HELLOOOOO! Oh mon Dieu ça fait tellement longtemps, mais vraiment si longtemps ! Je suis si désolée pour la longue absence sur la fiction mais j'ai eu une année très mouvementé car en Novembre 2015 je suis partie vivre à Londres et je ne suis revenue il y a deux semaines seulement § ce fut un voyage enrichissant qui m'a prit tout mon temps et on ne va pas se mentir j'ai carrément oublié que j'avais cette fanfiction en cours. Je me souviens surtout que je n'avais pas trop d'inspiration pour écrire le chapitre 4. En fait, avant de poster un chapitre, je fais toujours en sorte qu'il y ait un ou deux autres chapitres déjà près pour que lorsque je poste le chapitre 3 comme aujourd'hui, le 4 et 5 soient déjà bouclés, c'est bizarre mais je trouve ça meilleur donc j'avais quitté la France sur cette grosse page blanche et je n'y ai ensuite plus pensé.
But I'm back ! et je suis vraiment contente que la fiction vous plaise, j'ai lu vos commentaires et c'est tout simplement adorable ! Vraiment merci de me soutenir même un an après, c'est très encourageant (culpabilisat aussi mdrr)
BONNE LECTURE !
Chapitre 3 : Colère
Il était sept heures quarante lorsque Bella ouvrit les yeux. Elle avait passé une nuit agitée, comme toujours, ses cauchemars lui faisaient vivre un enfer, mais aussi, il lui avait fallu attendre une heure du matin pour que l'excité d'en face ne se calme enfin, lui et cette fille dont elle avait oublié le prénom. Elle avait dû mettre sa tête sous son oreiller pour ne pas entendre leurs gémissements incessants, puis elle s'était rendue compte que cela ne servaient à rien. Bella grommela entre ses dents avant de retirer sa couverture.
Ils étaient dimanche aujourd'hui, en tant normal, le dimanche était fait pour se reposer, mais il était impossible pour elle de dormir plus longtemps. Elle se leva alors du lit et elle se rendit vraiment compte qu'elle n'était pas dans sa chambre à elle. Depuis qu'elle était revenue à Forks, soit, un an auparavant, elle n'avait jamais dormi en dehors de la maison, sauf la fois où elle avait dû dormir à l'hôpital après qu'elle ait frôlé la mort à cause de James. Elle sortit de la chambre et traversa le couloir qui menait au salon et la cuisine et il était là, assis dans le canapé, lisant un magazine.
Elle sursauta en le voyant et se stoppa aussitôt. Mince, elle ne pensait pas le voir aussitôt. Qu'était-elle censé faire maintenant ? Il semblait être seul, ce qui devait dire que la fille n'était plus là. Ben, elle n'allait pas retourner dans sa chambre, s'était débile et il l'avait sûrement entendu, alors elle se contenta de se diriger la cuisine.
— Salut.
Il leva le visage vers elle.
— Salut.
Cool, au moins il lui répondait, c'était déjà ça. Elle entra dans la cuisine qui était derrière Paul. Il semblait calme, ou plutôt fatigué, c'était sans doute le bon moment pour lui parler de ce qui s'était passé cette nuit, pas avec elle mais avec cette fille… c'était quoi son nom déjà ? Laure ! Enfin bref, il fallait lui apprendre comme vivre avec une autre personne, une fille de surcroît. Mais mieux valait-il y aller en douceur.
— Je voulais encore te remercier de m'accueillir chez toi alors que tu ne m'apprécies pas vraiment, ça prouve que…
— Ouais ouais, c'est bon.
Elle prit une grande respiration et ouvrit le frigo, il y avait de œufs et du bacon. Ah, tant mieux !
— Tu veux que je te fasses des œufs brouillés ? J'en fais souvent le dimanche pour Charlie et comme je te l'ai dit, je veux te remercier…
— Et si tu me disais ce que tu voulais pour qu'on en finisse ? la coupa-t-il en jetant son magazine sur la table.
Il se leva du canapé et lui fit enfin face. C'était mieux ainsi, elle en avait marre de parler à son dos, même si c'était un très beau dos. Bella leva les yeux au ciel face à sa pensée. Mais c'est pas sa faute ! Il était en torse nu et ne portait qu'un simple short, elle ne pouvait pas regarder ailleurs.
— Euh… quoi ?
— Oui, qu'est-ce que tu veux ? C'est bien un truc de nanas ça, lorsque vous voulez quelque chose, vous dites et faites des choses qui vous trahisses, comme ça par exemple.
Il avait contourné le canapé et traversé l'espace qui le séparer de la cuisine, désormais, seule la table les séparait.
— Crache le morceau.
— D'accord. Euh… hier, ce qui s'est passé…
— Que s'est-il passé hier ?
— La fille que tu as remmené, continua-t-elle. Cette Laure, c'est ta copine ?
Il fronça les sourcils.
— Tu connais son prénom ?
— Comment ne pas le connaître, tu l'as hurlé tellement de fois cette nuit que j'ai l'impression de la connaître comme si elle était l'une de mes amies les plus proches.
Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de Paul. En fait, hier, en la remmenant à la maison, il s'était rappelé que Bella était là, mais il était trop tard pour faire demi tour, alors il s'était dit qu'en restant au salon et en faisant le moins de bruit possible, elle n'entendrait rien. Il éclata de rire, sous le regard perdu de la jeune femme. Non, en faite, il s'était franchement moqué du fait qu'elle entende ou pas.
— Enfin bref, je voudrais te demandé s'il était possible que tu ailles faire ça ailleurs, reprit Bella. Tu sais, il y a plein d'endroit où tu peux calmer tes hormones mâle.
Aucune expression ne traversa le visage de Paul à se moment. Il n'avait pas bougé d'un pouce, mais lorsqu'il se déplaça, Bella eut la vague impression d'avoir commis la pire erreur de sa vie. Il sauta par-dessus la table, son regard sombre ne la quittant pas des yeux. Elle recula, il avança et ce jeu continua jusqu'à ce qu'elle se retrouve bloqué par l'évier et par le torse de Paul et quel torse il avait ! Non mais pourquoi il faisait ça d'abord ? Il aurait très bien pu rester à l'écart, à moins qu'il ne veuille la bouffer ou bien la b… la température corporelle de Bella monta d'un cran lorsqu'elle sentit la peau de son ventre entrer en contact avec celle de Paul. Elle leva les yeux vers son visage, sa mâchoire était serrée et son regard, elle ne savait pas vraiment ce que ce regard voulait dire, mais ce n'était pas bon signe.
— Répète pour voir, exigea-t-il d'une voix rauque.
Il allait la tuer, c'est sûr. Il allait se transformer là, comme il l'avait fait il y a deux jours et d'un coup de griffes, il lui arracherait sa petite tête.
— Aies… aies un peu de civisme et va faire… va faire tes affaires ailleurs… s'il… s'il te plaît.
C'était osé de lui demander cela, dans sa propre maison, mais n'avait-elle pas raison ? Paul recula et Bella se sentit soudainement refroidir.
— D'accord, je ne remmènerai plus de filles à la maison. Tu as raison, ce n'était pas très courtois.
Woh. Et c'est tout ? Il ne l'engeulait pas et ne lui disait même pas de bouger de chez lui si elle n'était pas contenten ? Elle ne pensait pas que ce serait si facile, elle s'attendait à ce qu'il lui lance une réplique saillante ou qu'il la foute dehors, mais pas qu'il accepte aussi poliment. Elle avait encore exagérée les choses.
— Merci…
— Dis moi ? Qu'est-ce que tu fais avec cette poêle dans la main ?
Son regard pivota sur sa main droite et elle se rendit alors compte que sans le vouloir, elle avait pris la chose la plus proche qui était à sa portée, soit une poêle, pour se défendre de Paul, juste au cas où il s'était transformé.
— Tu ne comptais pas la gâcher en me frappant avec j'espère ? demanda-t-il presque amusé.
— Bien sur que non ! C'était… c'était pour faire mes œufs brouillés. Alors, t'en veux ?
Paul savait bien qu'elle avait paniqué lorsqu'il s'était rapproché de lui, mais il avait été juste ravi de voir qu'elle pouvait aussi dire ce qu'elle pensait réellement, même s'il y avait encore du travail à faire au niveau de l'assurance, c'était un début. Il hocha la tête face à sa demande et prit place sur à une chaise, et se mit à l'observer. Il la détailla de la tête aux pieds, elle avait un beau dos, mais qu'est-ce qu'elle était maigre, elle avait presque du mal à se déplacer, à croire que ses jambes ne tenaient plus le choc. Mais il était sûr qu'avec un peu plus de chair en elle, elle ferait l'affaire. Pff, bien sur qu'elle ferait l'affaire, chaque fois qu'il se tenait trop près d'elle il pouvait sentir son loup s'agiter.
Isabella Marie Swan. La fille à vampires. Sérieusement, comme s'il n'avait pas assez de soucis comme ça il avait fallu que Sam lui impose sa présence, chez lui, durant plusieurs jours. Foutu alpha de merdeux ! Il aurait une conversation avec lui tient, juste pour qu'il lui explique ce qui lui était passé par la tête. Bella posa une assiette devant lui remplie d'œufs brouillés et de trois tranches de bacons. Paul arqua un sourcil, elle veut rire ou quoi ? C'est pas assez pour lui !
— Bon appétit.
Oh, elle est mignonne hein ? Elle ne pouvait pas savoir, mais elle les avait pourtant vu manger la dernière fois. En tant que loup et homme, c'est comme si ils mangeaient pour deux et elle lui serre une petite assiette qui ne lui remplirait même pas le ventre pour deux heures. Elle s'assit face à lui et alors qu'il prit la peine de manger ce qu'elle avait fait, cette dernière semblait picorer dans son assiette. Ah mais oui, elle refusait de manger depuis que son vampire l'avait quitté il l'avait vu dans l'esprit de Jacob.
— Mange, dit-il.
— Je n'ai pas très faim, se justifia-t-elle. Ces derniers temps je…
— Mange.
Paul avait déjà fini son assiette alors qu'elle n'en était même pas à la moitié. Il ne put s'empêcher de soupirer bruyamment, il trouvait ça stupide et puéril de se briser la santé pour un mec (car Edwart restait avant tout un homme) qui de toute manière, avait probablement tourné la page après tous ces mois et puis c'était un vampire et c'était encore pire.
Une fois son assiette terminé, il la posa dans l'évier et sortit de la maison sans un mot de plus. Elle l'énervait vraiment.
Bella était restée à table, tout le temps où il s'était trouvé dans la pièce, elle n'avait pas réussi à bouger. Ce type était déboussolant, certes beau, mais vraiment déboussolant et elle ne savait pas sur quel pied danser avec lui elle essayait d'être agréable à vivre mais il semblait, de son côté, ne vouloir faire aucun effort, mis à part le fait qu'il ait accepté de ne plus s'envoyer en l'air ici tant qu'elle était là. Mais quand même ! Il venait de partir, sans un mot, ni même un regard.
— Calme-toi Bella, ça va aller, souffla-t-elle.
Elle renvoya sa tête en arrière et respira fortement avant d'aller prendre sa douche.
Une demi-heure plus tard, une fois prête, elle était sortie et se rendit chez Emily. En arrivant là-bas, elle vit Sam, évidemment, Embry et Paul en train de prendre leur petit déjeuner. Attendez… QUOI ? Pourquoi Paul prenait son petit déjeuner ici alors qu'il venait déjà de le prendre avec elle, chez lui ? Lorsqu'il la vit, il lui adressa un sourire auquel elle n'eut même pas la force de répondre tant… tant elle ne savait pas quoi faire.
— Bella ?
Elle posa son attention sur Emily.
— Ça va ?
— Oui, ça va et toi ?
Mais elle n'entendit pas la réponse de son hôtesse, elle était trop absorbée par Paul qui dévorait les pancakes fait par Emily comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours.
— Bella, arrête de dévorer Paul du regard, il risque de se sentir pousser des ailes, commenta Embry la bouche pleine.
Il reçut une légère tape sur l'épaule d'Emily alors que le sourire de Paul s'étirait toujours plus en sa direction.
— Ben quoi, c'est vrai ce que je dis ! Non c'est bon, ne me tape pas !
Elle se sentit rougir, non seulement par lui mais aussi par la remarque que cet imbécile d'Embry avait dit, pourquoi avait-il dit ça ? Devant lui en plus ? Il est sûr qu'il allait vraiment se faire pousser des ailes après ça.
Les trois hommes se levèrent et après que Sam ait couvert sa chère et tendre de baisers, ils quittèrent la maison. Deux mains saisirent alors visage de Bella et son regard rencontra celui d'Emily.
— Ici la Terre à Bella, tu me reçois ?
— Oh, désolée, je… il me déteste.
La fiancée de Sam haussa les sourcils.
— Qui te déteste ?
— Paul. Il ne m'aime pas malgré tous les efforts que je fais, ou du moins, le peu que je parvienne à faire, expliqua-t-elle en prenant place sur une chaise.
— Je t'écoute.
Elle prit une grande respiration.
— Pour commencer hier, c'est à peine s'il m'a adressé la parole et puis le soir, il est rentré tard et avec une fille.
— Pardon ?
— Durant trois heures ils se sont défoulés dans le salon, alors que je pouvais les entendre et je peux te dire qu'ils ne ce sont pas gênés pour me faire comprendre qu'ils passaient du bon temps. Trois heures, c'est pas un peu beaucoup quand même ?
— Non mais j'y crois pas, attends un peu que je l'attrape et que…
Bella l'empêcha tous mouvements brusques, elle était vraiment adorable Emily.
— Et puis, aujourd'hui je lui ai fait le petit-déjeuner et il a tout mangé, j'ai cru qu'il avait aimé et voilà que je le retrouve ici, à se remplir le ventre comme s'il n'avait rien avalé de la matinée.
— Ça, je peux l'expliquer, dit Emily en souriant. Lorsqu'ils sont capable de muter en loup, les garçons mangent pour deux, ce qui veut dire qu'ils ont un plus grand appétit étant donné les forces qu'ils dépensent chaque jour.
Les lèvres de Bella se formèrent en « o » et elle se sentit bête de ne pas avoir pensé à ça plus tôt.
— Alors pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ?
— Ça je l'ignore, Paul est du genre à ne pas cacher ce qu'il pense en général.
Il voulait juste la faire chier, c'est tout. Bella lâcha une plainte, agacée. Ça ne sera pas ses meilleures vacances
— Bella, t'es là !
Jake se tenait sur le porche, son sourire chaleureux aux lèvres.
— Salut Emily ! Alors Bells, t'es plutôt matinale !
— Oui, on peut dire ça, dit-elle en le rejoignant.
— Bien, alors on y va ?
Elle hocha la tête et salua Emily qui les regardait s'en aller d'un air pensif.
— C'est quand même bizarre que Sam ait demandé à Paul d'héberger Bella, j'ai moi aussi une chambre de libre pourtant.
Il avait intérêt à lui donner des explications sur tout ça, parce que la pauvre fille, en plus d'avoir été traumatisée par cette sangsue, elle n'avait pas besoin qu'un loup en rajoute une couche, elle ne s'en remettrait pas.
— Alors, comment ça s'est passé avec Paul hier ?
Bella haussa les épaules, elle n'allait pas lui dire ce qu'elle avait raconté à Emily, elle ne voulait pas qu'il se transforme maintenant à cause d'elle.
— Ça a été, étant donné qu'il est rentré assez tard, je dormais déjà mais je serais vache de me plaindre. Il fait sa vie et je fais la mienne.
— Oui, ce n'est que le début, marmonna-t-il. J'ai quand même hâte de voir comment tout ça va se passer. Sinon, j'ai besoin de pièces pour réparer le moteur de la voiture Rachel, tu m'accompagnes ?
— Bien sur !
Ils n'avaient pas pris la voiture, un magasin de pièce détaché se trouvé non loin, à un quart d'heure de marche. Alors que Jacob lui parlait du fait qu'il ne serait pas là durant toute l'après-midi, Bella se concentra sur la route et ce fut là, qu'elle le vit. Il était de l'autre côté de la chaussée, il portait le même manteau que la dernière fois, il se tenait droit, stoïque, mais il pouvait sentir son regard qui lui transperçait tout son être. Elle cessa tous pas, sous le regard intrigué que Jacob. Ça faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vu en hallucination et pour la première fois, elle s'inquiéta. Pourquoi donc apparaissait-il là ? Elle ne s'était pas mise en danger pourtant. « Bella, ne fait pas ça. Je t'en prie Bella.» Elle ne bougea pas, tant qu'il était là, elle ne pourrait pas faire un seul pas, ni vers lui, ni loin de lui.
— Bella !
La voix de Jacob retentit dans l'esprit de Bella et à peine avait-elle reprit ses esprits qu'elle sentit deux bras l'entourer et l'entraîner en arrière. Un camion passa devant elle avant même qu'elle n'eut le temps de comprendre ce qui se passait.
— Bella, ça va pas ou quoi ? Qu'est-ce qui t'a pris ?!
Elle clignota des cils durant un bref instant et elle ne se rendit compte que très tardivement du fait que Jacob la secouait par épaule.
— Bella bon sang répond-moi !
— Oui ? Euh désolée, j'ai cru voir un chien de l'autre côté.
Jake pencha la tête sur le côté, elle se foutait de lui ou quoi ?
— Un chien ? Tu as failli finir aplati contre la chaussée à cause d'un chien ?
Elle regarda par-dessus l'épaule de Jacob il n'était plus là.
— Désolée Jake, je pensais qu'il était blessé alors j'ai voulu allé le secourir.
— Mais oui bien sur, soupira-t-il. Pour moi, t'es juste cinglée.
Elle le regarda dans les yeux.
— Tu crois ? Tu penses que je suis folle ?
— Oui, faut quand même être un peu cinglée pour avoir comme premier amour un vampire et comme meilleur ami un loup, tu ne crois pas ?
Ils s'esclaffèrent de rire tous les deux, mais il devait avoir raison, la preuve, elle qui avait cru ne pas bouger en voyant Edward, elle s'était au contraire déplacée pour pouvoir l'approcher et elle ne s'en était pas rendu compte.
— Merci Jake, heureusement que tu étais là.
— Oui je sais, sourit-il. Allez viens.
C'était fou quand même. À peine deux heures qu'elle s'était levée et elle avait déjà mis sa vie en danger. Elle était un aimant à emmerdes, il n'y avait pas d'autres explications plus logiques que celle-ci.
— Où tu vas cet après-midi ?
— Nous avons une ronde à faire, c'est de cette manière que ça fonctionne, étant donné que ce vampire est dans le coin, il vaut mieux être prudent. Et si l'on pouvait l'avoir une bonne fois pour toute, ça serait plus facile.
— Soyez prudent, je les ai vu à l'œuvre, ils sont très…
Il l'interrompit dans ses mots.
— Alors j'aimerais bien que tu nous vois à l'œuvre, je suis sûr que tu changerais vite d'avis.
Chaque fois qu'elle doutait de sa force, c'est sa fierté qui en prenait un sacré coup. Déjà, il avait apprit que les Cullen étaient des vampires et qu'elle était sortie avec l'un d'eux, Jacob ne pouvait se cacher le fait qu'il avait beaucoup de mal à digérer ça, ce n'était pas sa faute, ce sont ses gènes qui lui inspirer se dégoût avec eux. Mais qu'elle pense qu'ils puissent être plus fort que lui, c'était le summum de la bêtise. Oui, il faudrait vraiment qu'elle les voit à l'œuvre.
Il était seize heures lorsque Bella se retrouva sur l'une des falaises non loin de la réserve. Jacob était parti, Emily révisait ses cours alors elle n'avait pas voulu l'embêter et elle ne voulait pas rester dans la maison de Paul trop longtemps en fait, elle s'était convaincu que cet endroit ne lui servait qu'à dormir et à se laver, et à manger de temps en temps, mais c'était tout ! De toute manière, l'on ne peut dire qu'il l'ait mis très à l'aise.
Alors en cette fin de journée, elle se décida à aller se balader. Jake lui avait donné les délimitations de la réserve, de manière à ce qu'elle ne s'éloigne pas trop et pourtant, elle ne savait plus si elle était en territoire protégé ou pas. Et puis, sans se mentir, c'était le cadet de ses soucis à cet instant. Elle avait marché durant deux heures et s'était arrêtée là, sur le haut de cette falaise. Elle avait mal aux pieds, alors elle s'assit sur une pierre, juste le temps de récupérer avant de faire demi-tour.
La falaise était haute et elle avait l'impression de dominer la forêt de là. Pourtant, elle ne pensait pas qu'il y ait autant chose qui puisse surplomber les séquoias et autres grands arbres. Elle se souvint alors de la première fois où Edward lui avait fait découvrir son monde en l'emmenant au sommet d'un de cet arbre, ça avait été grandiose et effrayant à la fois. Mais maintenant, elle se demandait s'il aurait été capable de sauter de cette falaise et d'atterrir en un morceau. Probablement.
Bella prit une grande respiration, tentant de savourer l'air frais qui prenait possession de ses poumons. Elle ferma les yeux et pour la première fois, elle se dit qu'il était peut-être tant pour elle de se vider l'esprit, après tout,c 'est pour cette raison qu'elle avait accepté de venir à La Push. Ne plus penser, ni aux vampires, ni aux loups et ni au fait qu'elle était sans cesse la proie de phénomènes paranormaux.
« Alice, se dit-elle. Crois tu que notre rencontre ait été un hasard ou est-ce moi qui ai provoqué tout cela, car j'en ai l'impression, je me sens comme l'aimant qui attire toutes ces choses folles, les loups, comme Jacob qui est mon meilleur ami, et vous. Vous étiez des vampires, ma famille, tu étais mon amie, il était mon amour, mon âme-sœur. Mais peut-être est-ce aussi moi qui vous ai fait fuir. »
Son portable sonna dans la poche de sa veste.
— Allô ?
— Isabella Marie Swan, où est-ce que tu te trouves !
Elle eut un rictus face au ton qu'employa Jacob.
— Je suis sur la falaise, pourquoi ?
— Parce que… attends quoi ? La falaise ?
— Oui, celle qui donne sur le Mont O…
— Merde Bella !
Il avait raccrocher. Bella fronça les sourcils. Ce n'était du genre de Jacob d'être aussi agiter sauf si quelque chose n'allait pas. Donc à tous les coups, quelque chose n'allait pas et bizarrement, elle se disait qu'elle en était la cause. Elle regarda autour d'elle, elle se trouvait toujours sur la falaise, mais il faisait presque nuit. Elle vérifia l'heure, il était dix-huit heures. Elle s'était endormie alors qu'elle avait voulu faire le vide dans son esprit.
Elle se leva de la pierre où elle avait pris place, ses fesses et son dos lui faisaient atrocement souffrir. Il valait mieux rentrer, elle ne tenait pas à se perdre une nouvelle fois dans les bois, la première fois lui avait laissé un trop mauvais souvenir.
— Bella Swan.
Son sang ne fit qu'un tour et tout son corps cessa soudainement de lui répondre à l'entende de cette voix. Oh Seigneur. Elle ne l'avait jamais entendu parler, mais elle savait que c'était elle, elle était bien là. Elle se retourna pour lui faire face. La grande rousse, la regardait attentivement, son visage marqué par l'impassibilité. Il allait bientôt faire entièrement nuit, mais elle parvenait encore à voir ses yeux couleur rouge sang. Victoria. Elle ne l'avait jamais vraiment aperçu de près, ni durant une aussi longue minute que celle-ci car en y pensant, personne ne s'était jamais intéressée à elle, c'était James qui occupait tous les esprits à cet instant.
— Ca fait une bonne heure que je t'observe.
Les jambes de Bella furent plus rapides que son cerveau. Elles l'obligèrent à faire demi-tour, Dieu, il fallait qu'elle s'enfuit d'ici ! Mais à peine eut-elle tourné le dos qu'elle se retrouva une nouvelle fois face à la rousse et cette fois-ci, c'était Bella qui était dos à la falaise.
— J'aurais pu te tuer lorsque tu dormais, mais ça aurait été tellement plus facile pour toi.
Elle fit un pas vers l'adolescente qui recula aussitôt mais elle recula si bien qu'elle se retrouva au bord du précipice. Elle parvenait à entendre les battements de son propre cœur tant ils étaient bruyants, peut-être même qu'elle allait mourir à cause d'une crise cardiaque. À cet instant, Victoria se trouvait à moins d'un mètre d'elle, pourtant, elle ne souriait pas, elle n'était même pas en colère. Bella ne savait pas à quoi s'attendre, mis à part à mourir évidemment. En fait, elle se disait que plus vite ce serait fait, plus vite cette longue attente serait enfin terminée. Elle était venue ici pour se protéger d'elle et voilà qu'elle venait de se jeter dans la gueule du loup, quelle idée aussi de s'endormir dans les bois de cette manière !
La première fois qu'elle les avait vu, lorsqu'ils étaient arrivés sur le terrain de baseball, Bella s'était dit que les choses se passeraient sans doute mal, mais une fois de plus, cela avait été à cause d'elle, à cause de son odeur, de son sang qui était si bon selon leurs dires. Et la revoilà des mois plus tard, face à la compagne de celui qui avait voulu la tuer et qui avait failli la transformer en vampire. Peut-être que si Edward avait laissé la mutation se faire, elle aurait pu se défendre. Pff, bien sur qu'elle aurait pu, elle ne serait même pas là en ce moment, mais avec les Cullen, à vivre leur éternité en toute tranquillité.
La main si froide de Victoria s'attaqua à sa gorge qu'elle empoigna fermement, coupant aussitôt la respiration de la jeune fille. Mourir serait la chose la plus facile et pourtant, son instinct de survie continuait à prendre le dessus, l'obligeant à se débattre comme elle le pouvait. Maintenant, elle pouvait voir une expression sur son visage, du plaisir ou de la haine, ou peut-être même les deux à la fois.
— Lâche-la !
Ce n'était pas la voix de Jacob. Pourtant, elle écouta, et elle relâcha Bella. Dans la vide. La jeune fille se retrouva dans le précipice, entre ciel et terre. On hurla son prénom alors qu'elle dévalait toujours plus vite l'espace qui la séparait de sa fin. Elle n'avait même pas pu dire au revoir à son père. Charlie. Qu'allait-il devenir ? Et Jacob ? Elle était entièrement responsable de tout ce qui lui arrivait et elle allait faire souffrir ses proches. Elle ferma les yeux, attendant la fin de tout une vie, une vie qui fut si courte. Mais elle entendit une nouvelle fois son nom. Et cette voix.
— Paul...
Deux bras l'entourèrent et elle se retrouva plaquée à une chose dure. Elle ouvrit alors les yeux pour voir ce n'était pas une chose, mais quelqu'un. Et avant qu'elle n'eut réalisé ce qui se passait, il atterrit au sol, ses pieds s'incrustant dans le sol, à cause de la violence de l'atterrissage qui fut parfaitement réceptionné. Bella regarda autour d'elle. Seigneur, ils n'étaient même pas morts ! Bah ça valait bien la peine de stresser autant !
Des hurlements se firent entendre et trois immenses bêtes sautèrent au-dessus d'eux et elle en déduit qu'ils venaient de se transformer. Sauf Paul, qui la serrait toujours contre elle, lui lançant un regard noir. Il fulminait littéralement, c'est à peine si l'on ne voyait pas de la fumée sortir de ses oreilles. Sérieusement, il allait devoir supporter cette bécasse durant des jours ? Non, pas possible, il risquerait de la tuer.
— J'ai… j'ai entendu ta voix.
— C'est tout ce que tu trouves à dire ? Que tu as entendu ma voix ? Bon sang, à cet instant, il n'y a pas que ma main que je voudrais te faire sentir ! T'es vraiment inconsciente ma parole !
Tu te rends compte que tu aurais pu mourir.
— Oui… je suis désolée, tenta-t-elle.
Oh et voilà qu'elle s'excusait encore, à croire qu'elle ne savait faire que ça, demander pardon. Mais à qui ? Et pourquoi ?
— Oh c'est pas à moi que tu dois demander pardon ! Personnellement, le fait que cette femme veuille ta peau, je m'en moque pas mal, mais il faut croire que tu attires les ennuis comme personne d'autre sur cette Terre !
Bella fronça les sourcils. Elle était choquée, elle tremblait encore, et voilà qu'il venait en rajouter une couche.
— Alors qu'est-ce que tu fais là ?! répliqua-t-elle en le repoussant.
Il la foudroya du regard sur place et Dieu sait qu'elle aurait pu mourir si cela aurait été possible.
— Malgré le fait que tu sois si agaçante, c'est de notre devoir de débarrasser la Terre de ces erreurs de la nature, mets-toi bien ça dans le crâne !
Elle n'eut pas le temps de répliquer ni même de chercher quoi dire qu'il se baissa et la seconde d'après, Bella tomba en arrière pour atterrir sur l'épaule du bel homme.
— Qu'est-ce que tu fais ? Reposes-moi !
— Non ! On rentre et j'irai plus vite sans toi dans mes pattes !
Cette fois-ci, c'était trop ! Il avait soit disant voulu « l'effrayer » en se transformant en loup devant elle, il s'était montré d'un accueil des plus glacials lorsqu'elle était arrivée, il avait remmené sa conquête d'un soir alors qu'il savait qu'elle était là et voilà que maintenant, il se permettait de passer ses nerfs sur elle. Elle n'allait pas laisser passer ça !
— J'en ai marre ! Non mais c'est quoi ton problème dis-moi !
— C'est toi et ta faiblesse maladive mon problème.
Elle ne s'attendait pas à une réponse positive et douce de sa part, mais bon sang, ces mots lui faisaient l'effet d'un coup de poignard dans la poitrine. La première fois qu'elle avait ressenti cette sensation de déchirement, ce fut lorsque Edward l'abandonna dans la forêt, puis quand Jacob lui avait dit qu'il ne voulait plus la voir et maintenant, pour la troisième fois consécutive, un homme lui disait qu'elle avait un soucis qui ne lui convenait pas. Elle devait être maudite comme fille pour avoir autant de poisse avec les hommes !
Elle ne répondit pas, mais ses deux poings s'abattirent sur le dos de Paul, elle le frappa une fois puis deux et finalement, elle ne compta même plus le nombre de fois où ses deux mains tentèrent de lui faire mal en lui infligeant des coups réguliers sur son dos. Paul soupira et leva les yeux au ciel. Quelle pauvre tâche cette fille. Peut-être aurait-il mieux valu qu'il la laisse se faire bouffer par cette folle aux cheveux roux, après tout, lorsque l'on voyait Bella, on avait l'impression que c'est ce qu'elle cherchait. La mort. Tout à l'heure, en arrivant pour la secourir, il n'avait vu dans ses yeux, aucune émotion ressemblant à de l'espoir de vivre ou à de la crainte de crever. Rien, elle attendait juste que la mort. Les personnes suicidaires : il ne les avait jamais apprécié. La vie a bien trop de chose à offrir pour la gâcher de cette manière, seulement parce qu'un stupide mec l'avait quitté. Ce vampire… Edward, ne l'avait peut-être pas vidé de son sang, mais c'est sa vie qu'il était en train de prendre.
— Bella !
Ils étaient revenu à la réserve et la voix de Jacob ne tarda pas à résonner. Paul la déposa au sol, elle avait mal au ventre, mais c'était le résultat d'un voyage sur le dos d'une brute, la tête en bas si elle ne s'était pas concentré sur le fait de vouloir lui faire mal, elle aurait sans doute vomi. Mais maintenant, elle se retrouvait devant un Jacob, en torse nu, sans chaussures, essoufflé et transpirant.
— Qu'est-ce qui va pas chez toi ? Si je t'ai dit de venir ici c'est pour te protéger et non pas pour que tu te fasses tuer plus vite !
Alors qu'elle reprenait petit à petit ses esprits, elle s'aperçut qu'ils étaient devant la maison d'Emily et qu'au moins, ils étaient tous revenus. Seuls Sam manquait à l'appel.
— Désolée…
— Qu'est-ce qui t'a pris ?
— Je voulais juste me balader, je m'ennuyais et je…
— Et tu t'es dit que le meilleur moyen de t'occuper serait de t'aventurer seule, dans cette forêt que tu ne connais pas, alors qu'une tueuse en série est à tes trousses, c'est ça ?
Elle ne savait pas quoi répondre. Même son père ne l'avait jamais sermonnée de cette manière. D'ailleurs, il y a en avait marre, elle ne leur avait rien demandé, c'était ingrat de penser cela, mais c'était vrai, c'est lui qui a décidé qu'ils devraient la protéger. S'ils n'avaient pas été là, elle serait morte et tout serait déjà réglé.
— C'est bon, merci de t'inquiéter à ce point, mais je ne suis plus une enfant, je ne vais pas rester cloîtrer dans une maison qui n'est pas la mienne parce que Victoria rode dans les parages. Je sais bien que j'attire les malheurs sur moi comme personne, mais je n'y peux rien et je n'ai pas voulu ça, je peux vous l'assurer.
Les larmes lui montèrent aux yeux.
— Peut-être aurait-il mieux valu qu'elle…
— Ça va Bella, tu n'as pas à te justifier, la coupa Embry. Tu ferais mieux d'aller te reposer, sinon tu risques sérieusement de flancher.
— Oui.
Elle leur tourna le dos. Paul était resté à part, assis sur les marches du porche à les observer et il trouvait tout cela ridicule.
— J'espère que ce n'est pas de cette manière que tu comptes te la faire, dit-il lorsqu'il fut seul avec Jacob.
— Nous ne sommes pas tous comme toi Paul, je veux juste la protéger, rien d'autre.
Paul haussa les épaules, un air désintéressé accroché au visage.
— Moi, je pense plutôt que tu la protèges tout en voulant prendre la place du vampire dans son cœur. Mais il y a un problème.
Jacob arqua un sourcil, il ne voulait franchement pas parler avec Paul ce soir, et pourtant, il voulait savoir ce qu'il avait donc de si intéressant à lui dire.
— Quel problème ?
— Ben, t'as tout faux sur la manière de te comporter avec elle. Ce n'est pas en la surprotégeant comme une petite-fille que tu vas attirer son attention, au contraire, elle risque plutôt de s'éloigner de toi. Les filles détestent les gars trop collants.
— Ah bon, et dans ce cas, que dois-je faire ?
— J'en sais trop rien, essaie déjà de soigner son mal-être, parce qu'elle touche le fond la dépression, ensuite tu pourras t'intéresser à ce qu'il y a au fond d'elle, ça l'aidera à se redresser et peut-être que si tu te montres un peu plus mature et que tu cesses de croire qu'elle est ta propriété, alors sans doute, qu'elle aura un regard différent sur toi.
Le rire de Jacob ne tarda pas à se faire entendre, et même s'il se voulait narquois, cela ne vexa en rien Paul qui avait commencé à jongler avec quelques petits cailloux trouvait par-ci par-là des marches.
— Merci beaucoup pour tes conseilles Paul, je m'en souviendrais, rit-il.
— Oui bon après il y a autre chose, reprit-il.
Jake pencha la tête, l'incitant à continuer.
— Une histoire entre elle et toi, c'est mort d'avance, même s'il ne s'agit que de cul. Tu l'as bien regardé ? Elle ne te voit que comme un frère. Tu es à jamais coincé dans la friendzone mon pote.
Paul eut un rire à son tour narquois et ce fut Jacob qui s'en retrouva frustré, ce n'est pas son rire qu'il l'agaça fortement, mais le fait que son analyse était tout ce qu'il avait de plus juste.
— Tu fais chier Paul ! grogna-t-il en lui tournant le dos.
Lorsqu'ils se transformaient en loup, Jacob avait tendance à arranger ses souvenirs à sa sauce. Il est évident que Bella ne lui avait jamais tenu la main en marchant, ni qu'elle lui avait dit qu'il était sexy lorsqu'elle l'avait vu en torse nu. Il était encore un gosse et le problème est que Bella, même si elle se comportait comme tel, avait surtout besoin de quelqu'un de plus mature qui lui permette d'avancer.
— Pourquoi tu continues à l'embêter de la sorte ?
— Je ne fais que lui montrer la vérité en face avant qu'il ne soit trop tard, répondit Paul.
Sam venait de revenir. Avec Jarred, ils avaient continuer jusqu'à la frontière de l'Oregon à la poursuite de Victoria, mais elle était parvenue à s'échapper grâce à ses sbires qui l'avaient couvert.
— Vous l'avez perdu.
— Nous avons tué deux de ses sbires. À supposer qu'il y en ait d'autre. Elle est rapide et semble être prête à tout pour avoir la fille.
Paul arqua un sourcil. Il ne connaissait pas l'histoire de Bella et des vampires, mais il se demandait ce qu'elle avait bien pu faire pour provoquer la colère de cette femme.
— Elle aurait pu tuer Bella lorsqu'elle nous a entendu, dit Sam.
— Elle s'amuse.
— Comme le chat avec la souris ? Oui, j'y ai pensé.
— Elle va pousser Bella à jusqu'à ses derniers retranchement, continua Paul. La douleur morale est sans doute plus importante que la douleur physique.
Elle voulait la pousser à bout, la détruire de l'intérieure avant de lui asséner le coup de grâce, elle voulait juste la voir courir, tenter de sauver sa vie, juste pour le plaisir. Paul fronça les sourcils : c'était diabolique. Il eut un moment de silence durant lequel ils observèrent l'horizon. Il faisait nuit noire et seules les lumières des maisons témoignaient des âmes vivantes de la réserve.
— A quoi tu penses ?
— Pourquoi as-tu décidé qu'elle vienne vivre chez moi ? Ça n'a pas de sens.
— Sans doute pour toi, mais je pense que ça peut lui être utile de partager la vie d'une brute comme toi, ça l'endurcira un peu, répondit Sam.
Ils échangèrent un rire bruyant.
— Cette nana est accroc aux sangsues, on ne pourra pas changer ça.
— Qu'en sais-tu ?
— Ça se voit et elle le montre elle-même, chaque fois qu'elle pose son regard sur nous, chaque fois qu'elle ouvre la bouche, elle nous fait savoir que seules les sangsues sont importantes à ses yeux et nous… nous ne sommes que des chiens sans doute.
Sam ne répondit pas, il est vrai qu'elle était spéciale comme nana, mais Emily l'aimait bien, alors sans doute avait-elle un bon fond.
— Et de toute manière, je me fous pas mal de son sort.
— Paul…
Mais il l'interrompit :
— Qu'importe la réelle raison qui t'a poussé à faire ça, c'est peine perdue.
Sur ses mots il se leva et laissa Sam en plan. Il le connaissait bien leur Alpha,sous ses airs calme de grands chef, il était aussi cinglé que toute la meute et Paul était sûr qu'il trafiquait une chose pas très nette. Il rentra chez lui et aussitôt, une odeur spéciale lui frotta les narines. Génial, maintenant sa tanière de loup empestait le Bella partout ! D'ailleurs, il ne l'avait même pas remarqué ce matin. Mais elle sentait bon, alors ce n'était pas un problème et franchement, tant que ce n'était pas l'odeur de vampire, lui, ça ne le dérangeait pas tant que ça.
Il se doucha et alla dans sa chambre. Avant le sauvetage de Bella, il avait pris le temps de manger chez Emily, alors il pouvait se coucher et dormir jusqu'au matin. Il avait besoin. Mais le repos ne fut pas pour tout de suite, car il entendit des sons provenant de la chambre de la fille à vampire. Il crut d'abord qu'elle était au téléphone et puis les sons se transformèrent en cri, alors il sut que c'était un cauchemar. Il se dit que ça passerait, qu'elle allait bien devoir le cesser ce stupide cauchemar, mais il n'en fut rien.
Il se leva de son lit en grognant et sortit de sa chambre pour rejoindre celle de Bella. Il y pénétra et la vit allonger entre les draps, gigotant en disant des mots incompréhensible, on aurait cru qu'elle se trouvait sur un bûcher à en entendre ses cris. Elle ne parvenait à dire ce qu'elle ressentait, alors c'est dans son subconscient qu'elle hurlait sa peine. Paul s'approcha doucement d'elle, ses cheveux étaient éparpillés sur son visage, elle transpirait et semblait souffrir le martyr.
— Bella, dit-il doucement après l'avoir secouer.
Elle ne se calma pas pour autant, alors, il répéta son action.
— Bella.
Vu son manque de réaction, il lui saisit les deux épaules et la secoua avec force en hurlant son prénom une dernière fois. Elle se redressa en sursaut et son visage se retrouva près de celui du loup. Elle haletait et passa une main dans ses cheveux.
— Bella, tu as fait un cauchemar. Pitié, ne me dit pas que c'est régulier, j'ai un sommeil fragile alors...
Elle ne répondit pas, elle se contenta de regarder autour d'elle, comme pour se souvenir qu'elle ne se trouvait pas dans sa chambre à elle. Puis, son regard revint sur Paul qui la fixait d'une manière étrange il n'avait jamais eu affaire à ce genre de situation et ne savait pas comment s'y prendre. L'une de ses mains se reposa sur son épaule, comme pour la rassurer et elle sursauta légèrement.
Alors il se passa une chose qu'il n'avait vraiment pas prévu. Elle se jeta sur lui. Littéralement. La jeune fille entoura ses deux bras autour du cou de Paul et elle posa son tête sur son torse. Paul regarda autour de lui, juste pour être sûr que ce n'était pas une caméra cachée, genre le jour elle évitait tout contact physique avec elle et voilà que la nuit, elle décidait qu'il serait le parfait oreiller. Ça devait avoir un rapport avec la pleine lune.
Il tenta de se défaire de son emprise, mais elle gigota en laissant échapper une plainte de mécontentement. Alors il abandonna son idée de se libérer et se laissa aller sur le matelas, tentant de se mettre lui aussi à l'aise jusqu'à ce qu'elle se rendorme vraiment et oublie sa présence.
— Je te jure Sam que tu vas me le payer.
Je répondrais à vos avis dans le prochain chapitre
bisous xx
