vomir.

« Harry Potter, d'où vous est venue la fabuleuse puissance que nous ont décrit les quelques Mangemorts que vous avez épargnés ? Comment expliquez-vous le fait que vous ayez réussi l'exploit de maitriser des Impardonnables et sans baguette ? »

« Je vais vous décevoir mais je n'en sais rien. » fit le Survivant en éclatant de rire. « Je suppose que c'est comme lorsque j'étais bébé, un coup de pouce du destin qui n'a aucune véritable explication ! »

La foule éructa de joie tandis qu'Harry faisait un petit signe de main intimidé accompagné d'un grand sourire face aux photographes. Draco se frappa le front avec le plat de sa main.

« Non mais… j'hallucine ! » grogna-t-il.

« Harry Potter ! » s'exclama un autre journaliste. « La polémique fait rage quand à ce qu'il va advenir des Mangemorts rescapés, surtout à propos de Draco Malfoy qui n'est pas reconnu comme un espion officiel, ou bien pour Severus Rogue qui a tout de même tué Albus Dumbledore. Que pensez-vous de la situation ? »

Draco se redressa et observa le visage d'Harry.

Il fut presque soulagé de le voir se rembrunir. Toutefois, son sourire revint et, cette fois-ci, ce fut un sourire contrit et malheureux qui éclaira son visage.

Bon sang, pensa Draco. Ce type est effrayant…

« Vous ne me faites toujours pas confiance ? » demanda-t-il timidement.

La foule hurla que oui, qu'ils l'aimaient tous.

Harry éclata de rire et ajouta.

« Severus Rogue dit que Dumbledore lui avait demandé de le tuer le moment venu pour assurer sa position auprès de Voldemort et ainsi mieux nous aider en tant qu'agent double de haut rang. C'est dur à accepter, surtout pour moi. J'aimais Albus Dumbledore comme une personne faisant partie de ma famille et je déteste mon professeur de potion tellement caractériel. C'était un véritable tortionnaire, vous savez ? »

Apparemment, la foule savait puisqu'elle éclata de rire.

« Mais ! » reprit Harry, fermement. « Severus Rogue et les autres espions nous ont beaucoup aidé pour découvrir l'emplacements des divers Horcruxes et le moyen de les détruire. Grâce à eux, nous avons pu, avec le ministère, déjouer de nombreuses attaques de Mangemorts et ainsi protéger la population. On doit leur être infiniment reconnaissant et leur pardonner les horreurs qu'ils ont été forcés de commettre pour la paix. »

« Parle pour toi… » gronda Draco.

« Et pour Draco Malfoy ? » cria une journaliste en agitant un calepin par-dessus la foule.

« Pour Draco… » fit Harry avec un sourire doux qui dégouta le principal intéressé.

Le blond était bien placé pour savoir que le Survivant ne l'avait quasi jamais appelé si facilement Draco et, là, il faisait comme s'ils étaient des amis proches.

Son attitude le débectait !

« Je vous demande personnellement de lui rendre la liberté. » poursuivit le Survivant. « Certes, il n'était pas un espion mais, chaque nuit, il est venu me soigner et m'obliger à me nourrir. Il m'a même permis de me laver de temps à autre. » Harry ria en fermant les yeux comme s'il se rappelait un joyeux souvenir. « Sans lui, je serais sans aucun doute mort depuis longtemps. Et puis… je l'aime bien. »

« Ho non… » gémit Draco en se frappant le front contre la dure pierre froide de sa cellule. « C'est vraiment, vraiment n'importe quoi… »

Il restait prostré ainsi en écoutant la foule et les autres conneries que débitait nonchalamment leur héro national, racontant comment il envisageait son avenir, à présent.

« J'aimerais bien me remettre au Quidditch. » fit-il, éblouissant de bonheur. « Ou bien reprendre mes études et devenir Auror. Je suis peut-être fait pour ça. » plaisanta-t-il en tentant de remettre en place ses cheveux.

Draco ne pouvait voir son geste mais il l'imaginait parfaitement.

Le blond ne cessait de se demander s'il était le seul à voir clair dans le jeu du brun.

Il voulu se redresser pour scruter le visage de Weasley et Granger mais un bruit de serrure résonna derrière lui, le faisant sursauter et se retourner prestement.

Un Auror se présenta devant lui avec un grand sourire et lui attrapa le bras pour aussitôt transplaner.

Une seconde plus tard, Draco se tourna vers une foule hurlante, bien plus impressionnante vu de près que de sa cellule.

Il recula, apeuré, lorsqu'il vit Harry se diriger vers lui avec son grand sourire tellement lumineux, et tellement faux.

Le brun le serra dans ses bras en lui donnant de grandes claques dans le dos.

« Alors, Malfoy ? Tu n'aimes plus parader sur le devant de la scène ? » lui murmura-t-il au creux de l'oreille. Draco se dégagea, brusquement. « T'as bien changé. » reprit le héro avec douceur, souriant toujours comme s'il retrouvait un ami très cher.

Draco détourna son visage vers la foule et regarda Weasley et Granger.

Apparemment, ils étaient surpris mais pas soupçonneux comme il l'avait espéré. Il fit de nouveau face à Harry et le toisa durement en serrant les lèvres.

Autour de lui, d'autres Aurors transplanaient avec les espions et quelques prisonniers rescapés. Draco fut rassuré de voir sur leurs visages une expression décomposée. Tout comme lui, ils se rappelaient très bien du vrai Potter, celui de la Grande Salle, celui qui faisait froid dans le dos –les anciens captifs semblaient encore plus désemparés que lui mais Draco pouvait tout à fait les comprendre. Cela devait être une chose presque logique de se retrouver confronté à un chevalier de l'apocalypse venant pourfendre et punir lorsqu'on était dans le clan des mauvais. Mais lorsqu'on attendait d'être sauvé, persuadé de ses bonnes actions, et que l'on se retrouvait face à face avec un sauveur englué de sang de la tête aux pieds et qu'il était censé vous rendre à la vie, il y avait de quoi se poser des questions…

Pourtant, personne ne parla de ça, c'était trop horrible, et les sourires de Potter étaient beaucoup trop éblouissants pour que les rescapés ne pensent à un mirage.

La foule les acclamait tous et des baguettes leurs furent distribuées - à défaut de l'ordre de merlin, songea ironiquement Draco.

Le Ministre de la Magie revint clore le discours et Harry se retira, le visage dur.

« C'était votre quart d'heure de gloire. » murmura-t-il aux espions. « Ne vous attendez pas à être acclamé ainsi tous les jours. » Quand il passa à côté de Rogue, il lui demanda, sardoniquement : « Vous pensez redevenir prof ? »

Cela le fit sourire d'une façon tout à fait sadique. Le Maitre de Potion transplana sans lâcher une seule de ses répliques acerbes.

Draco s'apprêtait à faire la même chose mais quelque chose le retint.

Non… résonna la voix d'Harry en son esprit. Descends de l'estrade et attends-moi. Je veux te parler.

Il s'exécuta, ne sachant trop pourquoi il le faisait. Lui aussi avait à dire au Survivant, voilà tout…

Il avisa un Auror qui fumait et lui demanda une clope, histoire de faire quelque chose en attendant.

Draco testa sommairement sa baguette pour allumer le bout de sa cigarette et se dit qu'il se languissait de s'en acheter une qui lui irait mieux que ça. Celle-ci devait avoir une plume de phœnix dans sa gangue de bois clair et ça ne lui allait vraiment pas du tout comme magie –par contre, celle en bois foncé avec un ventricule de dragon lui convenait à merveille. Mais avait-il seulement encore les moyens de s'acheter une nouvelle baguette ?

Draco expira de la fumée en se posant des questions d'ordre pratique : Que possédait-il encore ? Qu'allait-il devenir si la réponse était plus rien ?

Harry salua la foule bruyante, descendit de l'estrade par le devant et serra dans ses bras ses deux meilleurs amis en leur murmurant à l'oreille qu'il en avait marre et qu'il voulait retrouver son appartement et dormir encore un peu.

« On se retrouve ce soir, au terrier ? » demanda-t-il gentiment.

Ron acquiesça tristement et Harry lui prit l'épaule fermement dans sa main.

« Pense aux vivants, Ron. Pense à tous ceux qu'il te reste. »

Le rouquin serra la main d'Hermione et Harry les resserra dans ses bras –il se réfrénait pour ne pas être plus démonstratif, pour ne pas les alarmer.

« A plus tard. » leur fit-il en souriant, avant de se diriger vers Draco d'un pas de conquérant.

OoOoO

Il l'avait attrapé par le bras pour l'entrainer dans un transplanage commun et ils s'étaient retrouvés dans un appartement Moldu, un appartement quasiment vide.

Dans le salon trônait une table et une seule chaise. Pas de tapis, pas de canapé, pas de buffet encombré de bibelots, pas de tableaux ni de couleurs sur les murs.

Tout était nu, sans âme et pas un seul grain de poussière n'avait envahi le lieu.

Ce n'était pas du tout le genre d'intérieur que l'on s'attendait à voir d'une personne ayant habité pendant six années dans un dortoir à Griffondor.

Draco resta perplexe en tirant férocement sur sa cigarette tandis qu'Harry se dirigeait vers la cuisine.

Le blond se disait que pas même un elfe de maison n'arriverait pas à maintenir un intérieur dans un état si… parfaitement aseptisé.

Ledit Griffondor revint en tenant une bouteille de champagne à la main.

« Qu'est-ce qu'on fête ? » demanda l'ancien Mangemort, acerbe. « La plus grande démonstration de manipulation de masses de tous les temps ? »

Le bouchon sauta tout seul, faisant sursauter Draco et deux coupes gracieuses apparurent comme par enchantement sur la table.

C'était bien ce qu'il pensait, Harry n'avait vraiment plus besoin de baguette, cette nuit-là n'avait pas été une exception dont le destin était friand.

« Les masses sont-elles réellement manipulées lorsqu'on leur dit exactement ce qu'elles veulent entendre ? » demanda innocemment Harry en servant le champagne. « Je n'ai dit, ni plus ni moins, que ce qu'ils désiraient tous. Même vous pardonner, c'était ce qu'ils voulaient. Les méchants sont tous morts… Personne n'est resté impuni… » reprit-il en souriant doucement.

« Ha, pitié ! » s'énerva le blond avant de reprendre : « Et tes amis ? Eux aussi font partie de la masse ? »

« Et qu'est-ce que ça peut te foutre, à toi ? » demanda le Survivant en buvant lentement, plissant ses yeux verts, appréciant le liquide pétillant qui coulait dans sa gorge. « Tu penses qu'il me préfèreraient effondré, traumatisé à vie, irrécupérable ? Si ce rôle te convient, libre à toi de l'endosser, Malfoy. »

Draco ne releva pas et poursuivit sur sa lancée : « C'est peut-être naïf de ma part de dire ça, mais ils pourraient t'aider ! Est-ce que ça ne te dérange pas de leur cacher le monstre que tu es devenu sciemment ! »

« Sciemment ? » reprit Harry en souriant. « Tu y vas fort, là. Si tu crois encore que j'avais le choix, tu es bien naïf, effectivement. »

Le blond serra les poings à s'en faire crisser les phalanges.

Il secoua la tête négativement et éructa : « Sciemment, parfaitement ! Je me suis humilié chaque nuit devant ton corps en loques alors que tu aurais pu à tout moment te guérir en un claquement de doigt ! Je me suis inquiété comme ce n'est pas permis et toi ! » L'ancien Serpentard se rapprocha en le pointant du doigt et en l'enfonçant durement dans sa poitrine. Harry sourit de plus belle en daignant se reculer légèrement, pas du tout effrayé. « Tu as joué à la petite chose fragile tenant à peine debout, au mourant, au condamné ! J'ai essayé de toutes mes forces de t'aider et, toi (Draco enfonça encore son doigt dans la poitrine d'Harry), tu m'as fait croire qu'il y avait une protection posé sur ta cellule alors que c'était toi (Idem, Harry recula encore, souriant de plus belle), et ta putain de magie abominable, qui m'empêchait d'agir. Tu m'as demandé de te… »

Draco ne put terminer sa phrase, trop furieux pour continuer, et Harry éclata de rire.

« Eh oui, c'est ce qu'on appelle se faire prendre pour un con en beauté, Amour. Ça doit te changer de tes habitudes, non ? »

« Mais qu'est-ce que tu en sais ! » hurla le blond, en rage.

« Oh rien, mon expérience personnelle avec un petit chieur de Serpentard, à l'école. » fit Harry en buvant nonchalamment.

Draco se détourna, étouffant sous son immense colère. Il se campa devant la fenêtre pour se calmer et retrouver son calme.

Il commençait à connaitre ce sale con de Potter et si celui-ci le poussait à bout ainsi, c'était forcément parce qu'il avait une idée derrière la tête. Il ne fallait pas qu'il tombe dans son jeu malsain, non…

Draco attaqua, à son tour.

« 'Il parait que ma force me vient de l'amour…' » imita-t-il avec une voix niaiseuse, parodiant Harry. « Mon cul, oui ! Tu t'es fait capturer pour te repaitre de douleur et de haine et tu t'es vengé comme la dernière des raclures, Potter. Ta force est la chose la plus hideuse que j'ai vue sur cette terre. Et tu ne vaux pas mieux que Lui. »

Il se retourna vers le jeune homme pour constater si son visage affichait une quelconque expression, mais le brun se contentait de boire calmement le verre de champagne qu'il s'était resservi.

« Et encore, t'as pas tout vu. » dit-il en souriant, le même genre de sourire qu'il faisait à la foule, le genre rayonnant comme un soleil, le genre qui donnait à Draco l'envie de vomir.

Il y eut un long, long temps de silence où l'ancien Serpentard se refusait à imaginer pire que ce qu'il avait déjà vu.

Enfin… Il reprit : « Pourquoi… Pourquoi tu m'as pris pour un con, comme ça ? Alors que j'étais sincère avec toi ! Pourquoi tu ne m'as pas tué avec les autres ? Pourquoi tu as demandé ma libération si tu n'en as strictement rien à foutre de moi ? Et pourquoi tu voulais me parler, finalement ? Et pourquoi ici ? Cet appartement est littéralement à chier ! »

Harry pouffa doucement.

« Il me ressemble… » expliqua-t-il. « Quant au reste, je dirais juste que c'est pour avoir le plaisir de jouer avec toi, encore un peu… De baiser, un bon coup, peut-être. Je te trouve bandant, Draco. Surtout quand tu t'énerves. Bien plus que lorsque tu es tout… gentil. Ça ne te ressemble décidément pas. » acheva Harry en plissant le nez de mépris.

Le Mangemort sentit une bouffée de haine l'envahir, il se rapprocha de lui, envoyant bouler à terre d'un revers rageur du poing son verre de champagne qui l'attendait sur la table depuis le début de l'entretien. Il attrapa Harry au col pour le malmener.

« Ne m'appelles plus jamais par mon prénom si c'est pour sortir de telles saloperies ! Qui es-tu, toi ? Tu baises avec les gens juste pour te foutre de leur gueule, Potter ? Tu n'as donc pas de fierté ? »

« Toi, tu ne baises pas, Draco. » susurra Harry en plissant les yeux empreints d'un plaisir malsain. « Visiblement, tu fais l'amour. C'était tellement tendre, c'était encore mieux. Surtout si tu es fier… »

Il lui rit au nez comme un aliéné et Draco lui décocha un violent coup de poing dans la mâchoire pour le faire taire, le retenant par le col de son bras gauche. Il réaffirma sa prise et feula à quelques centimètres à peine de son visage :

« Et après ? Après qu'on l'ait fait, hein ? Après ça ? Qu'est ce que tu m'as fait ? Pourquoi je ne me souvenais de rien ? »

Harry sourit et du sang s'écoula de sa lèvre fendue.

« Moi je m'en rappelle très bien. Encore un peu et tu serais resté à me tenir dans tes bras toute la nuit jusqu'à ce que tes petits camarades viennent me chercher. Alors, je t'ai repoussé, comme la fiotte amoureuse que tu es, et je t'ai ensorcelé pour que tu te casses bien gentiment, sans plus protester. »

« JE NE T'AIME PAS ! » hurla Draco en le frappant à nouveau –de toutes ses forces, cette fois-ci.

Harry tomba à terre, mais il ne put se relever. Draco était sur lui et le rouait de coupssans discontinuer, mettant son visage en sang.

A bout de nerfs et en rage, il se saisit de son cou et serra comme un damné à s'en faire craquer toutes les phalanges.

« Je ne t'aime pas… » répéta-t-il, haletant doucement tandis qu'Harry se débâtait à peine.

Le brun porta les mains à ses poignets pour le faire lâcher prise, ou pour le tenir fort contre sa gorge et Draco, aveuglé par la rage, serrait, encore et encore, le regardant s'étouffer et mourir, les yeux verts, se voilant de plus en plus, toujours dardés sur lui.

Soudain… Le blond relâcha sa prise et se releva précipitamment comme s'il venait de se rendre compte de ce qu'il faisait.

Son souffle était plus qu'erratique, bien plus que s'il avait couru à toute vitesse ou fait l'amour.

Harry se redressa sur les coudes, massant son cou machinalement.

Il le fusilla du regard, le visage couvert d'estafilades et de bleus, mais s'en moquant éperdument.

« C'est bien ce que je me disais : t'as vraiment pas de couilles, Malfoy ! » jura-t-il, méprisant.

« Ça ne te servira plus à rien de m'insulter. » murmura Draco, essoufflé mais calme. « J'ai enfin compris ce que tu voulais. Et ça, tu ne l'obtiendras pas de moi. Jamais… »

Sur ce, il passa à côté d'Harry sans un regard en arrière et quitta l'appartement par la porte –il n'avait pas suffisamment confiance en sa baguette pour transplaner.

« C'est ça ! Casses-toi ! CASSES-TOI ! » rugit Harry furieux en se précipitant sur le palier pour le regarder descendre les étages. « De toute façon, je trouverai bien le courage de le faire moi-même ! JE N'AI PAS BESOIN DE TOI ! T'es qu'une merde, Malfoy… T'es vraiment qu'une merde. » acheva-t-il en murmurant, accablé.

Il s'en retourna dans son appartement et claqua la porte à l'en décrocher de ses gonds.

Sa respiration ne revenait pas avec fluidité, il tituba sur quelques mètres et s'écroula, glissant le dos le long du mur, en larmes, en crise.

Il se prit la tête entre ses mains et serra fort sur ses mèches brunes en gémissant par intermittence.

Ses cheveux avaient beau être plus courts, il avait toujours l'impression de les sentir longs et poisseux de sang.

De toute façon, il avait toujours la sensation de souffrir, d'entendre les hurlements de la pensine et d'éprouver cette haine sans bornes.

Il était déchu, il était fichu...

Et quoi qu'il dise, il n'était pas si courageux, sinon sa tête aurait explosée depuis longtemps pour repeindre les murs vides de cet appartement lamentable.

S'il était vraiment brave, le soir de la tuerie, il ne serait pas ressorti de la forteresse et il se serait laissé ensevelir et consumer par les flammes de sa rage...

Pourquoi en était-il sorti ?

Pourquoi ?

Il pleurait et pleurait de désespoir et, cette fois-ci, il ne jouait pas la comédie.

Il pensait à Ron et Hermione et au peu de Weasley qui restaient et qui l'attendraient en vain ce soir-là et les autres.

Jamais il n'avait voulu les rejoindre. L'ami qu'il avait été était mort au moment même où il avait cru en leur décès.

Harry Potter n'était plus…

Il ne lui restait rien, plus rien du tout.

« RIEN ! » hurla-t-il en se recroquevillant sur lui-même.

Il n'était qu'un monstre qui pleurait de rage et de douleur.

Un monstre qui suppliait dans le vide…

OoOoO

Draco ! Draco, Draco…

Ne me laisse pas, reviens !

Je sais que tu m'entends, espèce de lâche.

Qu'au moins toi, tu restes avec moi.

Reviens, et finis ton travail, je t'en prie…

Ou reviens tout court, mais reviens !

J'ai besoin de toi, j'ai besoin d'être sauvé.

Je pourrais t'y forcer et tu le sais…

Je vais t'y obliger, je te le jure !

Alors… reviens… je t'en supplie…

Draco…

OoOoO

Depuis combien de temps cela durait-il ?

Des heures, non ?

Quelques heures par jour, mais depuis combien de jour ?

Trois ?

Plus, non ?

Peu importe, il passait son temps toujours de la même façon, telle une loque, il pleurait sur lui-même, buvant beaucoup, se nourrissant à peine mais dormant comme il était, logiquement, impossible de dormir –bien trop… bien trop longtemps.

Il oubliait ainsi qu'il était vivant.

C'était bien normal qu'il en vienne à perdre le fil du temps dans ses conditions, c'était ce qu'il voulait…

Personne n'était venu, personne ne connaissait cet appartement là, à part Draco…

Ron et Hermione avait dû se rendre à l'autre, celui qu'il avait fait semblant de meubler pour eux. Ils avaient dû le chercher en tout sens et sans doute que la gazette du sorcier ne parlait que de ça.

Il s'en moquait bien…

Il voulait mourir sans y parvenir, mais cela viendrait, tôt ou tard…

Il y œuvrait… lentement…

Il n'avait même plus la force de supplier, de toute façon.

Et puisqu'il ne sortait plus de chez lui, il faudrait bien qu'il meure de faim, un jour, n'est-ce pas ?

Sa magie était immense et elle le maintenait en vie depuis des semaines. Malgré tout, il restait un corps humain, une enveloppe mortelle.

N'est-ce pas ?

OoOoO

Un jour…

Alors qu'Harry restait prostré sur son unique chaise, les cheveux pendants devant ses joues striées de larmes silencieuses, les bras ballants posés sur ses genoux, il revint…

Draco revint…

Harry n'entendit pas vraiment la porte s'ouvrir et les pas feutrés venir à lui –il les avait bien trop souvent souhaités sans provoquer leur retour.

Il ne faisait qu'imaginer en un rêve engourdi ce que ça aurait pu être si…

C'est alors qu'il sentit des mains tendres se glisser doucement sur ses joues, tentant vainement d'essuyer le flot de ses larmes et c'est là qu'il revint à lui, sortant de son état catatonique.

Harry se précipita dans les bras que lui tendait Draco avec un regain de force impressionnant, presque effrayant.

Il s'agrippa désespérément à son cou pour l'attirer à lui, tout contre lui et ils tombèrent genoux à terre, entremêlés.

Harry pleura contre son épaule avec un absolu désespoir, ainsi recroquevillé, tremblant, sale et misérable.

Voilà ce qu'il était devenu –non un sourire soleil, mais un cœur envahit de haine et de larmes amères, un cœur à l'âme désertée.

Draco le serra fort dans ses bras, agenouillé devant lui tel un reflet étrange.

Il passait ses mains dans ses cheveux et lui embrassa le front avec une infinie douceur.

« Tu ne m'aimes pas… » murmura-t-il doucement en lui caressant ses cheveux en bataille. « Et je ne t'aime pas, mais tant pis... Tu as juste besoin d'amour. Et même si ce n'est que du vent, tant que ça à un vague parfum d'amour, ça me va. Je veux bien t'en donner… »

Harry acquiesça en pleurant pitoyablement et en le serrant encore plus fort contre lui.

Ses pensées erratiques coulaient dans l'esprit de Draco, lui exprimant tout à la fois d'abyssal tourment et d'infini soulagement.

Draco écoutait, doux et calme, et Harry cessa de pleurer au bout d'un moment.

Il s'était encore endormi, épuisé, mais ses bras ne lâchaient pas le corps du blond qui le regardait, bienveillant.

Dans la pièce grisâtre et sans âme flottait, diaphane mais bien réel, comme un vague parfum d'amour.

FIN

NDA : Et voilà, cette petite fanfiction est terminée. Elle ne finit pas superbement en happy end de folie avec beaucoup, beaucoup d'amour avoué, donné, rendu, etc, etc. Mais Harry et Draco sont ensembles et vivants, lol. Imaginez ce qu'il vous chante pour la suite, quant à leur futur commun et leurs sentiments et tout et tout (personnellement, je sais ce qu'il en est ). En tout cas, j'ai adoré écrire sur cette fic et Freaky a aimé la lire, alors c'était l'éclate totale ! Mais j'espère tout de même ardemment que vous avez apprécié cette histoire, vous aussi !

S'il vous plait, avant de partir vers d'autres contrées lointaines, laissez moi un p'tit commentaire, ce serait gentil tout plein. Et puis si vous en laissez tous pleins et que vous le réclamez suffisamment, je ferai une suite plus sympa, qui sait ?

Gros bisous.

Levia