Je dédie ce chapitre au roi Lulu et à sa rusée maîtresse !

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Dédicace aux fidèles mousquetaires :

Paige0703, Jade181184, CoolMhouse, Coljayjay, Rochelle 17, Val81, Daniela, Lorina

Et à notre Nourann

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Bonne lecture !

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La journée s'écoula sans incident. La première séance de thérapie des époux Sadjis fut reportée au lendemain, l'épouse s'étant plainte d'un léger malaise juste avant le déjeuner. Il lui fut proposé de consulter mais elle refusa et préféra rester dans sa chambre qu'elle ne quitta pas de l'après midi, puis de la soirée, se faisant servir son dîner sur place. Finch se chargea de la surveiller via la caméra. Robert erra dans le centre, visiblement désœuvré et encore plus mécontent d'être là. Il organisa une vidéo conférence avec son assistant qui au moins l'occupa pendant deux heures. Le soir il dina seul dans un coin du restaurant puis passa un peu de temps dans la salle de divertissement pour finalement décider d'aller se coucher. John l'avait discrètement suivi durant tout ce temps sans rien détecter d'anormal. Il soupira de soulagement en voyant se terminer cette journée d'ennui. Il regagna la suite, Zoé remarqua son air tendu.

-« En manque d'action John ? »

-« Tout juste. A mon avis leurs patients se réconcilient rapidement pour ne pas avoir à rester ici et mourir d'ennui ! »

Zoé gloussa

-« Toujours aussi excessif ! Moi en tout cas j'en profite, il y avait longtemps que je n'avais pas prit de telles vacances »

-« Content pour toi » marmonna Reese « ça fera au moins un point positif ! » il traversa la pièce, se dirigeant vers sa chambre « j'espère que nous aurons un peu plus d'action demain ! » remarqua t-il « Bonne nuit Zoé ! »

-« Bonne nuit John » répondit celle-ci en le suivant des yeux. Elle reprit sa lecture avec un soupir, vaguement frustrée de son indifférence.

John appela son associé

-« Du nouveau Finch ? »

-« Rien du tout M Reese. J'ai enquêté sur les collaborateurs de M Sadjis sans rien découvrir de négatif. Il a quatre employés qui semblent tous parfaitement satisfait de leur patron »

-« Tiens comme moi » remarqua John spontanément « enfin sauf quand il m'envoi sur une mission beaucoup trop tranquille » ajouta t-il précipitamment pour atténuer sa réflexion.

-« Désolé M Reese. Je n'avais pas songé à programmer la machine pour qu'elle ne sélectionne que des missions comportant un maximum d'action » ironisa Finch

-« Dommage. Mais venant d'un homme aussi pacifiste que vous ce n'est pas étonnant »

-« Sans doute » approuva l'informaticien « pour en revenir à nos propos, si les employés de M Sadjis semblent apprécier leur patron, il en va différemment pour l'épouse. Elle n'a en moyenne que deux assistantes mais qui changent sans cesse. La plus endurante a tenu neuf mois »

-« Une raison ? »

-« Il semble que Miss Sadjis se montre assez tyrannique envers ses employées. Deux plaintes ont d'ailleurs été déposé contre elle pour harcèlement moral »

-« Je vois. La réussite lui monte à la tête dirait-on »

-« Elle a mauvaise réputation au point d'avoir du mal à recruter »

-« Et son " malaise" ? Faut-il y croire ? »

-« Difficile à dire puisqu'elle a refusé de voir un médecin mais je ne vois pas pourquoi elle chercherait à gagner du temps. Surtout qu'elle est à l'origine du séjour »

-« Bon. A défaut je vais aller me coucher. Je doute qu'il se produise quelque chose ce soir. Vous allez vous reposer aussi Finch ? »

L'informaticien allait répondre lorsqu'il aperçut du mouvement dans la suite des Sadjis. Mais c'était seulement Robert qui s'installait sur le balcon. Rien d'alarmant. Il décida de ne rien dire. Il serait toujours temps de rappeler son agent si Robert s'éloignait, en attendant autant le laisser bénéficier d'une soirée de repos, ce n'était pas si fréquent.

-« Oui autant en profiter M Reese » répondit-il fermement

-« Alors bonne nuit Harold »

-« A demain M Reese »

Finch observa Robert qui semblait perdu dans ses réflexions. Au bout de vingt bonnes minutes il se décida enfin à quitter le balcon et à regagner sa chambre. Il fut soulagé de ne pas avoir à rappeler John, préférant privilégier son repos. Il consultât la caméra de la suite. Zoé était toujours installée dans son fauteuil avec un livre. A cet instant il la vit remuer puis se lever. Elle parut hésiter quelques secondes puis se dirigea vers la chambre du fond. Finch songea qu'il devait couper la réception mais c'était plus fort que lui, il voulait savoir…

Zoé frappa. La porte s'ouvrit presque aussitôt. Apparemment John n'était pas couché. Il portait toujours son costume, à l'exception de la veste, mais avait déboutonné sa chemise. Il vit Zoé s'appuyer sur l'encadrement de la porte. Ils échangèrent quelques mots et Finch se surprit à regretter de ne pas avoir le son pour entendre leur conversation. Puis il vit la jeune femme croiser les bras et se redresser, visiblement moins détendue. John eut un haussement d'épaules et se détourna légèrement. Elle dut ajouter quelque chose pour le faire réagir parce qu'il tendit la main et pressa un instant son épaule. Finch craignit qu'il ne l'embrasse mais John n'en fit rien. Au contraire il la lâcha après quelques secondes et s'écarta un peu. Elle secoua la tête puis se détourna. John l'observa un instant puis rentra dans sa chambre, fermant soigneusement la porte derrière lui. Zoé observa la pièce avec une moue contrariée puis gagna sa chambre. Fallait-il y voir une tentative de sa part de reprendre leur ancienne relation ? Sans aucun doute. Mais dans ce cas il était clair que John n'était pas d'accord. Finch en conçu un étrange sentiment de soulagement qui l'étonna lui-même…

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Installé confortablement dans son fauteuil, Finch suivait la séance de thérapie des époux Sadjis à l'aide du micro posé par son agent lors de la séance du matin et de la web cam de l'ordinateur. Elle durait depuis une demi-heure et il ne trouvait pas que ce soit très constructif jusqu'à présent.

-« Miss Sadjis. Il semble que vous preniez régulièrement des anxiolytiques assez forts ? » Demanda le médecin

-« En effet docteur. Si j'étais moins stressée je pourrais éviter d'en prendre autant sans doute » répondit Sophie en jetant un regard appuyé à son conjoint

-« Hey ! Tu dis toujours que c'est ton boulot qui te stresse et que tes clients finiront par te tuer avec tout ce qu'ils te font faire. Me mets pas tout sur le dos non plus » protesta Robert

-« Est-ce vrai Miss Sadjis ? »

-« C'est vrai. Je suis stressée par mon boulot mais je pourrais quand même prendre de plus petites doses s'il n'y avait que cela ! »

-« T'as qu'à en changer. Mais c'est plus facile de changer de mari que de boulot de nos jours, pas vrai ? » Ricana son époux.

Sophie serra les dents

-« Si c'est une suggestion » persifla t-elle

-« Je ne crois pas que tu avais besoin de nous trainer ici pour réaliser ça »

-« Non, tu as raison. Mais j'espérais encore sauver notre couple tu vois, sauf que tu n'as pas l'air intéressé ! »

-« Autant que toi "chérie"»

-« Allons, calmons nous » les interrompit le thérapeute. « Il est bon de s'exprimer mais la colère est mauvaise conseillère » Il continua sur des conseils sur la meilleure manière d'exprimer son ressentit.

Finch soupira, pas certain que d'entendre cela fasse avancer leur enquête. En tout cas cela ne lui était pas agréable. Un peu comme John, qu'il avait rarement connu aussi agacé par une mission. Même lorsqu'il était intervenu pour le couple Wyler. Cette histoire présentait des similitudes d'ailleurs. Mais à l'époque cela n'avait pas semblé l'ennuyer autant, qu'est ce qui avait changé ? Peut être l'obligation de rester enfermé dans ce centre. Pas la compagnie de Zoé tout de même ? Puisqu'ils se voyaient de temps en temps à une certaine époque. Et ce n'était certainement pas que pour jouer aux cartes. « Etonnant que ce ne soit plus le cas » songea t-il à nouveau. Mais la scène de la veille était explicite. A nouveau il éprouva cet étrange sentiment de soulagement. Il est vrai que cela le contrariait vaguement lorsqu'il y pensait. Souvent l'idée que Reese pouvait se créer une attache qui l'éloignerait de leurs missions et de lui, l'effrayait. Finch était assez honnête pour reconnaître combien il appréciait la présence de son partenaire. Il avait besoin de sa bonne humeur, de sa présence rassurante, de son sourire si lumineux qui avait le don de rendre sa journée plus belle. Chaque matin il se surprenait à l'attendre impatiemment. Il détestait rester trop longtemps sans nouvelles de lui et plus encore le savoir en danger. Toutes ces pensées, bien sur, prouvaient la valeur de leur amitié. Il existait un lien précieux entre eux auxquels Finch tenait énormément. De plus en plus en fait. Et qui prenait beaucoup de place dans sa vie. De plus en plus de place. Finch sursauta brusquement comme il prenait conscience de sa dépendance, de ce besoin de lui, de son attachement un peu trop prononcé. Tout cela porte un nom comprit-il et ce n'est pas "amitié"…

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Finch ne dormit pas beaucoup cette nuit là. Il avait bien trop de choses en tête. Sa récente découverte le perturbait au plus haut point. Mais il avait beau y réfléchir, il en arrivait toujours à la même effrayante conclusion. Mais il y avait pire encore. Son cerveau avait soigneusement analysé ses pensées bien sur, mais aussi le comportement de son agent ces derniers temps, et vu avec un regard neuf, certains détails lui avaient sautés au visage, des réflexions, des regards, des attitudes qui prenaient soudain un tout autre sens. Certaines taquineries au double sens flagrant. Sans parler de cette réflexion sur le thé que Zoé lui avait rapporté. Et il songea que si son analyse était correcte, c'était encore plus effrayant qu'il ne l'avait imaginé. Qu'allait-il donc faire de toute ces informations ?

La première réponse qui lui venait à l'esprit, logique, était de les vérifier. Sauf que c'était loin d'être simple. Il pouvait se tester, le résultat ne regarderait que lui. Mais tester John lui semblait extrêmement dangereux. S'il se trompait, il serait ridicule et pire, cela pourrait nuire à leur mission. Mais s'il avait raison, que devrait-il faire alors ? Ce ne serait sans doute pas plus profitable à leur association. Et que penserait John ? Comment réagirait-il ?

Finch avait bien l'intention de garder pour lui ce qu'il ressentait, mais connaissant son agent, il n'était pas du tout certain qu'il choisisse la même option s'il estimait avoir la moindre chance de pouvoir exprimer ses sentiments et le moindre espoir que ceux-ci lui soient rendus. Pas définitivement en tout cas…

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Le troisième jour au centre commença comme les précédents à l'exception de la séance de thérapie. La veille Reese avait montré tant de mauvaise volonté, restant muet le plus souvent, même lorsque le thérapeute insistait pour qu'il s'exprime, que ce dernier avait décidé de reporter la séance suivante de 48H pendant lesquelles l'ex agent était invité à "mener une réflexion profonde sur son attitude et son refus de communiquer". John espérait bien que l'enquête serait finie avant que le médecin ne comprenne qu'il n'avait aucune intention de suivre ses directives.

Pendant que Zoé restait au Spa à surveiller Sophie, John suivit Robert dans ses déplacements. Ce type ne tenait pas en place et il ne faisait pas de doute qu'à ce rythme il connaîtrait bientôt chaque recoin du parc par cœur. Il passait aussi beaucoup de temps au téléphone avec ses collaborateurs. A midi il le suivit jusqu'au restaurant. Sitôt entré celui-ci fut apostrophé par l'un des clients.

-« Robert ! Qu'est ce que tu fais ici mon vieux ? »

-« Jacob ? La même chose que toi je présume »

-« J'ignorais que tu avais des soucis avec Sophie »

L'architecte haussa les épaules

-« Je pense que mon deuxième mariage ne sera pas plus réussi que le premier » constata t-il fataliste.

-« Dommage. Vous alliez bien ensemble »

-« Mais toi avec Suzan ? »

-« Bof. Ca fait longtemps que ca traine. J'ai décidé de divorcer. Je n'ai que 38 ans, j'estime que je peux encore avoir la vie que je voulais »

-« Je vois. Les enfants ? »

-« Ca fait 15 ans que j'attends qu'elle se décide mais elle est toujours trop occupée, par sa carrière, ses activités…. La vérité c'est qu'elle n'a pas envie d'en avoir voilà tout. Je l'ai bien compris »

-« Pourquoi ne pas l'avouer ? »

-« Parce que dans sa famille on ne divorce pas, parce qu'elle aime son confort et que je pense que je ne suis pas le pire mari de la terre » ironisa Jacob « Je crois qu'elle aime sa vie ainsi donc pas de raison d'en changer. Mais moi j'ai toujours voulu une grande maison, des gosses et des chats. Alors je me suis décidé. C'est le moment ou jamais après je serais trop vieux »

-« T'as raison » jugea Robert

-« Et toi avec Sophie ? »

-« On est plus sur la même longueur d'onde. Elle ne pense qu'à son boulot, sa réussite, ses soirées. Ca fait au moins trois ans qu'on a pas pris de vacances ni mis les pieds au chalet »

-« Sans blague ? »

-« A la réflexion je pense qu'elle m'a épousé pour avoir un statut social, lancer sa carrière. Mary était moins mauvaise finalement »

-« Tu as lâché la proie pour l'ombre quoi. Et ta fille ? Tu la vois souvent ?»

-« Non. Elle fait des études, ca lui prend du temps. Et puis ce n'est pas l'entente cordiale avec Sophie »

-« Si tu divorces au moins tu pourras la voir plus souvent » suggéra Jacob

-« Ouais possible » émit Robert pas vraiment enthousiaste.

-« Tu n'as pas la fibre paternel toi, tu aurais pu t'entendre avec Suzan » se moqua son ami

-« Très peu pour moi. Ca ne nous aurait fait qu'un seul sujet en commun » gloussa l'architecte.

-« Tu attends Sophie là ? »

-« Non »

-« Alors on déjeune ensemble ? »

-« D'accord, avec plaisir » approuva Robert

Les deux hommes s'attablèrent et pour une fois il y eu un repas joyeux dans la salle. Reese les écoutait via le téléphone de Robert mais Jacob n'avait rien d'une menace. Finch le lui confirma

-« Jacob William est un ancien copain de fac de M Sadjis. Il est propriétaire d'une petite compagnie de transport. Sa femme possède une galerie d'art »

-« Ah, elle est intéressante pour vous Harold » s'amusa l'ex agent

-« Elle est plutôt spécialisée dans la sculpture ce qui n'est pas vraiment mon domaine de prédilection » répondit l'informaticien en jouant le jeu.

-« Tant pis. Elle vient de perdre un client » commenta Reese. Il redevint sérieux « Robert reçoit un appel » annonça t-il avant de basculer la ligne pour écouter. Mais c'était seulement un appel professionnel qui ne leur apporta rien. Toutefois Robert alla s'isoler aux lavabos pour répondre. Alors qu'il s'était éloigné de la table le serveur apporta les desserts. Jacob commença le sien, tout en observant avec intérêt celui de son voisin. Comme celui-ci ne revenait pas il en profita pour voler une cuillère de chantilly sur sa tarte aux pommes. Puis un morceau de ladite tarte

-« Plutôt gourmand » commenta Reese perplexe « il vient d'avaler la moitié du dessert de Robert »

-« Un peu sans gêne » approuva Finch

Robert revint à cet instant et surprit le voleur

-« Hey ! Te gêne pas dis donc ! T'as pas changé » s'exclama t-il

-« Que veux tu, on ne se refait pas ! J'adore les pâtisseries et… » Jacob s'interrompit brusquement. Reese le vit rougir et porter la main à sa poitrine. Robert l'interpella affolé.

-« Que se passe t-il M Reese ? » interrogea Finch alarmé

-« Jacob fait un malaise » répondit John avant de se précipiter pour allonger l'homme sur le sol, ouvrant le col de la chemise pour l'aider à respirer, intimant à Robert d'appeler des secours. Un patient accouru du fond de la salle :

-« Je suis médecin, laissez moi voir ! » lança t-il en s'agenouillant à côté de Jacob. L'homme s'affaira avec des gestes surs

-« C'est une crise cardiaque ? » demanda Robert inquiet

-« Non. Cet homme fait une réaction allergique » répondit le médecin « Il lui faut des soins immédiatement »

Une infirmière entra

-« Une ambulance arrive. Que peut-on faire ? »

-« Il faut tacher de le maintenir » affirma le médecin d'un air sombre. Jacob respirait avec peine et semblait au plus mal. Le médecin questionnait l'infirmière sur ce qu'elle pourrait lui ramener de la salle de soins. John fit quelques pas en arrière.

-« Finch ? »

-« Oui ? Comment va M William ? »

-« Mal. Le médecin pense qu'il fait une réaction »

-« Mais vous n'y croyez pas » devina Finch en percevant son ton dubitatif

-« Non. Je crois qu'il a été empoisonné. J'ai remarqué certains signes que je connaissais bien avant »

-« Lorsque vous étiez à la CIA ? »

-« Exact »

-« Alors quelqu'un en voulait à M William ? » demanda l'informaticien

-« Ou plutôt a Robert. Si c'est bien le produit auquel je pense il agit rapidement. Je crois que Jacob n'aurait pas du se montrer aussi gourmand »

-« Vous pensez que le dessert de M Sadjis a été empoisonné ? » s'exclama Finch

-« Vu qu'il est notre numéro cette hypothèse me semble solide »

-« C'est une façon d'agir particulièrement sournoise » commenta l'informaticien inquiet « Comment pourraient-ils surveiller la nourriture ? Et John n'allait-il pas être exposé ?» songea t-il perturbé

Les secours arrivèrent et évacuèrent Jacob inconscient. Le médecin les suivit. Robert resta les bras ballant à les regarder emmener son ami. Il semblait réellement choqué par ce qui venait de se passer. Il se tourna et aperçu Reese.

-« Merci pour votre intervention » dit-il alors

-« C'est normal. J'espère que votre ami s'en sortira »

-« Moi aussi. C'est un brave gars et il a des projets » approuva l'architecte dépité. Il tendit la main vers son vis-à-vis « Robert Sadjis » annonça t-il

-« John Randall » répondit l'ex agent en lui serrant la main

-« Je ne vous demande pas pourquoi vous êtes là » ricana Robert

-« Ce n'est pas vraiment nécessaire. Je crois que nous avons tous la même raison »

-« Ouais. Enfin moi c'était une idée de ma femme et ce n'est pas très concluant et vous ? »

-« Même chose et même résultat je dirais »

-« J'ai l'impression que leur publicité est plutôt mensongère »

-« Ou peut être ne sommes nous pas assez motivé » se moqua Reese

-« Ca c'est bien possible. Quand c'est fini à quoi bon persister ?» jugea l'architecte. Il soupira. « Je vais aller faire un tour au parc j'ai besoin de prendre l'air. Bonne journée ! » Lança t-il

-« A vous aussi » répondit John. Il le laissa s'éloigner puis s'apprêtait à le suivre lorsqu'il reçu un appel de Zoé

-« John j'ai perdu de vue Sophie » dit-elle d'une voix urgente

-« Où était-elle la dernière fois que tu l'as vu? »

-« Elle est entrée dans le sauna et n'en est pas ressortie. Je me suis inquiétée et je suis allée vérifier mais il était vide. J'ignore où elle a pu se rendre. J'étais près de la sortie et je ne l'ai pas vu repasser »

-« J'arrive » affirma John. Il traversa rapidement le bâtiment jusqu'à la zone du Spa.

-« As-tu trouvé une autre sortie ? » interrogea t-il en arrivant

-« Non aucune »

John s'avança

-« A cette heure les séances du matin sont terminées et le Spa est quasiment désert » constata t-il

-« C'est pourquoi j'ai trouvé cela suspect » jugea Zoé

-« Où peut-elle être ? » marmonna John. Il pressa son oreillette « Finch, pouvez vous vérifier si Sophie est dans sa chambre ? »

Il entendit son associé activer quelques touches

-« Non M Reese. La suite est vide »

John parvint devant une porte fermée à clé

-« Ca donne sur la piscine » commenta Zoé « Mais un assistant est venue la fermer il y a dix minutes »

-« Il faut s'assurer qu'elle n'est pas restée enfermée » affirma l'ex agent. Il força la serrure sans difficulté et entra dans la salle. Tout de suite il avisa la forme blanche dérivant à la surface de l'eau, face contre le fond. Sans prendre la peine de se déshabiller il plongea pour secourir Sophie, la ramenant aussi vite que possible sur le bord tandis que Zoé appelait les secours. Il l'installa sur le sol et entama aussitôt un massage cardiaque. Au bout d'interminables secondes la jeune femme finit par réagir. Elle se mit aussitôt à tousser et à cracher de l'eau, cherchant son souffle.

-« Les secours sont en route » précisa Zoé alors que John aidait la jeune femme à s'asseoir. Il porta machinalement la main à sa poche et réalisa qu'il avait plongé sans prendre soin de déposer son portable avant.

-« Zoé peux tu appeler Harold pour le rassurer ? »

-« Bien Sur » affirma celle-ci. Elle lança l'appel

-« Harold nous avons retrouvé Sophie »

-« John va bien ? » demanda aussitôt l'informaticien

-« Heu oui » répondit Zoé surprise de sa réaction « Sophie était dans la piscine mais John l'a sorti à temps. Comment saviez vous qu'il se passait quelque chose ? »

-« Oh heu… une intuition. L'habitude je suppose » balbutia l'informaticien

Zoé en resta perplexe. Finch semblait doté d'un sixième sens dès qu'il s'agissait de son agent

Des infirmiers entrèrent et s'avancèrent pour prendre en charge la jeune femme. John se recula pour leur laisser la place et s'approcha de sa collègue

-« En tout cas elle n'a pas plongée seule » affirma t-il « elle a une belle bosse derrière le crâne »

-« Elle a été agressé alors ? »

-« Pas par son mari en tout cas. J'étais avec lui. Tu as vu quelqu'un d'autre ? »

-« Non personne. Sauf l'infirmier qui a fermé la porte mais il ne venait pas de la piscine et n'y est pas entré »

-« Seul le personnel entre ici quand la piscine n'est pas ouverte pour les patients comme cet après midi. » constata l'ex agent

-« Ca réduit d'autant le nombre de suspects » jugea Zoé

-« A moins que quelqu'un n'ai réussi à entrer en douce » émit Reese « Je peux ? » demanda t-il en désignant le portable

-« Oui bien sur » répondit Zoé en le lui tendant

-« Finch ? »

-« Oui M Reese » répondit aussitôt l'informaticien soulagé d'entendre sa voix

-« Je pensais que nous avions un suspect et une victime Finch, mais ça ne semble pas être le cas »

-« Non en effet, et comme ils étaient tout deux surveillés nous savons qu'ils n'ont pas agit par eux même »

-« Deux victime alors. Mais qui peut leur en vouloir ? »

-« Et s'agit-il bien de la même personne ? » demanda l'informaticien

-« Que voulez vous dire Finch ? »

-« Je me demande si une seule et même personne pouvait avoir l'opportunité de trafiquer le dessert de M Sadjis et d'assommer sa femme dans la piscine presqu'au même moment »

-« Non, c'est vrai. Il fallait attirer Sophie dans ce lieu et il fallait surveiller le choix de Robert, le dessert ne pouvait pas être empoisonné à l'avance sachant que Robert l'a choisit à la dernière minute »

-« Nous avons donc affaire à deux agresseurs, éventuellement complices et deux victimes »

-« Cela nous fait deux menaces à découvrir » constata l'ex agent

-« Voilà qui ne va pas nous simplifier la tache M Reese »

-« Nous y arriverons Harold, ne soyez pas si pessimiste » se moqua John

-« En attendant n'aurions nous pas quelques problèmes de communication ? » demanda l'informaticien

-« C'est fort possible. Je crains que mon portable n'ai pas apprécié la baignade »

-« Je vais tacher de remédier à cela »

-« Comment faites-vous pour toujours deviner ? »

-« Je vous connaît M Reese » s'amusa l'informaticien

« Dommage que vous ne deviniez pas certaines de mes pensées vous concernant » songea Reese

-« En attendant vous devriez aller vous sécher avant de prendre froid »

-« C'est une idée " docteur" » répondit l'ex agent, heureux de se sentir le centre de son attention « A plus tard Finch ». Il observa les infirmiers qui emmenaient Sophie gardant un instant le téléphone pour contacter Fusco. Puis il le rendit à sa propriétaire

-« J'ai prévenu la police. Il peut être utile que Lionel vienne faire un tour ici après ces deux tentatives »

-« Deux ? » s'étonna Zoé

John relata brièvement la tentative du restaurant.

-« Je vois. Ca va être compliqué de surveiller tout le monde en même temps »

-« Peut être Sophie a-t-elle vu son agresseur ? » émit l'ex agent

-« C'est possible. Ce qui est encore plus probable c'est qu'après tout ces événements les Sadjis vont vouloir rentrer chez eux »

-« Ce serait logique » approuva John

-« A la place de Sophie je ne resterais pas ici une minute de plus »

-« Dans ce cas je les surveillerais à leur domicile » affirma Reese d'un ton soudain plus léger

-« Avoue que tu apprécierais juste pour pouvoir quitter ce centre »

-« Je ne peux pas le nier » s'amusa John « Bon, je vais me changer et ensuite j'irais à l'accueil pour attendre Lionel »