Nore d'auteur : Je prends du retard, excusez-moi. Ma collègue Grimmynette ( elle y tient à son orthographe ) est plus rapide que moi - beaucoup plus - pour poster nos écrits communs, aussi, je ne m'étonnerais pas de voirs plus de " vues " sur son compte. ^_^

Sur ce, bonne lecture. Et, petite information bonne à savoir, un OS ( de moi et moi OWIIII ) est en route. Oui, je reprends enfin du service.

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Cesare était sorti de la chambre avec ce drôle de sentiment. Il ne savait pas trop ce que c'était mais il sentait son cœur légèrement plus lourd qu'à son habitude. Comme s'il ressentait du regret. Il partit dans une chambre voisine, laissant la sienne à Ezio pour la nuit. Il était fatigué. Le stress de son travail et l'excitation pour le jeune homme avaient chuté juste après leur seconde partie de jambes en l'air. Allongé dans son lit, il fixait le plafond. Encore en costume et les draps du lit n'avaient pas été tiré. Il avait seulement enlevé ses chaussures en s'affalant sur le lit aussi grand que celui qui était dans sa chambre.

L'obscurité était propice à une légère réflexion. Il connaissait ses mœurs éparses depuis bien longtemps - trop longtemps - et s'était fait à l'idée d'avoir recours à ce genre de services de la part de jeunes hommes, qu'il achetait à un prix fou pour contenter ses clients une fois leurs affaires terminés, dans les recoins les plus sombres d' Abstergo, mais aussi pour ses propres désirs. Cesare était un homme sans scrupule et jusque-là il ne s'était jamais senti coupable de souiller ainsi ces créatures tombées du ciel. Cet italien l'avait troublé par son insolence - il avait été ravi de rencontrer de la résistance, cela pimentait un peu la partie - et il l'avait ramené chez lui, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant. Habituellement, il prenait du bon temps et s'en allait, tout simplement.

Ezio était beau, jeune, fort. Rebelle. Dans ses yeux brillaient l'âme d'un meneur, promis à de grandes choses. Des qualités qui plaisaient au Borgia, outre sa capacité prodigieuse à l'exciter. Et justement, habituellement il ne s'attardait jamais sur des petits détails insignifiants comme cela - avait-il une seule fois regardé ces putains dans les yeux ? Le brun bailla. Il était fatigué, et il se serait endormi satisfait si ce sentiment désagréable ne persistait pas. Il n'arrivait pas à l'identifier, comme une personne inquiétante mais attirante qu'il ne pouvait cerner, exactement comme l'insolent qui dormait dans son lit. L'italien était une concentration de tous les péchés possibles, de tous les vices qu'il affectionnait. Mais il était innocent, terriblement innocent et avait une personnalité - ce qui le différenciait largement du tas habituel. Et cette affirmation arrachait des frissons à Cesare, qui se retourna dans les draps, les sourcils froncés. Il était perdu.

Il repensa au visage presque heureux d' Ezio qui était sur le point de s'endormir quand il avait quitté la pièce. Le brun n'avait peut-être pas vérifié l'état de sa victime mais avait bien vu cette face qui lui faisait presque tourner la tête. Il s'endormit finalement, toujours habillé mais sous les draps. Il avait toujours se sentiment d'égarement et sa nuit avait été agitée. Au réveil, il manqua même de percuter le sol s'il s'était tourné un peu plus tellement il était près du bord du lit. Il sortit de dessous les draps et se dirigea dans sa chambre pour aller à la salle de bain, prenant ses chaussures qui étaient restaient à côté du lit au passage. Le manque de sommeil lui faisait un mal de tête.

Quand il entra, Ezio dormait encore - ou faisait-il peut-être semblant. Il lâcha ses chaussure dès qu'il était entré dans sa pièce et se déshabilla pour entrer nu dans la salle de bain. Il avait besoin de se détendre, il avait besoin d'un bain. Ne voulant pas être dérangé il avait verrouillé la porte. Il ne voulait même pas que sa victime s'approche de lui. En fait, il ne voulait surtout pas que son envi de s'en prendre une fois de plus sexuellement à l'italien ne vienne déranger son esprit.

Après avoir fait couler l'eau chaude dans la baignoire, il entra. Celle-ci était tellement grande qu'il pouvait même s'allonger de tout son long sans problème. Ce qu'il fit. Regardant quelques secondes le plafond blanc à travers l'eau claire puis s'assit correctement contre le bord pour respirer. Il ne comprenait pas ce sentiment étrange. Il savait que la cause était Ezio mais ne saisissait pas pourquoi. Il le connaissait que depuis la veille!

Mais il était bien placé pour savoir que le temps n'avait pas d'importance. Après tout, il ne lui avait fallut que quelques secondes pour acheter Ezio, ainsi qu'une ribambelle de beaux hommes. Il plissa les paupières en y repensant, en revoyant ces pièces des sous-sols. Quels âges avaient-ils ? Est-ce qu'ils avaient une famille...? des projets, un avenir ...? Cesare secoua la tête et s'installa plus confortablement dans la baignoire. C'était ridicule. Lui ? Des remords ? Sottises. Il forma avec ses mains une coupe et les remplit d'eau, s'en passant sur le visage. Ce malaise ne disparaissait pas, et plus il essayait de se rassurer en se trouvant des excuses - car tout ça en était ! - plus il s'apercevait de son manque d'humanité.

Il se redressa, se savonna sans apprécier le bain, et pourtant cela avait les vertus de le calmer. Mais pas cette fois. Il finit par se relever et croisa son regard dans le miroir qui couvrait tout le mur, embué de la vapeur de son bain. Il détourna les yeux tout aussi vite. " Qu'est-ce que je suis en train de faire... " songea-t-il en attrapant une serviette pour se sécher. Il sortit finalement de la salle de bain, la serviette blanche autour de la taille. Il observa son captif - car c'était bien ce qu'il était, n'est-ce pas ? - toujours dans la tenue qu'il lui avait enfilée la veille. Sa poitrine se soulevait et redescendait paisiblement, aussi il ne le réveilla pas. Le regarder serait difficile, il décida d'y envoyer Micheletto plus tard dans la journée.

Le brun s'était habillé simplement, abandonnant son costume hors de prix pour un jean et une chemise dont les manches étaient retournées jusqu'au niveau des coudes. Il marcha tranquillement dans son grand jardin. Se dirigeant inconsciemment dans le petit labyrinthe. Il le connaissait par cœur et arriva rapidement au centre. C'était une autre méthode pour le calmer quand il ne voulait pas de bain. Ses idées se brouillaient encore et toujours. Il s'assit sur un banc de pierre et finit par s'allonger. Fixant le ciel bleu et les nuages qui défilaient lentement grâce à la douce brise qui rafraîchissait l'air chauffé par le soleil déjà haut dans le ciel. Micheletto l'avait rejoint quelques instants plus tard. Lui signalant qu'il avait réveillé Ezio - qui s'était levé avec une vive douleur aux reins et avait maudit intérieurement de tout son être Cesare. Le brun éternua, ne sachant pas pourquoi. Il remercia Micheletto et lui demanda de préparer un déjeuner froid à cause de la chaleur. Il était déjà trop tard pour le petit-déjeuner. Le majordome était parti. Laissant à nouveau le Borgia seul. Ce dernier se tortura encore l'esprit sur des questions existentielles ou non à propos de l'italien mais finit par retrouver à l'intérieur de sa villa.

Ezio s'était levé en grommelant, et en proie au doute. Il fuyait tout pour l'instant. Sa robe déchirée révélait encore plus son corps, aussi il fut soulagé lorsque Micheletto lui tendit une chemise et un pantalon. Trop grands pour lui, certes, mais au moins étaient des vêtements masculins. Il marcha en boitant, pieds nus sur le sol froid. Il se sentait enfantin, flottant dans la chemise. Il tachait de ne pas réfléchir à ce qui s'était passé. Chaque fois que la douleur le déchirait, à chaque pas, des flashs de la nuit dernière lui revenaient, comme pour le narguer. Quelle honte... Il parvint à la salle à manger - il frissonna en se souvenant des aphrodisiaques - et prit place à la même chaise, évitant soigneusement le regard de Cesare. Ce dernier en fut soulagé : le jeune homme ne put voir le trouble du brun. Il avait déjà bien des difficultés à s'asseoir sans en plus cela.

L'espagnol évita aussi le regard de son vis-à-vis. Lui qui était du genre à dévisager les gens pour les troubler, c'était cette fois lui qui fuyait le regard. Non! Il devait se reprendre! Pourquoi faire place à des sentiment qu'il ne connaissait pas? Surtout pour son nouveau jouet préféré. Il tourna donc les yeux du jeune homme qui grimaçait en s'asseyant. Le brun avait presque de la peine pour lui et commencer vraiment à regretter d'y être aller trop fort. Il continua de regarder le jeune homme. Il vit qu' Ezio ne portait pas la robe qu'il avait demandé. D'un autre côté... dans l'état où elle était, il valait mieux la jeter. L'italien était vraiment mignon dans ces vêtement trop grand. Micheletto avait dû se permettre de prendre dans ses vêtements, tant pis. Ce n'était pas si grave. Grâce à cela il était à croquer avec ses cheveux qui n'étaient pas attachés et se demanda si le jeune garçon possédait ou non un caleçon ou un boxer sous le pantalon... Il balaya rapidement ses idées douteuses, énervé. Il regarda le visage du jeune garçon était pâle, sûrement à cause de la douleur. Le brun s'énerva encore plus, contre lui-même et tapa du point sur la table qui fit sursauter Ezio, presque apeuré du coup de Cesare contre la table. Le Borgia se calma directement en voyant le sursaut du jeune italien et s'excusa avant de se lever quelques instants pour sortir et revenir s'asseoir en face du jeune homme. Totalement perdu par les réaction étrange de son acheteur.

Il y avait un malaise, comme hier soir, mais cette fois, ce n'était pas pour contenir un désir brûlant, talonné par les aphrodisiaques. Ezio ne comprenait plus rien. Comment cet homme, si confiant et sûr de lui, provocateur, pouvait-il soudainement réagir ainsi ? Il n'avait pourtant encore rien dit. Des domestiques arrivèrent, les bras chargés de plats, qu'ils déposèrent sans un mot sur la table, face à chacun d'eux. Seul le bruit de leur pas se firent entendre, et lorsqu'il refermèrent la porte, le silence persista. Cela renforçait le malaise, de plus Ezio se demanda si cette nourriture là aussi était droguée.

"Mange. Je n'ai pas envi de jouer avec toi aujourd'hui. Il n'y a ni aphrodisiaque, ni poison, ce sont juste des salades." avait dit presque froidement Cesare. Il l'avait regardé se servir et proposa par geste de le servir.

Ezio fut blessé par les paroles de Cesare. Il attrapa son assiette et mangea, en évitant tout contact avec le brun, qui lui ne touchait pas à son plat. Il semblait à vif et l'italien eu alors peur pour sa vie. S'il n'amusait plus le Borgia, il retournerait sans doute dans cet endroit horrible, avec les autres, et il savait que ce qu'il avait subi avec Cesare n'était rien à côté de ce qu'il aurait. Il garda le silence, attendant ce que dirait le Borgia. Son assiette terminée, il la poussa et tourna des yeux fatigués vers son bourreau. Il était beau, mais était gâché par cette aura sur lui. Il était troublé, mais par quoi ?

Cesare avait aussi finit son assiette, se frottant les yeux d'une seule main. Il réfléchissait encore. Il hésitait à l'envoyer dans les sous-sols d' Abstergo Après tout, s'il l'avait emmené avec lui. C'était bien pour une raison... enfin, en dehors de sexe. Après quelques minutes de torture psychique, il se rendit compte qu' Ezio n'était rien qu'une poupée gonflable pour lui. Il laissa tomber ses impressions de lourd de côté et lança au jeune homme. " Je te ramène pour Abstergo après le repas" avait-il prononcé. Cette phrase fit passer la couleur pâle du visage d' Ezio à un blanc cadavérique.

Cesare se ferma complètement, même lorsqu'il vit les yeux de son captif briller, peut-être de peine, peut-être de soulagement d'être libéré de lui. Il ne laissa plus une seule chance à ses drôles de sentiments et se tut. Ezio était terrifié. Ce serait mille fois pire là bas. Il n'avait pas son mot à dire, son avis n'avait jamais pesé dans la balance. Il se tordit nerveusement les mains, effrayé par la perspective d'aller dans cette pièce qui l'avait tant marqué, là où ses compagnons d'infortune avaient été menés... d'ailleurs, qu'étaient-ils devenus ?...

Cesare se leva et quitta la pièce sans un regard ni une parole pour son jouet humain. Ce dernier resta assis un moment, les bras ballants de chaque côté de la chaise. Les larmes lui vinrent quelques minutes après le départ du brun. Il ne voulait pas y aller. L'eau de ses yeux glissa le long de ses joues et partit se perdre dans son cou. Il la sentit rouler sous la chemise, comme une caresse triste.

Micheletto vit partir son maître dehors, il préparait manifestement la voiture. Visiblement, il ramènerait son nouveau jouet plus tôt que prévu. Il n'avait pas le droit de le penser, mais le domestique était soulagé de savoir ce jeune homme loin de son maître.

Il trouva Ezio sanglotant dans la salle à manger, par petits hoquets. Encore une beauté divine qui pleurait. Quand Cesare ramenait des prostitués -les rares fois où ils ne venaient pas d' Abstergo- souvent le retour était dur. La misère de leur condition leur paraissait moins pire près du Borgia, qui ne les gardait jamais plus d'un soir ou deux chez lui.

Ezio avait les yeux exorbités et rougis, ses cheveux avaient été secoués et ses manches étaient mouillées. Il repensa aux réactions qu'il avait rendu auparavant aux prostitués et fit de même à Ezio. Paraissant le moins touché possible alors que cette image de l'italien lui fendait le cœur. Il aida le jeune homme à se lever mais ce dernier évita tout contact et se dégagea brutalement des mains du directeur d' Abstergo. Il savait qu'il allait regretter sa soirée et sa nuit chez le Borgia. Il avait enfin comprit ce qui avait tourmenté l'esprit du brun - enfin, une partie - et le regarda dans les yeux, le suppliant du regard. Les yeux terrifiés d' Ezio forcèrent à Cesare de détourner le regard s'il ne voulait pas changer d'avis. Ezio n'était finalement pas à lui mais aux vice, à l'appel du sexe. Il était un véritable appât. Comme de la viande pour des mouches.

Ezio était assis sur le siège passager, ceinture attachée. Ses genoux étaient contre sa poitrine, il sanglotait encore et plus la distance entre eux et Abstergo était court, plus de délai encore les larmes était aussi court. Cesare fixait la route. Il savait dans quel état était le garçon et savait aussi que s'il le regardait ne serait-ce qu'une seule fois, il ferait demi-tour. Arrivés dans le parking du sous-sol, le brun n'attendit pas Ezio que sorte. À peine était-il sorti, Cesare lui avait fermé la portière derrière lui et l'avait tiré par le bras dans les salles qu'ils avaient vu la veille. La poigne du Borgia était impressionnante et se serrait de plus en plus par rapport à la distance parcouru. Il manqua même de couper la circulation sanguine du bras du plus jeune. Ce qui surprit ce dernier.

Il sentait dans cette poigne de fer une envie de le garder, de ne pas le lâcher mais quand ils arrivèrent devant le comptoir où se trouvait Juan la poigne se desserra en une fraction de seconde et il fut poussé vers la porte où se trouvaient les hommes riches et peut-être ses compagnons d'infortune. Il s'était retourné pour voir Cesare. Il voulait lui supplier une dernière fois de retourner chez lui. À la place, une douleur vive naquit au niveau de son estomac, le mettant à terre. Cesare lui avait foutu un coup de poing dans l'estomac. "Au cas où, il allait peut-être s'enfuir, attends juste ce soir et tu le mettra avec les autres" avait dit Cesare à Juan qui venait de lui hurlait dessus à cause de l'acte violent. Ezio leva la tête, serrant des dents et grimaçant pour ne pas crier de douleur. Il peinait à respirer, le coup l'avait vraiment mit K.O. Il jeta un regard haineux aux Borgias, Cesare le regardait de son air méprisant qui était enfin revenu tandis que Juan paniquait pour l'état de la nouvelle poupée gonflable qui allait rejoindre les autres. L'italien regarda son ancien "maître" partir, sans autre regard pour lui. "Salopard !" pensa Ezio. Il le haïssait enfin totalement. Le cousin du Borgia l'aida à se relever et le fit s'allonger sur un matelas beaucoup moins confortable que celui du lit de Cesare.

Le brun tourna des talons sans plus de cérémonies. Quelque chose en lui s'agitait, le suppliait de se retourner, et le cri de rage qui lui parvint aux oreilles une fois au bout du couloir faillit ralentir sa marche. Il claqua derrière lui la porte et remonta un à un les étages à pied, jusqu'à son somptueux bourreau. Il aurait aisément pu prendre l'ascenseur, mais il ne tenait pas en place. Il croisa quelques hommes, les doigts bagués, engoncés dans des costumes immondes, et accéléra encore plus en songeant à ce qu'ils feraient une fois leur affaires accomplies. Il finit même par courir - tout pour s'éloigner.

Le brun arriva en haut de l'immeuble, essoufflé, et poussa la porte de son bureau en traînant les pieds. Il avait la respiration sifflante. Las, il avança vers la baie vitrée qui lui permettait de voir toute la ville. Dominer ainsi du regard tant de gens était plaisant, mais il ne s'y attarda pas. Il s'assit dans le fauteuil en cuir derrière sa table de travail, et se prit la tête dans les mains. Les images se bousculaient dans sa tête. Les sons se mélangeaient, il allait mal, très mal. Il crut défaillir en sentant les larmes couler et se perdre dans sa barbe bien taillée.

Ezio lui, était resté prostré, les genoux près de la poitrine, assis sur le lit, son dos contre le mur. Il allait retourner dans cet endroit affreux. Non. Pas question. Son instinct lui hurlait de s'enfuir, mais pour aller où ? Il ne le savait pas. Il ne savait plus. Juan le regardait du coin de l'œil, déconcerté. Il avait vu bien des personnes rester sans rien dire pendant longtemps, figées. Mais cet italien l'intriguait. Cesare ne ramenait jamais personne chez lui, c'était un fait, mais même lorsqu'il profitait des plaisirs de la chair directement à Abstergo, ses " victimes " étaient presque heureuses de l'avoir fait. Plus qu'avec ces gros milliardaires en tout cas.

Les minutes s'enchaînèrent, et ni Cesare, assis derrière son bureau, ni Ezio, tremblant sur le matelas, ne bougèrent. Le temps filait trop vite. Dès que le soir viendrait ce serait l'enfer, pour l'un comme pour l'autre.

Au bout d'un moment, Cesare songea que rester ici ne lui servait à rien. Il redescendit, dans l'ascenseur cette fois, qui était heureusement désert. Il ne repasserait pas par les sous-sols ce soir - jamais ! - et monta directement dans sa voiture. Il dépassa largement les limitations de vitesse, et lorsqu'il arriva chez lui, il claqua la portière si rageusement qu'elle manqua de se casser. Il fit de même avec la porte d'entrée de la maison. Micheletto se tenait derrière, et se désola de voir son maître si perturbé. Ce dernier se tourna vers le domestique, qui put voir ses yeux rougis, sembla vouloir dire quelque chose, puis se retourna sans piper mot. Micheletto resta sur place, ne sachant que faire. Il aimait beaucoup le Borgia, même dans ses moments de colère. Mais cette fois, il ne savait que faire pour l'apaiser. Cet Italien avait fait des dégâts. Il décida qu'il le détestait - ce qui fut le cas dès son arrivée d'ailleurs - et retourna à ses activités, réfléchissant à un moyen de le calmer.

Ezio n'avait pas remué d'un pouce depuis près d'une heure. Il ne bougea pas plus lorsqu'on lui intima de se lever. Il fut donc traîné, sans violence pourtant, dans une salle voisine, où il reconnu le jeune homme qui n'avait plus son bras, ainsi que les deux autres arabes. Ils étaient assis sur des matelas semblables à celui sur lequel il était auparavant. Son arrivé sembla déclencher un silence, et dès que l'homme qui l'avait traîné jusque-là referma la porte, le plus jeune d'entre eux s'approcha de lui. Ezio le regarda d'un œil vide. Il n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu, et pour autant qu'il s'en souvienne, les deux autres non plus. Quels étaient leur noms déjà ?...

Le plus jeune des trois arabes posa sa main sur ses épaules avec un sourire triste et fatigué. Ezio se referma encore plus. Il était de plus en plus terrifié et ses pensées se tournaient vers Cesare mais le sentiment qui guidait ses pensées n'était pas de la haine. Il ne savait pas ce que c'était, il voulait revoir le Borgia le reprendre avec lui et l'emmener chez lui, loin de tout ça. Le jeune arabe le prit dans ses bras, et ses autres camarades s'étaient approchés. Voilà, ses noms étaient revenu en tête : Kadar, Malik, Altaïr et Desmond. D'ailleurs, où était ce dernier ? Il ne l'avait pas vu, mais il était peut-être dans la salle. Il leva donc les yeux pour voir ce qui se trouvait autour de lui. Les trois arabes s'étaient tous rapprocher de lui, posant chacun leurs mains sur ses épaules, le soutenant.

Ezio vit Desmond qui approchait lui aussi. Avec un autre jeune homme. Un blond avec une barbe naissante. Il lui rappelait Cesare en blond mais dans son regard, on voyait un agneau doux et non un taureau furieux. Le blond devait avoir quelques années de plus que lui mais la fatigue lui donnait un âge plus avancé. Il avait l'air d'être aussi d'origine latine.

Les deux garçons qui venaient d'arriver s'étaient assis près du jeune italien, le soutenant aussi. Ezio ne se retint pas de pleurer, il était terrorisé et s'était blottit dans les bras du garçon le plus proche de lui, et ce fut le meneur arabe, Altaïr. Il fut surpris du contact mais essaya d'apaiser les pleures même s'il savait comme tout le monde ce qui allait leur arriver.

Manifestement le blond qui venait d'arriver était là depuis plus longtemps qu'eux. Il ne retint pas plus son attention que cela, si ce n'est l'innocence par laquelle il brillait. Celui qui le laissait pleurer sur lui lâcha quelque mots de réconfort dans la langue d'usage qu'il avait appris sur le tas. Kadar, le plus jeune, se rappela qu'il avait lui aussi beaucoup pleuré à son arrivée. Il frissonna en se rappelant quel genre d'homme avait emporté le nouveau venu, la veille. L'italien n'avait pas dû chômer avec lui. Sa détresse était assez communicative, et bien vite tout le monde eut la mine basse. Un homme cria à travers la porte qu'ils feraient mieux de se reposer, que demain serait une longue journée pour eux. Chacun retourna sur son propre matelas, sauf Altaïr.

Le meneur se rapprocha de Malik, qui tremblait près de son frère. Le trio se serra sur le même matelas, tandis que Desmond restait près du blond. D'un geste, ce dernier invita Ezio à les rejoindre, ce qu'il déclina d'un signe de tête. Le blond acquiesça et ils se couchèrent tous, la petite pièce gardant la chaleur.

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A suivre