Auteur : Cherry Tiger
Traductrice : Hermi-kô
Note de l'auteur : Je n'ai toujours pas la moindre idée d'où je vais avec cette fic. J'ai cette vague impression que j'expérimente un nouveau genre d'écriture. Mais même, j'aimerais bien avoir une idée de ce que je compte faire avec. Enfin bon. Vu comme vous l'appréciez, voici le troisième chapitre ^^
La panique ne faisait pas partie du dictionnaire d'Hiruma. Lorsqu'on lui présentait une crise, il lui fallait quoi, une minute à tout casser pour trouver au moins une solution temporaire. Mais en voyant la respiration irrégulière d'Anezaki, quelque chose en lui incita son cœur à s'arrêter ne serait-ce qu'une seconde.
Refusant de perdre d'autres précieuses secondes à essayer de comprendre cette frivolité, il la poussa de côté et commença à monter un plan. Il la souleva comme une mariée et l'amena dans sa chambre, la déposant avec une délicatesse inhabituelle sur le lit avant de rapidement la mettre sous les couvertures. Il fonça vers son armoire et en sortit un autre édredon pour elle. Il se souvenait s'être fait dire qu'il fallait faire suer la fièvre, et puisque la température était basse, c'était le mieux qu'il pouvait faire.
Il regarda Anezaki un moment, comme à la recherche d'une certaine assurance avant de se diriger vers le coin cuisine pour prendre le kit de premier secours qu'Anezaki avait laissé là « juste au cas où ». Il l'ouvrit et y trouva des tablettes pour soulager la douleur dont il était sûr pouvait lui être de quelque utilité. Il n'était pas médecin mais jusque-là il pouvait suivre. Elle avait besoin de manger cependant ou de boire quelque chose au moins plus consistent que juste de l'eau.
Il regarda dans le frigo et fit un petit reniflement de soulagement mais également de dérision. Elle avait acheté du lait bien qu'elle n'en ait jamais besoin. Avait-elle été là aussi souvent que ça ? Prenant le lait, il sortit une poêle et commença à le chauffer.
Alors qu'il patientait, il réfléchit à la situation actuelle. Était-il possible de retarder l'analyse des données ? Il pouvait sans doute prendre sa part… mais il y avait toujours le problème des entrainements de l'équipe et des prises de notes sur les nouveaux joueurs. Il était sûr qu'il pouvait laisser cela à quelqu'un d'autre, comme Yamato par exemple. N'empêche, il hésitait à le faire.
Parce qu'il était bien trop habitué à ses méthodes à elle.
Une fois que le lait fut assez chaud, il éteignit la plaque chauffante et le versa dans un mug, qui était définitivement le sien. Il l'avait vu l'utilisé qu'occasionnellement : le mug blanc avec des motifs de chatons noirs. Il ne l'avait vu qu'à de rares occasions, tard dans la soirée où ils devaient travailler sur des montagnes de données et de vidéos ensemble. Elle faisait du café pour tous les deux et il la voyait prendre une gorgée du sien alors qu'elle lui passait son mug à lui. Il se souvenait de son petit sourire de contentement, buvant ce liquide sombre définitivement mélangé à une autre concoction pour le rendre moins fort. Il se souvenait avoir reniflé en lui disant qu'elle ne savait pas comment apprécier du bon café. Il se rappelait avoir apprécié sa réaction alors qu'elle lui rétorquait qu'elle avait le droit de jouer avec le café comme elle l'entendait…
Hiruma battit des paupières. Comment son esprit avait-il pu partir aussi loin ? Il secoua la tête et se dirigea vers sa chambre, amenant le lait chaud, un verre d'eau tiède et les analgésiques.
Anezaki était allongée immobile sur le côté, sa respiration bien plus lente désormais que la première fois qu'il l'avait vu aujourd'hui. Il ne savait pas s'il devait la réveiller aussi s'assit-il sur le bord du lit, regardant son visage qui paraissait plus calme qu'il ne l'avait jamais vu. Il avait vu ce visage s'éclairer de joie ou virer au rouge sous la rage ou la gêne, ses expressions passer de la détermination au choc ou à la surprise, les larmes couler pour tous ceux autour d'elle. Mais là…
Là elle semblait très loin. Hiruma plaça une main sur son front, notant que la fièvre était toujours présente sans pour autant grimper. Il ne pouvait pas empêcher sa main de suivre la courbe de sa joue un instant. Décidant finalement qu'il était temps de la réveiller, il secoua un peu ses épaules, l'appelant : « Anezaki. »
Elle remua légèrement alors qu'il continuait de dire son nom : « Anezaki. »
Enfin, ses yeux s'ouvrirent et elle regarda autour d'œil, battant rapidement des paupières. Elle grogna un peu. « Hiruma… ? »
Hiruma lâcha un soupir et il n'était pas sûr que ce soit de soulagement ou de frustration. « Tu es dans ma chambre. Tu peux t'asseoir ? »
Elle hocha la tête alors qu'elle se mettait sur son séant, Hiruma supportant son dos. « Je pense que je suis très malade, » dit-elle d'une voix brisée.
Hiruma caqueta un peu. « Eh bien, c'est une putain de réalisation. Allez, je t'ai amené quelque chose à boire pour que tu prennes des médicaments. »
Il rapprocha le mug de sa figure mais remarqua qu'elle fronçait les sourcils. « Non, je devrais rentrer, je ne … »
« Juste ferme-la et bois, Anezaki, » la gronda-t-il. « Tu es déjà assez pénible comme ça. » Il se mordit un peu la lèvre, se demandant s'il n'était pas trop dur.
Mais elle ne paraissait pas offensée par sa réaction. Elle le fixa choquée un moment avant d'hocher la tête en baissant les yeux. « Je suis désolée… » Murmura-t-elle. « Je ne voulais pas… »
« Ce n'est pas l'heure des excuses, » dit-il en la guidant pour qu'elle tienne le mug et le rapproche de ses lèvres. « Bois ça, prends le médicament et repose-toi. Je m'occuperai du reste. »
Il savait qu'elle allait protester qu'il n'avait pas « s'occuper du reste » lorsqu'elle ouvrit la bouche sur le point de parler. Donc avant qu'elle ne puisse lui dire qu'elle était toujours capable de travailler il bascula le mug et força Mamori à boire le lait. Elle se recroquevilla sous la chaleur du liquide et parce que sa gorge était irritée il lui était difficile de déglutir. Mais après sa première réaction, elle ingurgita le reste comme si elle était déterminée à ne pas causer plus de problèmes. Une fois qu'elle eut tout bue, Hiruma lui passa le médicament et le verre d'eau tiède, qu'elle prit silencieusement, avant de la laisser se recoucher.
Hiruma regarda ses yeux papillonner tandis qu'elle sombrait dans le sommeil. Ça s'était bien passé au moins, pensa-t-il. Désormais il devait s'occuper d'autre chose.
Il prit l'un de ses portables et composa un numéro. Plaçant le téléphone à son oreille, il patienta jusqu'à ce qu'on décroche. Il dit alors : « C'est bien la résidence Anezaki à l'appareil ? »
