Bonjour à tous pour ce nouveau chapitre^^
Les autres mettront plus de temps mais je tenais à publier ce troisième chapitre aujourd'hui pour que cette histoire puisse finir avant de partir en vacances. Sinon, vous n'auriez pas eu le dernier chapitre avant 3 semaines minimum...
Comme vous l'avez sans doute remarqué, l'histoire se déroule principalement sous le point de vue d'Eren. Ici, l'histoire continue d'avancer avec celui de Rivaille. J'espère que vous appréciez ces différentes visions vécues par les personnages.
Je remercie encore une fois ceux qui prennent le temps de reviewer et de mettre en "follows" voire même en "favs" aussi.
Bonne lecture à tous.
POV Rivaille
- Ptain...fait chier...
Pourquoi cette pile de livre s'est affalée sur le sol pendant que je faisais ma sieste? On ne peut plus dormir tranquille. J'entends la porte s'ouvrir, l'autre doit avoir déjà fini de faire les courses.
- Rivaille, tu ne devrais pas t'enfermer ainsi.
- La ferme, Erwin.
C'était lui qui m'a conseillé d'aller dans ce café pour y faire de nouvelles rencontres. Franchement, j'en ai rien à foutre. Je suis bien ici avec mon chat, Shin. Chacun fait sa vie comme il l'entend et pas besoin que d'autres s'en mêlent comme Erwin. Je n'ai pas un caractère facile, je m'énerve vite surtout sur ceux qui lâchent des conneries plus grosses qu'eux.
Depuis mon accident, j'ai perdu les seules personnes proches de moi. Il ne me reste plus que Hanji, Mike et Erwin. Nous sommes tous du même lycée sauf que Hanji et moi sommes deux ans plus jeunes. Chacun a mené un cursus bien différent. J'ai choisi la musique. On m'a présenté ma future troupe quand je suis entré dans un orchestre à la fin de mes études, celle qui est à présent disparue. Je suis le seul rescapé de cet accident de la route et j'y ai laissé des plumes. Mon bras gauche a été fortement touché et le verdict fut sans appel. Plus jamais je ne pourrai jouer du piano comme avant. J'ai encore de la technique mais elle ne tient que pour quelques mélodies tout au plus.
La détermination de ce gamin m'a surpris. Nous avons quelque chose en commun, j'ignore quoi exactement, c'est un drôle de sentiment. Je suis sûr qu'apprendre le piano n'est pas son projet à vie mais il a le mérite de m'y avoir redonné l'envie d'en rejouer.
Depuis ma blessure, j'ai tendance à me laisser un peu aller. Je préfère rester dans mon appartement à passer mes journées à lire. Je vis comme n'importe qui en essayant de m'en sortir. Seulement, je n'ai pas d'idées concrètes sur mon avenir d'où cette période de flottement. Mes économies suffisent à payer le loyer et la nourriture. Quand je n'aurai plus assez, je me bougerai le cul pour aller travailler. J'ai trop de fierté pour qu'un autre paye à ma place.
Erwin m'a juste soutenu psychologiquement lorsque j'étais à l'hôpital. Il me provoquait consciemment pour me motiver. Il faut dire que je porte un lourd poids depuis cet accident. Un poids qui m'empêche de regarder leur tombe le cœur léger. Il ne m'empêche pas de vivre juste d'avancer. Enfin, vivre est un bien grand mot pour le moment. Erwin est le seul qui me donne encore la force de continuer par ses encouragements. Il a beau être chiant, ce sont les raisons pour lesquelles je ne le vire pas d'un grand coup de pied au cul.
- Qu'est-ce que tu as Shin?
C'est lui qui m'a offert ce chat. Je le vois encore devant ma porte tout sourire.
- Tiens, c'est un cadeau pour toi. Ainsi, tu te sentiras moins seul.
Je lui avais claqué la porte au nez à cet enfoiré. Il criait à travers celle-ci comme quoi j'avais vraiment un sale caractère. J'étais parti me recoucher mais un grattement à ma porte m'en empêcha. J'ai ouvert même si j'avais une idée de qui se cachait derrière. La boule de poil miaulait pour que je la caresse. Il avait dû ramasser cet animal dans une ruelle. Un animal abandonné et aussi seul que moi.
Déjà quand j'étais au lycée avant de le rencontrer, je vagabondais dans les quartiers plutôt mal famés. J'étais un de ces jeunes que la société a oublié. Un clan m'avait intégré en leur sein pour commettre quelques délits mineurs. J'ai souvent été confronté aux forces de police. C'est le père de Mike qui m'a attrapé un soir. Je suis resté en détention pendant une journée entière. Le temps qu'on remplisse mon dossier. C'est à cet endroit que mon regard et celui d'Erwin se sont croisés. Il accompagnait Mike venu apporter quelques papiers à son père. Je le vois encore demander à ce qu'on ouvre la cellule pour qu'il puisse me parler.
Nous avons simplement discuté et m'a demandé si je voulais rejoindre son groupe d'ami. J'ai beaucoup hésité au début mais au fil du temps, j'ai appris à les connaître. Je me suis facilement intégré à mon plus grand étonnement. Nous sommes réellement devenus proches et à partir de là je n'ai plus eu cette sensation d'être abandonné du monde. Ce fut exactement le cas avec ma troupe ou bien encore ce chat.
D'ailleurs, il s'est mis à miauler et je m'en vais lui remettre à manger pour l'adorateur de viande qu'il est. Enfin, plutôt elle puisque c'est une femelle. Elle a aussi un caractère de merde. Hanji nous a même dit une fois qu'on possédait la même expression sur le visage. Le pire c'est quand elle miaule pour se faire entendre quand elle n'est pas d'accord avec en supplément la partie « je griffe tout ceux que je n'aime pas » et à l'inverse aime les câlins avec ceux qu'elle apprécie. Ce chat me ressemble trop.
Erwin est en train de cuisiner. Il paye pas de mine comme ça mais ses plats sont succulents. Je me régale à chaque fois. Pour cette raison, je le laisse utiliser ma cuisine à sa guise. J'en profite d'une certaine façon. Il prépare le repas proprement, le sert puis débarrasse la table et nettoie la vaisselle. Il sait que j'ai horreur de la saleté.
Nous passons à table et me raconte sa journée. Un étranger pourrait croire facilement que nous formons un couple marié ce qui n'est pas le cas. Il a beau être taillé comme un dieu et sexy au possible, toute une vie avec lui, je ne pourrai pas. Il est beaucoup trop cachottier. C'est pourquoi, il reste mon ami et rien de plus.
Il est en train de ranger les assiettes pendant que je suis à mon balcon pour me détendre et lire un livre. Je remarque que le gamin est en bas. Pfff...nan mais qu'est-ce qu'il lui prend à toujours me fixer ainsi? Et puis zut...va te faire foutre. N'espère pas de moi un signe cette fois.
Erwin me dit au revoir avant de quitter l'appartement. Il risque de croiser le morveux en bas. Quelques minutes plus tard, c'est chose faite! Il en tire une tronche le gamin. Il n'a pas l'air dans son assiette. La fille qui le colle constamment est là aussi. Ils ne vont pas tarder à rentrer ensemble je suppose. Je ferme mon livre mais Shin ne veut pas bouger de mes jambes. Je la prends alors dans mes bras pour la remettre sur le canapé. Cette haine envers le moindre effort physique, c'est pas croyable. Elle me fixe de ses grands yeux perçants avant de me bailler au visage et de s'installer confortablement.
Demain, je sens que je vais m'amuser à bien martyriser le gosse pendant la leçon.
La matinée était déjà bien entamée quand je me suis réveillé. Je me prépare avant de partir et je laisse Shin dormir dans mon lit. Il lui arrive souvent de débarquer en pleine nuit pour se coller à moi. Je descends les escaliers et je croise quelques personnes qui préfèrent m'éviter. Je jure entre mes dents au moment où je me prends le pied dans un bâton en bois près de la porte d'entrée. Maintenant, j'ai mal à cause de cette saloperie. Je le prends tout de même avec moi après l'avoir essuyé. Il pourrait m'être utile.
Je pousse la porte du café. Il me sourit comme un imbécile. C'est limite si je ne vois pas des petits cœurs autour de sa tête, en un mot, écœurant. Il me sert ma boisson habituelle avant de prendre place au piano. Je le suis avec ma tasse. Il ne sait déjà pas par où débuter. Je lui enseigne le nom des notes et quelques bases. On passera à la lecture de partition plus tard même si je n'ai jamais eu besoin de tablature jouant en grande partie que d'oreille. Il apprend vite le bougre. Il semble intéressé et déterminé. Je lui joue quelques mélodies simples pour qu'il puisse facilement les retenir. Je me poste ensuite derrière lui. Il a maintenant toute la place nécessaire pour me montrer toute l'étendue de son éventuel talent. Je scrute ses moindres faits et gestes prêt à taper de mon bâton sur ses doigts à la première erreur. Elever à la dure, il n'y a que ça de vrai.
- Aie...
- Concentre-toi morveux.
Deux heures se sont ainsi écoulées avant que je ne rentre chez moi. Il ne m'a pas fait payer les 4 tasses de thé en disant que c'était un remerciement de sa part pour les leçons.
Le jour suivant, j'ai apporté avec moi quelques partitions pour commencer la lecture. C'est la première fois que je m'installe au comptoir. Le cahier est ouvert dessus et le gamin avait les yeux rivés sur l'objet. L'ambiance est agréable même si je m'énerve de temps à autre. Il se replie sur lui-même et s'excuse dans ces moments-là.
- Monsieur Rivaille...
Je soulève un sourcil l'invitant à continuer.
- Vous êtes beau quand vous souriez vous savez...
Que? Quoi? Il est gonflé lui! D'abord, qui sourit? Déjà que je dois le supporter à longueur de journée. Cette fois, je le tape bien plus fort sur l'épaule. Je dirige de force sa tête avec ma main. Nos visages sont proches.
- Ose déblatérer encore une connerie de ce genre et tu es un homme mort, pigé?
Il est effrayé et ne tente plus rien. Le son d'une tasse claquée à terre retentit. Sa sœur adoptive me regarde d'un air glacial. J'ai remarqué qu'elle passait son temps à m'observer. J'en ai ma claque donc je me casse. Je vois une jeune fille blonde, assez petite et au nez grec passer devant moi. Elle traîne dans la rue à la recherche de quelque chose. Enfin, c'est ce qu'il me semble. Elle fouille en direction du chemin d'allée devant mon immeuble. Je m'approche près d'elle.
- C'est ça que tu cherches ?
Je lui brandis mon bâton sous les yeux. Elle ne répond pas et s'en va.
- Je ne la sens vraiment pas cette fille...
- Ah, c'est toi Erwin.
Il acquiesça.
- Il paraît que tu te recycles.
- C'est ça, compare-moi à un déchet tant que t'y es...
- Je voulais dire, apparemment tu t'es mis à enseigner, j'en suis étonné.
- Tu me connais pas si bien que ça on dirait...
- Peut-être mais pourquoi?
Je désire répondre mais je n'y arrive pas. Je suis incapable de lui donner une réponse. Il laisse tomber sa question et préfère m'inviter au restaurant à la place. On y passa une bonne partie de la soirée à discuter.
J'entre dans le café et je vois les trois adolescents avec une mine déconfite. Ils m'ont raconté qu'ils avaient dû éteindre un début d'incendie derrière le café. Depuis le grand incendie qui a coûté la vie à quelques uns de leurs camarades, d'autres de plus petite gravité avaient suivi. La police pense que ce sont des actes criminels gratuits. Je pense qu'elle se trompe et qu'une autre raison se cache derrière.
J'ai moi-même été un délinquant. Je connais ce sentiment d'être en marge de la société. Traîner en rue et battre presque à mort de pauvres types était mon quotidien. N'importe qui peut en être victime. Après qu'Erwin m'est proposé de rejoindre sa bande, il a voulu que j'intègre le même club de sport que lui. J'ai refusé pour passer mes après-midis sur un piano. Il m'avait souri malgré tout et comme toujours en fait. J'ai amélioré ma technique au fil des années. Tout cela pour quoi à présent? La vie est vraiment une chienne quand elle veut. J'ai beau avoir une part de responsabilité, on ne peut jamais prévoir ce qu'il se passera avec exactitude.
On continue les leçons malgré la fatigue. Armin et Mikasa ont été convoqués par le gérant. Il avait besoin d'eux pour une affaire urgente. Une histoire de paperasse à remplir et à vérifier avant la fin de la semaine.
Le gosse m'interpelle car il bloque sur un passage. Il me demande de le jouer avec lui. Je soupire mais j'accepte. Je m'assieds donc à coté de lui avant de débuter le morceau. Celui-ci fini, il me regarde de façon assez intime et pose ses lèvres sur les miennes. J'ignore pourquoi mais je ne le repousse pas. Au contraire, j'approfondis le baiser. Nos langues s'entremêlent en une valse sensuelle. Il se rapproche et me serre contre lui au point que le siège ne nous a jamais semblé si grand.
Je mets un terme à ce petit jeu en le saisissant par le col de sa chemise pour le déposer sur le piano. Il est à ma merci couché ainsi sur le dos. Je me penche au dessus de lui pour continuer cette symphonie des sens. Ses deux mains parcourent mon corps tout en prenant peu de pauses pour respirer. Elles sont courtes pour éviter de perdre cette sensation de déconnexion totale à chaque rencontre de nos lèvres. Nous sommes arrivés à bout de souffle. J'ai l'intention d'aller plus loin mais la présence de la blonde d'hier m'en empêcha.
Elle était entrée sans prévenir ou alors j'étais trop absorbé par ce que je faisais. Je me redresse au plus vite pour réajuster mes vêtements.
- Annie...Jean m'a dit que tu ne passerais sûrement pas.
Elle remet une de ses mèches derrière son oreille. Je remarque que sa main tremble légèrement. Elle semble désolée en baissant ses yeux gonflés par les larmes. Elle s'installe à coté de là où nous étions. Eren lui sert un verre d'eau. Elle sort un petit boîtier bleu que je reconnais immédiatement.
- Touche pas à cette merde!
J'ai crié alors que je ne le voulais pas forcément. Elle est apeurée et ramasse vite sa boîte. Il faut dire que je l'ai bien envoyé valdinguer au loin. Elle se rassoit sur son siège en silence. Quelques gouttes de sueurs perlent sur son front.
- Hé Annie, ça va?
- Imbécile, elle est sous l'emprise de drogues.
Il me regarde surpris. Je pense qu'il a du mal à réaliser ou ne va pas réaliser que son amie soit dans un état pareil. D'ailleurs, elle ne demande pas son reste et s'en va en courant.
- Annie! Si tu as besoin mon père revient demain à la maison, tu pourrais lui demander...
Je pose ma main sur son épaule et lui fais signe que c'est inutile. Il s'arrête alors de parler et affiche un air coupable. Il s'en veut de ne s'être jamais aperçu de sa souffrance. Je ne le blâme pas car peu de gens savent quels gestes adopter ou décoder les premiers signes. Il se contient de la poursuivre car il sait très bien que cela ne servirait à rien. Armin entre à son tour, confus. Il raconte qu'il vient de la voir passer en pleurant. Il a voulu l'intercepter mais elle a préféré le bousculer pour s'échapper au plus vite. Les deux garçons m'interrogent sur ce que je sais sur cette boîte.
Je leur dis juste ce qu'elle contient car j'ai connu des gens qui en consommaient. J'ai failli tomber dans cet abîme de ténèbres. J'ai eu un moment de faiblesse quand j'étais dans la rue. Un type m'en avait proposé et je me vois encore approcher les cachets de ma bouche avant d'en stopper l'avancée. Un gars un peu plus loin était en train d'en faire une overdose. La scène m'a fait comprendre en une fraction de seconde de la bêtise que j'allais commettre. J'ai alors jeté ces saloperies à terre et plus jamais j'ai voulu y toucher.
Je les préviens que son comportement relève plus de l'appel à l'aide qu'autre chose. Elle avait peut-être honte de se montrer dans cet état ou trop fière pour demander directement un soutien. Ils m'expliquent qu'elle vit dans un internat pour fille depuis la mort de son père. J'en informerai Erwin ou Mike de ces détails, ne sait-on jamais.
Justement, Mike est entré. Son dossier n'avance pas. C'est pourquoi, il est venu redemander de nouvelles informations si possible. Il avait survolé à nouveau l'affaire permettant de faire émerger des questions plus précises. Je rentre chez moi car tout ceci ne me concerne guère.
Deux jours sont passés, je suis prêt à donner une nouvelle leçon mais ma motivation tombe en ne voyant que le blond dans le café. Je prends ma place habituelle mais personne d'autres que lui note ma commande. Son visage est attristé au plus haut point et je l'interroge sur la raison. La maison des Jaëger a été victime de la vague d'incendie. Aucune victime à déplorer, juste leur mère qui est à l'hôpital pour quelques brûlures mais rien de grave. Son père est resté une journée auprès d'elle avant de repartir pour une de ses nombreuses réunions. Eren et Mikasa y sont encore puis iront chez Armin le temps que tout se règle. Je commande un thé comme à mon habitude bien que celui-ci m'est semblé fade.
Je m'apprête à sortir quand je tombe nez à nez avec lui. Mikasa l'a envoyé ici pour qu'il se change les idées. Pixis apparaît de l'arrière boutique. Je comprends qu'elle a pris les devants pour que je ne touche pas à son Eren. Le gérant est là pour surveiller mes moindres faits et gestes. On reprend le cours mais il est beaucoup trop distrait. Je le rappelle plusieurs fois à l'ordre mais aucun résultat positif. Entre les fautes, les rougissements à chaque regard et les excuses bredouillées, je perds patience. Je décide donc de m'en aller plutôt que de commettre un meurtre.
Je suis dans mon appartement, couché sur le canapé. Shin est contre moi en train de ronronner. Je lui caresse doucement la tête. Elle se lève pour se mouvoir vers le piano posé dans le salon. Elle s'y frotte en miaulant. Mes doigts me démangent et je ne peux m'empêcher de jouer une mélodie. Je compte faire la dernière que j'ai composée mais je ne trouve rien dans la poche de mon manteau. Je ne pense pas l'avoir perdu. Je me pince l'arête du nez en fermant les yeux pour tenter de me souvenir de ce qu'elle est devenue. Le souvenir du cimetière où je l'ai donnée au gamin me revient en mémoire. Pourtant, je la connais et la jouer sans ce bout de papier serait un jeu d'enfant sauf qu'au fond de moi je sens que je dois la récupérer. J'ai l'impression de l'avoir laissée pour me donner un prétexte de revoir ce môme.
Je repense à la situation dans laquelle nous étions il y a quelques jours. Je ne regrette généralement pas mes choix même si ceux-ci ne sont jamais les bons. Mon passé est ce qu'il est et je l'accepte comme tel. Seulement, j'aimerai pour une fois être sûr de la voie que je prends.
J'attends Eren à l'arrière boutique. Quelques mégots de cigarettes ont trouvé refuge dans mon cendrier. J'aurai préféré un endroit moins immonde mais c'est le seul où j'ai la certitude de pouvoir l'attraper sans que ses petits copains viennent nous embêter. Ses pas résonnent près de la porte. Il est surpris de me voir après l'avoir ouverte. Je profite de ce laps de temps pour le saisir par le bras et l'emmener avec moi. Une expression d'incompréhension s'affiche sur son visage.
Je l'entraîne jusqu'à mon appartement. Une fois entré, je le pousse au point qu'il manque de tomber. Il se rattrape en s'appuyant sur la table de la salle à manger. Le vase vacille et manque de s'éclater joyeusement au sol. Il s'immobilise mais je suis davantage de mauvaise humeur.
- Puisque aujourd'hui, tu as été à chier, j'ai décidé d'une séance de rattrapage.
Il blêmit et refuse ce qu'il pense être une proposition et non un ordre.
- Si tu veux autre chose, très bien.
Il n'était pas le premier que je mettais dans mon lit et ce ne sera pas le dernier. Après tout s'il ne veut pas travailler maintenant, ces leçons n'étaient peut-être qu'un prétexte pour approcher mon corps comme beaucoup. Même Erwin en a profité une fois.
J'ai eu un moment de faiblesse après la mort de toute ma troupe. Je logeais chez lui en attendant d'avoir une situation plus stable. J'étais fatigué et je me suis endormi sur son épaule pendant qu'on regardait un film. Il partit chercher une couverture pour la déposer délicatement sur moi. Au moment de me couvrir, j'ouvris un œil et il me tendit un sourire. Son visage s'approcha du mien et nous nous sommes embrassés.
Je n'ai pas eu la force de le repousser. Après tout, je cherchais aussi un peu de réconfort au fond de moi. Ma fierté m'empêchait seulement de le demander. Alors, je l'ai laissé m'emmener dans sa chambre, me prendre dans ses bras et me faire l'amour tendrement. J'aurai préféré que cela soit plus sauvage mais il avait refusé. Il désirait me faire aucun mal. J'ignore si à ce moment-là, il a agit ainsi par pitié. Je ne le saurai jamais car le lendemain matin nous avons établi d'un commun accord que cela n'a été qu'un moment d'égarement. Un moment oublié de nos mémoires quand on est ensemble.
Je ne risque pas d'être tendre ici ou même jouer la marionnette. Je n'hésite pas et je l'embrasse. Il est sur le canapé et sous moi. Sa tête est posée sur un des accoudoirs. Mes mains s'introduisent sous ses vêtements. Il grimace quelque peu en repoussant légèrement ma main droite des siennes mais sans grande détermination. Il est dans un état entre le refus et l'envie.
Je mordille son cou et je lui laisse un suçon. Mes dents maltraitent sa peau et il laisse un léger gémissement de douleur s'échapper. Je le fais taire avec mes lèvres. Je sens deux mains qui me repoussent violemment. Il s'est redressé et semble être sur le point de chialer. Je m'en vais pour lui apporter un mouchoir. En effet, il craque quelques minutes après. Je soupire d'agacement. Il me sort alors le bout de papier que je lui avais donné.
Il me dit qu'il n'avait pas su la décrypter entre deux reniflements. Je la prends du bout des doigts et je m'en vais la jouer sur mon piano. Shin s'installe sur mes genoux comme à son habitude. Je commence avec les premières notes. Ses sanglots s'estompent peu à peu. Il est émerveillé par la mélodie tandis que je ferme les yeux sur certains passages pour l'apprécier davantage. Les sons résonnent jusque dans nos cœurs. J'arrive à la fin avant de recevoir des compliments. Je me retourne vers lui en croisant mes bras et mes jambes.
- Je l'ai créé peu avant que j'aie mon accident. Il était prévu qu'elle se trouve en fin de concert pour la prochaine tournée.
L'actuelle tournée de l'époque s'achevait et nous étions déjà en train de préparer la suivante.
- J'ai remarqué qu'elle n'avait toujours pas de titre, me rappela-t-il.
- En effet...
Je n'ai pas eu l'inspiration pour en trouver un. La musique n'avait plus beaucoup de sens pour moi pendant cette période. Je n'envisageais même plus persévérer dans cette voie. Il se frotte les yeux et lâche un léger bâillement. Il me demande l'autorisation pour dormir sur mon canapé. Je hoche la tête pour lui donner mon accord. Shin s'en va pour se coller à lui.
J'en profite pour ranger un peu l'appartement. Il a beau déjà être bien rangé pour une grande majorité des gens, personnellement ça ne me suffit pas. Il ne faut pas qu'il soit propre et bien rangé, il faut qu'il soit impeccable. Je passe pour un maniaque mais rien que de voir un tas de poussière traîner dans un coin me dégoûte.
Je passe donc le plumeau sur les nombreux meubles et bibliothèques qui composent mon salon. Je m'arrête un instant sur l'une de mes vitrines. Mes nombreux trophées la décoraient mais au devant de ceux-ci, une photo est posée. Je suis dessus avec mes amis à présent disparus. Je suis au centre étant le plus petit avec mon amie Petra qui souriait comme un ange. Auruo tirait d'ailleurs une drôle de tête avec une expression légèrement jalouse de la voir si près de moi. Il faut dire qu'elle lui remontait souvent les bretelles comme un vieux couple. Gunther et Erd sont derrière nous trois, eux aussi souriant. Cette photo avait été prise en été lors de la dernière tournée. Je la repose avant de continuer là où j'en étais resté.
Je passe ensuite un coup de balai en dessous du piano légèrement sur la gauche par rapport au centre du salon. En face de lui et de façon plus centrée, il y a le grand canapé de velours légèrement de biais où dort Eren en ce moment. Une petite table basse rectangulaire en bois est placée devant ce dernier et ornée d'un bouquet de fleur. J'en profite pour nettoyer la grande fenêtre qui se trouve derrière et qui permet d'accéder au balcon.
Je me charge ensuite de la salle à manger qui n'a pas de séparation véritable avec le salon. Elle était plus spartiate avec seulement une table et des chaises devant les différentes machines électriques servant à la cuisine. Tout était aussi de bois que je vernis de temps en temps pour en donner un aspect encore plus soigné. Je continue à dépoussiérer le dessous des meubles jusqu'à ce qu'une boule d'aluminium roule en dehors. Erwin a sûrement dû la faire pour jouer avec Shin sans que je le remarque et cet idiot ne l'a pas ramassée.
Justement, il rentre dans l'appartement un peu surpris de la présence d'Eren et troublé par mon regard qui le fusille. Il voit la boulette près du frigo et comprend très vite de quoi il en retourne. Il me fait quelques excuses pour cette mégarde. De mon coté, je ne m'étais pas aperçu de l'heure tardive. Il entreprit ses occupations habituelles tandis que je m'installe dans le fauteuil à la droite d'Eren. Je le laisse se reposer avec Shin sur son ventre. Elle ne l'a pas quitté depuis tout à l'heure. Cela m'amuse intérieurement car en général, elle est méfiante envers les inconnus. Enfin, disons qu'elle sent quand les personnes ont un mauvais fond. Je pense qu'inconsciemment, elle essaye de le réconforter à sa manière.
Il dort si profondément qu'il rate le repas. Erwin débarrasse la table avant de faire la vaisselle comme à son habitude. Je ressors ma partition inachevée. Je la fixe quelques secondes mais aucune inspiration ne vint pour la nommer. Je la replie soigneusement dans la poche intérieure de ma veste. Erwin s'apprête à partir, il ouvre à moitié la porte avant de me souhaiter une bonne soirée. Je m'approche de lui pour le lui souhaiter en retour mais il m'embrasse sans prévenir. Il tente de se serrer contre moi en m'enlaçant de ses bras mais ma seule réponse fut une gifle monumentale.
- On avait dit que cette nuit-là ne fut qu'un moment d'égarement.
Je sens que mes mots sont aussi tranchants qu'une lame de rasoir. Il semble à la fois déstabilisé et déçu. Il frotte un peu sa joue avant de partir en s'excusant.
Je sens alors deux bras m'entourer. Le gosse s'est réveillé. J'ai envie de lui en coller une mais je m'abstiens.
- Monsieur Rivaille...
- C'est Rivaille.
Il a tremblé faiblement le temps d'une seconde.
- Rivaille...je...
Je lui fais volte-face pour poser un baiser de force. Il accepte ma langue qui veut jouer avec la sienne. Nos corps se sont irrémédiablement rapprochés au point que nos intimités se frottent mutuellement. Chacun essaye de prendre le contrôle de l'autre. J'essaye en l'envoyant valdinguer contre le mur. Son épaule touche le coin d'un des cadres. Il grimace de douleur avant de me projeter à terre. Il en profite pour me surplomber et m'embrasser presque de force. Je lui mords la lèvre inférieure.
- Tss...faire ça au sol...
Il se dégage alors un peu. Je relève mon genou pour le frapper pile sur ses côtes. Il se replie sur lui-même en y mettant ses mains. J'attends que ses lamentations se terminent avant de le tirer vers moi par le col. Je m'empare de ses lèvres à nouveau. Mes mains passent sous son haut en y laissant quelques traces au passage. Mes ongles griffent sa peau si tendre. Il attrape mes poignets et dirige son visage près de mon cou.
- Rivaille...me chuchote-t-il sensuellement à l'oreille.
Mon cerveau est électrisé. C'est la première fois qu'on prononce mon nom de cette manière. Je tente de reprendre les commandes de mon corps mais ses mordillements sur ma nuque provoquent l'effet inverse. Il commence à s'imposer et n'hésite pas à faire apparaître un suçon sur mon cou. Je l'expédie en arrière mais il a le réflexe de me faire un croche-pied et me faire basculer en arrière. Je réussis à contenir mon équilibre mais je tombe juste après avec lui. Il s'est pris le pied dans le tapis et sa tête a violemment heurté le bord de la table basse. Un filet de sang coule sur son front.
Ne crois pas que je vais lécher gamin, c'est dégueulasse.
Je me lève alors pour lui chercher de quoi arrêter l'écoulement. Je lui tends un peu de désinfectant et un petit pansement qu'il accroche avec quelques sparadraps. Je pensais qu'il ferait preuve d'aucune résistance mais je dois admettre que son esprit est indomptable. Il possède une force qui m'attire. Je ne peux plus me mentir à moi-même. Au final, on se ressemble.
- Rivaille...pourquoi toute cette colère?
Il pose alors sa tête sur mon torse au niveau de mon cœur.
- Me fais-tu confiance?
Je ne réagis pas.
- S'il te plaît...
Je ne relève pas le fait qu'il me tutoie. Il s'accroupit avant de commencer à déboutonner délicatement ma chemise et en écarte lentement les pans. Je reste assis sur le canapé à le fixer. Sa langue trace un sillon sur ma poitrine avant de s'attarder sur un de mes tétons. Elle remonte vers ma gorge avant de redescendre plus bas près de mon ventre. Je rejette la tête en arrière.
J'agrippe ses cheveux pour faire remonter son visage jusqu'au mien. Il me regarde un instant avant de m'embrasser. Il prend ma tête dans ses mains avant d'entourer ma nuque de ses bras. Mes mains se remettent à se balader sur son corps mais de façon plus douce cette fois. Je glisse mon index le long de sa colonne vertébrale. Un frisson parcourt l'entièreté de son corps. On se relève simultanément avant de s'avancer vers ma chambre.
Nos vêtements tombent un à un au sol avant de m'allonger sur le matelas et de reprendre la découverte de nos corps. Chacun de ses coups de langues me fait frémir. Quelques gémissements s'échappent lorsqu'il passe aux endroits stratégiques. Il me mordille légèrement la peau tout en descendant de plus en plus bas. Mon sexe se met à se dresser lorsque ses doigts l'effleurent. Il fait glisser mon caleçon déjà humide avant de contempler mon érection d'un air satisfait. Quand je pense qu'on dit de moi que je suis un sadique. Il débute par de lents va et viens avec sa main. Il laisse parfois traîner ses doigts brièvement sur mon gland en une douce caresse qui me fait tourner la tête.
Le choc fut encore plus important lorsque sa bouche l'a englobé. Sa langue commence à titiller mon extrémité. Je m'accroche aux draps de peur d'en perdre la raison. Il éveille en moi un plaisir encore jamais ressenti. Il prend bien son temps en plus l'enfoiré. Je le vois dans ses yeux qu'il désire me faire jouir une première fois. Le plaisir est intense mais j'arrive à me contenir. Si mes limites sont franchies je le prendrai alors comme une défaite. Ma fierté risque de ne pas le supporter.
Il revient à la charge sur le reste de mon corps. Je mise sur l'occasion pour inverser les rôles. Il va se prendre le double voire le triple de ce qu'il m'a donné. Contre toutes attentes, il n'offre aucune résistance. Ses joues sont déjà rosées et j'attends qu'il me supplie pour que je m'occupe de lui mais le rapport de force s'inverse une fois encore. Il a réussit à me retourner par sa propre force. Il n'est décidément pas n'importe qui et je me surprends à aimer ce petit jeu. Je pense à l'attacher au lit pour avoir tout le loisir de lui faire subir mes pires idées.
Je suis un peu distrait et il en profite pour étirer la peau de mon sexe avant d'en lécher la base. Il l'avale ensuite entièrement et passe sa langue sur l'entièreté du contour de mon gland. Une première fois lentement avant d'y revenir plus rapidement. Il m'est extrêmement difficile de ne pas me libérer mais je garde contenance. Ses va et vient sont de plus en plus rapides et son doigt qui tente de pénétrer mon intimité n'arrange rien. Je ne tiens plus. Mes gémissements s'accentuent. Un plaisir intense m'envahit peu à peu avant d'atteindre son paroxysme. Eren en reçoit son contenu en bouche car je n'ai pas pris la peine de le prévenir.
Il essuie le reste de semence grâce au mouchoir que je lui ai donné. Il rapplique ensuite sur mes lèvres et nous reprenons nos caresses. Elles sont tendres et sensuelles. J'ai envie de le frapper pour avoir réussi à me faire jouir. Je veux que ce lien soit plus violent mais cet aspect disparaît quand mes yeux croisent les siens. Je ne saurai l'expliquer. Je préfère le protéger plutôt que d'être son bourreau. C'est la première fois que je pense de cette manière. J'ai toujours choisi le chemin de l'amour passionné voire sauvage. Ici, la fougue dirige chacun de nos gestes mais quelque chose a changé ou plutôt s'est ajouté. Mon cœur se resserre à chaque fois que mes bras l'enlacent. Une douce chaleur m'envahit. Je me sens bien lorsqu'il est proche ou même simplement lorsque nos deux corps se touchent. Même si tout ceci ressemble à ce stupide sentiment qu'on nomme amour, je ne saurais lui dire les trois petits mots fatidiques.
Je lui indique où se trouve le flacon de lubrifiant. Il s'en va le chercher me permettant de souffler un peu. Il revient en m'embrassant. Il écarte mes jambes et fait couler une noix du liquide dans la paume de sa main. Il en introduit une partie dans mon intimité et autour avec ce qui lui restait.
Il dé pose de légers baisers papillons sur mon cou avant de me mettre un doigt. Il lèche le lobe de mon oreille pour faire dériver mes pensées sur autre chose que la douleur. Il tente un deuxième doigt après que le premier glisse aisément. Mon anneau de chair reste serré malgré tout. Il parvient à me détendre mais je reste un peu réticent. Il le remarque et continue de me cajoler. Le plaisir monte au fur et à mesure de ses va et viens. J'essaye de tout oublier et de me laisser guider. Il me chuchote mon nom à l'oreille. Je pers la notion du temps. Je ne me suis jamais senti aussi bien. J'en oublie tout et seule la voix d'Eren me rappelle à la réalité.
- Rivaille...je peux?
Non mais quel idiot! Mon visage se ferme, il déglutit. Je lui donne un léger coup de poing sur le front en guise d'accord. Il entre doucement. Je grogne mais la douleur est encore supportable. Il laisse un temps d'adaptation avant de s'enfoncer plus loin. Il observe chacune de mes réactions pour se retirer le cas échéant. Je lui ordonne de continuer et de ne pas s'arrêter. Il est enfin entièrement à l'intérieur de ma personne et se met à bouger lentement avant d'accélérer petit à petit le rythme.
Autant il m'a fait perdre la tête tantôt, autant ici c'est mon âme qui s'en va. J'en oublie tout excepté le plaisir toujours plus intense qui m'envahit. Je pose mes mains sur son fessier pour l'obliger à s'enfoncer encore et toujours plus profondément. Les coups de rein se font eux aussi plus violents. Nous sommes presque chacun à notre limite mais nous tenons. Il ralentit par moment le rythme pour m'embrasser et nous permettre de reprendre une attitude plus calme. Nous retardons ainsi le moment fatidique.
J'ignore si c'est lui ou moi voire les deux qui veut qu'on y arrive ensemble. Ce moment approche de plus en plus mais nous le faisons durer le plus longtemps possible. Il se retire même parfois un instant avant de revenir à la charge d'un coup. Je me surprends moi-même d'apprécier alors que je suis du genre expéditif. Je ne couchais que pour le sexe mais ici c'est différent. J'ai dû mal à comprendre mais dans le fond je m'en fiche, j'en profite.
Le rythme reprend de plus belle. Je lâche ses fesses pour entourer sa nuque de mes bras. Nous y sommes presque et nos pupilles se fixent. Les siennes sont si expressives. J'y vois comme un feu impossible à éteindre. J'ai envie de le frapper mais au lieu de le faire, je me noie dans leur immensité. Je ressens tout ce qu'il ne me dit pas. Il donne ce qui va être les derniers mouvements. Je relève alors la tête pour l'embrasser une dernière fois. Il comprend mon geste et envoie le dernier coup de rein avant la jouissance. Nous explosons ensemble en un râle de plaisir. Ses joues sont rouges tout comme les miennes je suppose. Notre respiration se calme. Il ne se retire pas tout de suite, attendant que ses derniers spasmes disparaissent. Je déplace une de ses mèches pour la remettre en arrière. Il tente de me parler mais je pose mon index sur ses lèvres.
- Chut...
Je n'ai pas envie d'entendre sa phrase car je ne pourrai y répondre. Je ne sais que ce ne sont pas des mots à dire à la légère. Ce gamin est en train de chambouler toute mon existence depuis plus d'une semaine. Je me sens plus vivant et étrangement heureux. Je préfère juste me taire.
Il se retire enfin et tremble un peu lorsqu'il va chercher la couverture pour recouvrir nos deux corps. Je me tourne vers le mur. Il se colle à mon dos. Je sens son souffle près de mon oreille.
- Je t'aime...
Il est vraiment têtu le morveux.
- Je t'avais demandé que tu ne l'ouvres pas.
- Je sais mais je ne pouvais pas garder ce sentiment pour moi seul.
- Tsss...
Il ne se fiche pas de moi. J'ai senti sa sincérité et puis si c'était pour se foutre de ma poire, il l'aurait dit quand mon visage était visible pour avoir le loisir d'observer ma réaction. Je le repousse un peu et je mets un peu de distance entre nous pour lui faire comprendre que je n'aime pas qu'on me désobéisse. Je sais que ce n'est pas une terrible punition mais je suis bien trop fatigué pour m'acharner dessus. D'ailleurs, je ne tarde pas à sombrer dans le sommeil.
Je me réveille et je m'aperçois que nous avons dormi presque deux heures. Je me lève pour me diriger vers ma penderie. J'attrape une chemise et un pantalon pour les enfiler rapidement. Je me tourne vers Eren qui dort comme un bien heureux en serrant l'un des oreillers dans ses bras. J'entends à peine sa respiration. Je le quitte en prenant soin de refermer délicatement la porte derrière moi.
Je m'installe dans mon salon pour bouquiner le temps qu'il se réveille mais ma lecture fut vite interrompue par une étrange odeur de brûler. Je m'approche de la porte qui donne sur le couloir, je l'ouvre et l'odeur se fait plus forte. Je descends les escaliers pour m'assurer que ce n'est pas un début d'incendie. Seulement, les flammes qui jaillissent du rez-de-chaussée m'ont donnés la preuve du contraire. Je remonte les marches le plus vite possible pour arriver en trombe dans la chambre. Je secoue Eren mais il ne veut décidément pas se réveiller.
- Hé gamin, tu comptes pioncer jusque quand?
Malgré l'avoir interpellé par la voix, il ne me répond pas. Je le secoue encore un peu mais aucune réaction. Mon coeur s'emballe alors d'inquiétude.
- Eren?
Je suis sadique? je sais...
J'espère que le lemon vous aura plu dans tous les cas car il ne m'a pas été si facile de l'écrire.
J'espère aussi vous retrouver pour la suite très bientôt mais avant de se quitter, n'hésitez pas comme d'habitude à dire ce que vous avez penser de ce chapitre ou des précédents. Cela me fait à chaque fois très plaisir et me donne l'envie de continuer à publier.
Je vous dis à la prochaine pour le quatrième chapitre :)
