Bonjour, bonjour ! (si toi aussi tu l'as lu avec la voix de l'Elfe, tu gagnes un cookie.) Nous voici donc de retour avec le troisième chapitre de cette épopée. Bonne lecture à toutes et à tous !
Allongé sur un banc dans son lycée, Armand profitait d'une heure de détente. L'air commençait à se refroidir, mais c'était encore supportable. De plus, le soleil brillait, sans nuages pour le cacher.
La tête posée sur les genoux de sa petite-amie, il se prélassait sous le massage qu'elle se plaisait à faire au niveau de ses cheveux. Les yeux fermées derrière ses lunettes de soleil, il discutait avec elle du week-end qui venait de se terminer. Ceci jusqu'à ce qu'elle interpelle quelqu'un.
- Et donc j'étais au … Hey, Maxance !
Il inclina légèrement la tête pour la voir à quelques mètres marcher seule. L'esprit dans les nuages visiblement. À l'appel, elle se tourna dans leur direction, perplexe sur qui pouvait la connaître.
Il la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle arrive à leur niveau, avant de se replacer comme il l'était initialement. Elle avait pris un peu de couleur, mais elle s'avérait encore endormie.
Lina semblait assez enthousiaste de la voir. Elles avaient échangé à plusieurs reprises depuis qu'elles avaient travaillé ensembles. L'entente se passait bien, mais ce n'était pas non plus sur la voie de devenir les meilleures amies du monde. Lui, il restait neutre.
- Tu as décidé de t'accorder une semaine de vacances en plus ? On s'est demandé si tu allais revenir.
- Euh … Ouais, non. En fait, j'étais au Japon ces trois dernières semaines. J'avais un stage intensif et immersif dans l'équipe d'une convention.
Elle s'étira, laissant craquer toutes ses articulations ; avant d'échapper un bâillement. Le décalage horaire, sans doute.
- Ce n'était pas vraiment des vacances au final.
- C'est quoi votre manie à tous à chaque fois de vous jeter dans le monde du travail ?
- L'ambition et les opportunités, peut-être ? Jalouse ?
Cette fois-ci, c'était lui qui avait répondu. Avant qu'elle ne le frappe d'une petite claque au niveau du torse. Geste qui le fit bien plus rire qu'il ne lui fit mal. Plaçant ses mains dans ses poches, Maxance l'observa avant de l'interroger.
- Tu es allé travailler à la Flander's Company ?
- Oui. Deux semaines d'horreur à l'étage où il se passe le moins d'événements, avec l'assistante de mon père. Vengeance de sa part pour l'avoir apparemment humilié lors d'une réunion par ma présence.
Elle eut un petit sourire amusé. Plus proche d'une crispation que d'un véritable sourire d'ailleurs. Il pouvait voir qu'elle était un peu trop fatiguée pour vraiment réagir.
La discussion n'ayant pas plus de sujets pour se poursuivre, elle eut un mouvement pour partir. Avant d'avoir un éclair dans les yeux, signe qu'elle venait de se rappeler de quelque chose. Ses mains attrapèrent son sac en bandoulière pour fouiller à l'intérieur, tout en l'interpellant.
- En parlant de ton père, j'ai crû comprendre une fois qu'il n'appréciait pas ta manière de t'habiller. C'est ça ?
- Pas vraiment non, c'est exact. Pourquoi ?
Ses sourcils se froncèrent. Il ne comprenait pas où elle voulait en venir. Surtout qu'ils n'en avaient jamais parlé ensembles. Elle avait sûrement espionné une conversation.
- Je suis tombée sur une boutique à Tokyo qui m'y a fait repenser. Tiens, cadeau.
La seconde suivante, il reçut un objet qu'elle venait de lui lancer. Il ne s'y attendait pas du tout. Par réflexe, il dût le plaquer maladroitement sur son torse pour ne pas qu'il y rebondisse simplement avant de tomber au sol. Heureusement, ça ne semblait ni fragile, ni lourd. Intrigué, il s'acquérit de ce que c'était tout en parlant.
- En quel honneur ?
- Disons que c'est pour ton anniversaire. En retard.
- C'était il y a deux mois.
- C'est sa manière de te dire «merci».
Il leva les yeux au ciel devant le commentaire de Lina. En ouvrant le petit sachet qui entourait le présent, il découvrit un bracelet. Complètement en cuir teint en noir, assez large, avec de petites bandes en plus par dessus la base. Un bracelet de force, rentrant typiquement dans le style qu'il cherchait à se donner.
- J'ai trouvé qu'il collerait. Assez excentrique pour que tu n'ai pas l'air banal, mais assez discret pour rendre bien avec un costume.
- Pour que mon père ne puisse pas me le reprocher ?
- Yep.
Il ne comprenait pas son geste. Sur ses gardes, il vérifia discrètement qu'il n'y avait pas de piège dessus. De ce qu'il vit, l'objet pouvait être porté en toute sécurité.
- Pourquoi ? Ça ne devrait pas t'affecter.
- Parce que si tu l'acceptes, tu m'en dois une. Parce que peut-être aussi que tu n'es pas le seul à vouloir servir le mal. Tu peux être une très bonne porte d'entrée.
Il hocha doucement la tête, un tantinet impressionné. Elle cachait son jeu. Il en était sûr, ça commençait à se confirmer.
Il eut un sourire, tandis que sa petite-amie murmura un «Je suis entourée de fous furieux». Au contraire, il aimait particulièrement ce mouvement envers lui. Il la pointa de son index, tenant l'objet de la même main.
- Il en faudra plus pour que je t'en dois une. Cependant, sache que je n'ai rien contre les pots-de-vin. Ils sont particulièrement appréciés. Continue sur cette voie, je pourrais bien un jour trouver quelque chose pour toi.
Il la vit pincer les lèvres pour retenir un sourire. Ses yeux criaient la fierté qu'elle ressentait vis-à-vis de cette victoire. Avant d'entreprendre de véritablement partir.
- Bonne fin de journée, Armand. Toi aussi, Lina.
- À la prochaine, Maxance !
Personnellement, il ne faisait déjà plus attention. Son pouce caressait distraitement le cuir encore rêche par sa non-utilisation ; perdu dans ses pensées. Oui, il trouverait bien quelque chose.
[...]
Le matin suivant, le réveil sonna comme à l'accoutumé. D'un geste, Armand l'éteignit et s'étira longuement. Mécaniquement, il se leva et se rendit directement dans la douche. Sans arrêts intermédiaires, exceptés les toilettes et quelques gestes pour retirer son pyjama.
Il s'éternisa sous le jet, pensif. Les documents de l'entreprise étaient encore dans son esprit. Peut-être devait-il lire les clauses de contrat ? Si ça se trouvait, la solution était dans le secteur des ressources humaines. Enfin … si une existait. Pouvait-il vraiment dénicher des erreurs à son père ? Ou était-ce un défi foireux du DRH ? Il soupira.
À l'aveuglette il éteignit l'eau et s'empara d'une serviette pour ses cheveux. Puis d'une seconde pour se sécher et la faire entourer sa taille. Devant le miroir, il s'occupa une dizaine de minutes à prendre soin de sa coiffure. Les fondements de son charme passaient par là, il devait donc être tout à fait soigneux avec.
De retour dans sa chambre, il passa un habit plus approprié pour sortir. Nouvellement paré pour le lycée, son regard fut happé par sa table de nuit. Le présent offert par Maxance la journée précédente y trônait. Conscient du sens de son utilisation, il avait préféré l'ignorer jusqu'alors.
Il se plongea dans une nouvelle réflexion. Est-ce qu'elle valait le coup qu'il s'y intéresse ? Elle était très mystérieuse. Après tout, peut-être que c'était lui qui inventait, peut-être qu'elle agissait juste au hasard. Ou jouait un rôle. Ou peut-être que non. Pour le moment, elle avait une stratégie discrète. Ses provocations étaient rares, elle ne s'imposait pas à lui. Il ne savait pas quoi en conclure sur elle.
Ce fut ce qui le décida. Il pouvait toujours ne plus lui accorder de lui parler si jamais elle finissait par l'ennuyer. Après tout, il ne lui était pas redevable, pour absolument rien. Et il devait avouer qu'elle avait un goût particulièrement appréciable par lui ; tant pour elle-même, que pour le choix de son bracelet. Ce n'était pas comme si elle s'était présentée avec les petits machins très bof et habillée en fan des 2be3. Elle avait le style pour servir le mal. Il estimait ce point à sa juste valeur.
Sa main se saisit de l'accessoire et l'attacha à son poignet.
Un sourire confiant sur ses traits.
[...]
Le cadet Trueman marchait dans le couloir, n'étant que peu amateur du monde autour. C'était toujours bien plus long de changer de salle quand on se retrouvait pousser dans tous les sens. Il n'aimait pas les heures de pointe. Particulièrement celles où plus de la moitié se dépêchait pour aller manger et où l'autre ralentissait pour leur dernier cours de la mâtiné.
Lorsqu'il arriva à sa salle, il était encore plus agacé. Parce que rester fixe signifiait aussi devoir résister contre le mouvement. De justesse, il se rattrapa pour ne pas tomber. Quelqu'un venait de pousser violemment Maxance à un mètre de lui. Pour poursuivre son chemin, le lycéen l'avait forcé à se décaler à son tour. Il serra les dents, sentant la colère monter en lui par réflexe. Lorsqu'il atterrit contre le mur, il la bouscula également. Sauf que lui, c'était accidentel.
Son énervement s'évanouit quand il vit quelque chose tomber au sol. Ses pupilles suivirent la chute avant de se pencher pour ramasser l'objet. Un minuscule sachet entre l'index et le majeur, il se redressa tout aussi vivement pour ne pas subir la foule. Son mouvement avait interpellé sa voisine qui le fixait, interrogatrice. Il lui tendit donc sa prise, certain qu'elle en soit la propriétaire.
- Je crois que tu as perdu ceci.
- Agis plus discrètement ! Tu veux le crier sur tous les toits aussi ?
Elle lui avait arraché des doigts d'un geste brusque. Sa voix s'était faite stressée et agressive. Puis, elle passa en un rien de temps sa main sous son t-shirt, par le haut.
Visiblement, elle venait de cacher le sachet à cet endroit puisqu'il n'était plus là quand elle la ressortit. Où était-il avant ? Plus pour l'effet psychologique qu'autre chose, il essuya sa main sur son pantalon. Personne n'était jamais trop sûre de rien.
- Ce n'est pas mon problème. Évite juste d'égarer ce genre de chose si tu ne veux pas que tout le monde sache.
- Merci du conseil.
Son ton était sarcastique. Ses yeux se levèrent au ciel. Lui, il s'en fichait royalement. Ce qu'elle faisait en dehors des cours, ou encore même ses problèmes ne le concernaient pas. Il soupira, pré-sentant une journée particulièrement longue.
[...]
Ils étaient samedi, mais ils étaient pas mal à être au lycée. C'était journée portes-ouvertes et il s'était porté volontaire pour venir encadrer les équipements sportifs. À la surprise générale. Ça semblait altruiste ? Pourtant, il y voyait tout un intérêt d'avoir une foule se renouvelant qui venait juste pour être spectatrice de ses prouesses. C'était grisant. Il n'avait pas choisi au hasard. Puis, habituellement, il s'entraînait de son côté donc ça ne changeait pas grand chose.
Actuellement dans les vestiaires, il passa son t-shirt de sport pour compléter sa tenue. Celui-ci, il l'aimait bien. Il était confortable à porter et mettait en valeur son physique. Un sourire léger mais affirmé se dessina à un coin de ses lèvres rien qu'à cette idée. Finalement, en racheter un n'avait pas eut que des désavantages.
Laissant ses affaires sur place, il rejoignit le reste de son groupe dans la salle annexe. Sur lui, il n'avait pris qu'une veste pour garder à vue son téléphone et son portefeuille. Ceux-ci à peine déposés sur le côté, son professeur l'interpella pour lui faire signe de venir. Ses amis étaient présents à côté du bureau, partiellement prêts à suer. La majorité avait décidé de juste passer saluer les gens. Il aperçu également Maxance, accompagnée des siens un peu plus à l'écart. Il s'arrêta à niveau de sa petite-amie, répondant à l'appel.
- Oui ?
- Armand, tu commences. Tu prends un adversaire, n'importe lequel. Montre ce que ça peut donner comme niveau de s'entraîner durement.
Naturellement, son torse se bomba. D'un coup d'œil vers ses voisins, il n'eut qu'à peine le temps de les étudier. Ces derniers marquèrent nettement un pas en arrière. Une moue blasée anima son expression, surtout lorsqu'un s'exprima sur le sujet.
- Sans nous ! Quand on voit ce qu'il a fait à Mickaël, on ne tente pas. Non merci !
Quelle bande de lâches. Aucun courage.
- J'accepte volontier.
C'était Maxance qui venait de s'avancer, déterminée. Elle lui lança un sourire de provocation qui eut l'effet recherché. Son menton se redressa, il pinça les lèvres. Ses bras se croisèrent sur son torse. Cette possibilité le faisait réfléchir.
Pendant ce temps, son ami Théo sauta sur l'occasion. Celui-ci entoura ses épaules de son bras, motivé pour ce combat en perspective. Beaucoup trop à son goût, d'ailleurs. Il l'emportait physiquement par son excitation, manquant toutes les secondes de lui faire perdre l'équilibre. Ça l'irrita progressivement.
- Oui ! Excellente idée ! Détruis-la Armand ! Venge moi de toutes ces parties de jeu vidéo où elle m'a humilié. Ça sera facile !
Ça, il n'en était pas si sûr. Pas à un seul moment il n'avait eu l'occasion de la voir en action sur ce plan-ci. Toutefois, sa musculature ne passait pas inaperçue. Elle s'entraînait aussi, c'était une certitude. Après, en matière de résultats …
Avec son coude, il éloigna poliment son voisin. Celui-ci comprit rapidement le message. Puis, il releva un sourcil en direction de son professeur qui s'était installé à une table pour remplir un document. Ça serait lui qui aurait l'autorité finale sur le déroulement du combat.
Lui, il se fichait un peu de qui il mettrait au tapis. Sa victoire était assurée, d'une façon ou d'une autre. Personne possédait un niveau supérieur au sien. C'était son objectif et sa satisfaction quotidienne. Son avenir étant long à arriver, il avait favorisé une condition physique qui dépassait le bas peuple. Il arriverait à l'apogée de son charisme à la tête de l'entreprise familiale.
- Alors ?
- Je n'y vois pas d'inconvénients si vous êtes tous les deux partants. Échauffez-vous et commencez.
Quinze minutes plus tard, ils se fixaient, prêts à en découdre. Elle reprit son sourire, transpirante de confiance en elle. Tant mieux, ils n'étaient pas déséquilibrés sur ce point au moins. Même si leur sérieux dénotait vis-à-vis du côté hasardeux et amical de l'événement. Elle lui avait dit vouloir faire ses preuves pendant qu'ils faisaient des tours de salle. À présent, c'était comme un entretien d'embauche qui se déroulait.
- Vas-y Armand ! Écrase-la ! C'est qu'une fille, tu peux le faire !
Ils lancèrent un regard noir dans sa direction dans une belle action en miroir. Leur cible se tue immédiatement, déglutissante. Ce n'était pas le genre de commentaires qu'ils appréciaient entendre.
Ils revinrent l'un à l'autre, totalement concentrés. Leurs respirations étaient calmes, contrôlées.
Ce fut à son tour de sourire, amusé.
- Qu'est-ce qui te fait rire ?
- Je ne crois pas que tu sois si facile à battre.
Elle semblait sur ses gardes face à cette réponse.
- Ce n'est pas une blague. Donc continue sur ce qui t'a amené à en rire.
- C'est juste dommage pour toi. Tu ne me battras pas pour autant. Je suis trop bon pour que le contraire se produise.
- Ne parle pas trop vite.
Et le combat commença.
Ce fut elle qui lança les hostilités. Il la vit s'approcher avec vivacité pour tenter avec son poing droit de le toucher au visage. Sans perdre son sourire, prêt à l'accueillir, il se recula au dernier moment. Il fallait penser au spectacle aussi. Une brise légère accompagna son geste, ce qui lui révéla qu'elle ne comptait pas amortir ses coups. Parfait. Lui non plus.
Puisqu'elle venait de laisser son flanc à découvert, il tenta de l'attaquer d'un coup similaire au sien mais à cet endroit en se penchant pour l'atteindre. Il comprit rapidement que leur différence de tailles allait jouer s'il n'en tenait pas compte. Il échoua son action et elle en profita. Ceci avec la vitesse de l'éclair.
Dans le coin de sa vue périphérique, il la vit lever les mains en les croisant tout en faisant une rotation avec son corps. Placée sur son côté, elle pu abaisser ses avant-bras pour frapper au niveau de sa nuque. Pris par l'élan, il se retrouva une seconde plus tard au sol. Il lui reconnut sa technique immédiatement. Elle était vraiment à prendre au sérieux.
Il n'eut pas le temps de reprendre ses esprits qu'elle usa de la plante de son pied pour le cogner assez fort dans les côtes pour le forcer à se tourner. La vision du piège de rester par terre se dessinait dans son esprit. Tout de suite, il prit parti de se remettre sur pieds.
Il n'eut que le temps de se redresser.
Son dos se fit plaquer durement en arrière. Une grimace de douleur contracta ses lèvres. Elle était douée, il fallait lui reconnaître. Ses poignets se retrouvèrent bloqués de chaque côté de sa tête. Un genou atterri sur son plexus pour l'empêcher de bouger. Elle l'avait complètement immobilisé en moins d'une minute. Leurs regards se croisèrent, défiants. D'accord, elle était vraiment à prendre très au sérieux.
Les muscles de ses bras se contractèrent pour tenter de se libérer. Il sentit que cela commençait à fonctionner jusqu'à ce qu'il s'arrête tout seul, pour cause de surprise. Son adversaire s'était penchée vers lui, ignorant totalement son espace personnel. Interdit, il préféra l'inaction. Elle s'inclina jusqu'à ce qu'il ne la sente qu'effleurer son oreille. Son but était clairement de lui glisser une nouvelle provocation que lui seul entendrait.
- Laisse-moi goûter le sel de tes larmes quand je fêterais ma victoire.
Il ressentit une colère sourde animer son corps. Elle voulait jouer ? Il allait jouer.
Il arracha ses poignets du sol d'un coup sec. Puis, il se saisit de ses épaules et la força de tout son poids à inverser les rôles. Grâce à l'effet de surprise, il parvint à reprendre physiquement le dessus en mimant sa stratégie pour les bras.
Deux secondes plus tard, c'était lui qui rapprochait dangereusement son visage du sien. Ses mots se firent secs et d'un timbre bas.
- Tu peux toujours rêver pour que ça se produise un jour.
En réponse, elle sourit. L'instant d'après, un coup de pied atterrissait dans son ventre. Cette attaque l'obligea à se reculer brusquement, contre sa volonté. Ceci d'une façon telle qu'il se replaça debout pour ne pas être en position de faiblesse ou encore à sa portée.
À deux mètres d'elle, il l'observa avec attention ; une main frottant distraitement son ventre. Sûrement dans le goût du spectacle, il remarqua qu'elle ne put s'empêcher de se remettre debout avec style et élégance. Forçant sur ses abdominaux, elle plia ses jambes avant de les relever avec assez d'élan pour être emportée entièrement et retomber directement sur ses pieds. Elle su maintenir avec brio son équilibre sans risquer ainsi de retomber en arrière. Bombant le torse, elle haussa brièvement les sourcils vers lui d'un air de défi de faire mieux.
Ils ignorèrent leur public qui réagit à cette action. Une crispation d'amusement pointa à un coin de ses lèvres. Il était temps de mettre un peu plus de sérieux et de piquant dans cette affaire. D'un regard en biais, il répondit à son invitation.
- Combien as-tu dans ton portefeuille ?
- Une vingtaine d'euros, je dirais.
Avec nonchalance, elle haussa les épaules. Elle s'approcha également progressivement en vue de reprendre le combat. Les deux toujours sur leurs gardes. La réponse lui convint tout à fait, puisqu'elle lui permettait de mettre à bien son plan.
- Ça te dit d'en parier la moitié sur une victoire ?
- Cool. Y a justement un restaurant pas loin qui fait un menu double pour cette somme et je ne savais pas où manger ce midi.
Un sourcil se haussa chez lui en réaction. Il n'était pas vraiment étonné qu'elle accepte aux vues de ses activités extra-scolaire. Néanmoins, il ne s'attendait pas à ce qu'elle complète son idée par quelque chose de plus concret. Surtout qu'il ne savait pas lui non plus encore où il allait se rassasier.
- Tu veux que je te paye le restaurant ?
Il l'entendit pouffer à sa question. Maintenant, c'était lui qui la faisait rire.
- Oui. Prépare toi à être des plus galants.
C'est ça, bien sûr. Le plus vite qu'il pouvait, il s'accroupit sur une jambe en usant de l'autre pour balayer les pieds de Maxance. Cette dernière chuta abruptement en arrière, le bruit du choc résonnant contre les murs. Apparemment, les gens se taisaient pour la reprise. C'était bénéfique, ils en avaient besoin de ce silence pour se concentrer.
Armand s'avança vers elle et dû esquiver un nouveau coup de pied dans ses côtes. Elle commençait à l'irriter à s'acharner sur le même endroit. Toutefois, il était soulagé qu'elle ne se concentre pas sur ses jambes. Puisqu'il était grand, ça le mènerait directement à sa perte.
Avec leur position, il put facilement se saisir d'une de ses chevilles pour la bloquer partiellement. Une expression confiante plaquée sur le visage, il s'inclina pour pouvoir tenter une nouvelle attaque.
Sauf qu'elle le doubla.
Se redressant, elle profita de sa proximité pour l'attraper en entourant sa nuque d'un de ses bras. Elle n'eut qu'à plier ensuite la jambe qu'il tenait pour les rapprocher. Il dut esquiver à la dernière seconde le coup qu'elle voulut lui porter avec son avant-bras libre.
Sa seule solution de replie pour ne pas se coincer dans un cercle vicieux fut de se redresser. Seulement, elle força de façon considérable sur ses muscles abdominaux pour rester dans la même position. Ceci malgré d'être rendue au-dessus du sol. Elle devint ainsi un véritable poids-mort pour lui.
Ne souhaitant pas perdre son avantage, il ne lâcha pas sa jambe et tenta de lui donner un coup de poing dans ses côtes. Autant profiter de leur proximité pour l'énergie que ça lui coûtait. Il rata une première fois et dû esquiver une seconde fois son attaque par l'avant-bras contre sa tête. La sienne contre ses côtes manqua aussi une seconde fois. Décidément, l'un d'eux devraient bien prendre le parti d'arrêter d'esquiver.
Ce fut sur cette pensée qu'il dû se reculer vivement pour ne pas recevoir le coup de boule qu'elle voulut lui porter. Finalement, le manque de distance se révélait plus un défaut qu'un avantage. Ce fut donc avec très peu de regrets qu'il décida de la jeter au sol.
Cependant, ce n'était visiblement pas dans ses plans à elle. Il sentit ses muscles se bander au maximum sur lui pour maintenir le contact, preuve qu'elle résistait plutôt bien. Puisque ce fut imprévu, il manqua de s'écrouler en avant par son propre mouvement et dû forcer sur son dos pour juste basculer. Avec bien plus de violence cette fois-ci, il réitéra son idée qui fonctionna au second essai.
Un soupir de sincère soulagement s'échappa chez lui. Les bras pliés et axés vers l'arrière, il dû s'étirer le dos. Par ailleurs, ce fut une nouvelle erreur de sa part. En face de lui, Maxance en profita pour se relever, malgré la douleur apparente de sa chute.
Puis, ce fut lui que le sol accueillit. Elle venait de le plaquer, digne des actions visibles au rugby. Par réflexe, il avait tenté de l'esquiver en l'attrapant par la taille et la projeter grâce à l'élan par dessus lui. Toutefois, il avait pour cela surestimé sa propre force. La chute n'en avait été que plus douloureuse ; en plus de sa respiration qui fut coupée par le choc.
Elle se plaça automatiquement à califourchon sur lui pour l'attaquer, continuant sur l'effet de surprise. Dans un hasard monstrueux, il eut le réflexe d'attraper son poignet pour esquiver son coup de poing dans son visage. En réponse, il tenta une claque mais elle fut tout aussi rapide pour esquiver en se reculant. La seconde suivante, il dût utiliser la même technique pour éviter qu'elle ne le touche de son second poing.
Incapable de retenter la claque pour lui, il modifia sa stratégie. Il l'attira brutalement dans l'espoir de parvenir à lui donner un coup de boule. Elle plaqua le fouillis qu'était devenu leurs bras sur son torse pour l'empêcher de se rapprocher. Puis, elle voulut quand même prendre l'avantage de cette proximité d'un coup mais il força pour la bloquer.
Installés comme ça, ils n'avaient plus tant de possibilités disponibles. Il tenta donc de la faire basculer comme la dernière fois sur le côté. Elle dû prévoir son idée parce qu'elle serra ses jambes autour de ses côtes pour maintenir leur position contre le tapis. À son tour, elle fit en sorte de se libérer mais il mit fin à son plan. Un peu essoufflés, ils se regardèrent. Une tension frustrée les liant.
- Lâche-moi !
- Toi lâche-moi ! C'est toi qui est sur moi, bon sang !
Sa mâchoire se crispa sous l'agacement de ne pas pouvoir bouger. Ils n'avaient plus que les mots pour s'affronter.
- À croire que tu aimes ça vu comment tu t'acharnes !
Cette phrase était sortie toute seule, sous l'émotion qui le traversait. Armand se sentit extrêmement seul lorsqu'elle se pencha, un sourire mesquin sur les lèvres. La réponse qu'elle lui répliqua le calma directement. Ce fut pire car ce n'était qu'un chuchotement qui lui était tout juste destiné.
- Peut-être. Et toi ?
Elle le déconcentra un bref instant. Avant qu'il ne reprenne contenance. Elle plaisantait, se moquait de lui. C'était clair dans l'attitude qu'elle lui présentait. Ses traits devinrent plus que sérieux et sa voix plus qu'autoritaire.
- Maintenant on va se relever tous les deux. Parce que sinon, les gens pourraient vraiment croire que tu cherches juste une excuse pour économiser de précieuses minutes et gagner par abandon.
Le temps d'agir et ils étaient de nouveau sur leurs gardes, debouts, face à face.
Ensuite, le combat tourna pendant quelques secondes à un similaire à ceux de boxe. Il chercha à la toucher avec son poing au visage, qu'elle évita d'un mouvement. Elle copia son geste et lui le sien. Il recommença, même résultat. Ce fut elle qui y parvint par chance, enchaînant directement avec le sien. En s'essayant à la même stratégie, il ne parvint qu'à lui laisser une ouverture. La jeune femme se saisit de son avant-bras et pivota de façon à se retrouver dans son dos.
Au dernier moment et avec chance, il parvint à se libérer avant qu'elle ne réussisse à aller jusqu'au bout et tordre son bras. En se débattant, à peine libéré lui-même, il parvint à se saisir de son poignet à elle. Son idée initiale était de la faire tourner de façon à la bloquer contre lui et pouvoir atteindre son flan bien plus facilement. Sauf qu'elle parvint à se délivrer de sa poigne en cours de réalisation.
- Et maintenant, ils dansent …
Le commentaire lui était parvenu par hasard. Intrigué, il tourna la tête en direction de son groupe d'amis. C'était presque s'il les avait oublié. Ses sourcils se froncèrent, incapable de retrouver qui avait dit ça. Toutefois, il nota le trouble dans les pupilles de sa petite-amie. Trouble qu'il ne comprit pas vraiment.
Seulement, il n'eut pas le temps de s'en préoccuper plus. Maxance le ramena dans la réalité de leur combat d'un coup de pied dans les côtes. Il eut tout juste le temps de se reculer assez pour esquiver. Également assez pour attraper son pied au vol. Prit par surprise, il ne su pas tout de suite quoi faire en reprenant un placement correct. Elle se servit grassement de son hésitation. Sautillant pour se donner de l'élan, elle propulsa d'un seul coup son pied dans son crâne.
Le choc le déstabilisa fortement et il la lâcha pour se sauver. Il la vit vaguement parvenir l'exploit de retomber maladroitement sur ses pieds. Sa tête lui tournait et il manqua de tomber directement, luttant pour maintenir son équilibre de quelques faibles pas sur le côté. Il ne lui offrirait pas cette fleur. C'était hors de question. Juste par amour-propre.
Cependant, son corps bascula vers le sol contre sa volonté. C'était son adversaire qui avait bougé pour l'attraper par le bras pour le tirer vers l'arrière. Cette fourbe enflure perfide ne lui avait donné aucune chance.
Cette fois-ci, il fut sonné complètement lorsqu'il atterri. Le temps devint une notion très flou, très abstraite. Il n'eut le plaisir que d'entendre un craquement léger mais sournois dans son dos. Sans compter la sensation fulgurante qui accompagna le son. Son cœur battait durement dans sa poitrine et la nausée lui vint.
Dans son moment d'incompréhension de l'univers autour de lui, il ne réalisa pas qu'il était parvenu par réflexe à l'emmener avec lui. Il avait réussit à se retenir un court instant à son bras sans s'en rappeler, sûrement dans l'honneur de ne pas foncer dans le gouffre de la défaite tout seul.
Elle s'était réceptionnée un peu mieux que lui. Emportée à son tour, elle avait suivit le mouvement pour finir sa chute dans une roulade ajustée. À quelques mètres, elle prit une pause pour reprendre son souffle. En tout cas, ce fut la seule solution qu'il trouva pour expliquer sa distance et sa position lorsqu'il reprit ses esprits. Peu à l'aise sur ses jambes, il parvint quand même à se remettre debout à peu près en même temps qu'elle. Il n'abandonnera pas, c'était une certitude. Ils allaient se battre jusqu'à l'épuisement, mais il vaincra.
Toutefois, sa condition étant bien moins bonne, il ne vit pas venir ce qui suivit. Elle s'approcha vivement de lui, lui donnant l'idée qu'elle allait juste le frapper comme ils l'avaient déjà fait. Il se plaça donc les deux poings levés pour parer. Sauf que ce n'était pas son projet. Arrivée à un mètre de lui, elle se lança dans une sorte d'équilibre, posant ses mains au sol pour relever ses pieds. Ce fut ce qu'il crû interpréter de la situation ; jusqu'à ce qu'elle le frappe de son talon avec violence, au centre de sa défense laissée grande ouverte à cet endroit.
Déstabilisé, il se recula de quelques pas, posant d'urgence sa paume contre son nez qui venait d'être touché. Rageusement, il s'essuya en regardant la fine trace de sang sur sa main. Son regard remonta sur elle, qui lui faisait de nouveau face ; parfaitement noir. Il allait se venger de ça. Elle allait payer pour ça. Leur professeur les interpella d'une façon qui laissait entendre que ce n'était pas la première fois.
- Armand ! Maxance ! Séparez-vous. Vous avez fait vos preuves, vous n'êtes plus en état de vous battre.
Sa mâchoire se crispa. Il en était hors de question. Il prit soin aussi de noter qu'un public plus large s'était formé. Sans quitter sa voisine des yeux, il donna son état de santé. Relativement.
- Tout va bien. Ce n'est qu'une égratignure. Je refuse de m'arrêter maintenant, si proche de savoir qui gagne.
- Moi de même.
Elle se posta un peu plus droite, plus affirmée dans ses paroles. Leur sérieux était mélangé à la provocation qu'ils partageaient en début de combat.
- Et si vous finissez par vous blesser ? C'est moi le responsable de vous deux.
D'un sourire charmeur, il tourna la tête vers l'enseignant.
- Si nous arrêtons maintenant, nous continuerons dehors. Parmi le gravier et la pluie. N'est-ce pas Maxance ?
- Parfaitement.
- Est-ce mieux ?
Il vit qu'ils l'énervaient à agir de cette manière. Cependant, il ne gagnerait pas. Ils étaient déterminés. Ils le virent soupirer.
- Vous dépassez encore un niveau de danger et je vous attache de chaque côté de la salle s'il le faut pour vous arrêter. Compris ?
Ils acquiescèrent d'un signe de tête avant de revenir dans leur monde. Ils étaient de nouveau prêts à en découdre. Elle engagea les hostilités d'un coup de poing dans son ventre qu'il esquiva sans soucis. Attrapant au passage son poignet, il le tira bien en vue devant lui dans l'idée de le frapper au centre avec son coude. Il ne put mettre à bien son action car elle le poussa d'un coup d'épaule.
Séparés, elle en profita pour envoyer un coup de pied dans ses côtes. Il sentit le bout frôler son corps quand il se courba pour l'éviter. Puis la force de son attaque quand il tenta de rattraper sa jambe mais qu'elle le frappa juste à la main. Ça l'agaça assez pour la provoquer.
- Tu n'as rien. Rien à part tes poignards ridicules et tes prises de karaté minables.
- … Mais c'est V pour Vendetta !
Elle venait de parler comme si elle l'accusait d'avoir cité une oeuvre. Ça lui était venu très naturellement, il devait l'avouer. Ils furent tous les deux déstabilisés que l'autre connaisse. Ce fut elle qui reprit la première.
- Crétin. Les idées sont à l'épreuve des balles.
- Prouve-le.
Ils avaient l'air de parler le même langage. Les idées étant sa victoire à elle, les balles sa technique à lui et sa résistance. C'était lui qui voulait tuer son succès. La volonté de Maxance de reconnaissance dans le monde auquel il appartenait, contre les mines qu'il mettait sur sa route pour qu'elle prouve sa valeur. Ils échangèrent un sourire plein d'assurance.
Ce fut elle qui brisa leur contact visuel pour viser à nouveau ses côtes avec son pied. Son esquive échoua pour une fois, mais elle ne le toucha pas énormément. Confiante, elle retenta l'expérience mais cette fois-ci il ne se fit pas avoir.
Dans une évolution de sa technique, il attrapa sa jambe pour directement tirer dessus. Ensuite, il se servit de l'élan pour donner à son tour un coup dans ses côtes avec son poing. Il poussa sa chance à une seconde tentative mais elle esquiva. Il dû enchaîner sur l'évitement d'un coup de boule qui lui fit croire avoir l'ouverture pour une troisième fois la même attaque. Elle le poussa pour se libérer.
- Arrête de forcer pour toucher mon ventre !
- En quel honneur je t'obéirais ?
- Parce que tu ne sais pas ce que c'est d'être une femme tous les mois.
Il roula des yeux, blasé. Par vengeance, elle tenta un coup de poing dans son visage. Apparemment, il devait tenir compte de ses douleurs abdominales mais elle pas du tout de sa capacité à séduire s'il se retrouvait avec le nez cassé. Aucune compassion, tss. La douleur augmenta à ce niveau, déjà précédemment touché. Sa vision capta le «plop» d'une goutte de son sang sur le tapis. C'était mauvais signe.
Il tenta de copier son geste mais manqua le sien. La fin de leur combat approchait, ça se sentait. Ils faisaient des tentatives plus dangereuses, des erreurs plus risquées.
Le corps de son adversaire entama une rotation pour qu'elle puisse tenter un coup de pied dans sa tête à nouveau. Sauf qu'il ne se ferait pas avoir une seconde fois. Elle reçut son genou en plein ventre, partant avec élan pour venir à sa rencontre. Son corps tressauta avant de tomber au sol quand il retira sa jambe.
Il l'entendit toussoter, se décalant pour ne plus être à sa portée. Il n'y porta guère attention. Son corps lui faisait comprendre qu'il devait mettre un terme à tout ça. Les mouvements étaient de plus en plus dur à faire. Par réflexe, il porta les doigts sous son nez quand il s'y sentit humide. Ils revinrent bordeaux à sa vue. Oups.
L'angle ne lui permit pas de prévoir la suite. Maxance s'était relevée et avait vu l'opportunité. Il était clairement déconcentré par ce détail. Elle se plaça correctement et s'inclina avec souplesse. En arrière plan, il la vit plier sa jambe ; avant de frapper violemment son menton avec la plante de son pied.
L'unique chose dont il se souvint ensuite était son crâne heurtant le sol.
Puis, ce fut le trou noir total.
[...]
Assis sur un des canapés peu confortable du restaurant rapide, Armand s'étirait. Son dos le gênait, il ne parvenait pas à s'asseoir sans ressentir une pression. S'il s'était froissé un muscle, il la tuerait. Sans parler de la migraine qu'il devait supporter.
Face à lui, elle l'observait avec attention. Il n'avait pas besoin d'être un devin pour savoir qu'elle trouvait la situation jouissive. Sa nuque craqua et il se replaça correctement.
- Tu dois avoir triché quelque part.
- Pourquoi ? Tu ne peux pas admettre t'être fais battre par une femme ?
Il marqua son irritation d'un soupir bref. Son regard en disait également long sur ses pensées.
- Ce n'est pas le fait que tu en sois une qui me fait dire ça. Ce n'est pas important dans un combat. C'est que tu m'ai battu tout court.
- J'en connais un qui a des complexes.
Le ton moqueur qu'elle prit augmenta son irritation. Comme s'il avait besoin de ça. La logique était ailleurs, le genre des personnes ne faisait pas dépendre les victoires. C'était faible de penser ça. Il leva les yeux au ciel avant de reprendre d'une voix plus sèche.
- Pas du tout. On est de gabarits différents et on a le même âge, j'aurais dû avoir l'ascendant.
- Non.
- Quoi «non» ?
N'allait-elle tout de même pas prétexter avec sa vingtaine de centimètres en moins et sa carrure de danseuse avoir le même gabarit que lui ? Certes il n'était pas des plus larges d'épaule, mais il se défendait par son entraînement physique et sa taille. Elle, elle était vraiment un poids plume.
- On n'est pas du même âge. Tu es de septembre 80, moi d'août 79.
Ah. Il ne s'attendait pas à cette rectification. Son sourcil se haussa, interrogateur.
- Tu as redoublé ?
- Non. Mes parents ont tout abandonné pour tenter la vie au Japon. J'ai vécu un an là-bas. Seulement, en retournant en France, le lycée a refusé que je reprenne en première et non en seconde.
Hm. Ça donnait donc la façon dont elle était devenue bilingue. C'était possible en regardant les bons programmes de connaître quelques mots, mais parler complètement sans problème était un tout autre niveau. Surtout qu'elle ne prenait pas de cours au lycée et ça l'aurait étonné que c'eut été au collège qu'elle avait appris. S'ils favorisaient une langue atypique, c'était le chinois.
- Ça explique pas mal de chose. Tu viens donc d'une famille aisée aussi.
- Non. Ça leur a coûté très cher. Si je parviens à bouger c'est avec de l'argent que j'économise en travaillant à droite à gauche.
Oui, sur le dernier point il en avait déjà eu quelques petits aperçus. Toutefois, ça amenait pas mal d'interrogations.
- C'est pour ça que tu veux rentrer dans le monde des Supers-Vilains ? Pour parvenir à braquer des banques et devenir riche ?
- Non. Juste parce que je me ris du danger et qu'ils sont les meilleurs dans ce domaine. Je n'aime pas jouer les gentils, j'aime avoir mon libre-arbitre comme je l'entend.
Il commençait à apprécier de plus en plus sa manière de penser. Peut-être qu'un jour leurs chemins se croiseront sur cette voie-là. Faire ses preuves restait l'étape la plus compliquée, mais il devait reconnaître qu'elle avançait sûrement et marquait des points.
To be continued, à l'instar de tous les autres ...
Détail de coulisse : l'affrontement Armand / Maxance a été créé vis-à-vis des règles du Jeu de Rôle papier. La phase d'écriture était donc sous ce mantra : alea jacta est. Armand a eu des mauvais jets de dés, c'est le jeu. On se relève difficilement de deux échecs critiques ... !
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu ^^ personnellement, j'aime beaucoup les scènes de combat et je trouve que ça peut manquer parfois dans l'univers de la fanfiction, donc j'ai voulu mettre ma plume à l'ouvrage. Le prochain chapitre paraîtra le mercredi 20 Juin 2018, toujours à l'habituel 18h. À bientôt !
Une review, ou un favoris / suivi est toujours appréciable pour l'auteur, si son travail vous semble mériter un moment en plus de votre temps, même si ce n'est qu'optionnel bien évidement.
