Voila le chapitre 3 à savoir qu'il est beaucoup plus long que les deux autres, j'ai pris mon temps mais j'espère que ça en aura valut la peine ^^"
Je ne sais pas vraiment quand viendra la suite, mais je tenais à remercier tous ceux qui me laisse des reviews et en particulier LouiseMentalist et Tia pour le chapitre deux, en espérant que ce chapitre vous plaira, bonne lecture ;)
Chapitre 3 : Il ne faut jamais se fier aux apparences.
« On ne vit que d'illusions. Les apparences sont infiniment plus savoureuse que la réalité. »
Henri Jeanson.
Lisbon attendait toujours péniblement dans la voiture, angoissée par ce qui pourrait arriver si le mentaliste faisait le malin avec ces grosses brutes. Elle tapotait nerveusement sur le compartiment où était soigneusement rangé son arme, elle regardait en direction de la ruelle où Jane venait de s'aventurer quelques minutes auparavant. Elle se tenait toujours prête à sortir son arme, d'autant plus lorsque Jane était dans les parages, avec lui on était jamais trop prudente, elle se tenait donc sur ses gardes quand une silhouette familière sortit de l'ombre en s'orientant dans sa direction.
Jane avançait tranquillement vers la voiture de Lisbon, il n'avait pas l'air poursuivit, mais le grand sourire qu'il affichait n'inspirait rien de bon à l'agent senior, elle le regarda s'avancer lentement avec nonchalance, et elle se sentit soulagée. Soulagement qui ne dura qu'un bref instant puisque la seconde d'après, un hurlement de rage envahit l'espace qui les entourait, le cri venait très probablement de la sombre ruelle et cela n'annonçait rien de bon. Le « Enfoiré ! » avait été tonitruant. Les craintes de la jeune femme se confirmèrent lorsque le visage de Jane se tordit en une grimace plus moqueuse qu'autre chose. Il se précipita jusqu'au véhicule.
- Démarrer Lisbon ! Vite, faut pas rester ici ! Déclara Jane avec son habituel sourire.
- Qu'est ce que vous avez encore fait ? S'alarma t-elle, tout les sens aux aguets.
- Rien de grave, assura t-il en regardant les hommes se rapprocher rapidement, par contre on devrait vraiment y aller Lisbon...
- Pas avant de savoir ce que vous avez fait ! S'emporta t-elle en se tournant vers lui, les sourcils froncés comme à son habitude.
Mais avant d'obtenir une réponse, Jane se jeta sur le volant et mit le contact, démarrant en appuyant sur le pied de sa supérieure, déclenchant ainsi une exclamation de douleur qu'elle étouffa aussitôt.
- Désolé Lisbon mais je vous le direz en chemin, il faut vraiment qu'on parte d'ici.
Tandis qu'il prononçait ces mots, la bande s'éloignait peu à peu de leur champ de vision, alors que Jane était toujours collé à Lisbon, tenant le volant. Lisbon qui avait la tête contre l'épaule de son consultant rougit et le poussa brusquement, gênée par la proximité.
Elle se repositionna de façon à regarder droit devant elle, comme pour masquer son embarra mais ses joues rosies la contredisaient et le mentaliste ne put réprimer un sourire.
Il se repositionna lui aussi sur son siège et décida qu'il était temps de pratiquer son passe temps favori : taquiner Térésa Lisbon.
- Vous avez chaud Lisbon ? S'enquit-il d'un ton imprégné de malice.
- Pas du tout. Répondit immédiatement son interlocutrice en sentant ses joues s'embraser davantage.
Jane sourit, il adorait voir Lisbon rougir. Il passait son temps à l'agacer et ça l'amusait, mais son plus grand plaisir était bel et bien celui de la faire rougir. Faire rougir Lisbon n'était pas une tâche très compliquée, loin de là, mais il se plaisait à penser que peu de gens s'y essayait, s'arrêtant à son masque de froideur, à son allure garçonne et ses airs autoritaires, sans chercher à creuser sous la surface. Lorsqu'il voyait le rouge atteindre ses pommettes, un sourire victorieux s'affichait irrémédiablement sur son visage, il n'avait jamais réussi, et n'arriverait sûrement jamais à le retenir. Cette teinte rouge caractérisant l'embarra allait décidément trop bien à sa supérieure dont les yeux se mariaient à merveille avec cette peau embrasée. Oui voir rougir Térésa Lisbon était un spectacle dont il ne se lassait décidément pas.
Il laissa son regard glisser le long de son visage, et lorsqu'il arriva à son œil droit, la tristesse envahit son visage. Il se tut car il ne pouvait plus rien ajouter. Il ne savait plus quoi ajouter, il avait beau fanfaronner à longueur de journée, il finissait toujours par attirer des ennuis à la brunette. Et le pire était qu'il recommençait, s'en voulant toujours un peu, mais trop fier pour le reconnaître, comme la fois où elle s'était foulée la cheville par sa faute, avec ces fichus chercheurs d'or rongés par l'avidité.
- Au fait Jane, vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous avez fabriqué pour vous retrouver avec cette armée aux trousses, tenta Lisbon qui avait remarqué l'expression de son consultant qui fixait toujours son œil meurtri, elle essayait de détendre l'atmosphère tout en reprenant teinte humaine et en conduisant.
- Vous ne voulez pas essayer de deviner ? Demanda Jane en grand joueur, abandonnant son air triste pour ne pas culpabiliser son amie. Cependant un voile de tristesse repassa à nouveau devant ses yeux, oui elle culpabilisait alors qu'elle n'avait vraiment pas de quoi. Il faisait les bêtises, elle les subissait, et en plus elle s'en voulait de le faire culpabiliser. Et ça le faisait lui même culpabiliser d'avantage... Leur relation était bien compliquée, mais il ne pouvait que penser qu'il ne la méritait pas, elle qui se soucier toujours des autres, elle qui était honnête et franche, elle qui valoriser la justice comme un idéal à suivre. Elle, la seule femme qu'il connaissait aussi... il ne voyait qu'un mot pour la qualifier. Lisbon.
- Je n'aime pas les devinettes vous le savez Jane, s'empressa t-elle de répondre en le voyant retomber dans la mélancolie.
- Ce n'est pas vraiment pratique quand on est enquêteur... la railla t-il en s'apercevant qu'une fois de plus, elle avait réussi à écarter l'amertume de ses pensées.
- Je rectifie, je n'aime pas VOS devinettes, continua t-elle, à présent prise dans leur éternelle querelle enfantine.
- Oh allez un petit effort Lisbon, ça développera votre imagination, dieu seul sait si vous en avez besoin, la taquina t-il.
- Vous savez ce qu'elle vous dit mon imagination Jane ? Insinua Lisbon, un léger sourire sur le bord des lèvres.
- Bien sûr que je le sais, je suis extralucide ne l'oublions pas, ajouta t-il en souriant de toutes ses dents lorsqu'il vit l'esquisse de sourire de sa supérieure qui leva les yeux au ciel.
- Ah oui, j'avais presque oublier, mais mon imagination va très bien Jane, lui assura t-elle en toute simplicité.
- Vérifions cela, un fantasme particulier?s'enquit-il en sentant venir le moment de la victoire.
Et il ne se fit pas attendre d'avantage, déjà le rouge envahissait les joues de sa supérieure pour son plus grand plaisir, la forçant a légèrement baisser la tête pour se cacher derrière quelques mèches de cheveux.
- Bon Jane, dîtes moi ce que vous avez fait maintenant, demanda t-elle en reprenant son sérieux et en faisant disparaître son sourire de manière à changer de sujet pour un moins embarrassant.
Le mentaliste se concentra sur le paysage en jetant des coups d'œil furtifs à sa collègue.
- J'ai emprunté le porte feuille de l'un d'eux.
- Vous avez quoi ! S'écria t-elle en tournant son regard vers son consultant.
- Quoi, ce n'est qu'un emprunt à durée indéterminé...
- Bon sang Jane vous aviez dit que vous vous tiendriez tranquille !
- Mais je n'ai rien fait d'horrible je ne vois pas pourquoi vous vous mettez dans cet état Lisbon, vous devriez peut être refaire un séminaire pour le contrôle de soi... s'amusa t-il.
- Jane ! Vous n'aviez pas à voler quoi que ce soit, ce sont peut être des témoins ou...
- Oh non pas de problèmes, j'ai d'abord vérifier qu'aucun d'eux ne trempait dans notre affaire, ils sont tous innocents ! Du moins pour cette affaire, ce sont des petites frappes rien de plus... Dit en souriant.
- Jane vous êtes irrécupérable... Et j'imagine que vous l'avez fait pour le plaisir de me causer des problèmes comme d'habitude ?
- Oh là vous me blesser Lisbon, dit avec toute la mauvaise foi dont il était capable, ça ne vous attirera aucun problèmes, de plus, j'ai appris que la boite était le lieu d'un commerce de drogue assez important, parole de scout, ajouta t-il en levant sa main droite à hauteur de son visage, tout en riant légèrement.
Lisbon ne répondit pas, elle se contenta de se diriger vers le CBI, cet homme était irrécupérable, c'était certain.
- Vous savez Lisbon, ils m'ont traité de charlatant ! S'indigna le consultant comme si cette simple remarque pouvait justifier son comportement enfantin.
- Oh je vous jure... se contenta t-elle d'ajouter en soufflant.
Inutile d'ajouter quoi que ce soit, le sourire du mentaliste s'étirait déjà à mesure que la jeune femme secouait la tête en signe d'exaspération. Irrécupérable, oui il était irrécupérable...
.
OoOoO
.
Il observait la jeune femme depuis déjà une bonne demi-heure, mais cela lui semblait durer depuis à peine un quart d'heure. Il aimait agacer Lisbon, la faire rougir, et l'observer pour trouver de petites failles qui lui permettraient d'exercer ses passe-temps était tout aussi intéressant de son point de vue.
Ils étaient tous deux rentrés au CBI sans se dire un mot, mais il ne le ressentait pas comme un froid. Ils y avaient passé la nuit, Lisbon travaillait méticuleusement sur le dossier Framson, et lui, se contentait comme à son habitude d'être étendu sur son canapé, laissant son esprit vagabonder en contemplant la brunette. Son regard se fixa sur le vert de ses yeux qui ne cessait de faire des aller retour d'un bord à l'autre de la feuille du dossier qu'elle lisait attentivement.
Cependant, lorsqu'il s'aperçut qu'elle l'avait remarqué et qu'elle lui lançait à présent un regard interrogateur, il lui envoya un léger sourire, presque gêné et se détourna de ses envoûtantes émeraudes pour se focaliser sur Elvis qui n'avait pas bougé du plafond.
Certes il aimait la regarder, mais il préférait que ça ne s'ébruite pas, elle pourrait se faire des idées, et ses collègues aussi. D'autant que pour lui, Lisbon n'était qu'une amie, une amie honnête, autoritaire, sarcastique, amusante, fascinante, prenante et indéniablement attachante. Mais ça n'en restait pas moins une amie, une amie avec de merveilleux yeux verts -ne put-il s'empêcher de remarquer- mais une amie, seulement une amie...
- Jane vous vous réveillez !
La voix de la brunette avait empli l'open-space qui, heureusement pour eux, était plutôt désert. Le blond se retourna brusquement vers elle, se demandant ce qui lui valait une tellement impatience.
- Eh ben Lisbon, je vous ai connu plus douce ! Que me vaut cette soudaine impatience ? Ironisa t-il en la lorgnant d'un œil interrogateur.
- Jane vous vous foutez de moi ? Demanda t-elle étonnée et contrariée.
Cette fois le blond se fit plus attentif, ne comprenant toujours pas ce qu'on lui reprochait. Il fixa ses prunelles azur dans le vert de la brunette et l'interrogea du regard. Voyant qu'elle même ne comprenait pas à quoi il jouait, il développa ses pensées en paroles.
- Pourquoi est-ce que vous me réprimandez ? Je n'ai encore rien fait mal à ce que je sache...
- Ça fait cinq bonnes minutes que je tape dans ce fichu fauteuil pour vous sortir de votre transe Jane, alors oui, je commence à perdre patience ! S'agaça t-elle.
- Oh... souffla le mentaliste, je devais vraiment être préoccupé ! S'exclama t-il en souriant, provocateur.
- Bien sûr, souffla à son tour la brunette en levant les yeux au plafond, à quoi pensiez-vous de si captivant ? S'enquit-elle, soudain assaillit par une vague de curiosité.
- Vous ne me croiriez pas. Éluda t-il, songeur.
La brunette se contenta de sa réponse, elle était curieuse de savoir ce qui se passait dans la tête de Patrick Jane, mais insister lourdement serait déplacé. Elle se dirigea donc vers le bureau du blond où elle saisit sa veste, avant de la lui lançait. Il la réceptionna plus ou moins habilement, et interrogea la brune.
- Où allons nous ? S'enquit-il en enfilant sa veste.
- La famille vient de rentrer, on va leur rendre une petite visite... décréta t-elle, la mine sombre.
Le mentaliste ne répondit rien et se dirigea vers l'ascenseur en entraînant Lisbon avec lui, une main dans son dos suffisant à la guider.
Les étages défilèrent un à un, et les deux collègues ne parlèrent pas.
Jane savait pertinemment que sa supérieure ne parlait que peu dans ces appareils, elle ne les aimait pas, clairement. Il savait ce qu'elle en pensait, elle les trouvait inconfortables, le silence ambiant qu'ils entraînaient était souvent désagréable et plus que tout, cette musique interminable était totalement insupportable. Il savait donc que durant les trajets en ascenseur, il était plus prudent d'attendre sagement l'arrivée, surtout quand la brunette était agacée, et là, elle l'était. Il ne savait pas pourquoi et ça le chiffonnait, mais lorsqu'elle ouvrit la bouche tandis que la descente des étages continuait, il comprit.
- Au fait Jane, comment ça vous n'avez « encore » rien fait ? Demanda t-elle, les sourcils froncés et les yeux plissés, plus suspicieuse que jamais, Vous avez déjà un plan qui va m'attirer une multitude de problèmes ?
Le mentaliste la regarda, lui adressa un grand sourire et tourna son regard vers les portes de l'ascenseur qui venaient de s'ouvrir. Il se précipita vers sa DS.
- Au boulot Lisbon, la famille nous attend, on ne peut pas se permettre de perdre du temps sur des détails aussi insignifiants ! Lança t-il en feignant l'indignation.
Elle leva les yeux au ciel et lui lança un regard exaspéré, qu'est-ce qu'il pouvait être agaçant...
C'est donc en rouspétant à voix basse qu'elle entra dans son SUV qu'elle démarra, suivit de près par la DS bleutée.
.
OoOoO
.
La demeure des Framson était imposante et d'une taille considérable. Le blanc régnait en surface, et lui donnait un air froid. Lisbon observait attentivement les alentours accompagné de son consultant qui se balançait d'avant un arrière, frénétiquement.
Elle frappa à la porte, et à peine le coup eut t-il été entendu qu'un majordome ouvrait la porte en les invitant à entrer d'une main. Son attitude était pourtant loin d'être avenante, il se complaisait dans la courtoisie classique, mais ne laissa pas ne serait-ce qu'une esquisse de sourire égayer son visage.
La brune le remarqua mais ne fit aucun commentaire, le travail et le professionnalisme avant tout, les remarques déplacées n'étaient jamais bénéfiques à l'enquête.
Jane quant à lui...
- Vous pourriez sourire, je vous trouve très grossier monsieur ! S'indigna t-il en lorgnant la réaction du majordome, et en dissimulant son sourire taquin tant bien que mal.
- Cela convient-il mieux à monsieur ? S'enquit le majordome en un sarcasme, en affichant un sourire forcé évident.
- Vous n'êtes... commença le blond avant d'être interrompu aussi vite qu'elle l'avait pu par sa supérieure.
- Pardonnez mon collègue monsieur, nous sommes ici pour parler à monsieur Framson.
Sa voix avait été calme et neutre, elle ne s'en était pas rendue compte, mais sa main gauche reposait sur le torse du mentaliste, dans sa quête d'éviter les pots cassés, elle n'avait pas vraiment fait attention.
Elle ne s'en était d'ailleurs pas encore rendu compte, mais ce fut la main de Jane venant se poser sur la sienne pour l'entraîner à l'intérieur qui la fit réagir.
Elle se tourna vers lui avec un regard d'excuse, se mordant la lèvre inférieure de plus en plus fort à mesure qu'elle sentait le rouge lui monter aux joues.
Le mentaliste se contenta de lui sourire et de lui rendre sa main, qu'elle venait d'ôter précipitamment en dirigeant son regard vers le sol , laissant par la même occasion ses cheveux masquer ses joues rosies.
La famille de Rebecca Framson était là, devant eux. Lisbon aborda Luc Framson qui venait de raccrocher son téléphone portable, elle savait ce qu'elle allait briser, elle connaissait par cœur l'expression de douleur qui allait naître sur le visage de l'homme qui venait de perdre sa femme. Pourtant, elle le fit, car elle savait aussi qu'elle devait le faire.
- Bonjour monsieur Framson, je suis l'agent Térésa Lisbon du CBI, et voici Patrick Jane, un consultant, récita t-elle poliment en désignant le blond une main ouverte.
Luc Framson se tourna vers Lisbon, il la jaugea du regard avant de lui tendre une main courtoise qu'elle saisit.
- Et que puis-je pour vous agent Lisbon ?
- En fait monsieur, nous venons vous annoncer une mauvais nouvelle...
Elle se tut un instant en voyant le visage de Luc Framson se tendre, il appréhendait la nouvelle, il ne s'attendait certainement pas à ce qui allait suivre, Lisbon se maudit, elle l'avait fait des millier de fois, ce ne serait qu'une fois de plus.
- Votre femme a été victime d'un homicide. Nous l'avons retrouvé hier monsieur, je vous présente toutes mes condoléances.
L'homme en face d'elle ne bougea pas, il resta comme pétrifié. Il venait de perdre sa femme, alors quoi de plus normale pensa la brune, elle aurait aimé pouvoir soulager cet homme en lui livrant le meurtrier de sa femme, c'est pourquoi, comme sur chaque affaire, elle ferait de son mieux, pour rendre justice à cette famille souillée par une personne qui n'aurait su créer que douleur et peine.
- Agent Lisbon je vous remercie.
- Monsieur Framson nous... la brune ne finit pas sa phrase, le ton du mari avait été beaucoup trop calme à son goût, et déjà, alors qu'elle allait reprendre, il ne lui prêtait plus aucune attention, il regardait par la fenêtre d'un air absent.
- Agent Lisbon, allait prévenir mes enfants je vous prie.
Sa voix avait été celle d'un homme sûr de lui, confiant et influent, pas celle d'un homme ayant perdu sa raison de vivre, pas celle d'un homme ayant perdu sa femme.
- Mais... tenta la brunette, abasourdie par ce qu'on lui demandait.
Elle ne put rien ajouter, déjà le téléphone de Luc Framson sonnait, aussitôt décroché par une main calme, sans tremblement, de son autre main, il lui indiqua l'étage. Lisbon en restait sans voix, jamais elle n'avait vu quelqu'un si bien gérer un deuil.
Jane qui avait admiré la scène sans rien dire, en bon consultant poli et réservé qu'il n'était pas, s'approcha doucement de Lisbon en déposant une main amicale sur son épaule. Elle se retourna pour lui jeter un regard étonné, il se contenta de lui faire un signe de tête vers l'escalier menant aux chambres où devait certainement se trouver les enfants Framson.
- Allons-y Lisbon.
- Jane ce n'est pas à nous de...
- Vous préférez que ce soit ce majordome froid et inquiétant qui annonce à deux enfants la mort de leur mère ?
Elle se contenta d'acquiescer en émettant un soupir, elle n'aimait pas annoncer la mort, mais lorsqu'en plus il s'agissait d'enfant, ça n'arrangeait rien.
Ils montèrent chaque marche, Jane sentant Lisbon se tendre un peu plus à chaque marche passée. Mais que pouvait-il y faire ? D'autant qu'il ne comprenait pas pourquoi elle était si... différente ? Lisbon avait toujours côtoyé la mort, c'était son travail, qu'est-ce que cette affaire avait de particulier ?
Arrivés à l'étage, ils s'arrêtèrent à la première porte qui était peinte d'un bleu océan et où une inscription était gravée dans le bois ,d'une écriture italique et soignée : Tayler.
Lisbon y frappa quelques coups, quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur deux visages souriants. Jane qui sourit à cette vision ne put s'empêcher de lancer un regard en coin à sa patronne, ce qu'il vit ne lui plus pas. Lisbon affichait un sourire si forcé que même les enfants durent s'en rendre compte.
D'ailleurs en voyant le sourire crispé de la femme qui se trouvait en face d'eux, une étincelle de peine s'alluma dans les yeux des deux enfants.
- Bonjour les enfants, commença t-elle d'une voix douce, je suis l'agent Térésa Lisbon, je suis du CBI et voici..., continua t-elle en désignant son consultant.
- Monsieur Jane, je suis un consultant. Compléta l'intéressé.
Les deux enfants partagèrent un regard étonné et un voile de tristesse passa devant leur yeux.
- C'est maman ? S'enquirent-ils en un même soupir, craignant la réponse.
Ils étaient collés l'un à l'autre comme s'ils pouvaient tout encaisser tant qu'ils seraient ensemble, cette image fit pâlir Lisbon qui se sentait de plus en plus mal.
- Oui... Hum... Elle...
Lisbon ne savait plus quoi faire, cela ne lui était jamais arrivé auparavant, elle ne trouvait plus ses mots, en voyant ces enfants, ses mots refusaient de sortir. Elle savait qu'elle devait le faire, mais savoir qu'elle allait briser deux petits cœurs purs et innocents était trop pour elle, elle ne s'en sentait pas capable.
- Votre mère est morte les enfants, nous sommes désolés.
Lisbon se retourna aussitôt vers son consultant qui venait une fois de plus de lâcher une bombe.
- Mieux vaut le faire vite, comme avec un sparadrap. S'expliqua t-il en s'excusant au près de sa supérieure.
Cette dernière ne sut que dire, ils se tournèrent donc tous deux vers les deux petits.
Zoé et Tayler regardaient leurs pieds, ils étaient encore plus serrés que la seconde d'avant et leurs visages doux et innocents étaient dévastés par le chagrin.
Ce fut Zoé qui osa relever les yeux vers les deux adultes qui venait de briser son petit cœur, révélant ainsi un visage ruisselant de larmes.
- Qui ? Réussit-elle articuler entre deux sanglots refoulés.
- On ne sait pas encore... répondit Lisbon, honteuse d'être à l'origine de la peine de ces enfants.
- Vous allez le retrouver ? S'enquit alors Tayler qui releva à son tour son visage angélique, encadré par les même boucles brunes que sa jumelle.
- On fera de notre mieux. Répondit Lisbon, bien consciente que cette réponse était la pire de toute pour un enfant venant de perdre un parent.
- On le retrouvera, intervint Jane en attrapant Lisbon par le bras pour quitter les lieux. Tout en descendant les escalier, il adressa un dernier regard aux enfants, et ajouta, Séchez vos larmes les enfants, votre mère ne voudrait pas vous voir pleurer.
A ces mots, Lisbon inclina sa tête vers les deux enfants, elle les vit sécher leurs larmes d'une main ferme, les deux jumeaux se tournèrent l'un vers l'autre, et ils se soutinrent, à l'aide d'un simple regard, d'une simple main qu'il déposèrent chacun sur l'épaule de l'autre.
Elle ne comprenait pas comment Jane faisait cela, il avait réchauffé le cœur de deux orphelins, et elle même savait à quel point cela était douloureux, elle se surprit à penser qu'elle aurait aimé rencontrer quelqu'un comme Jane à la mort de sa mère.
En passant par le salon, Lisbon repassa devant Luc Framson toujours au téléphone et son regard s'arrêta un instant sur une bouteille de scotch sur la table basse, son cœur se serra mais elle se contenta de se laisser traîner dehors par son consultant.
- Souriez Lisbon, nous allons le retrouver, peut importe qui l'a fait. Sourit t-il en embarquant dans sa DS tandis qu'elle même montait dans son SUV.
Elle ne répondit pas, elle démarra et se dirigea vers les bureaux du CBI, à vrai dire elle n'était plus perdue, elle était en colère. Elle lança un regard courroucé à la DS bleutée qui filait son véhicule. Jane avait promis à ces enfants que justice serait faîte, mais que se passerait-il s'il n'y arriverait pas ?
.
OoOoO
.
A peine eut-elle posé un pied hors de l'ascenseur que Rigsby l'interceptait.
- Eh patron, on revient tout juste de NewWorld.
- Et qu'est ce que vous avez appris ? Demanda t-elle en entrant l'open-space Rigsby et Jane sur ses talons.
Elle regarda Cho qui était assis à son bureau, et ce fut lui qui prit la parole.
- C'était une bonne employée, elle était appréciée de tous ses collègues. Elle n'avait pas de problèmes avec les clients, son travail était minutieux et bien bouclé.
- On a aussi appris que depuis son arrivée dans l'entreprise et son mariage avec Luc Framson, les chiffres ont nettement augmentés, on a cherché si des concurrents...
- Mais vous n'avez rien trouvé, je ne pense pas que ça soit le mobile, ça fait un moment qu'elle travaille dans cette entreprise, je ne vois pas pourquoi un concurrent aurait agit maintenant. Mais on ne sait jamais, Van Pelt jetez un œil du côté des actions de l'entreprise, ça pourrait être lié.
- Bien patron, acquiesça la rousse en se tournant vers son ordinateur.
- Et vous de votre côté, vous avez appris quelque chose sur la famille ? S'enquit Cho en parfait professionnel.
Lisbon se renfrogna, elle n'avait même pas pu interroger le mari, il l'avait évincé avec une facilité et un culot déconcertant, quant aux enfants, elle n'avait même pas eut le temps d'essayer, mais elle ne pensait pas en avoir eut la foi de toute façon. Elle s'était laissée aller et elle se gifla mentalement, ça ne se reproduirait plus, elle était une professionnelle et elle ne laisserait rien interférer dans cette affaire.
- Nous n'avons pas pu interroger la famille, nous avons juste annoncé le décès. Il faudra y retourner, j'irai demain, pour l'instant il se fait tard, rentrez chez vous. Dit -elle en passant une main excédée sur son œil droit sans même s'en rendre compte, provocant au passage une grimace du consultant.
- Je vous accompagnerais. Intervint calmement le blond.
Personne n'y prêta attention et Grace repris la conversation.
- Et vous patron ? Osa demander la rousse.
- Je vais rester encore un peu histoire de faire un peu de paperasse, Van Pelt laissez cet machine, vous terminerez demain.
- Oh, ne vous en faîtes pas patron, je suis en train de programmer une recherche automatique, elle sera finie à notre arrivée demain. Expliqua t-elle, heureuse de se sentir utile.
- Vous devriez rentrer aussi patron. Suggéra Rigsby, un peu anxieux quant aux cernes de sa patronne.
- Non ça va aller, je ne suis pas fatiguée, c'est juste le cocard qui donne cette impression... ajouta t-elle en se tournant vers son consultant, d'un regard accusateur.
Les autres quittèrent la pièce en lançant des « A demain » fatigué. Lisbon se dirigea vers son bureau d'un pas las quand une main se posa sur son épaule, la stoppant dans son élan.
- Qu'est ce que vous voulez Jane, j'ai des papiers à remplir, ceux de la plainte de l'officier Anderson aussi d'ailleurs... soupira t-elle de plus en plus fatiguée.
- A propos de ça Lisbon...
Elle le regarda incertaine, il avait l'air assez gêné et ça ne lui ressemblait pas, le blond passait son appui d'une jambe sur l'autre, d'un mouvement nerveux.
- Jane, vous allez bien ? S'inquiéta t-elle.
Il laissa s'échapper un rire enfantin qui détendit la gêne ambiante, mais la brunette le regardait toujours avec des yeux perdus, elle ne comprenait pas du tout ce qui se passait et cela la perturbait.
- C'est tout vous ça, toujours à s'inquiéter pour les autres, s'amusa le mentaliste, je voulais juste m'excuser pour avoir provoquer ça. Sainte Térésa... Finit-il en déposant tendrement sa main sur l'œil bleui de Lisbon, il caressa légèrement son hématome, obligeant de ce fait la jeune femme à fermer les yeux.
- Jane qu'est ce que vous...
Elle se tut lorsqu'elle sentit des lèvres se poser sur sa joue dans une infinie douceur. Ses joues s'enflammèrent une fois de plus et elle rouvrit aussitôt les yeux sous le coup de la surprise mais ne bougea pas, encore sous le choc.
- Vraiment Lisbon, je ne voulais pas qu'il vous arrive quoi que ce soit, je suis désolé.
Sur ces mots, il laissa sa supérieure perdue dans le flot d'émotion et d'incompréhension et prit les escaliers menant au grenier. Il allait probablement encore peu dormir cette nuit, il allait sûrement écrire dans son carnet en quête de réponse, mais une chose était certaine, ce soir lorsqu'il fermerait les yeux, il ne verrait pas un amas de douleur et de larmes, il ne verrait pas sa femme et sa petite fille mutilées, ni cet être abject qui lui avait tout ôté. Il sourit en pensant que finalement, ce monstre n'avait pas gagné, il lui avait pris beaucoup, mais il lui restait encore une chose, et il ne la laisserait pas partir, pour rien au monde il ne s'en séparerait. John le Rouge lui avait tout pris une fois, mais il ne se doutait pas que finalement, une personne avait su l'aider, le ressortir partiellement de cette noirceur et de cette haine. Lisbon était exceptionnelle et s'il avait eût quelqu'un à qui adressait ses remerciement, il l'aurait fait, s'il croyait en dieu comme elle, il l'aurait remercier d'avoir mis sur sa route une femme comme Térésa Lisbon.
Elle pouvait paraître froide de l'extérieur, mais pour rien au monde Patrick Jane n'aurait changé Térésa Lisbon, d'ailleurs, ne dit-on pas qu'il ne faut jamais se fier aux apparences?Il ne ne put que songer à cet instant que dans le cas de Térésa Lisbon les apparences étaient infiniment moins belles que la réalité...Elle était à elle seule la plus belle des exceptions.
Oui, ce soir en fermant les yeux, il verrait deux yeux verts, des joues rosies, et surtout il sentirait ce parfum, il sentirait cette douceur, cette chaleur. Ce soir là en fermant les yeux, il se sentirait bien, car il ne penserait qu'à une chose, à ce petit bout de femme qui le faisait revivre.
Alors? Aimé ? Pas aimé? Verdict?
Reviews \o/
