Bilbon venait de passer une bonne nuit de sommeil. Il était étendu dans son lit à baldaquin, profitant du confort apporté par le matelas moelleux et les oreilles en plumes d'oies. Il s'était habitué à cette vie de luxe, chouchouté par ses serviteurs et surtout, son majordome prêt à tout pour lui. De temps en temps, il se demandait si tout cela n'était qu'un rêve, et s'il n'était pas juste devenu fou suite à la mort de ses parents, oublié quelque part dans la neige. Et pourtant, tout cela était bien réel, et Bilbon ne pouvait qu'être reconnaissant pour avoir été sauver par Sébastien. Bon, il devait admettre qu'au début, il avait été légèrement effrayé de savoir que son majordome était un démon, mais il s'est très vite habitué, et puis, d'une certaine façon, Sébastien était devenu une sorte de figure paternelle dans sa vie. Il lui avait appris tellement de choses que ses parents n'auraient jamais pu lui apprendre, et il adorait ça.

Alors qu'il se prélassait dans son lit d'un air songeur, Sébastien entra dans la chambre, tenant dans ses mains un plateau contenant son premier petit-déjeuner. Le plateau était somptueux, couvert de pâtisseries au chocolat avec du Thé de qualité supérieure. Le chocolat était un met assez rare, venant de l'Est, mais grâce à Sébastien et ses leçons en économie, Bilbon avait réussi à créer une immense entreprise d'import-export, échangeant des biens de la Comté, du bois et autre contre des épices et produits exotiques. Evidemment, son entreprise ne se limitait pas à ça, et il possédait diverses mines dans la Comté, cachées aux yeux de tous. Pour l'exploitation, c'était un peu plus compliqué, et il dû engager des Humains pour s'occuper de tout. Selon Sébastien, l'Entreprise Sacquet était la première existante dans ce monde, et il était bien content.

La richesse de Bilbon avait atteint un tel sommet qu'il possédait un immense coffre-fort rempli à ras bord d'or et d'argent. Attendu la chute du Royaume d'Erebor, Bilbon pouvait être considéré comme la personne la plus riche de la Terre du Milieu. Les Elfes n'étaient pas aussi riche qu'on le penserait, et les seules personnes actuelles pouvant le rivaliser étaient les nains des Monts de Fer, et l'intendant du Gondor. Et le plus amusant, c'est que presque personne ne savait qui était Bilbon Sacquet, car Sébastien et lui avaient fait en sorte de rester discrets, faisant en sorte que tous ceux qui commerçaient avec son entreprise ne sache pas son véritable nom. Ni les elfes, ni les nains ne savaient. Pas même les Istaris, eux qui ne cessaient de se dire tout puissant. En fait, les seuls qui savaient étaient les employés de l'entreprise et de la Maison Sacquet, personne d'autre. Enfin, sauf une elfe, Galadriel, mais cette elfe semblait tout savoir, et avait juré de ne rien dire en échange d'une jolie réduction sur les épices…Une véritable grippe-sous.

«Bien le bonjour, maître. Je vous apporte votre petit-déjeuner. » Le sortit alors de ses pensées Sébastien, qui déposa le plateau au-dessus des jambes de son maître, pour ensuite ouvrir en grand les rideaux, « Nous avons terminé le contrat avec monsieur Balin, et j'ai l'honneur de vous annoncer qu'il correspond désormais à vos attentes. Il est actuellement avec lui, pour le faire signer par maître Ecu-de-chêne. »

« Parfait, comme toujours. Tu ne me déçois jamais, Sébastien. » Répondit alors Bilbon, tandis qu'il entama avec ferveur son petit-déjeuner, savourant les délicats arômes.

« Je ne vis que pour vous servir, votre seigneurie. » S'inclina alors le majordome, qui se dirigea par la suite pour aller surveiller les invités dans le Hall de Banquet.

Bilbon finit alors son repas, puis il se leva tranquillement, s'asseyant au bord du lit, attendant le retour de son majordome. Quelques instants après, Sébastien réapparut, et il se mit alors à l'habiller. Il lui enfila lentement ses sous-vêtements, pour ensuite lui enfiler un long pantalon noir en soie ainsi qu'une délicate chemise bleue aux manches longues brodées d'or. Ensuite, il lui plaça délicatement son cache-œil pour cacher la marque de leur contrat, et enfin, il lui tendit sa canne. Attendu la saison, il n'avait pas besoin de l'habiller chaudement, mais en hiver, il n'hésitait pas à lui mettre des collants et des chaussures en cuir qu'il avait lui-même fabriquées. Alors qu'il se leva, Bilbon attrapa tout de même son long manteau rouge, l'un de ses favoris. Il sortit alors de sa chambre, accompagné de son fidèle majordome, et se dirigea au rez-de-chaussée vers le Hall pour saluer ses invités.

De leur côté, les nains avaient tous profité d'une bonne nuit de sommeil, et pour la première fois depuis des années pour certains, ils n'avaient pas fait de cauchemars. Thorin dû admettre que tout était parfait, que son lit était bien mieux que celui qu'il avait à Erebor, et que les serviteurs étaient respectueux. Franchement, il ne comprenait pas pourquoi le maître des lieux accepterait de les rejoindre dans leur aventure suicidaire, alors qu'il avait déjà tout ce dont on pouvait rêver. Et puis, il n'avait pas trop aimé la façon dont le majordome lui avait parlé le soir précédent à propos du contrat qui, selon lui, était parfait. Bon, il devait avouer que le but du contrat était d'effrayer le hobbit, mais c'était surtout un test pour voir s'il était assez intelligent pour le lire et déceler tous les vices. Il semblerait qu'il ait passé le test avec succès, mais le contrat était prévu pour une personne, et il était évident que le serviteur ne quitterait pas son maître. Le magicien et moi, on va devoir discuter ! Pensa-t-il.

Ils arrivèrent tous prestement dans la Salle de Banquet pour profiter d'un splendide petit-déjeuner déposé par les serviteurs hobbits. Encore une fois, les plats étaient excellents, cependant, tous remarquèrent l'absence du maître des lieux. Lorsque le majordome apparut, toujours sans son maître, ils commencèrent à se poser des questions.

« Excusez-moi, mais pourrais-je savoir où se trouve maître Sacquet ? » Ce fut Balin qui osa poser la question silencieuse.

Le majordome le regarda d'un air circonspect puis lui fit un sourire charmant.

« Mon seigneur prend toujours son petit-déjeuner au lit. Je peux vous assurer qu'il ne tardera pas à descendre vous rejoindre, une fois qu'il sera prêt, cela va sans dire. » Répondit alors le diable de majordome.

Les nains ne purent qu'hocher de la tête, et c'est alors qu'ils profitèrent pleinement du festin offert à eux. Evidemment, le magicien finit par arriver pour lui aussi profiter du repas. Il se sentit tout de même viser par des regards colériques, et il remarqua très vite que le regard le plus noir était celui de Thorin.

« Qu'y-a-t-il Thorin ? Quelque chose vous dérange ? » Demanda alors le vieil homme d'un regard innocent, mais Thorin n'était pas dupe et nota une lueur amusée dans ses yeux.

« Tharkun ! Vous auriez pu nous dire que nous serions invités chez un seigneur. Êtes-vous sûr que c'est là le cambrioleur que vous souhaitez ajouter à ma compagnie ? Je ne suis pas persuadé que maître Sacquet, un hobbit de bonne famille et assez riche pour vivre jusqu'à la fin de ses jours et bien plus, ait un quelconque intérêt à nous venir en aide. » Dit alors le nain, un ton de reproche dans la voix. Tout au long de son discours, il darda le magicien de son regard le plus sombre, lui faisant comprendre qu'il n'acceptera pas d'autres coups foireux de sa part.

Gandalf ne pût que sourire, et il observa attentivement tous les nains à l'écoute, avant de répondre à sa question.

« Tout d'abord, je ne voyais pas l'intérêt de vous informer du lignage de Bilbon. De plus, je suis sûr que de l'aventure lui fera plaisir, et puis, les hobbits savent toujours nous surprendre. Après tout, vous aurez beau tout apprendre de leur culture en seulement un mois, ils ne cesseront jamais de vous surprendre. »

Les nains acceptèrent sa réponse en grommelant, ne notant pas l'absence du majordome. C'est ainsi, alors qu'ils mangèrent, voir crièrent pour certains, que Bilbon les trouva. Les nains remarquèrent immédiatement sa présence, surement dû au bruit de sa canne. Oin ne pût s'empêcher de s'interroger quant à la présence du dit objet.

« Maître Sacquet, êtes-vous handicapé pour utiliser une canne ? En tant que médecin de la Compagnie, je préfèrerai savoir à l'avance si vous avez un quelconque handicap. »

Bizarrement, Gandalf se sentit insulter par cette remarque, surement parce qu'il servait de son bâton comme d'une canne. Quant à lui, Bilbon sourit puis répondit, sous le regard amusé de son majordome.

« En aucun cas, maître Oin. Sachez que la canne que je possède est bien plus que ce qu'elle y parait. Et puis, c'est un symbole de statut. » Répondit-il.

A ces mots, tous les nains focalisèrent leur attention sur la canne, et certains ne purent retenir un hoquet de surprise en voyant le pommeau en mithril. Immédiatement, Balin demanda s'il pouvait la tenir afin de l'observer avec plus de précision, et Bilbon le lui tendit sans aucun problème. Lorsqu'il attrapa la canne, Balin remarqua tout de suite qu'elle était assez légère, alors que son apparence suggérait le contraire. Il observa attentivement les gravures du pommeau avant de remarquer une légère séparation entre le pommeau et le tronc. Balin décida alors de tirer légèrement sur le pommeau, et à son plus grand étonnement, il en sortit une splendide lame naine en mithril. Tous les nains présents poussèrent un petit cri d'étonnement en voyant la lame.

« Du Mithril ! » S'exclamèrent Bofur et Dwalin.

« Comment est-ce possible ? Je n'ai jamais vu autant de Mithril en un seul endroit ! » Hurla presque Thorin, les yeux étant quasiment sortis de leurs orbites, ce qui amusa grande Bilbon et ses serviteurs.

Bilbon récupéra sa canne, renfournant son épée dans sa canne, avant de faire un signe de la tête à son majordome. Sébastien s'avança alors.

« J'ai ordonné cette canne aux Monts de fer. Le Mithril que vous voyez fut récolté par mes soins au plus profond des mines de la Moria. » Dit alors le majordome, s'attirant des regards éberlués des nains, et même de Gandalf.

« Impossible ! Cet endroit est infesté d'orcs ! Il faudrait une armée pour pouvoir y entrer. » Rétorqua Thorin avec un visage sérieux. Sébastien le regarda d'un air amusé avant de répondre.

« Sachez, maître Ecu-de-Chêne, que rien n'est impossible pour un majordome de la Maison Sacquet. Je suis prêt à tout pour mon maître, et puis, je suis un diable de majordome. » S'inclina-t-il, un sourire en coin, « Et j'ai moi-même une épée semblable, pour défendre mon seigneur à tout instant. » Rajouta-t-il, clouant le bec aux nains.

Ils préférèrent se taire, ne souhaitant pas en savoir plus, car il était évident pour eux qu'il y avait quelque chose de pas très net concernant ce majordome. Après quelques instants de répit, c'est Balin qui brisa le silence.

« Maître Sacquet, voici le contrat réécrit, comme demander. J'espère que cette fois-ci, il sera plus à votre goût. » Dit le vieux nain, tout en tendant le contrat à Bilbon.

Bilbon l'attrapa et le lu vite fait. Comme par hasard, son majordome lui tendit un stylo plume qu'il avait fabriqué, étonnant au passage les gens tout autour. Lorsque Bilbon l'attrapa et se mit à signer, ils furent tous étonnés de voir de l'encre sortir du stylo.

« Comment est-ce possible ? » Demanda Ori, souhaitant à tout prix obtenir la même chose, ce qui lui faciliterait tellement la tâche.

Bilbon lui sourit alors, rendant le contrat signé à Balin.

« C'est très simple, monsieur Ori. Ceci est un Stylo plume, constitué entièrement de métal avec un petit conduit à l'intérieur pour l'encre. La moitié de ce stylo est entièrement rempli d'encre, et la pointe est élaborée de telle façon qu'il faut une légère pression pour que l'encre puisse s'écouler. C'est une idée de mon majordome. » Dit alors le Hobbit, s'amusant légèrement de l'émerveillement du nain, tandis que Sébastien s'inclina respectueusement lorsqu'il fut mentionné.

Les nains ne purent cacher leur admiration face à cette invention, et immédiatement, Balin et Ori demandèrent s'il serait possible d'en obtenir quelques-uns, mais Sébastien répondit par la négative.

« Je suis désolé, maîtres Balin et Ori, mais nous ne commercialisons pas encore les stylos. Je puis cependant vous assurer que cela ne saura tarder. »

Evidemment, les deux nains furent déçus de cette nouvelle, mais ils notèrent tout de même qu'ils seraient bientôt sur le marché. Balin n'étant pas dupe, il se doutait que grâce à cette invention, tous les scribes, nobles et même les rois voudront ces Stylos Plumes, et les Sacquet se feraient alors un profit fantastique. Il était même prêt à parier qu'ils se vendraient très cher.

Une fois que tout fut signé, Bilbon ordonna à Sébastien de préparer ce qu'il faut pour leur voyage. Evidemment, le majordome l'avait déjà fait, assurant à son maître que tout était prêt. Thorin réagit immédiatement, décidant alors de partir, suivi de près par la compagnie. C'est en se dirigeant vers le Hall d'entrée qu'il remarqua sur les murs d'anciennes armures et armes naines. Il s'arrêta subitement, la colère grimpant en lui, et il se retourna brusquement vers le hobbit.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? Comment osez-vous garder les reliques de mon peuple ! » Hurla-t-il, choquant tous les autres nains qui n'avaient pas encore remarqué les reliques. Ils poussèrent tous un hoquet de surprise en remarquant les dits objets.

« J'ai trouvé ces objets dans la Moria, maître nain. Sachez que nous avons conservé et entretenu ces objets avec le plus grand bien. » Dit alors Sébastien, son regard noir contrastant avec son sourire radieux.

« J'exige que vous nous les rendiez ! Certains de ces objets appartiennent à la maison de Durin ! » Répondit le nain colérique, en observant une armure qui portait la marque de Durin IV. Bilbon fronça des sourcils.

« Maître Ecu-de-Chêne, sachez que ce sont désormais mes propriétés. Je ne vous les rendrai pas, en tout cas, pas sans compensation pour les efforts de mon majordome. » Fit Bilbon d'une voix qui se voulait cordiale. Thorin n'apprécia pas, et fut stoppé par la main de Balin sur son épaule avant qu'il ne puisse s'emporter.

« Bien-entendu, seigneur Sacquet. Je suis sûr qu'une fois Erebor reconquise, nous pourrons vous dédommager pour vos efforts. N'est-ce pas, Thorin ? » Répondit Balin, tout en envoyant un regard sérieux à Thorin, qui finit par accepter. C'est alors que Sébastien fit une remarque des plus intéressantes.

« L'autre possibilité pour résoudre ce conflit serait que maître Ecu-de-Chêne ici présent se marie à mon maître, faisant alors de tous les biens de mon seigneur les siens. » Il annonça avec un sourire moqueur et une lueur malicieuse. Le Majordome n'était pas dupe, et il avait facilement remarqué l'attirance de son maître pour le nain. Après tout, il n'y avait aucun mal à donner un coup de pouce, et en tant que majordome, il était de son devoir d'aider son maître à trouver le bonheur.

Tous les nains se mirent à tousser, tandis que Bilbon et Thorin rougirent férocement. Evidemment, Kili et Fili explosèrent de rire, devenant complètement rouges tellement ils riaient.

« Ça suffit ! On n'a pas que ça à faire ! » Hurla Thorin d'une voix enragée, faisant taire tous les membres de la Compagnie, bien que Bilbon continuait de rougir, tout en envoyant un regard promettant milles souffrances à son majordome.

Ils finirent par sortir de la demeure, et se rendirent au portail, où les attendait un beau poney blanc racé, ainsi un étalon noir de jais. Bizarrement, les scelles n'étaient pas comme celles auxquelles on pouvait s'y attendre. La scelle du poney semblait légèrement molletonnée, et avait l'air très confortable, et c'était pareil pour celle de l'étalon. Les nains remarquèrent tout de suite que les deux montures étaient chargées à bloc de sacs en tout genre. C'est alors que Hamfast Gamgee approcha, avec deux autres poneys chargés aux aussi de sacs.

« Monsieur Sébastien, voici les poneys que vous avez demandé. J'ai vérifié, et tout y est. » S'exclama le hobbit, tout en souriant grandement au majordome et en rougissant en regardant Bilbon. Il ne souhaitait pas l'admettre, mais le hobbit avait le béguin pour son seigneur, mais ce n'était pas correct pour un simple serviteur de s'intéresser à un Comte.

En voyant les quatre montures, Thorin ne put qu'hocher de la tête. Au moins, le cambrioleur et son majordome avaient tout prévu, et avaient même prévu plus que les membres de la Compagnie. C'est ainsi qu'ils quittèrent tous le domaine pour se diriger vers l'Auberge du Dragon Vert et récupérer leurs poneys. Les hobbits sur leur chemin ne cessaient de les regarder avec un air surpris, surement par la présence si rare de Bilbon Sacquet, accompagné de son majordome. Ils ne cessaient de murmurer entre eux, mais se turent très rapidement en recevant le regard courroucé de Sébastien. Une fois qu'ils eurent récupéré leurs montures, ils se dirigèrent tous ensemble vers le village de Bree.

Gandalf avait trouvé plus de questions que de réponses, mais une chose était sûr, ils n'allaient pas s'ennuyer. Quant à lui, Bilbon ne pouvait s'empêcher de regarder le postérieur de Thorin, au plus grand amusement de son majordome, qui concoctait déjà des plans pour les mettre en couple.