Disclaimer : Encore une fois, tous les personnages appartiennent à Oda. Je prend juste le droit de jouer avec eux comme je le ferais avec des marionnettes.

Rating : T. Toujours T. Si vous voulez plus, il va falloir être un peu plus patient(e)s. (Je sais même pas pourquoi je mets le "e" entre parenthèses. Y-a-t-il un lectorat masculin dans la salle ?)

Pairing : Toujours rien. Laissez-lui un peu de temps !

Blabla d'l'auteure : Bah... j'ai pas vraiment réussi à faire mieux pour cette fois-là. Je suis en retard, et je crois pas que ça changera de si tôt. Donc j'arrête de vous promettre quoi que ce soit ! Ça arrivera quand ça arrivera.

Remerciements : Toujours à Zombie Doll Loan qui fait de l'excellent boulot, surtout grâce à son avis bien avisé ! :D

Bonne lecture à vous !

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.xXx.

Shanks courait depuis plusieurs minutes déjà. Il avait quitté la ville et se ruait vers la crique en esquivant les arbres. Ses poumons le brûlaient et il avait de plus en plus de mal à respirer mais ne voulait pas s'arrêter. Il ne pouvait pas.

Il écartait les branches et les fougères qui se dressaient devant lui au fur et à mesure de sa course effrénée. Les arbres défilaient et le jeune homme n'arrivait plus à se repérer. Il se contentait d'aller tout droit et d'espérer qu'il suivait le bon chemin. Tous les buissons et les rochers se ressemblaient, et il n'avait pas réussi à trouver le sentier qu'il avait emprunté ce matin-là.

Il fut soulagé quand, soudain, une percée se fit entre les arbres et lorsque la plage se montra devant lui. Bien qu'il faisait nuit, il put distinguer les contours de l'Oro Jackson grâce aux lampes du groupe de garde. Il ne réussit pas à ralentir suffisamment sa vitesse, aussi dévala-t-il sur quelques mètres la petite pente de galets. Il atterrit sur les fesses et bascula en arrière, les bras en croix pour pouvoir respirer normalement.

Son cœur battait tellement fort qu'il donnait l'impression de vouloir sortir. Il fallut plusieurs minutes au mousse pour reprendre son souffle, le manque d'oxygène lui tournait la tête. Ou bien était-ce ce qui s'était passé en ville ?

Il soupira et se redressa. Est-ce que le corps d'une femme le dégoûtait à ce point ? Ou était-ce le stress et l'angoisse qui l'avaient rendu malade ? Il n'en savait rien, mais à bien y repenser, rien ne l'attirait vraiment chez cette femme. Elle était belle, certes, mais son corps… Il plongea la tête entre ses mains. Il n'était pas fait pour ça. Il n'arrivait pas à trouver quelque chose d'excitant dans ces courbes. Il ne serait pas comme les autres.

Shanks se rendit compte que ses épaules tremblaient et que ses mains étaient humides. Est-ce qu'il pleurait ? Il releva la tête et vit qu'effectivement, les larmes coulaient sur ses joues, sans qu'il puisse les retenir. Elles se déversaient avec abondance sur son visage, continuaient jusqu'à ses lèvres, y laissant un goût salé, puis atterrissaient lourdement sur sa chemise. Il ne chercha même pas à arrêter le flot qui sortait de ses yeux, car pleurer le soulageait.

Soudain, il entendit des pas derrière lui. Il essuya ses yeux à la va-vite, bondit sur ses pieds et se retourna d'un bond, la main sur le pommeau de son épée, prêt à dégainer.

- Qui va là ? s'exclama-t-il.

La silhouette de l'homme se rapprocha, et le mousse put voir son visage.

- Capitaine ? Excusez-moi, j'ignorais que c'était vous.

Roger rit de bon cœur en continuant d'avancer.

- Au moins, je suis sûr que le bateau ne sera pas attaqué pendant la nuit, si tu tiens la garde ainsi.

Il vint s'assoir près du matelot sans le regarder, avec un sourire malicieux.

- Tu comptes rester debout ?

Shanks hésita une seconde et s'assit à côté de son capitaine. Il replia ses jambes contre lui et laissa tomber ses cheveux devant son visage : il devait avoir les yeux encore rouges, et, bien qu'il fasse nuit, ils étaient proches et Gol D. Roger ne manquerait pas de le remarquer.

- Que faites-vous ici, capitaine ? demanda le jeune homme d'une voix enrouée.

- Je suis venu prendre l'air. La nuit est belle, n'est-ce pas ?

- Oui…

- Et toi ? J'avais cru comprendre que tu allais en ville ce soir.

Shanks déglutit. De quoi était-il au courant exactement ?

- Je… Je suis rentré plus tôt. J'avais aussi besoin de prendre l'air.

- C'est vrai qu'il y avait beaucoup d'animation en ville ce soir. De temps en temps, il fait bon d'être au calme.

- Et quoi de plus calme que l'Oro Jackson qui dort ?

- Ha ha ha ! Tu as bien raison gamin !

Le gamin en question l'observa du coin de l'œil. L'homme à côté de lui souriait, pour ainsi dire, tout le temps. Il émanait de lui une telle joie de vivre. C'était, entre autres, pour ça qu'il l'admirait tant. Peu importait qu'il pleuve, qu'il neige, qu'ils soient attaqués par des ennemis ou emportés dans un maelstrom, le sourire ne quittait jamais son capitaine. Il avait cette capacité peu commune à prendre la vie comme elle venait. Comme il l'enviait…

Shanks sentit que son chapeau se soulevait, et il eut peur qu'un coup de vent ne l'emporte. Mais en fait, il ne s'agissait que de la main de Roger qui s'en était emparé.

- Je me souviens encore du jour où j'ai obtenu ce chapeau. Je crois que je ne l'oublierai jamais.

Il fit tourner le couvre-chef entre ses doigts et le garçon l'observa au travers de ses cheveux. L'homme eut un sourire légèrement nostalgique, comme s'il se remémorait ce moment de sa jeunesse. Puis il reprit :

- Tu sais Shanks, longtemps j'ai cru que c'était ce chapeau qui m'avait porté chance tout au long de ma vie. Mais avec le temps, j'ai fini par comprendre. Je me suis rendu à l'évidence : ce n'est qu'un chapeau de paille, rien de plus. Ce qui le rend si spécial, c'est l'homme qui se trouve en-dessous. Au moment où j'ai compris cette chose essentielle, j'ai su que je le donnerais à mon tour à quelqu'un de spécial. Un garçon courageux et voué à devenir quelqu'un de grand. Un homme qui se moquerait bien de ce que peuvent penser les gens.

Le futur roi des pirates se releva et posa le chapeau sur la tête rousse qui le regardait.

- Shanks, je ne suis qu'un homme, et il m'arrive de faire des erreurs. Mais crois-moi, en ce qui te concerne, je ne me suis pas trompé.

Son regard croisa enfin celui du mousse, et ce dernier se sentit transpercé par ces yeux sombres. Puis Roger s'éloigna vers le bateau, le laissant de nouveau seul sur les galets.

- Merci… souffla Shanks dans un sanglot.

.xXx.

C'était déjà l'heure du départ. Ils n'avaient passé qu'un jour et une nuit sur cette île, mais le log pose était déjà rechargé. Tout le monde s'activait sur le bateau, pour terminer à temps les préparatifs de leur départ. Les pirates de Gol D. Roger partaient pour une durée indéfinie, et de manière générale, les marins qui naviguaient sur Grand Line n'étaient jamais sûrs d'avoir suffisamment de vivres pour le voyage.

- On lève l'ancre ! Larguez les voiles !

Shanks posa son seau quelques secondes pour observer l'île s'éloigner lentement. Il espérait n'avoir jamais à remettre les pieds ici.

- Shanks ! Quand tu auras fini de gober les mouches, tu iras aider Baggy à laver les dortoirs !

- Tout de suite !

Il s'empara de son seau et fila aux dortoirs où il retrouva son ami.

- Salut Baggy !

L'interpelé leva les yeux vers lui.

- Qu'est-ce qu'il te prend aujourd'hui ? T'as l'air presque de bonne humeur.

- J'ai discuté un peu avec le capitaine.

- Et c'est ça qui fait que t'es pas aussi déprimé que l'autre jour ? Il t'en faut pas beaucoup…

- A ce que je vois, tu es toujours aussi aimable.

- Mmh.

- Tu m'en veux encore ?

- Mmh.

- Parce que je t'ai frappé ?

- Mmh.

- A cause de ce que je t'ai dit ?

- Mmh.

- J'ai quelque chose pour to…

- MAIS FOUS-MOI LA PAIX ! l'interrompit le clown.

Il s'acharna sur son balai, visiblement énervé. Puis il redressa vivement la tête :

- Attend ! Tu as quelque chose pour moi ?!

Shanks ne répondit pas et se contenta de passer la serpillère.

- Eh ! Réponds-moi ! Tu as un cadeau pour moi ?

- Faudrait savoir, je croyais que tu voulais que je te foute la paix.

- J'ai changé d'avis. C'est quoi ? Donne-le-moi !

Shanks lui tira la langue et rit aux éclats, avant d'essayer de semer le clown qui lui courait après à travers le dortoir. Celui-ci finit par le rattraper et le secoua comme un prunier après l'avoir jeté par terre, réclamant son cadeau.

- Mais vous êtes incroyables tous les deux, fit une voix derrière eux. Soit vous vous battez, soit vous jouez. Mais dans les deux cas, vous n'en faites pas une ramée !

- Rayleigh ! s'étonna Shanks en se relevant promptement.

- Euh… bafouilla Baggy. C'est que… On allait s'y mettre… quand… en fait…

L'homme leur lança un regard noir.

- On s'y met tout de suite ! rajouta le roux.

Les deux mousses se lancèrent avec ardeur au travail, sous les yeux désespérés du second.

- Ces gosses me tueront… soupira-t-il en remontant sur le pont.

Le silence s'installa dans le dortoir, alors que Shanks et Baggy nettoyaient le sol.

- Pst, tu vas me le donner ou pas ?

.xXx.

Cette nuit-là, Shanks se réveilla en sursaut. Il était trempé de sueur et son cœur battait la chamade, alors que son hamac se balançait dangereusement. Le jeune homme tenta de garder l'équilibre et de retrouver ses esprits. Avait-il fait un cauchemar ? Il n'en était pas vraiment sûr, il ne s'en souvenait déjà plus. Il regarda autour de lui et aperçut une chevelure bleue dans la couchette voisine. Ça lui revenait un peu, Baggy était là. Est-ce que le clown avait essayé de le… tuer ? Shanks secoua la tête et descendit de son hamac. Il avait besoin de se rafraîchir les idées.

Il alla dans la salle de bain et se passa de l'eau avec abondance sur le visage, puis il posa ses mains sur le rebord du lavabo et soupira. Il devait être pas loin de trois heures du matin, et le mousse ne se sentait pas capable de se rendormir tout de suite. Il allait encore se trainer comme une larve le lendemain. Ses yeux balayèrent machinalement le sol, et un bout de papier qui dépassait de sous l'armoire attira son attention.

Il se pencha et s'en saisit. Il s'agissait en fait d'un magazine. Et au vu de la couverture, son propriétaire l'avait intentionnellement glissé sous le meuble. Une blonde à la poitrine généreuse - très généreuse - posait en sous-vêtements roses sur un lit défait. Shanks resta un moment perplexe au milieu de la salle d'eau à fixer le magazine, puis il tourna quelques pages. Mais il avait beau regarder ces femmes, il n'était même pas émoustillé par tant de chair à découvert. Il soupira profondément. C'était à prévoir.

Le jeune homme se baissa de nouveau pour remettre sa découverte à sa place, quand une autre page glissa sur le sol. Ses yeux se posèrent dessus et s'écarquillèrent. Il regarda autour de lui et s'empara vivement de la feuille. Qu'est-ce que c'était que… ça ? Il resta prostré quelques secondes, tendant l'oreille pour être sûr que personne ne rentrerait à l'improviste. Une fois certain de bien être seul, il jeta un deuxième regard.

Deux hommes. Nus. Il déglutit et rougit un peu plus au fur et à mesure qu'il détaillait la photo. Ce n'était pas tant la nudité masculine qui le troublait. Non, il savait comment était fait un homme - et pour cause ! Non, ce qui le troublait, ce qui le perturbait, c'était…

- Il lui met les doigts dans le… !

Le jeune mousse plaqua sa main contre sa bouche et s'interrompit brusquement. Il n'avait absolument pas eu l'intention de le dire à voix haute. Par chance, il n'y avait personne dans le couloir. Personne pour l'entendre. Personne pour le voir. Mais lui voyait. Il voyait cet homme, dans lequel l'autre introduisait trois doigts. Il voyait cet homme en sueur, qui bandait de tout son sexe, qui ouvrait la bouche, et qui avait l'air d'aimer tellement ça.

Est-ce qu'il criait ? Certainement. De tout son corps vibrant émanait le plaisir. Son torse tendu, ses mains agrippées aux draps, sa tête légèrement penchée en arrière, ses cheveux collés par la sueur, ses joues rouges, ses yeux presque fermés.

Shanks sentit une chaleur bien connue envahir son bas-ventre. Doucement, il vit son corps se réveiller. Il glissa lentement sa main dans son pantalon, et commença à se caresser.

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Voilà, voilà. Faites-moi savoir si ça vous a plus grâce à la review. Ça m'aiderai peut-être à avancer plus vite ! :P (Comment ça "c'est du chantage ?")

A bientôt pour le prochain chapitre ! :D