-Non... laisse... moi... Hiruma !
-Fuckin' Chibi ! Réveille-toi !
Il cesse de gigoter dans tous les sens et ouvre grand les yeux. Il me regarde et il semble s'apaiser. Il doit sûrement y repenser encore à cette fameuse nuit. Personne ne le sait, c'est un secret.

-D... Désolé, Hiruma-san. J'ai... j'ai fait un cauchemar.
Tss... Ca, je l'avais bien remarqu". Heureusement qu'il n'ai réveillé personne... sauf moi qui commençait à piquer du nez.

-Tch... Rendors-toi, fuckin' Chibi. On se lève aux aurores.
Il hoche la tête et se recouche. Je continus à faire semblant de pianoter sur mon ordinateur portable. Allez savoir pourquoi, ce bruit le rassure et l'endors. Point positif de la soirée, le fait que je l'appelle "fuckin' Chibi" ne semble plus le mettre dans tous ses états. Doucement, il va mieux. Il réapprend doucement à vivre et ce constat me fait tendrement sourire. Je suis rempli de contradiction et je ressemble à la ville de Tokyo, mais j'ai l'impression d'avoir changé, à cause ou grâce à lui ?

Flash Back

Il dormait paisiblement, il était bien. Enfin... c'était sans compter le traître rayon de soleil qui l'éblouissait. Sena se força à ouvrir les yeux, tentant de se remémorer ce qu'il c'était passé la veille et lorsqu'ils s'en souvint, il ne put s'empêcher d'emprunter une jolie couleur carmin. Il resta quelques instants dans le vague, tentant de comprendre le comportement étrange d'Hiruma. Il avait désormais du mal à le cerner (ce qui ne changeait pas vraiment). Il s'en rendait compte à présent, le quaterback l'intriguait. Il s'assit dans ce qui était désormais son lit et s'autorisa une séance d'auto-psychanalyse. Il ne voulait pas se remémorer sa mésaventure, il voulait comprendre, c'est tout.

-Ok, bon... Hiru... Yoichi (!) est bizarre... pourquoi ? il est gentil, calme, patient et... je ne sais pas pourquoi, mais quand je l'ai appelé par son prénom... il semblait sur le point de... de pleurer ?! Je l'impression de le découvrir pour la première fois... mais, est-ce que c'est... bien ?
Hiruma avait passé la journée à le veiller et lorsque son portable afficha deux heures du matin, il décida d'aller se coucher dans la chambre avoisinante de celle du brun. Il n'avait dormi que d'un oeil, attendant les premiers signes de cauchemar, mais rien. Le capitaine des Devil Bats s'était réveillé et levé tôt le matin et s'était directement dirigé vers la cuisine afin de préparer le petit-déjeuner. Ce n'est que lorsq'il eut finit qu'il se décida à aller réveiller son running back. Il allait toquer à la porte lorsqu'il entendit ce qu'il disait. Le surnommé démon ne toqua pas à la porte, il entra directement faisant sursauter le garçon encore dans son lit.

Le running back fit un bond lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir. Il se retourna brusquement, avalant à grand peine un cri aiguë. Il avait encore du mal à supporter la présence du quaterback. Ses joues se mirent à rosirent lorsqu'il découvrit que le blond ne portait encore qu'un bas de pyjama.

-Bon... bonjour Hi... Yoichi-san.
-Sans le suffixe, Chibi. Bon, c'est pas grave. J'ai posé des vêtements sur la chaise, Chibi. Habille-toi, le petit-déjeuner est prêt.
-Ou... oui, Yoichi.
Celui-ci fait un sourire moqueur, se retourne et s'en va, fermant la porte derrière lui. il ne comprenait pas. La veille Hirum... Yoichi (!) n'hésitait pas à le toucher, le prendre dans ses bras. Mais là, il se faisait plus distant, s'en voulait-il de son comportement précédent ? Sena se mit doucement à comprendre que c'était de sa propre faute. Il ne supportait pas la présence de quelqu'un, mais il ne voulait pas que son hôte parte. Il ne supportait pas qu'on le regarde, mais il ne voulait pas que son coéquipier l'ignore. son regard l'intriguait. Le running back ne supportait pas qu'on le touche, mais il sentait qu'il avait besoin des mains et l'odeur de celui qui est injustemment surnommé "le démon". Cependant, sa mésaventure le bloquait. Il avait peur, peur que tout recommence. Il voulait avoir confiance en Hiruma, mais il avait peur, il voulait être rassuré. Mais comment le faire comprendre à son quaterback ?

Tout en s'habillant de ces habits trop grand pour lui, il cherchait un moyen de faire comprendre au capitane qu'il avait besoin de lui, de sa chaleur, son odeur... Il aviat besoin de lui. Il voulait oublier à ses côtés. Ce ne fut qu'au bout de cinq minutes qu'il ne se décida enfin à sortir de la chambre. Arrivé dans la salle à manger, il découvrit une tout autre facette du blond. Celui-ci regardait par la fenêtre, la ville encore endormi, un air rêveur sur le visage. Sena grava ce visage dans sa tête, car il sut que dès qu'Hiruma tourna la tête vers lui, cet air avait disparu. Il resta à l'entrée de la porte, ne sachant pas quoi faire, comment réagir. Hiruma ne faisait pas grand chose, non plus, il se contentait de s'asseoir et de commencer son propre petit-déjeuner. il ne se rendit pas compte que le brun se sentait de plus en plus mal à l'aise, angoissé, se posant toujours mille questions. Pourquoi ce silence ? En avait-il assez ? Voulait-il qu'il parte ? Le dérangeait-il ? Il se sentit soudainement mal. son angoisse croissait toujours, ses membres tremblaient et il avait des vertiges. Il sentait qu'il allait s'effondrer, mais avant que ses jambes ne le lâchent, il sentit des bras l'entourer, le protégeant contre un corps chaud et l'entourant d'une odeur qu'il aimait tant.

D'abord figé, il comprit que ce n'était auter que son coéquipier qui le prenait dans ses bras, fourrant son nez dans ses chevex. Alors il ne put faire qu'une chose, il pleura à chaudes larmes, s'accrochant de ses maigres bras à ce corps si rassurant. Il avait comprit, par cet air rêveur, que le quaterback ne lui ferait rien, mais le protégerait. Il se sentait soulever, il n'en avait cure. Il sentait qu'on le berçait, il remerciait silencieusement le blond d'être patient et d'attendre qu'il daigne s'expliquer. Hiruma, quant à lui, était perdu. Pour la première fois de sa vis, il ne comprenait pas et il détestait cela. Tout ce qu'il pouvait faire, était de le bercer doucement tout en chuchotant dans ses cheveux :

-Shh... Shhh... Ca va aller... Je suis là, maintenant... Tu n'as pas rien à craindre... Je te protégerais, Chibi... Je te le promets...
Il se sentait affreusement ridicule, mais cela semblait le calmer doucement, alors il continuait. Il semblait calme, mais intérieurement, il était une véritable centrale électrique.

Hiruma était ainsi. On ne le voyait que comme un adolescent manipulateur, violent, vulgaire, calculateur... comme un cas désespéré et dangereux. A cause de cela, personne ne voulait l'approcher. Ils avaient peur de lui. Et ils avaient raison, Hiruma n'était pas quelqu'un de fréquentable, personne ne pouvait le contrôler, sauf peut-être ses deux amis. Ses deux seuls amis. Alors il continuait à rester froid, manipulateur, vulgaire, etc. Mais ceux qui le connaissait réellement pensait tout autre et ces personnes là étaient, pour mieux que l'on puisse dire, inexistente. Cependant si ces personnes auraient réellement existé, ils auraient affirmé ceci :

-Hiruma est comme la ville de Tokyo la nuit. On ne voit que ce que la ville nous montre, ce qu'Hiruma nous montre. Nous ne voyons que ces lumières qui attirent l'oeil et chez lui, nous ne voyons que son côté mauvais. Mais lorsque nous nous frayons un chemin dans ses sombres ruelles, nous découvrons des choses que les lumières tentent de nous dissimuler. Hiruma est pareil, lorsqu'il nous permet de nous donner la clef du cadena de ces grilles donnant accès à ses sombres ruelles, nous découvrons un tout autre univers. La ville de Tokyo et attirante et attrayante, mais ses ruelles sont repoussante, effrayante. Hiruma fait peur, il inspire la crainte et n'est pas fréquentable. Mais lorsqu'il nous le permet, nous découvrons de lui une personnalité tout autre.

Voilà ce qu'auraient dit ces personnes s'ils avaient existé. Mais, se dit Sena, il en existe au moins une à présent. Et c'était lui. Ses bras ne lâchaient pas le corps du jeune homme. Il avait peur qu'il s'écarte de lui. Cet air impassible et neutre, il ne la supportait plus venant de lui. Et puis, un souffle dans ses cheveux, le faisant sentir bien. Il ne pleurait plus depuis longtemps.

-Chibi... S'il te plaît, dit-moi ce qu'il c'est passé...
-Je...
Le téléphone portable du quaterback sonna, indiquant désagréablement que ce n'était autre que Mamori qui appelait. Hiruma l'ignora royalement.

-Tu... tu ne décroches pas ?
-Pas envie de l'entendre, grogna-t-il.
-M... mais...
-Tu veux lui parler, Chibi ?
-Mais... elle va se demander que...
-Je trouverais une excuse, Chibi. Ne t'en fais pas...
Incapable de dire à voix haute sa gratitude, il ne fit que le fixer tout en prenant le portable et l'apporter à son oreille. Les deux bras ne le lâchaient pas.

-Moshi... moshi.
-Se... Sena ?!
-Mamo-nee-chan...
-Où es-tu ? Tes parents te cherchent, ils sont inquiet ! Et pourquoi c'est toi qui décroche alors que c'était Hiru... Qu'est-ce qu'il t'a fait ? demande-t-elle soudain sur un ton froid.
-Je... quoi ?
-Ne le protège pas, il va encore te martyriser ! Dis-moi où tu es !
-Je...
Sena ne savait pas quoi faire, ni quoi répondre. Il ne voulait pas que Mamori s'inquiète, maos il ne pouvait... non, il ne voulait rien lui dire. Tout ceci était un secret, un secret entre lui et Yoichi. Le running back n'avait qu'à regarder son capitaine, lui demandant silencieusement de l'aide, et celui-ci prit doucement son téléphone mobile et l'apporta à son oreille.

-Qu'est-ce que tu veux, fuckin' manager ?
Alors que le blond discutait avec véhémence avec la manager de l'équipe, Sena se crispa. Il savait que c'était stupide, que cela ne voulait rien dire, mais ce mot... il ne l'aimait pas. Les mots tournoyaient dans sa tête : fucking... putain... fucking... putain... petite putain...

-Chibi. Chibi !
Il sentait deux mains sur ses épaules en train de le secouer. Hiruma était définitivement inquiet face au regard vide du brun. Celui-ci sortit de sa torpeur, mais il paniqua. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur et alors qu'il reprennait sa respiration, il se jeta sur son hôte, ses mains ensserrant sa gorge. Il ne se rendait pas compte qu'il tentait de l'étrangler. Cependant, deux mains les écartèrent et alors qu'il se débattait, ils tombèrent tous deux au sol. Ce n'est qu'à ce moment-là que Sena craqua, frappant de toutes ses forces sur le torse du "démon", pleurant à nouveau, criant avec hystérie :

-NON ! Je ne veux pas ! Je n'ai pas aimé ça ! Je ne voulais pas ! Ca faisait mal ! J'avais mal... très mal...
Il ne le frappait plus, il n'en avait plus la force. Il se laissa tomber sur le torse, il était épuisé, il n'avait plus de larme pour pleurer. Une main se posa sur sa tête tandis qu'une autre se posa sur son dos. Il souffla :

-Je ne suis pas une putain... je n'ai jamais voulu...
-Je sais, Chibi, je sais.
Ils ne parlèrent plus, le silence devenait agréable. Ils avaient enfin réussi à passer un cap, lorsque le running back nicha son visage dans le cou de son quaterback.

-Tout à l'heure... J'ai eu peur. Pas de toi, mais que.. que...
Le capitaine des Devil Bats resserra sa prise, l'encourageant à continuer.

-J'ai eu peur que... que tu veuilles que je parte, que tu en ais marre de moi. Je ne savais plus quoi faire.
-Je ne t'abandonnerais jamais, Chibi.
-Gomen, Yoichi. Je ne voulais pas t'inquiéter et je... je ne voulais pas te faire mal. Je suis bien avec toi, Yoichi. J'ai moins peur... Gomen !
Il ne savait pas pourquoi il avait dit tout cela, mais il était bien. Il se sentait bien. Aucune réponse ne vint, il s'inquiéta.

-Yo... Yoichi ?
-Chibi... Nous allons faire la Death March.
-Hein ?
Cela voulait dire qu'il verrait tout le monde, que tout le monde, le verrait. Il ne voulait pas. Il commença à se crisper.

-Doucement, Chibi. Je serais là, ils ne sauront jamais rien. Je te le promets.
Sena hocha la tête, rassuré après un temps de réflexion. Il laissa l'une de ses main se poser sur l'épaule du blond, soupirant de contentement. Il ne supportait pas qu'on le touche, mais il commençait à devenir dépendant du toucher de son coéquipier.

-Je suis bien aussi avec toi, Chibi. Je suis bien.
Oui, Hiruma avait bel et bien laissé la clef du cadena qui permettait au brun de pénétrer dans ses ruelles encore jamais visité de son plein gré, mais il ne s'en était pas rendu compte. Enfin, pas encore...