Disclaimer : tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling

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Chapitre 3

Après la mission à Rawcliffe, Harry fut accaparé par toutes sortes de tracasseries administratives qui le tinrent éloigné de l'enquête.

Ron lui faisait un compte-rendu régulier.

- Bon, voici ce qu'a donné le Prior incantatum sur la baguette. C'est la liste des derniers sorts jetés. Comme tu peux le voir, rien de significatif sinon un sort de localisation. On n'est pas encore pas parvenu à déterminer ce que le propriétaire de la baguette cherchait exactement. L'équipe scientifique est toujours dessus. On va également demander à Ollivander de l'examiner. Si la baguette vient de chez lui, il y a des chances qu'il se souvienne à qui il l'a vendue.

- Bien, merci Ron. Tu me tiens au courant ? Dit Harry, en se levant et en attrapant son manteau et son écharpe.

Depuis le matin, Harry était fébrile à l'idée de son déjeuner avec Malefoy.

Il transplana dans une ruelle adjacente à Knighsbridge afin de ne pas se faire repérer des moldus et fonça ensuite vers le One O One.

Malefoy y était déjà, assis dans un coin calme du restaurant. Il portait un costume trois pièces qui lui allait merveilleusement bien. Les deux hommes se saluèrent chaleureusement.

- Alors, tes premières journées à Sainte-Mangouste ? demanda Harry.

- Pfff... chargées ! Beaucoup de choses sont à réorganiser dans cet hôpital. Je vais avoir du pain sur la planche ! En plus, ça va me tenir loin des salles d'opération ...

Harry sourit.

- Je vois qu'on a le même problème toi et moi ! On dirige un département mais on ne sait pas comment concilier ça avec notre amour du terrain ...

- Parfaitement résumé ! Enfin, je ne désespère pas d'arriver à concilier les deux. Je ne pourrais pas me passer d'opérer ! Dit Draco avec fougue.

- Tu aimes ton métier. Tu as la même ferveur dans la voix que moi quand tu en parles ...

- Oui, en effet, j'aime mon métier ...

La conversation se poursuivit agréablement, les deux hommes évoquant leurs souvenirs de Poudlard, la politique actuelle du Ministère et la prochaine coupe du monde de Quidditch.

Ils revinrent ensuite sur leurs professions respectives.

- Pourquoi avoir choisi la neurochirurgie ? Demanda Harry.

Pour la première fois depuis qu'ils se parlaient, Harry remarqua que Draco était embarrassé par une question.

- Il fallait bien que je me spécialise. Cette discipline m'intéressait, voilà tout.

- Ah. Et ta spécialisation en psychiatrie médicomagique ?

- Pareil.

Harry sentait bien que le blond n'en dirait pas plus. Il décida de changer de sujet.

- Draco, je voudrais te poser une question.

- Et bien, vas-y.

- Quand ... quand tu as rejoint l'Ordre du Phoenix ... tu ... on ... est-ce qu'on s'est croisé souvent ?

Draco regardait maintenant le brun avec une telle acuité que ses yeux s'assombrirent.

- C'est quoi cette question, Potter ?

Harry nota immédiatement l'emploi de son nom de famille.

- Rien ... c'est juste que ... Ron avait l'air de dire qu'on s'était croisé souvent aux réunions ... mais moi j'ai l'impression de ne pas t'y avoir vu si souvent que ça ... alors ...

Harry avait conscience d'être très embrouillé dans ses explications et le regard perçant du blond ne l'aidait pas.

- Ok, laisse tomber Malefoy. C'était débile comme question.

- On s'est croisé quelques fois, en effet. Mais on se détestait. On ne se parlait pas. Tu n'as donc peut-être pas remarqué qu'on était dans la même pièce.

- Ça, ça m'étonnerait. Je remarquais toujours quand tu étais dans la même pièce que moi, dit Harry dans un souffle.

Si Draco s'étonna de cette remarque, il n'en montra rien. Au lieu de quoi, il dit :

- Je vais devoir y retourner. Merci pour le repas.

- Pas de quoi, dit Harry. On se revoit bientôt ?

- Je t'appelle au Ministère fin de la semaine, ok ?

- OK !

Et ils se séparèrent. Quand Harry regagna son bureau, il ne s'était pas débarrassé de cette impression bizarre que le blond lui cachait quelque chose.

Au grand désarroi de Harry, la semaine se termina sans qu'il reçût de nouvelles de Draco.

A sa décharge, peut-être était-il submergé par ses nouvelles responsabilités. En tout cas, Harry tentait de s'en convaincre.


Le lundi suivant, il transplana à Sainte-Mangouste. Il avait – enfin – pris rendez-vous avec le Docteur Jung.

Devant la porte du cabinet du psychomage, Harry faillit faire demi-tour. Quelle idée de se trouver ici ! Qu'allait-il pouvoir bien lui dire ? Oh Merlin !

Il fut interrompu dans ses réflexions par l'assistante du psychomage qui lui ouvrit la porte.

- Bonjour Monsieur Potter, installez-vous. Le docteur Jung arrive dans quelques instants.

Harry s'installa sur un divan particulièrement confortable. Bonjour le cliché se dit-il en allongeant les jambes.

Le docteur Jung arriva enfin. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, cheveux poivre et sel, au regard bienveillant.

- Bien Monsieur Potter. Nos séances dureront 60 minutes. Commençons tout de suite. Je vous écoute.

- Heu ... je ne sais pas ... par où commencer.

- Commencez par m'expliquer pourquoi vous avez souhaité consulter un psychomage.

-C'est ma meilleure amie, le Docteur Granger Weasley qui m'a conseillé de venir vous voir. Elle pense que je devrais vous parler d'un rêve que je fais régulièrement.

- Bien, racontez-moi.

- Voilà. Tout d'abord, vous devez savoir que je suis marié depuis 4 ans. J'ai épousé mon amour d'adolescence, la soeur de mon meilleur ami. Nous avons ...hm... une vie ... hm... sexuelle ... disons, normale. Mais je sens bien que je suis pas ... comment dire ? Enthousiaste. Par contre, je fais régulièrement un rêve dans lequel j'ai ... des relations sexuelles ... beaucoup plus ... satisfaisantes.

- Racontez-moi ce rêve en détails, Monsieur Potter.

Harry était au supplice.

- Dans mon rêve, je fais l'amour avec une personne que je n'arrive pas à identifier. Je peux sentir son corps, la douceur de sa peau, la sueur qui la recouvre. Je sais que je prends énormément de plaisir car ... le matin ... enfin, vous voyez quoi. Je sens aussi son odeur ... dans ma tête.

- Vous n'avez aucune idée de qui cela pourrait être ?

- Je ... je crois qu'il s'agit d'...un homme.

- Hmhm. Avez-vous déjà eu des relations homosexuelles ?

- Non ! Je n'ai jamais connu que ma femme !

- Mais vous dites ressentir du plaisir ? Plus qu'avec votre femme ?

- Oui ...

- ça vous gêne ?

- Quoi ? Non ... oui ! Je suis marié !

- Je veux dire : l'idée d'être attiré par un homme vous gêne-t-elle ?

- Dans l'absolu, pas du tout. Je suis très ouvert d'esprit et je pense que le sexe importe peu, tant qu'on a trouvé la personne qu'on aime. Mais, moi, je n'ai jamais été attiré par les garçons. Je n'ai jamais eu d'yeux que pour ma femme !

- Quand vous croisez un bel homme dans la rue, vous arrive-t-il de le remarquer ? De vous faire la réflexion qu'il est beau ?

- Heu ... non. Enfin, ça dépend. Récemment, j'ai ... retrouvé une connaissance de l'école et je me suis dit à plusieurs reprises qu'il était ... beau. Mais c'est le seul. Et ça ne veut rien dire ! Lui, tout le monde le trouve beau !

- Hormis la bataille qui vous a opposé au Seigneur des Ténèbres, avez-vous subi un traumatisme quelconque ?

- Non, je ne pense pas.

- Cette personne qui occupe votre rêve, est-ce que vous avez le sentiment de l'aimer ?

La question prit Harry au dépourvu. Il n'y avait jamais réfléchi mais la réponse fusa :

- Merlin oui, je l'aime plus que ma vie.

La réponse surprit à la fois Harry et le psychomage pourtant si impassible.

- Docteur, dit Harry. Vous pensez que cette ... personne existe vraiment ?

- Eh bien, c'est toujours très compliqué à dire. Le subconscient est un redoutable labyrinthe qui parfois nous montre la vérité, parfois nous montre le mensonge, parfois encore nos fantasmes. Mais je dois dire que dans votre cas, ce profond sentiment que vous ressentez ainsi que la perception de l'odorat me fait dire qu'il s'agit peut-être d'une réminiscence. Un souvenir si vous préférez.

- Un souvenir ? D'une autre vie alors ? Railla Harry, car dans celle-ci je puis vous assurer que je n'ai jamais ni été amoureux d'un homme ni couché avec lui !

- C'est bien ce que nous devrons découvrir Monsieur Potter.

- Comment ?

- Eh bien, il y a une technique moldue qui s'appelle l'hypnose et qui donne de bons résultats. Personnellement, je ne la pratique pas mais notre nouveau Médicomage en Chef, le docteur Malefoy, qui est neurochirurgien et psychiatre, la maîtrise parfaitement. Je pourrais vous recommander à lui ...

- NON ! NON ! Je ne veux pas ... Laissez tomber ! Je ne veux rien de tout ça ... Au revoir Docteur.

- Mais, Monsieur Potter ...

Harry s'était levé précipitamment et avait quitté le cabinet du psychomage en trombe. Il courait comme un fou dans les couloirs pour quitter cet hôpital au plus vite. Soudain, au détour d'un couloir il percuta de plein fouet un médecin qui venait en sens contraire.

- Dites ! Vous pourriez faire attention ! C'est un hôpital ici pas un champ de courses !

- Excusez-moi ! Dit Harry en relevant les yeux pour tomber sur un fin visage pâle, auréolé de cheveux blonds.

- Harry ? Mais que fais-tu ici ? Dit Malefoy interloqué.

- Je ... je ... il faut que j'y aille.

Et il s'encourut de plus belle, sous le regard ahuri de Malefoy.

Le blond n'était pas médecin pour rien et savait reconnaître une personne ayant subi un traumatisme. Il courut derrière Harry et le rattrapa par les bras. Il le tourna vers lui.

- Harry ! Bon sang ! Que se passe-t-il ?

- Lâche-moi Malefoy ! Lâche-moi ! Dit Harry les yeux exorbités.

Sans autre sommation, Draco gifla Harry. Le geste eut le mérite de sortir le brun de sa transe.

- MAIS CA VA PAS ? T'ES PAS BIEN ? hurla Harry

- Désolé Harry mais il fallait que tu te ressaisisses.

Harry soupira en passant nerveusement la main dans ses cheveux.

- Faut que j'y aille Malefoy, je dois voir Hermione.

- Que se passe-t-il Harry ? Pourquoi es-tu dans cet état ? Questionna le blond

- Mais qu'est-ce que ça peut te faire à la fin ? S'énerva Harry. On n'est pas amis que je sache !

La remarque blessa profondément Draco mais son éducation lui fit conserver la face.

- Je m'inquiétais Potter, c'est tout. Tu es sorti comme une furie et tu avais l'air en état de choc.

- Je suis désolé, Draco. Je ne voulais pas être blessant, dit Harry soudain radouci par l'inquiétude qu'il pouvait lire dans les yeux gris de Malefoy. Je voudrais juste voir Hermione ... j'ai besoin de lui parler ...

- Ok Harry, pas de problème, je comprends ! Dis-moi juste que tu vas bien, que tu n'as rien de grave.

- Je vais bien Draco, physiquement je vais bien. Merci de t'inquiéter.

Harry s'éloignait en direction du service de pathologie des sortilèges où Hermione travaillait.

- Harry ! Le rappela le blond. Ecoute, je suis désolé ne pas t'avoir rappelé cette semaine mais je n'ai pas eu une minute de répit...

- Je m'en doutais Draco, ne t'inquiète pas ! Mais essayons de nous voir cette semaine ! Nos discussions me manquent déjà.

A cette remarque, Draco lui fit un sourire éblouissant.

- Mercredi ?

- Ok. Au Cross Keys. C'est un pub dans Covent Garden, pas loin du Ministère. Rejoins-moi à mon bureau à midi.

- Parfait !


Harry trouva Hermione dans son bureau du quatrième étage.

- Salut Hermy ! Je peux te déranger quelques minutes ?

- Salut Harry ! Entre, dis-moi ce qui t'amène.

- Je suis allé voir le docteur Jung ... dit-il d'un ton accablé.

- Ça c'est mal passé ?

Harry expliqua à Hermione son entretien avec le psychomage.

- Une réminiscence, tu dis ?

- Oui, il pense qu'une séance d'hypnose pourrait être utile.

- Oui, sans doute. Malefoy est un spécialiste paraît-il ...

- Je sais, coupa Harry. Mais je ne veux pas que ce soit lui qui le fasse.

- Oui, je comprends. Malheureusement, c'est une technique moldue et il est le seul à la maîtriser.

- Alors tant pis. On finira bien par trouver une autre solution. Je vais te laisser Hermy. Merci de m'avoir écouté.

- Je t'en prie, Harry. Tu sais que tu ne me déranges jamais.

Il était sur le pas de la porte du bureau, quand il se retourna pour demander :

- Dis-moi, quand on était dans l'Ordre du Phoenix, tu te souviens si Malefoy assistait souvent à nos réunions ?

- Heu ... plus ou moins 3 fois par semaine. Pourquoi ?

- Et ... moi ... nous, je veux dire, on était là aussi ?

- Oui, Harry, évidemment.

- Et de ton point de vue, on s'entendait bien ou pas ?

- Vous vous ignoriez le plus souvent.

Cette réponse satisfaisait Harry.

- Ceci dit, continua la brune, c'est vrai que Ron et moi n'avons pas compris ton changement d'attitude ...

- Comment ça ? demanda Harry dont les battements de coeur accéléraient dangereusement.

- Eh bien, c'est toi qui les a amenés lui et Zabini pour qu'ils soient protégés par l'Ordre. Ça semblait te tenir à coeur ... et puis, sitôt fait, tu es redevenu froid et distant avec eux comme tu l'étais à Poudlard.

Harry était désarçonné. C'est lui qui avait amené Malefoy et Zabini auprès de l'Ordre ? Mais pourquoi aurait-il fait ça ? Pourquoi ne s'en rappelait-il pas ?

Voyant qu'Hermione le regardait avec méfiance, il s'empressa de mentir :

- Oui, ça pouvait étonner en effet. Mais bon, ils voulaient être protégés, j'ai fait ce que j'avais à faire, c'est tout ... Après, il ne fallait pas m'en demander plus.

Hermione ne semblait pas satisfaite de la réponse mais elle préféra ne pas épiloguer.


De retour au Ministère, Harry s'enferma dans son bureau.

Il alluma son ordinateur et se connecta au réseau WizNet, l'internet du monde sorcier dont on devait la conception à Lee Jordan.

Dans le moteur de recherche, Harry tapa Draco Malefoy.

« Environ 213.000 résultats ». Pfffff...

Il affina sa recherche : Draco Malefoy medicomage.

« Environ 350 résultats ». C'était déjà mieux.

Il parcourut les différents articles jusqu'à tomber sur un extrait du New York Wizzard Times.

Harry ouvrit le lien et commença sa lecture.

« Avancée spectaculaire pour les victimes de l'Obliviate.

La médicomagie a peut-être fait un pas de géant dans le traitement des sorts d'Obliviate grâce au jeune neuromédicomage, Draco Malefoy.

Le docteur Malefoy, tout juste diplômé de la Faculté Sorcière de médecine d'Harvard a consacré sa thèse aux ravages causés par ce sort impitoyable. Jusqu'alors, aucun remède à l'Obliviate n'était connu. Mais le docteur Malefoy semble avoir découvert que le sort, même s'il est jeté à la perfection, ne fait pas totalement disparaître les souvenirs de la victime si ceux-ci sont assez forts. Il aurait mis au point une potion qui, combinée à une technique moldue appelée hypnose permettrait de raviver les souvenirs les plus intenses. Si la technique ne permet pas de récupérer l'intégralité de la mémoire, elle a le mérite de redonner l'espoir aux victimes d'au moins se souvenir de leurs parents, enfants, époux, épouse et autres personnes qui suscitent chez elles des sentiments très forts.

En parallèle avec sa formation de neurochirurgien, le docteur Malefoy s'est également spécialisé en psychiatrie.

« J'ai fait de la recherche sur le cerveau et particulièrement les dommages causés à la mémoire, mon cheval de bataille. J'ai des raisons personnelles de vouloir que cette branche de la médicomagie progresse et j'espère bientôt avoir des résultats prometteurs », nous dit le Docteur Malefoy.

Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans son entreprise et nul doute que les victimes de l'Obliviate vont suivre les progrès de ses recherches avec intérêt.

De notre correspondant à Harvard.

T. Weisman. »

Harry relut l'article plusieurs fois. Ainsi, Draco avait choisi de spécialiser dans le traitement les dommages subis par la mémoire. Et il avait des raisons personnelles de le faire ...

Harry ne put pousser sa réflexion plus avant car Ron faisait irruption dans son bureau.

- Harry ! La baguette qu'on a retrouvé à Rawcliffe, elle a appartenu à Daphné Greengrass ! Je ne sais pas si tu te souviens d'elle. Elle était à Serpentard en même temps que Malefoy, Zabini et les autres.

- Oui, je me souviens d'elle. Elle serait mêlée à tout ça ?

- Nous n'en savons encore rien. Par contre, on a avancé avec le sort de localisation jeté avec cette baguette. Apparemment, ils cherchaient un emplacement : un immeuble sur Cromwell Road à Kensington. Et la carte de Londres indique un trajet entre cet immeuble de Kensington et l'Hôpital Sainte-Mangouste.

- Malefoy ! Ils vont s'en prendre à Malefoy ! Il vit à Kensington et fait souvent le trajet jusqu'à l'hôpital à pied ! Ron, prend Dean et Seamus avec toi et allez à Cromwell Road. Moi, je file à Sainte-Mangouste. Demande à l'équipe de Mc Millan de m'y rejoindre !

Pour la deuxième fois de la journée, Harry transplana à Sainte-Mangouste. Il gagna directement le service du Médicomage en Chef.

- Auror en Chef Potter ! Dit-il en se présentant. Dites-moi où se trouve le docteur Malefoy !

- Le docteur Malefoy est en réunion exceptionnelle avec le conseil d'administration.

- Pourquoi exceptionnelle ?

- Parce qu'elle n'était pas à l'agenda. Normalement, les réunions ont lieu le jeudi.

- Comment savez-vous que cette réunion a lieu ?

- Le docteur Malefoy m'a appelée il y a 20 minutes pour me dire qu'il serait en réunion avec le conseil pour le reste de l'après-midi et qu'il ne voulait être dérangé sous aucun prétexte. Il semblait nerveux.

- Dans quelle salle ?

- Mais Monsieur, vous ne pouvez pas entrer comme ça !

- DANS QUELLE SALLE ?

- Au 7ème étage, salle Armand Dippet ...

Harry fonça au 7ème étage, rejoint entre temps par l'équipe d'Aurors d'Ernie McMillan.

Arrivés devant la porte de la salle de réunion, Harry jeta le sort du mur de verre qui permettait de voir à l'intérieur d'une pièce à la manière d'une glace sans tain.

Ce qu'il vit lui noua le ventre : Draco était attaché à une chaise et subissait un doloris lancé par Daphné Greengrass. Autour d'elle se tenaient Pansy Parkinson, Miles Bletchley, Graham Pritchard et Terrence Higgs.

Harry sentit se répandre en lui une rage comme il n'avait plus connu depuis son combat contre Voldemort.

Il pulvérisa la porte de la salle de réunion à l'aide d'un bombarda maxima et d'un geste, il stupefixa Parkinson, Bletchley, Pritchard et Higgs. Il désarma Greensgrass en l'envoyant voler à l'autre bout le pièce.

Pendant que McMillan et ses hommes jetaient des sorts d'entrave, Harry se précipita vers Draco.

- Draco ? Draco ? Répond-moi ! Ça va ?

- Ça va, Harry. Ça va, dit-il d'une voix faible.

- Je vais te faire soigner immédiatement.

- Ça tombe bien, on est dans un hôpital, tenta de plaisanter Draco.

- Accroche-toi à moi, dit Harry.

Alors que son bras entourait la taille de Draco et que sa main se posait sur sa hanche, Harry eut un flash qui le déstabilisa. Il se vit, entourant la taille d'un homme sans visage, riant aux éclats. Il perdit l'équilibre un instant mais se reprit à temps.

Merlin, qu'est-ce que c'était que ça ?

Il n'eut pas le temps de s'appesantir que des médicomages venaient à leur rencontre pour prendre en charge leur chef.

C'est quand Draco fut allongé sur une table d'examen qu'Harry se rendit compte qu'il mourrait littéralement d'inquiétude pour le blond.

Mais que m'arrive-t-il bon sang ?

Le guérisseur dut s'apercevoir de l'état de Harry car il lui dit :

- Monsieur Potter, je suis le Docteur Sturgess ... Tout va bien. Vous êtes intervenu à temps. Les doloris n'ont pas causé de dommages importants. Le docteur Malefoy doit juste prendre des potions énergisantes et une potion de sommeil pour récupérer. Dès demain, il sera rétabli.

- Merci, docteur dit-il au jeune médecin qui quittait la pièce.

Mu par une force irrépressible, Harry s'approcha du lit de Draco et lui prit la main qu'il caressa doucement du pouce.

- Que me caches-tu Draco ? Murmura-t-il. Par Merlin, qu'est-ce qui m'arrive ?

Il observait ce visage si paisible, si beau dans le sommeil. Il fixait ces lèvres rosées, si douces, si tendres tandis qu'il s'en rapprochait imperceptiblement.

Réalisant soudain ce qu'il était en train de faire, Harry se ressaisit mais ne put s'empêcher de poser un baiser sur le front de Draco.

A nouveau, il se sentit vaciller. Une douleur lui vrilla la tête un instant puis s'estompa.

Pour la 3ème fois de la journée, Harry se demanda ce qui pouvait bien lui arriver.


Lorsque Harry regagna son bureau au Ministère, Ron l'attendait déjà.

- Comment va Malefoy ? Demanda-t-il immédiatement

- Bien. Les doloris n'ont pas fait trop de dégâts. Demain, il devrait être sur pied. Et ici, où en êtes-vous ?

- On allait interroger Greengrass. Tu nous accompagnes ?

- Et comment !

Harry entra avec Ron dans la salle d'interrogatoire. Seamus terminait de lui administrer le véritaserum.

- Voilà, dit-il. Elle est prête.

- Daphné Greengrass, commença Ron. Je suis l'Auror Ron Weasley et voici l'Auror en Chef Harry Potter. Nous allons procéder à votre interrogatoire.

- Je sais qui vous êtes ... le Balafré et sa belette.

Harry et Ron ne réagirent pas aux surnoms qu'ils avaient si souvent entendus dans la bouche de Malefoy durant leurs années à Poudlard.

- Que faisiez-vous à l'Hôpital Sainte-Mangouste cet après-midi ?

- Je suis venue pour tuer cette ordure de Draco Malefoy.

- Pourquoi ?

- Malefoy était fiancé à ma sœur Astoria. Elle a découvert que ce connard était gay et qu'il couchait avec un mec de Poudlard. Il était soit-disant amoureux ! Malefoy, amoureux ! Elle éclata d'un rire hystérique avant de poursuivre : ma sœur était dingue de Malefoy et quand il lui a dit qu'il en aimait un autre, elle ne l'a pas supporté et elle s'est suicidée.

- Vous vouliez venger votre sœur, c'est ça ? Demanda Ron

- Oui. J'aimais ma sœur plus que tout et Malefoy l'a détruite !

- Faites-vous partie du groupe qu'on appelle les Renégats ?

- Oui

- Qui a créé ce groupe ?

- Moi

- Pourquoi ?

- A la mort du Seigneur des Ténèbres, j'ai appris que Malefoy nous avait trahis. Qu'il avait rejoint l'Ordre du Phoenix avec Zabini. Non seulement ce veracrasse avait tué ma sœur mais en plus, il allait s'en sortir avec les honneurs parce qu'il avait retourné sa veste. Avec plusieurs autres enfants de mangemorts, nous avons décidé de reconstituer un groupe fidèle à la mémoire du Seigneur des Ténébres. Pour les autres, il s'agissait de faire renaître les idéaux mangemorts mais pour moi, il s'agissait surtout de me venger de Malefoy. Finalement, le Ministère l'a exilé et j'ai dû mettre mes projets en sommeil. A la place, nous avons concentré notre action sur la renaissance des idéaux du Lord Noir. Mais quand j'ai appris qu'il était revenu, ma haine a refait surface. J'ai convaincu les autres de le tuer afin d'en faire un exemple.

- Donnez-nous les noms des membres du groupe.

Daphné énuméra une liste interminable d'anciens fanatiques de Voldemort qui avaient adhéré aux idées nouvelles des Renégats. Ron s'empressa d'aller la remettre à Dean et Seamus afin qu'ils aillent les arrêter.

Pendant ce temps, resté seul avec Daphné, Harry lui posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis tout à l'heure :

- Sais-tu qui était l'homme dont Malefoy était tombé amoureux ?

Daphné le regarda avec une lueur mauvaise dans les yeux.

- Non, je n'en sais rien. Sinon, crois bien qu'il aurait été le suivant sur ma liste. Mais Malefoy s'est toujours arrangé pour que personne ne découvre son secret. Et puis, après Poudlard, plus rien. C'est comme si cet homme n'avait jamais existé.

- Mais Dr... Malefoy a dû être anéanti par la disparition de cet homme ...

- Bizarrement, il ne l'était pas. Mais Malefoy est connu pour sa capacité à dissimuler ses émotions ...

Harry ne put poursuivre ses questions car Ron était revenu dans la pièce.

Bien, Daphné Greengrass. Vous êtes en état d'arrestation pour tentative de coup d'Etat et coups et blessures sur la personne de Draco Malefoy. Vous serez présentée au Procureur des Sorciers demain matin. En attendant, vous allez être conduite à Azkaban.

Daphné ne dit rien, se contentant de regarder Harry avec le même regard mauvais et suspicieux que précédemment.


Plus tard dans la soirée, Ron, Dean, Seamus et Harry fêtaient leur réussite. Le groupe des Renégats était démantelé et leurs membres enfermés à Azkaban.

Dean et Seamus, tous les deux célibataires, ne connaissant pas les contraintes liées à la vie de couple, proposèrent de migrer vers le pub en face du Ministère.

- Ce serait avec plaisir mais je dois rentrer dit Harry en regardant l'heure. Il était 21h00.

- Et toi Ron ? demanda Dean

- Je vais rentrer aussi. Hermione ne va tarder non plus.

- Merlin me préserve du mariage dit Seamus. Vous êtes vieux les mecs !

- Héé ! Je ne te permets pas, Finnigan dit Ron faussement vexé. Attends quand tu auras trouvé la femme de ta vie ... on verra qui portera la culotte !

En riant, Harry et Ron quittèrent le bureau.

- Je te raccompagne chez toi Harry ? dit Ron.

- Non, c'est gentil.

- Sûr ?

- Ne t'en fais pas ! Je sais gérer les colères de ta petite sœur ...

- Mwouais... t'es bien le seul. Je ne sais pas comment tu fais pour la supporter ... dit Ron en riant.

Parfois je me le demande, se dit Harry.

Il transplana à Godric's Hollow.

Bizarrement, il ne reçut aucun reproche. Au contraire, Ginny l'accueillit chaleureusement. Elle avait tenu son repas au chaud grâce à un sort de conservation.

Elle s'assit devant lui alors qu'il mangeait.

- Dis-moi Harry, j'ai entendu que Malefoy avait été attaqué par des anciens mangemorts aujourd'hui. C'est vrai ? Demanda-t-elle avec intérêt.

- Oui, en effet. Nous les avons interceptés et ils sont à Azkaban.

- Il paraît que Malefoy est dans le coma ?

Harry rigola franchement.

- Sûrement pas ! Il reste à Sainte-Mangouste en observation cette nuit mais dès demain matin, il pourra rentrer chez lui.

La déception dut se lire sur le visage de Ginny car Harry dit sèchement :

- C'est moi ou la nouvelle ne t'enchante guère ?

- Non, non, ... ce n'est pas ça, se reprit Ginny mais trop tard.

- Ah oui ? Moi, j'ai l'impression au contraire que tu préférais le savoir dans le coma ... Mais bon sang, Ginny, depuis quand es-tu aussi insensible ? C'est un être humain quand même !

-C'EST UN MANGEMORT ! UN SALAUD D'ADEPTE DE VOLDEMORT ! Hurla-t-elle

Une colère aussi incontrôlable qu'inexplicable courut dans les veines de Harry. Lui qui n'avait jamais été violent avec sa femme l'empoigna par le col de son chemisier et la plaqua contre le mur :

- Plus jamais tu ne me parles de lui comme ça, siffla-t-il sur un ton dangereusement calme.

Ginny avait les yeux écarquillés de peur et Harry se ressaisit. Il lâcha sa femme et quitta la pièce précipitamment, effrayé par son propre comportement.

Ginny se laissa glisser contre le mur jusqu'à finir assise par terre, les jambes repliées contre elle.

Elle versa des larmes de frustration.

Je suis en train de le perdre. De nouveau.