Eh voilà, je suis à l'heure cette fois :D.

Bonne lecture mes petits bouts, on se retrouve en bas avec un message pour celles et ceux qui continueront à me suivre !

London123 : Merci beaucoup, j'espère que tu vas mieux :).

Savii : Merci beaucoup, je suis contente que ça t'ait plu :).

Looklook : Attention, j'ai dit que Blaise et Ginny seraient des personnages importants, pas qu'ils seraient en couple ! :). En tout cas, encore merci de ta fidélité, j'espère te retrouver mercredi ;).

Mariche : Merci beaucoup, j'espère te retrouver bientôt, alors !

Amber1994 : Merci, j'espère que cette suite te plaira ;).

Sissy26 : Non, désolée, mais je publie rarement en avance sur les délais que je donne :). Je suis étudiante, je fais ce que je peux avec le temps que j'ai :).

Ivy : Je suis d'accord avec toi, mais je respecte les choix de JKR, notre déesse à tous :D.

Camélia : Merci :).

Byuul : Il ne m'est rien arrivé de plus grave qu'une petite grippe, mais merci de ton intérêt pour ma santé, ahaha. Je ne vous quitte pas bien longtemps, tu le verras en fin de chapitre ;). Merci de ta fidélité.


- J'ai la tête qui tourne, déclara Hermione, accompagnant ses dires d'un éclat de rire peu naturel.

- Petite nature, Granger, se moqua Drago en titubant légèrement. Petite nature !

Pour toute réponse, elle lui tira la langue, fronçant les sourcils et croisa les bras, boudeuse. Drago sourit et marcha jusqu'à elle, la prenant par les épaules.

- Je plaisante, ma belle. Allez, allons-y !

- Et nous allons où ? demanda Hermione alors qu'il commençait à la tirer vers une nouvelle boutique.

Drago lança un regard circulaire autour de lui, avant de poser les yeux sur un café touristique à la terrasse duquel s'amassait bon nombre d'étrangers.

- Là-bas ! S'exclama-t-il et il l'entraîna dans son sillon.

- Je ne suis pas sûre que ce que cet homme nous a donnés était si innofensif qu'il nous l'a dit ! soupira Hermione dans un moment de lucidité.

- Pas de jérémiades, Granger ! C'est toi qui as bien voulu le suivre, je te rappelle ! Coutume indienne, mon oeil ! Il t'a droguée, moi je te le dis !

- Juste moi ? rétorqua-t-elle, haussant un sourcil.

- Bien sûr ! Moi, je ne ressens absolument rien, répondit Drago en levant fièrement la tête. Je suis plus fort que toi.

Hermione leva les yeux au ciel et passa une main devant son visage, aveuglée par le soleil. Ils marchaient toujours vers la terrasse quand elle s'arrêta net, l'obligeant à faire de même puisqu'il la tenait toujours par les épaules. Il baissa les yeux vers elle et poussa un long soupir.

- Quoi encore ? grogna-t-il. J'ai soif, moi !

- J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose, répondit-elle, l'air pensive.

Drago eut un sourire en coin.

- Tu as oublié de te coiffer ce matin, c'est certain, mais je pense que tu as surtout définitivement oublié de me dire à quel point tu étais folle de moi !

Hermione leva les yeux au ciel, rougissant un peu et le frappa sur le torse.

Elle avait l'esprit embrumé et elle n'arrivait pas à réfléchir correctement. Pourtant, elle était certaine d'avoir oublié quelque chose.

.

- Le bateau ne peut pas partir ! s'égosillait Ginny, hurlant sur une pauvre hotesse. Nos amis ne sont toujours pas revenus.

- J-Je sais, mais je ne peux rien faire, souffla la malheureuse d'une petite voix.

- Comment ça vous ne pouvez rien faire ? hurla Pansy, pas plus encline à la négociation que Ginny. Si vous partez sans eux et qu'il leur arrive quelque chose, ce sera une négligence et de la non-assistance à personne en danger ! Et croyez-moi, je sais de quoi je parle : je suis avocate !

La blonde s'aggripa nerveusement aux pans du gilet de son uniforme, les joues rouges et elle bafouilla quelques paroles inintelligibles avant de se reprendre, poussant une profonde inspiration.

- Je vais voir ce que je peux faire, annonça-t-elle en s'éloignant d'un pas rapide.

.

- Cesse de bouger, Granger ! marmonna Drago en sirotant une longue gorgée de son verre de jus de citrouille. Tu me donnes le tournis !

Hermione haussa un sourcil, désespérée.

- Je ne bouge pas, Malefoy ! C'est ta tête qui tourne toute seule !

Il éclata d'un rire sonore.

- Impossible, railla-t-il. Ma tête ne peut pas bouger toute seule sans que je lui ai dit de le faire !

Hermione ne répondit pas, le regardant se contenter de son analyse infaillible.

- J'ai toujours l'impression d'avoir oublié quelque chose, soupira-t-elle.

- Si tu voulais bien enfin avouer que tu es une folle envie de moi, le problème serait réglé depuis longtemps, rétorqua Drago avec un sourire en coin.

- Crétin.

Ce fut la seule réponse qu'il obtint cette fois.

Au loin, un bruit sourd retentit, comme une sirène, leur parvenant aux oreilles. Hermione pencha la tête sur le côté, se demandant où devait aller ce bateau qu'elle venait d'entendre. Elle prit une grande gorgée d'eau, avant d'ouvrir de grands yeux et de recracher tout le contenu sur son compagnon.

- Le bateau ! hurla-t-elle.

Drago ne répondit pas, trop occupé à regarder sa chemise trempée et à s'essuyer le visage.

- Quoi le bateau ? bougonna-t-il. Tu as vu dans quel état tu as mis ma chemise ?

- Drago ! reprit Hermione en le tirant par la manche pour qu'il se lève. Le bateau ! On va manquer le bateau !

Et il sembla pris d'un éclair de lucidité à son tour car il se leva d'un bond, faisant échouer son verre à terre.

- Granger ! Le bateau !

Il l'attrapa par la manche, l'obligeant à courir derrière lui.

.

- Allez, calmez-vous, soupira Blaise. Je suis sûr qu'ils vont bien ! Ils ont survécu à Voldemort, ils survivront à quelques minutes de retard !

- Mais et s'ils avaient été kidnappés ? s'exclama Pansy qui faisait les cent pas sur le ponton.

- Et s'ils avaient été attaqués par d'anciens Mangemorts qui se seraient cachés ici à la fin de la guerre ? surenchérit Ginny.

- Bien sûr, répondit Blaise, ironique, en levant les yeux au ciel. Et s'ils avaient été kidnappés, enfermés dans une cave et torturés dans l'attente qu'on veuille bien payer une rançon ?

Il ricana à sa propre blague et se tourna vers les deux jeunes femmes pour qu'elles en fassent de même, mais celles-ci le regardaient avec des yeux ronds, visiblement paniquées.

- Oh, par Merlin ! crièrent-elles en choeur.

Blaise poussa un profond soupir, désespéré.

Les deux jeunes femmes continuaient à imaginer les pires scénarios possibles quand une hôtesse, différente de la précédente qui avait certainement pris peur, se dirigea vers eux avec un sourire aimable sur les lèvres.

- Ils sont revenus, leur annonça-t-elle avec un sourire. Visiblement, ils s'étaient simplement perdus.

Si elle fut soulagée un quart de seconde, Ginny n'en montra rien, serrant les poings.

- P-Perdus ?

- Tu n'avais pas envisagé cette éventualité, hein Potter ? railla Blaise, qui était sans doute le seul à s'amuser de la situation.

- Où sont-ils ? demanda la rouquine, ignorant superbement le métis.

L'hôtesse lui sourit et lui fit signe de la suivre, ce qu'elle fit, Pansy sur les talons, le pas lourd et déterminé.

Drago et Hermione étaient en train de discuter avec l'un des membres du personnel de bord, tout à fait naturellement, comme s'ils n'avaient pas plus d'une demi-heure de retard.

- Je peux savoir où vous étiez ? hurla Ginny en fonçant droit sur eux.

Le couple sursauta et se tourna vers elle, des larges sourires sur leurs lèvres.

- Et vous souriez en plus ! gronda-t-elle. Non mais vous savez à quel point nous nous sommes inquiétés ? On a cru que le bateau allait partir sans vous ! Et vous auriez fait quoi, tout seul en Inde et sans vos baguettes, bande d'hippogriffes amputés ! Et vous vous êtes perdus ? Je n'y crois pas une seconde ! Vous n'avez pas pu perdre un paquebot aussi imposant que celui-là ! C'est comme perdre un troll dans une réunion de gobelins !

Hermione et Drago se lancèrent un regard en biais et, dans une synchronisation parfaite, éclatèrent d'un rire fort.

Choquée par cette réaction, Ginny fit un pas vers eux, plissant les yeux d'un air menaçant et inquisiteur. Ils cessèrent de rire pour la regarder. Drago haussa un sourcil quand elle le regarda droit dans les yeux.

- Est-ce que vous êtes ivres ? demanda-t-elle.

- Pourquoi je n'ai jamais mon appareil photo au bon moment, entendit-elle soupirer Blaise.

- Non, non, non, protesta Hermione d'une voix un peu trop aigue pour être naturelle. On n'a pas bu ! C'est le monsieur, il nous a donné un super bonbon ! Il a dit que c'était une spécialité locale ! Et puis, tu sais, moi j'aime découvrir de nouvelles cultures !

Blaise éclata de rire, mais s'arrêta net quand il reçut le poing de sa fiancée sur l'épaule.

- Je vais vous tuer, gronda Ginny, agrémentant ses propos d'un grognement sourd.

Drago haussa un sourcil, très amusé par la situation, mais sa compagne de débauche ne semblait plus aussi rieuse qu'à l'instant, alors il préféra la suivre quand elle l'attrapa par le bras et le força à courir. Ginny les poursuivit pendant de longues minutes, hurlant que quand elle les attraperait, elle leur ferait subir les pires horreurs et qu'ils regretteraient sûrement Voldemort.

Finalement, Hermione s'arrêta devant une porte et s'y engouffra, entraînant Drago à sa suite. Elle referma brusquement la porte et tous deux y posèrent leur oreille pour écouter. Ils l'entendirent passer en courant, puis ralentir le pas, vociférant car elle les avait perdus.

Ils reprirent lentement leur souffle et se tournèrent pour découvrir l'endroit où ils étaient. C'était une pièce minuscule, si minuscule qu'ils ne pouvaient bouger sans se toucher. Il y était entreposé balais, serpillières et autres instruments ménagers.

- Granger, tu me marches sur le pied, murmura Drago quand elle bougea pour être plus à son aise.

Elle s'excusa, tendit à nouveau l'oreille et, contente de constater qu'elle n'entendait plus Ginny, posa la main sur la poignée, appuyant dessus doucement pour faire le moins de bruit possible. Elle voulut ouvrir la porte mais celle-ci s'y refusa. Elle fronça les sourcils, essaya à nouveau et échoua encore.

- Qu'est-ce que tu fous ? grogna Drago, qui tentait de son mieux de cacher le trouble causé par une telle proximité avec elle.

- La porte ne s'ouvre pas ! répondit Hermione, essayant derechef, en vain.

- Laisse-moi faire ! ordonna-t-il en la poussant sur le côté.

Ils manoeuvrèrent difficilement pour échanger leurs positions et finalement, il essaya à son tour d'ouvrir la porte, mais le résultat ne fut pas plus concluant. Il poussa un juron et s'acharna sur la pauvre poignée pendant cinq longues minutes.

Il releva les yeux et regarda Hermione qui l'observait, les bras croisés, une moue sur le visage qui voulait clairement dire que le surplus de testotérone qu'il s'efforçait de montrer n'était pas pour lui plaire.

Pendant un court instant, ils ne parlèrent pas, se regardant fixement dans les yeux.

Drago ne put s'empêcher de repenser à la dernière fois où ils avaient été si proches et qu'il avait failli l'embrasser. C'était quelque chose qu'il ne pouvait tolérer. Il ne pouvait se laisser aller avec elle, sinon, il ne saurait plus se contrôler, il en était persuadé. Par ailleurs, il n'était plus si sûr que le „bonbon" que l'homme de la petite boutique leur avait donnés était réellement un bonbon. Et qui sait de quoi il était capable avec ce produit désinhibant circulant dans ses veines ?

Aussi, quand elle se mordilla la lèvre de cette façon si exaspérante – et séduisante, pensa-t-il avant de se pincer -, il se tourna à nouveau vers la porte et se mit à tambouriner comme un malheureux.

- Au secours ! hurla-t-il. On est coincé ! Aidez-nous !

Hermione le regarda faire, haussant un sourcil, ne pouvant mettre de mots sur l'amusement qui la prenait alors qu'elle voyait l'impassible Drago Malefoy perdre ses moyens ainsi.

- Ca ne sert à rien, soupira-t-elle. Ils n'entendront rien ! Cette porte est aussi épaisse que celles de Gringotts.

Elle se laissa glisser à terre, l'air totalement désemparé et, à son tour, il fut surpris de son attitude. En temps normal, elle était la courageuse et lui, le défaitiste. Il avait alors la désagréable impression que les rôles avaient été inversés.

Bon sang, pourquoi avait-il accepté de la suivre ?

Trop fier pour admettre qu'elle avait raison, il continua à tambouriner quelques minutes, avant de pousser un profond soupir et de laisser son front tomber contre le métal froid dont était constituée la porte. Il fallait que sa tête arrête de tourner, ou il allait devenir fou.

- Hermione ? Drago ?

Tout deux se redressèrent d'un bond en entendant la voix de Ginny. Ils préféraient mourir de sa main plutôt que de soif et de faim dans cet horrible cagibis.

- On est là ! S'écria Hermione en tapant sur la porte à son tour. On est coincé !

Il y eut un court silence, qui leur sembla durer une éternité.

- Tiens, tiens, répondit la voix de la rouquine, d'un ton où suintait la malveillance. Eh bien peut-être que cotoyer les balais vous fera du bien !

- Mais, Ginny ! Protesta la brunette.

- T'as intérêt à nous faire sortir d'ici, Weasley, gronda Drago.

- Ne lui parle pas comme ça, murmura Hermione en le frappant sur le torse. Sinon, on ne sortira jamais ! Ginny, ajouta-t-elle en haussant le ton à nouveau, nous sommes vraiment désolés. On n'avait pas vu l'heure passer !

- Mouais... marmonna la rouquine. D'accord.

Hermione poussa un soupir de soulagement.

- Tu veux bien nous faire sortir, maintenant ? demanda-t-elle.

A nouveau, un silence s'installa entre eux, avant que Ginny ne reprenne la parole.

- Non ! l'entendirent-ils répondre d'un ton espiègle. Ce sera votre punition. Je reviendrai vous chercher dans quelques temps, le temps que vous désaouliez, enfin, que vous ne soyez plus dans cet état, peu importe à quel bonbon loufoque il est dû !

Ils entendirent nettement ses pas s'éloigner. Drago serra les dents si fort qu'il les entendit grincer désagréablement.

- Je vais la tuer, gronda-t-il, laissant son point s'abattre contre le métal froid.

Hermione se laissa à nouveau glisser contre le mur, prenant son visage entre ses mains.

- On va mourir ici, gémit-elle faiblement.

Le blond baissa les yeux vers elle et haussa un sourcil, ne pouvant retenir un léger ricanement. Le "bonbon" du vieil homme avait vraiment un effet étrange sur elle. Il s'accroupit pour être en face d'elle, le plus loin possible que le lui permettait l'espace exigu, et posa une main sur son genou.

- Mais non, Granger, ne t'inquiète pas. Et si jamais c'est le cas, je te promets que j'irai hanter ta petite copine jusqu'à la fin de ses jours.

Elle releva les yeux vers lui et eut un faible sourire.

- Merci, murmura-t-elle. Je n'oserais pas le faire moi-même.

- Tu peux compter sur moi, rétorqua-t-il avec un clin d'oeil.

.

Une heure passa.

Drago s'était finalement assis en face d'elle et serrait les poings pour s'efforcer de demeurer calme. Cependant, il avait bien du mal avec cela, alors qu'elle était assise en face de lui, si proche que leurs pieds se frôlaient par moments et qu'elle jouait nerveusement avec ses ongles sur le manche d'un balai qui jonchait à côté d'elle. Quand il mettrait la main sur Ginny, elle pouvait être sûre qu'elle passerait un sale quart d'heure.

Le silence était pesant. Ils avaient peu parlé depuis que Ginny avait refusé de leur ouvrir, ou alors pour dire des inepties afin de passer le temps.

N'y tenant plus, Hermione ouvrit la bouche et lâcha la première chose qui lui passait par la tête.

- Pourquoi architecte ?

Surpris que le silence soit enfin rompu, Drago releva les yeux vers elle, sa tête ayant finalement cessé de tourner, et haussa un sourcil en même temps qu'un léger sourire en coin venait poindre sur ses lèvres fines.

- Pourquoi médicomage ? rétorqua-t-il.

Hermione haussa les épaules.

- Parce que je veux aider les gens à avoir la meilleure santé possible.

- Parce que je veux aider les gens à avoir la meilleure maison possible, alors, répondit le blond.

La jeune femme lui lança un regard noir, mais elle n'ajouta rien, sachant pertinemment qu'elle n'obtiendrait pas de meilleure réponse.

Aussi, le silence se réinstalla, plus pesant encore.

Drago était trop occupé à faire de son mieux pour se contrôler pour dire quoique ce soit, et elle était trop plongée dans ses pensées pour remarquer qu'il la fixait avec insistance.

Les balais n'étaient pas d'excellente compagnie, mais elle ne pouvait pas dire qu'il était vraiment mieux quand il se murait dans son silence comme il le faisait alors.

Et en temps normal, elle s'en serait accomodée, mais le bonbon magique qu'elle avait ingurgité plus de deux heures plus tôt devait encore faire de l'effet, car elle releva vivement la tête vers lui.

- Je ne te comprends pas ! s'exclama-t-elle donc d'une voix forte. Tu changes d'attitude comme de chemise et quand on te connaît un peu, ce n'est pas peu dire ! A un moment, tu es cet homme adorable qui me sourit, me réconforte et me fait rire et le moment d'après, tu es juste un crétin prétentieux pas foutu de répondre sincèrement à une simple question ! Non, mais c'est quoi ton problème avec moi à la fin ?

- Granger...

- Quoi, Granger ? le coupa-t-elle. Je m'appelle Hermione ! Her-mi-one. Tu n'agis pas comme ça avec Ginny ! Et pourtant, elle est aussi proche d'Harry que moi, si ce n'est plus ! Pourquoi moi ? Déjà à Poudlard, il n'y avait qu'avec moi que tu agissais ainsi ! Je ne suis pas pire qu'une autre, si ? Je ne t'ai jamais rien fait ! Bon, d'accord, à part peut-être ce coup de poing en troisième année... Mais tu l'avais mérité !

- Granger...

- Et puis, j'ai l'impression par moments que tu n'as pas grandi depuis ! Tu te moques constamment de moi ! Bon d'accord, je t'ai peut-être un peu maté l'autre jour, mais toutes les femmes te regardent ! Il n'y a pas que moi ! Alors pourquoi, moi, tu te sens obligé de me le rappeler dès que tu en as l'occasion ?

- Granger...

- Et puis rien de tout cela ne serait arrivé si tu n'avais pas décidé qu'on devait aller s'installer à cette terrasse ! J'avais même pas...

Drago ne sut jamais ce qu'elle s'apprêtait à dire, car il plaqua ses lèvres contre les siennes avec force.

Elle était folle si elle pensait qu'il pouvait se contenir davantage alors qu'elle était en colère. Elle n'était jamais plus belle que quand ses yeux lançaient des éclairs. Elle avait l'air d'une véritable lionne.

Presque aussi vite qu'il avait pris possession de ses lèvres, il la libéra, rassemblant ses dernières forces pour se retenir.

Elle le regarda avec de grands yeux, totalement abasourdie.

- Il fallait que tu te taises, se justifia-t-il, un peu honteux.

Hermione ne répondit pas, la surprise ne quittant pas son visage.

Ses lèvres étaient envahies de picotements depuis l'instant où il l'avait lâchée, et elle se sentait presque nauséuse. Son coeur battait si fort qu'elle en suffoquait presque et elle le sentait battre contre ses tempes de manière désagréable.

Il ne s'était pas totalement éloigné et il aurait suffi de peu pour qu'il craque à nouveau. Mais elle fut la première à agir.

Elle attrapa sa nuque d'une main et plaqua ses lèvres contre les siennes, l'emprisonnant de ses bras pour qu'il ne se sauve pas à nouveau.

Cette sensation, cela faisait bien longtemps qu'elle l'avait oubliée. Ron était le dernier – et le seul – à l'avoir fait se sentir ainsi, à la fois nauséuse et subjuguée à cause d'un simple baiser.

Bien sûr, il s'agissait de Drago Malefoy. Mais si tous les baisers qu'il lui donnait avaient le même effet sur elle, elle s'en ficherait pas mal.

Elle ne put retenir un gémissement quand il lui mordilla la lèvre inférieure et que sa langue vint se mêler à la sienne.

Etait-il normal que son coeur soit sur le point de sortir de sa poitrine ?

- D'accord, murmura-t-il entre deux baisers, ce n'était... pas... seulement... pour... te faire taire.

Elle se détacha un instant de lui pour le regarder dans les yeux. Ses yeux gris avaient pris une teinte plus claire qu'à l'accoutumée et il avait les joues légèrement rougies. Il avait un air hagard qu'elle trouva adorable.

Cependant, elle empoigna doucement quelques mèches de ses cheveux et le regarda droit dans les yeux.

- Si tu continues à parler, c'est moi qui vais te faire taire, gronda-t-elle d'une voix autoritaire. Et définitivement !

- J'ai hâte de voir ça, répondit-il avec un sourire coquin.

Elle leva les yeux au ciel, désespérée, et poussa un couinement quand il plongea dans son cou pour l'embrasser, surprise. Il lui mordit tendrement la jugulaire et elle gémit à nouveau quand il glissa sa main le long de sa cuisse que sa robe laissait dénudée.

Lasse d'être menée ainsi, elle entreprit de déboutonner sa chemise. Elle arrivait au dernier bouton et il s'affairait toujours dans son cou, quand un bruit caractéristique vint les interrompre : la sonnerie de son téléphone.

Il releva les yeux vers elle, s'excusa d'un baiser du bout des lèvres et sortit son téléphone de sa poche.

Il soupira en voyant le nom qui s'affichait sur son écran. C'était un client important et il savait que l'appel durerait de longues minutes s'il décrochait.

Drago lança un regard vers la brune, qui arrangeait sa coiffure, les joues écarlates. Il savait qu'elle était en train de réfléchir à une excuse pour justifier son attitude. Il ne pouvait décidément pas la laisser faire ça.

Aussi, il appuya sur le bouton rouge et éteignit son téléphone avant de le laisser tomber au sol. Elle haussa un sourcil et il s'approcha à nouveau d'elle, prédateur.

- Il est hors de question que je te laisse t'échapper, murmura-t-il en déposant un baiser sur son épaule.

Elle voulut le repousser, sa raison la rappelant à l'ordre, mais elle ne put s'y résoudre sans vraiment savoir pourquoi. Son corps ne semblait pas vouloir se soumettre à cette résolution. Alors elle le laissa faire, la douceur de ses lèvres contre sa mâchoire laissant un long frisson parcourir son échine.

A nouveau, elle se sentit défaillir.

Quelques secondes plus tard, sans qu'elle ne comprenne comment ni pourquoi, elle était autant allongée que le lui permettait l'étroit cagibis, lui au-dessus d'elle, l'embrassant comme on l'avait rarement embrassée.

Elle aurait probablement pu passer une heure de plus dans ce placard à balais, si les choses évoluaient ainsi, mais la poignée de la porte se baissa et le bruit les sortit de leur torpeur.

Ginny apparut devant eux, un sourire triomphant sur le visage qu'elle perdit en voyant dans quel état ils étaient.

Ils étaient tous les deux assis par terre, Drago la chemise déboutonnée et Hermione les cheveux totalement ébouriffés. En outre, leurs respirations étaient encore saccadées.

Ginny haussa un sourcil, posant les mains sur ses hanches dans une position théâtrale.

- N'essayez même pas de me faire croire que vous étiez en train de vous battre, annonça-t-elle d'une voix impérieuse.

- Ce n'est pas ce que tu crois, débita précipitamment Hermione.

- Sérieusement, Granger ? rétorqua Drago en la regardant comme si elle eût été folle. "Ce n'est pas ce que tu crois", t'as rien trouvé de mieux comme excuse ? Tu aurais tout aussi bien pu dire "On était sur le point de coucher ensemble", le résultat aurait été le même.

Hermione le fusilla du regard et ils sortirent finalement du cagibis, Ginny les toisant d'un air qu'elle avait sans doute emprunté à sa mère.

- Je pense que vous avez connu pire comme punitions, n'est-ce pas ? railla-t-elle avant de tourner les talons, l'air beaucoup plus joyeuse tout à coup.

- Cette fille est folle, marmonna Drago quand elle eût disparu de leur champ de vision.

Et il se tourna vers Hermione, mais elle avait disparu. Il lança quelques regards autour de lui, cherchant ses cheveux fous, mais il ne vit personne.

- Elles vont me rendre fou, soupira-t-il pour lui-même, avant de regagner le chemin de sa cabine.

.

Hermione était allongée sur son lit, dans leur suite nuptiale, le cerveau plein de pensées plus contradictoires les unes que les autres.

Dans un sens, elle remerciait Ginny de l'avoir empêchée de faire quelque chose qu'elle aurait regretté par la suite. Dans un autre, elle aurait voulu voir jusqu'où son esprit embrumé aurait pu la mener. Aurait-elle réagi avant que l'immanquable ne se soit produit, sans l'intervention de sa meilleure amie ?

Elle avait embrassé Drago Malefoy. C'était totalement incongru, idiot, irresponsable, et un tas d'autres adjectifs sur lesquels elle ne parvenait pas à mettre le doigt. Drago Malefoy !

Oh, si Ron l'apprenait, il la haïrait sûrement. Il lui en avait terriblement voulu de rompre leurs fiancailles si près de leur mariage, alors comment réagirait-il en apprenant qu'elle se consolait, à peine quelques semaines plus tard, dans les bras de la personne qu'il haïssait le plus au monde ?

Rancunier comme il l'était, elle était sûre qu'il ne lui pardonnerait jamais.

Pas plus qu'elle ne serait capable de se le pardonner à elle-même.

Elle poussa un grognement de frustration et passa une main sur son visage.

Qu'est-ce qui était le pire ? Qu'elle ait embrassé Drago Malefoy, ou qu'elle ait aimé ça ? Qu'elle se soit sentie plus désirée qu'elle ne l'avait été pendant ces derniers mois, voire ces dernières années ?

- Hermione ?

Elle sortit de sa torpeur pour regarder Ginny, assise au bout du lit. La brune soupira, attrapa un coussin et le plaqua contre son visage.

- Va-t'en ! Je ne veux pas de tes remontrances !

- Je ne venais pas pour te disputer, répondit la rouquine avec un sourire.

Hermione déplaça légèrement le coussin, juste assez pour qu'un de ses yeux entre en contact avec ceux de son amie.

- Vraiment ?

Ginny secoua vivement la tête.

- Je ne devrais probablement pas te dire ça, souffla-t-elle d'une voix tendre, mais j'ai eu une petite discussion avec Blaise, quand nous pensions que vous aviez disparu... Et j'ai appris quelque chose...

La curiosité voila un instant le regard d'Hermione, qui l'incita à continuer d'un regard.

- Il m'a dit que Drago était amoureux de toi.

Cette fois, Hermione sortit l'intégralité de son visage du bouclier moelleux qu'elle s'était construit. Ses yeux étaient écarquillés et sa bouche légèrement entrouverte.

Son expression de surprise ne la quitta pas tandis que Ginny lui rapportait avec exactitude la conversation qu'elle avait eue avec le métis. Quand elle eut fini, Hermione tenta de rassembler ses pensées en un propos cohérent, en vain.

- Ce sont des mensonges, dit-elle finalement d'une voix hâchée. Malefoy ne m'aime pas. Il me déteste. Il m'a toujours détestée.

- Je n'en serais pas si sûre si j'étais toi, Granger.

Les deux jeunes femmes sursautèrent et se tournèrent vers la porte, où il se tenait nonchalamment appuyé, les mains dans les poches.

Ginny eut un petit sourire et, sans un mot, elle s'éclipsa, laissant Hermione la maudir mentalement.

Quand elle fut sortie, Drago ferma la porte derrière lui et s'approcha du lit jusqu'à prendre la place que la rouquine venait de quitter.

- Tu mens, grogna Hermione, les joues si rouges qu'elle n'aurait pu le cacher.

Drago eut un petit rire.

- Tu es la personne la plus bûtée que je connaisse, Hermione.

Son coeur manqua un battement.

Il avait une façon de prononcer son prénom, en détachant les syllabes de telle façon qu'elles semblaient danser entre ses lèvres, qu'elle se sentit rougir davantage.

Elle poussa un grognement presque bestial, mêlé de frustration, de honte et d'intimidement, et plongea à nouveau son visage dans l'oreiller, se retournant dans le lit de façon à ne lui présenter que son dos.

Il rit à nouveau.

- Allez, sors de là ! Je te jure que je ne te ferais rien, se moqua Drago en déposant sa main au creux de ses reins.

Comme brûlée, elle sursauta vivement et se tourna vers lui, gênée.

- Enfin, sauf si tu le demandes, ajouta-t-il avec un sourire mutin.

Il rit de plus belle quand elle rougit encore, empoignant l'oreiller pour le frapper avec.

Cela ne fit qu'augmenter davantage son hilarité et elle cessa finalement de lutter, poussant un soupir désespéré.

- Tu ne m'aimes pas, déclara Hermione, comme une évidence.

- C'est une question piège ?

- Ce n'est pas une question ! s'offusqua-t-elle.

- Bien, alors non, je ne t'aime pas.

Hermione se figea pendant une seconde. Une seconde pendant laquelle il put à loisir apercevoir toutes les émotions qui passèrent dans son regard : le choc, la colère, la sensation d'avoir été trompée et puis, enfin, la déception.

Il posa une main sur sa joue – elle frissonna -, et eut un sourire en coin.

- Mais entre nous, souffla Drago sur le ton de la confidence, je ne te déteste pas non plus.

Et, avant qu'elle n'ait eu la chance de protester ou de le disputer pour la façon dont il se jouait d'elle, il posa ses lèvres sur les siennes, dans un baiser doux, tendre et, Hermione l'aurait juré, presque amoureux.

Et alors qu'il quittait ses lèvres et qu'elle s'accrochait à lui pour ne pas qu'il lui échappe, elle repensa à cette phrase qui l'avait amusée et qui l'avait poussée à choisir cette compagnie, des mois plus tôt.

"Wizard Croisières, les voyages que les sorciers préfèrent !"

Elle n'avait jamais été plus d'accord avec ça qu'à cet instant.


Voilà !
Ce n'est sans doute pas de la grande littérature, mais j'ai beaucoup aimé écrire cette mini-fiction, alors j'espère que ça vous a plu :).

Pour ce qui est de ma prochaine fiction, je peux d'ores et déjà vous dire que je publierai le prologue mercredi !
Et puis, comme vous êtes vraiment trop choupinoux, je vous annonce en avant-première qu'elle s'intitulera "Un divorce explosif".

J'espère vous retrouver mercredi. Si non, merci de m'avoir suivie :D.

Un merci particulier aux revieweurs anonymes, je m'en excuse, mais vous savez que je ne pourrais pas vous répondre :).

Bises,
L.

Ps : Une review, et vous aurez le droit de faire un tour dans un placard à balais avec Drago.
Ps² : Vous pouvez encore et toujours me retrouver sur Facebook, sous le nom de Lécrit Fanfiction. J'y réponds plus facilement aux questions que celles posées dans vos reviews ;).