Résumé :
Amelia Abott n'avait qu'un souhait : que le lendemain n'arrive jamais. Coincée dans une salle de Poudlard, tournant un sablier enchanté, elle se retrouve projetée 20 ans en arrière. Des rencontres inattendues s'effectuent alors, des paroles et des regards s'échangent, changeant le cours de son existence à jamais...
Pairings :
Sirius Black/OC ; Remus Lupin/OC ; James Potter/Lily Evans ; OC/OC.
CHAPITRE 3 : Black
Descendant pour aller aux cachots, Amelia Abott sentait son ventre se nouer d'angoisse.
« Ne te fais pas de soucis, le Professeur Slughorn a dû être mis au courant de ta situation. » La rassura Alice en voyant son visage livide. « Et puis, il n'est pas du genre à s'énerver facilement. »
Effectivement, le professeur Horace Slughorn gardait son sourire en toute situation. D'après Lily Evans, cela avait été confirmé lorsque, curieux de l'effet qu'un tel mélange pourrait produire, James Potter et un de ses camarades avaient, « malencontreusement » (selon leur témoignage), fait tomber trois yeux de poisson fumeur dans la potion de ratatinage de leur voisin. Le résultat avait été sans précédent. Le chaudron avait littéralement fondu sur les pieds du pauvre garçon, emmené en urgence auprès d'une madame Pomfresh affolée.
Mais ce n'était pas les humeurs du professeur, ni même la proche et fatidique préparation d'une potion qui retournait l'estomac de la sorcière. Ce qui l'inquiétait était tout autre. Elle était la nouvelle, et malgré la recommandation (ou plus exactement l'avertissement) de Dumbledore sur le fait de rester discrète, elle attirait sur elle de nombreux regards. Lily, Alice et Marie ne semblaient guère le remarquer ou avaient la gentillesse de ne pas le relever. Par Merlin, Amelia détestait être au centre de l'attention.
Lorsque ses nouveaux camarades de classe l'interrogeaient, elle devait leur mentir sur tout : sa vie, sa famille, son école, ses amis. Le regard fixé au sol, elle imagina un instant leur réaction si elle leur dévoilait finalement la vérité…
« Je finirais certainement internée à Sainte Mangouste. Mauvaise idée Amelia. »
Ses pensées furent soudain dérangées par un rire rauque, s'approchant presque de l'aboiement. James Potter et ses amis étaient arrivés. Amelia entendit un « Oh non » dépité, sûrement prononcé par Lily. Ce soupir lui paraissait lointain, car toute son attention était portée sur la personne de Remus Lupin. Il souriait, et cet acte insignifiant suffisait à accélérer ses battements de cœur.
Il discutait gaiement avec un de ses amis.
Amélia trouva d'abord cet ami beau, très beau. Il détenait le charme et l'air hautain des aristocrates, ce qui contrastait fort avec son uniforme débraillé. Riant à gorge déployée, il plissait ses yeux gris impénétrables, un sourire enjôleur collé aux lèvres. Amelia voyait ces mêmes lèvres bougeaient, s'entrouvrir lentement. Quelque chose chez lui la troublait. Puis, elle se rendit compte qu'il avait capté son regard, et était en train de lui sourire, tout en attachant ses cheveux en un chignon grossier. Elle se sentit rougir bêtement avant de faire mine de s'intéresser au livre de Potions qu'elle tenait dans les mains.
« Salut. »
Il se tenait à présent devant elle, la dépassant de deux bonnes têtes.
« Salut. » Est tout ce qu'elle trouva à répondre en retour, intimidée par sa taille et son charisme.
« Tu es la nouvelle, Amélia c'est ça ? Je ne pense pas m'être présenté. » Il lui prit la main droite avant qu'elle ne puisse réagir et la serra doucement de ses doigts fins. « Je m'appelle… » Mais il n'eut guère le temps de finir.
« Oh pitié, épargne lui ton petit numéro. » Lança Lily, à moitié hilare. « Ca ne trompe plus personne. »
« Bien au contraire Evans ! » Lui dit-il tout en relâchant la main d'Amélia. « Je tolère l'intérêt que te porte James pour cette seule raison : cela trompe tout le monde sauf toi. Malheureusement, le commun des élèves n'est pas aussi futé que toi, ni aussi brillant que nous. » Il illustra son propos en pointant ses amis.
« D'ailleurs, entre toi et moi, Evans, il faut se rendre à l'évidence… Tu as beau être jolie et intelligente, avec ton caractère de dragon, James est ton seul espoir de ne pas finir vieille fille. »
Bien que récemment arrivée, Amélia savait que cette personne venait de signer son arrêt de mort. Alors que les deux Gryffondors s'affrontaient devant elle, Amélia caressait sa main, là où les doigts de l'inconnu s'étaient posées. Elle réfléchissait, ce sentiment qu'il déclenchait chez elle était des plus étranges. Pas de l'amour, ni de la tristesse, de l'attirance peut-être ? Non c'était quelque chose de totalement différent. Une sorte de peur incontrôlable, inexplicable. Elle était certaine de l'avoir déjà vu.
« Excuse-moi ? » Demanda-t-elle au garçon, ou plutôt à l'homme en face d'elle. Lily et lui stoppèrent leur querelle, un évènement qui semblait être habituel au vu du manque de réaction des élèves présents autour d'eux. « On ne s'est pas déjà rencontré, non ? »
Amélia ne l'avait pas croisé durant sa véritable époque, elle en était persuadée. Elle s'en serait souvenue. C'était pour cette raison même qu'il l'intriguait : pourquoi ressentait-elle de la peur face à un parfait inconnu ?
« Tiens, d'habitude c'est moi qui pose cette question. »
« Je suis sérieuse. Ton nom ? »
« D'accord, d'accord. » Il leva les mains comme pour se rendre. « Sirius Black, enchanté. »
Black, ce nom la frappa tel un éclair. Son nom était placardé dans tout Pré-au-Lard alors qu'elle abordait sa troisième année. Sa photo était à la une de la Gazette. L'homme qui se tenait devant elle était un meurtrier, un disciple du Seigneur des Ténèbres. Celui qui s'était échappé d'Azkaban, et qui avait parcouru les couloirs de Poudlard en quête de sang.
Un frisson la parcourut alors.
Elle ne devait pas penser ainsi… Il n'avait pas encore commis ses crimes, il était sûrement encore innocent. Elle devait oublier le futur lui, le futur de tous ceux qui l'entouraient à ce moment précis. Quel que soit leur avenir, elle ne pouvait en rien agir sur les évènements. Et, si elle était bloquée ici, elle devait rendre la tâche la plus aisée possible pour Dumbledore. Pour le moment, il semblait lui faire confiance, elle n'avait donc pas le droit à l'erreur.
Elle tendit la main vers Sirius. « Amélia Abott. » Cette fois, il la serra avec vigueur, un rictus intéressé aux lèvres.
A ce même instant, James Potter, qui s'amusait avec un vif d'or sous le regard intéressé de certaines élèves, fut soudain dérangé par une main qui lui attrapa l'épaule droite.
« Vous avez de l'avance mes enfants ! »
Le professeur Slughorn était arrivé. Amelia retint un léger rire en apercevant sa moustache de morse, encore présente vingt ans plus tard. Il était petit, à moitié chauve, et exceptionnellement gras. Mais ce qui intriguait le plus les élèves présents étaient les habits qu'il portait : un pantalon marron beaucoup trop court pour lui, un gilet vert à boutons dorés, le tout accompagné d'un nœud papillon rose, du mauvais goût le plus prononcé. Si certains étaient déconcertés par cette tenue décalée, Amelia avait déjà eu une année de cours avec Slughorn pour habituer ses yeux. Elle l'adorait en professeur, mais ne l'appréciait pas vraiment en tant que personne. Elle ne comptait plus les refus qu'elle lui avait adressés, concernant son adhérence au « Club ».
« Voilà une tête que je n'ai jamais croisée ici. Mademoiselle ? »
« Amelia Abott. »
Le visage d'Horace Slughorn s'éclaircit immédiatement.
« Je suis tout à fait enchanté Mademoiselle Abott. Comment vont vos chers parents ? »
Bien sûr, il ne les connaissait pas. S'il savait… Pensa Amélia.
« Très bien. » Lui répondit-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.
Loin d'avoir perdu son enthousiasme, l'enseignant ouvrit sa salle, laissant entrer le peu d'élèves en avance. Amélia remarqua qu'il ne la quittait pas des yeux une seule seconde.
« Il n'a pas encore d'Abott dans son Club, attends toi à être ajoutée à la collection. » Glissa James avant de s'installer auprès de Sirius.
Dès la première heure de cours, Amélia avait réussi à démontrer au reste de la classe qu'elle n'était pas faite pour cette matière.
Pourtant, le professeur Slughorn lui avait assuré que la fabrication d'un philtre de paix était tout aussi simple que deux et deux font quatre. Pour Amelia, deux et deux ont malheureusement fait un mélange verdâtre aux fumées hilarantes. Bien que la vue de leur enseignant en train d'éclater de rire sans aucune raison ; après que celui-ci ait penché sa tête pour mieux examiner le liquide avait beaucoup diverti les élèves (surtout James et ses acolytes), le calme revenu, chacun avait bien évité de se mettre à proximité de la jeune fille pour l'heure suivante.
Quittant la salle, Amélia se demanda si Dumbledore n'aurait pas mieux fait de la garder enfermée dans son bureau.
« Une erreur de dosage peut arriver à tout le monde. »
« Tu feras mieux la prochaine fois. »
Lily et Alice essayaient de la rassurer, en vain. Tout le monde avait réussi à part elle, et elle savait très bien que cela n'allait pas s'arranger au prochain cours. Marchant à ses côtés silencieusement, Mary MacDonald lui tapota le dos en souriant.
« Merci Mary. »
« MADEMOISELLE ABOTT ! » Slughorn la stoppa, essoufflé d'avoir traversé le couloir au pas de course. « Je tiens un petit Club – oh rien de très extraordinaire – réunissant les élèves les plus prometteurs de Poudlard. La crème de l'école y est présente, en commençant par Mademoiselle Evans que voici. » Ajouta-t-il en désignant à Lily. « Dirk Cresswell également. Quel bon garçon. Promis à un avenir remarquable ! »
Amelia n'avait toujours aucune envie de rejoindre ce club.
« Je tiens donc à vous inviter en personne. » Et il lui donna une enveloppe d'un vert émeraude, contenant certainement l'invitation.
« Je vous remercie Professeur, mais vous avez pu constater par vous-même mes compétences plus que médiocres dans votre matière. Je ne pense pas être… »
« Une simple formalité Mademoiselle Abott. Vous ai-je dit que Dave Goujon sera présent ? Il ne rate jamais un de mes dîners. J'ai également envoyé une carte à Mademoiselle Montgomery, en espérant qu'elle accepte cette année. »
« Abigail Montgomery ? » S'exclama Amelia avant de remarquer que sa réaction était parfaitement inadéquate.
« Oui, vous la connaissez mon enfant ? »
« Oui, enfin non. » Répondit-elle rapidement.
L'arrivée soudaine d'une dizaine d'élèves écourta leur échange, au grand désarroi de Slughorn, et au grand soulagement d'Amélia. Les évènements s'enchainant à une vitesse folle, elle avait failli oublier la présence de sa mère à Poudlard. Il fallait qu'elle la voie au moins une fois, juste une fois. Et peut-être qu'après cela, elle pourrait rentrer à son époque.
Dans les couloirs menant au cours de métamorphose, deux élèves de Serpentard passèrent derrière la jeune fille en gloussant, et celle-ci distingua clairement le mot « Potion » sortir de leur bouche. Lily, qui l'accompagnait, l'agrippa alors par le bras, lui faisant partager sa bonne humeur habituelle.
Elle lui rappelait sa meilleure amie, Lisa Turpin. Mais auprès de Lily, tout était différent. Chacune de ses paroles était un mensonge. Lily allait bientôt être mère, mais elle ne verrait jamais son enfant grandir. Amelia pouvait changer le cours des choses, elle pouvait rendre à Harry Potter la personne qui lui manquait le plus au monde. Et ce pouvoir presque divin, cette tentation constante qui l'habitait, l'effrayait au plus haut point.
« Tout va bien ? » Lily s'était arrêtée et la regardait avec inquiétude.
« Désolée, j'étais perdue dans mes pensées. Tu disais ? »
« Que McGonagall testerait sûrement tes aptitudes dans sa matière. Nous allons débuter la métamorphose humaine cette année, et les élèves qui n'ont pas le niveau exigé en sont dispensés. Plusieurs élèves se sont vus privés de cette matière au vue de leurs notes l'année passée. »
La Métamorphose était le cours favori d'Amélia. Elle détenait un niveau supérieur à la moyenne, ce qui lui permettait à son époque d'apporter de nombreux points à sa maison, ou du moins de compenser ceux perdus en Potions.
« Pas trop nerveuse ? » Lui demanda Lily lorsqu'elles arrivèrent devant la salle.
« Un peu. J'ai la mauvaise habitude d'en faire trop. »
Elles rentrèrent en classe en riant, suivies de Mary et d'Alice, qui se rappela soudain avoir laissé son livre de cours dans la salle commune.
« Je vous demanderai de bien vouloir vous taire. » Ordonna McGonagall d'une voix autoritaire. « Miss Abott ? Venez ici je vous prie. »
Amélia avança jusqu'à son bureau sans se faire désirer. Le Professeur Minerva McGonagall était l'un des enseignants les plus justes de Poudlard. Stricte, mais juste. D'une justesse quasi draconienne ! Toujours affublée de longues robes vert émeraude, elle inspirait à la fois la crainte et l'admiration des élèves.
« Le professeur Dumbledore m'a mise au courant de votre situation… Particulière. Mais comprenez bien que ne sachant votre niveau, je ne peux vous intégrer directement à ce cours. La métamorphose humaine est une des magies les plus risquées et délicates. » Elle contourna alors son bureau et se posta au centre de la salle. Les lèvres pincées, elle continua. « Sortez votre baguette Miss Abott, et montrez-moi ce que vous valez. »
Amélia lui obéit docilement, incertaine du niveau qu'elle attendait d'elle. McGonagall l'encouragea d'un hochement de tête, tandis que les autres élèves patientaient, leurs yeux fixés sur la jeune fille. Un, deux, trois coups de baguette et Amélia transforma le flacon d'encre situé devant elle en magnifique corbeau noir, avant de lui rendre sa forme initiale. Cette transformation ne sembla en aucun cas impressionner le Professeur McGonagall, qui gardait son air dur et impassible. Certains élèves, déçus eux aussi, commencèrent à discuter entre eux.
« Je pense que vous n'avez pas compris Miss Abott, je ne vous demande pas des tours simplistes de première année. J'exige le maximum de vous-même. A moins que cette métamorphose soit votre maximum. »
« Non, le soucis Professeur, c'est que mon maximum risque de vous déplaire. »
« Ça, c'est encore à moi d'en juger. »
Ils voulaient du spectacle ? Amélia allait leur en donner. Elle attacha ses cheveux en queue de cheval, releva ses manches, et pointa sa baguette sur la minuscule statuette de cuivre en forme de dragon, posée sur le bureau de McGonagall. « Engorgio ! » La statuette grossit, et grossit encore jusqu'à atteindre la taille d'un gros chien. Amélia leva sa baguette, qui attira tel un aimant les flammes ardentes des torches et bougies présentes dans la pièce. Elle tendit soudain sa baguette vers la statue. « Piertotum locomotor ! ». Alors, un feu vif entoura le dragon, et tous deux semblèrent se mélanger, dans un chaos splendide. Brusquement, la salle de cours plongea dans l'obscurité, et on entendit plus qu'un crépitement, provenant des braises encore fumantes jonchant le sol.
Une fille au premier rang laissa échapper un cri de panique. Une créature était cachée dans la pénombre, poussant des grognements menaçant. La bête s'envola alors, crachant tout autour d'elle un feu rouge et flamboyant. Devant des élèves s'élevait un dragon de cuivre, tout aussi inquiétant que majestueux. Puis le dragon disparut subitement dans un bruit sourd, laissant derrière lui une petite statuette, et quelques portraits abîmés, assez mécontents d'avoir été à moitié brûlés.
D'un coup de baguette, McGonagall ralluma les torches. Elle fixa Amélia, et un léger sourire s'afficha sur son visage strict.
« Vous vous installerez à côté de Miss MacDonald. Bienvenue en cours de Métamorphose. »
Le cours débuta alors, tandis qu'une Amélia fière d'elle-même rangeait ses affaires.
« Je n'ai jamais vu MacGonagall aussi ravie ! » Lui chuchota Mary.
Lily, assise avec Alice devant elles, se retourna. « Pas du tout… Rappelle-toi l'année dernière, elle avait esquissé un sourire quand James avait raté son sort. »
Alice explosa soudain de rire, tapant du poing sur la table, s'attirant le regard agacé de la professeure. Elle tenta d'ajouter quelque chose mais n'y parvint pas, trop occupée à essuyer les larmes qui coulaient le long de ses joues.
« La tête de Peter s'est bien changée en rat, mais le reste de son corps n'a pas suivi. Le pauvre s'est retrouvé coincé à l'infirmerie dans cet état durant deux semaines. » Expliqua Lily à Amélia.
« Peter ? »
« Peter Pettigrow. Il est souvent à la traîne derrière Sirius. Un garçon adorable. »
A cet instant, Amélia se rendit compte qu'elle n'avait jamais prêté la moindre attention à ce Peter. Si Lily ne l'avait pas mentionné, elle ne l'aurait peut-être jamais remarqué. Elle le chercha du regard, essayant de deviner qui il pouvait être. Son attention se posa alors sur le voisin de Remus, ce devait être lui : petit, blond, des yeux sombres enfoncés dans leur orbite, et un sourire catastrophique. Toutefois, en le voyant rire et discuter avec ses trois amis, Amélia devina qu'il était bien plus qu'un suiveur, mais un membre à part entière de ce groupe atypique.
La voix de MacGonagall exigeant le calme la sortit de ses pensées, et Amélia se concentra de nouveau sur le cours. Celui-ci consista à changer une de ses mains en pince de crabe. Peu d'élèves parvinrent au résultat exigé avant la fin de l'heure. Certains se retrouvèrent simplement avec une main rouge, tandis que d'autres virent apparaître un crabe entier à la place de leur membre. Amélia faisait partie de ceux qui arboraient dignement leur pince, tout en songeant au jour où elle métamorphoserait une personne en animal – ce à quoi consisterait leur examen final -.
Sirius et James, quant à eux, semblaient beaucoup s'amuser de leur côté.
« Sers-moi la pince vieux frère ! »
« Lily ! On peut dire que James en « pince » pour toi. »
« Pitié… » Soupira Lily, dont seul un doigt s'était changé en pince.
Midi arriva rapidement, l'heure pour les élèves de rejoindre la Grande Salle en vue de déguster un délicieux repas. Amélia s'installa avec ses camarades à table, profitant des dernières places disponibles. Tout en servant en pommes de terre, elle écoutait attentivement Lily. D'après celle-ci, et d'après le portrait de Damara Dodderidge, Dumbledore désirait la voir dans son bureau à la première occasion. Une vague de frayeur s'empara d'elle : avait-elle fait quelque chose de mal ? Avait-elle divulgué une information importante par mégarde ? Amélia avait beau y réfléchir, elle ne trouvait rien. Ainsi, la peur fut remplacée par un sentiment étrange, mêlant soulagement et tristesse. Il avait certainement trouvé un moyen de la renvoyer chez elle.
Enfin…
Le danger était trop grand ici, les conséquences de ses actes pourraient à tout jamais changer le cours des choses. Et puis, Lisa lui manquait, Padma aussi.
Déjà…
Amélia n'avait toutefois pas eu le temps, ni l'occasion de voir sa mère.
A cette époque, elle avait rencontré des gens extraordinaires… Elle s'entendait tellement bien avec Lily, Mary et Alice… Par ailleurs, sa vie de famille était loin de lui manquer ! Une douleur au dos la cisailla alors soudainement, la faisant grimacer. Oh non, elle ne regrettait en aucun cas sa famille.
Elle recouvrit ses pommes de terre de sauce, le sourire aux lèvres.
« Alors Lily, prête pour ton tour de garde avec Potter ce soir ? » Demanda Alice avant de croquer une part de tourte.
« S'il se présente. Il serait capable d'oublier le rendez-vous. » Lily posa ses couverts. « Pour filer en douce en cuisine on peut compter sur lui, mais là, on parle de réelles responsabilités. Notre mission est de faire appliquer le règlement, pour que tout se passe au mieux dans l'école. Je ne comprends toujours pas pourquoi Dumbledore l'a nommé, sachant qu'il a passé la majeure partie de sa scolarité en retenue, à laver des chaudrons crasseux à la main. »
« Et des coupes ! » S'écria James Potter, debout derrière Lily. « Tu vois Sirius, les gens oublient toujours les coupes. »
« En parlant des gnomes… » Murmura Alice.
« Si je suis obligée de te supporter en cours Potter, j'aimerais au moins profiter de mon déjeuner sans avoir à subir ta présence. »
« Navré Evans, mais la salle est pleine, et les seules places disponibles sont ici. » Il désigna l'espace vide à côté d'elle. « Crois-nous bien désolés. »
Les quatre sorciers prirent donc place à table, faisant apparaître par la même occasion de nouveaux plats fumants.
« Je peux ? » Demanda Remus à Mary.
« Ah… » Les joues de la jeune fille s'empourprèrent, et entre deux bafouillages (« Oh, je, enfin, tu… »), elle parvint à dire « Oui ».
Remus s'assit donc près d'elle, empêchant la pauvre Mary de finir son repas, tétanisée par leur soudaine proximité. Mais la peur laissa vite place à une timidité amoureuse : elle souriait maintenant, et jetait de petits regards discrets à son voisin. Amélia la trouva adorable.
« Elle l'aime depuis la troisième année. » Lui glissa Alice. « Elle a partagé l'infirmerie avec lui une semaine après s'être blessée durant un match de Quidditch. »
« Mary est dans l'équipe de Quidditch ? »
« Oui, elle est batteuse. »
Alice ne semblait pas plaisanter. Et malgré ses efforts, Amélia ne parvint à imaginer Mary, la douce et fragile Mary, en train de taper le cognard sur le terrain.
« Qui est le second batteur ? » Questionna Amélia.
« C'est moi. » Répondit Sirius. « Et James est poursuiveur. »
Elle pensa à Harry Potter, et à combien James serait fier de savoir que son fils serait le joueur le plus jeune et talentueux que Poudlard ait jamais connu.
« Le Quidditch t'intéresse ? »
« Je ne manque jamais un match ! Je n'ai pas été retenue aux sélections de mon école, mais je vais voir chacun des matchs pour encourager les joueurs de ma… » Elle se retint de dire 'maison', ne sachant pas si Salem suivait le même système que Poudlard. « Mon équipe. »
« J'espère que tu seras dans les tribunes au prochain match alors. En train de m'encourager. »
Amélia sentit ses joues rougir, puis ses oreilles. Sirius la regardait en souriant, sûrement amusé par sa réaction. Elle attrapa une mèche de ses cheveux et la lissa nerveusement entre ses doigts.
« Je serai là. Pour vous encourager tous. » Elle sourit à Mary, et retourna à son repas, en faisant de son mieux pour ignorer Sirius Black et son aura de charme et de luxure.
Idiote. Pensa-t-elle. Innocent maintenant, coupable dans le présent. devait devenir son nouveau credo.
Le déjeuner terminé, les élèves se levèrent dans un brouhaha assourdissant, et Amélia songea à passer voir le directeur immédiatement. Elle jeta un coup d'œil furtif vers la table des professeurs, et devina au regard inquiet que Dumbledore lui lançait que les nouvelles n'étaient pas bonnes.
Chapitre 3 : Black - FIN.
-Dans le chapitre suivant... Nouvelle, Botanique et Severus Rogue. -
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