Salut tout le monde !

Je sais, j'ai encore mis beaucoup, beaucoup de temps à poster ce nouveau chapitre, je suis impardonnable... Mais celui-ci était particulièrement difficile à écrire, il représente un peu la clef de voûte de ma fanfiction !

Merci à tous les reviewers, Lucy, Rafikis, Pauline37, Benji :p, Coco (tu t'es surpassée !) et Hector (parce que c'était toi ! ;)).

Voilà donc le -très- long et tant attendu chapitre 3 !

Enjoy !

oOoOo

Chapitre 3 : La lettre de Kingsley

Hermione entendait ses pas résonner lourdement tandis qu'elle suivait le professeur McGonagall à l'extérieur de la Grande Salle. McGonagall l'entraîna dans le Hall d'entrée et se dirigea vers les grands escaliers qui menaient aux étages. Hermione, distraite, la suivait sans même prendre garde au chemin qu'elles empruntaient. Il y avait sur son visage un air tellement inquiet que le professeur McGonagall, qui paraissait passablement ébranlée, lui posa la main sur l'épaule.

- Venez, fit-elle tandis qu'elles arrivaient déjà au deuxième étage.

Soudain, le professeur McGonagall s'arrêta net devant une grande gargouille de pierre. Hermione, inattentive, la percuta de plein fouet, mais cela ne sembla pas déstabiliser McGonagall. Elle fit face à la statue et prononça d'une voix chevrotante :

- Patacitrouille.

Dans un bruit sonore, la gargouille s'écarta, et le mur derrière elle fit de même, révélant un escalier en colimaçon, dominé par une magnifique statue de griffon. L'escalier commença à tourner sur lui-même, s'élevant lentement. McGonagall entraîna Hermione derrière elle, tandis que l'escalier, imperturbable, continuait de tourner.

Qu'avait-elle bien pu faire ? Pourquoi la conduisait-on, de toute évidence, dans le bureau du directeur ? Quelle chose était tellement importante pour qu'elle puisse interrompre sans vergogne le festin du début d'année ? Etait-il arrivé quelque chose de grave ? Hermione préféra chasser cette horrible pensée de son esprit.

L'escalier acheva enfin son ascension. Hermione et McGonagall se trouvait à présent devant une large et imposante porte de bois brut. Le professeur McGonagall frappa deux coups secs à l'aide du heurtoir. Une voix grave et profonde s'éleva de l'intérieur de la pièce :

- Entrez, Minerva, entrez.

Le professeur McGonagall ouvrit la porte, fît passer Hermione devant elle, puis pénétra à son tour dans le bureau de Dumbledore, en refermant la porte derrière elle.

Le bureau de Dumbledore était grand, circulaire, et surtout rempli de toute sorte d'objets aux utilisations diverses dont seul le directeur semblait avoir le secret. En temps normal, Hermione aurait éprouvé un grand intérêt à se trouver dans une pièce regorgeant d'objets aussi insolites qu'intéressant. 

Mais dans l'état actuel des choses, il lui était difficile de faire autre chose qu'observer le directeur de Poudlard, qui affichait un air grave.

- Asseyez-vous donc, Miss Granger.

D'un geste négligeant de sa baguette, Dumbledore fit apparaître un fauteuil de chintz, en face de son propre bureau. Hermione le fixa un instant, puis releva la tête vers le professeur Dumbledore. Celui-ci lui fit à nouveau signe de s'assoir, mais Hermione ne bougea pas.

- Qu'est-ce qui se passe, professeur ? Il est arrivé quelque chose ? J'ai fait quelque chose de mal ? Est-ce que…

- Miss Granger, l'interrompit Dumbledore, je vous demande de vous assoir.

Sa voix était douce mais on ne pouvait se tromper à son ton. Hermione, résignée et non moins inquiète, s'assit avec précaution sur le fauteuil. Dumbledore lui adressa un bref sourire, puis il posa son regard sur le professeur McGonagall.

- Je vous remercie, Minerva. Je vais pouvoir m'acquitter de cette tâche seul, à présent. Je vous demande de redescendre, et d'attendre Mr Potter et Mr Weasley en bas. Quelque chose me dit qu'ils vont se précipiter ici dès la fin du repas, ajouta Dumbledore avec un petit sourire malicieux, qui disparut bien vite de son visage.

Le professeur McGonagall sembla hésiter, son regard posé sur le dos d'Hermione. Elle finit cependant par acquiescer et referma doucement la porte sur elle après être sortit de la pièce sans un bruit.

Un silence pesant s'installa dès lors dans la pièce. Hermione respirait à présent avec difficulté, sentant qu'une chose pas très agréable était susceptible de s'abattre sur elle à tout moment. Elle observait à la dérobée le professeur Dumbledore, qui semblait très calme, mais également très ennuyé, ce qui formait un mélange particulièrement curieux.

Dumbledore s'enfonça un peu plus dans son fauteuil, les mains jointes, et fixa Hermione par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune. Hermione cru déceler dans ses yeux une lueur d'appréhension, ce qui ne présageait rien de bon. Puis, après un long moment sans aucune parole, Dumbledore se racla la gorge.

- Miss Granger, je tiens d'abord à m'excuser de m'être montré aussi discourtois. Vous interrompre d'une manière si… chevaleresque, en plein milieu de votre dîner, et sans plus d'explication…

Mais Hermione secoua la tête. Dumbledore s'arrêta avec un léger soupir.

- Je vois qu'il est inutile d'essayer de retarder l'échéance, Miss Granger.

Hermione ne répondit rien. Dumbledore enchaîna :

- Bien. Vous aurez sans doute remarqué que le festin fût troublé par l'arrivée d'un… invité inattendu.

Hermione acquiesça de la tête. Elle savait que Dumbledore faisait allusion au hibou grand duc qui avait volé jusqu'à lui dans la Grande Salle.

- Le hibou était porteur d'un message provenant du Ministère de la Magie.

- Et en quoi cela me concerne-t-il, professeur ? demanda Hermione qui semblait avoir retrouvé sa voix.

Dumbledore hésita.

- Je crains d'avoir à vous annoncer une bien funeste nouvelle. D'après la lettre qui m'a été envoyé ce soir, et après avoir obtenu de plus amples informations via le réseau de Poudre de Cheminette, une attaque a eu lieu, un peu plus tôt dans la soirée.

Hermione resta interdite.

- Une attaque des partisans de Voldemort. Les Mangemorts s'en sont pris à une maison de moldus. Ils ont apparemment frappés au hasard. Les Aurors du Ministère n'ont rien pu faire, ils sont arrivés sur place bien après.

Hermione se sentit défaillir. Dumbledore n'avait même pas besoin de finir son histoire. Elle avait déjà comprit de quoi il en retournait. Tout ce qui lui importait, à présent, était de savoir si ils étaient…

- Il y a eu des morts, Miss Granger, lâcha Dumbledore comme s'il avait lu dans les pensées d'Hermione.

Elle déglutit bruyamment. Ils… Ils étaient tous les deux morts ? Dumbledore semblait prendre le plus de précautions possible. Cependant, il dû se rendre compte qu'Hermione avait déjà saisit toute l'ampleur de la situation. Abandonnant toute réserve, il lui annonça finalement ce qu'elle redoutait le plus.

- Miss Granger, je suis au regret de vous annoncer la mort de vos deux parents, Mr et Mrs Granger.

Ce fut comme si le ciel tombait sur la tête d'Hermione. Elle continuait d'observer le professeur Dumbledore avec des yeux ronds, mais son regard était étrangement vide, lointain. Le choc la maintenait muette ; elle sentit ses yeux s'embuer, mais aucune larme ne coula. Heureusement que Dumbledore l'avait prié de s'assoir, car elle n'aurait pu tenir sur ses jambes.

- J'ai ici la missive qui m'a été adressé et qui retranscrit les événements de ce soir –pas exhaustivement, j'en ai bien peur.

Dumbledore tendit le morceau de parchemin à Hermione, qui le saisit du bout des doigts. Après un long moment, elle baissa les yeux et essaya de le lire malgré sa vue brouillée par les larmes.

Dumbledore,

Je me permets de vous écrire dès à présent sans attendre l'habituel courrier du matin de Poudlard. En effet, la nouvelle que j'ai à vous faire parvenir est des plus importantes, et le fait qu'elle concerne une de vos élèves en particulier me laisse penser qu'elle ne peut attendre une nuit de plus.

Une attaque de Mangemorts a eu lieu il y a environ une heure, dans les environs de Bristol. C'est une maison moldue qui en a été la cible. Nous l'avons apprit par cet idiot de Mondingus Fletcher, qui se trouvait dans les parages (pour une sombre raison que je n'ai pas cherché à savoir). Il a préféré prendre la fuite dès qu'il a aperçu la Marque des Ténèbres au-dessus de ladite maison, au lieu d'aller voir de quoi il en retournait, mais, au moins, il a eu la présence d'esprit de nous prévenir.

Je me suis rendu là-bas moi-même, accompagné de Tonks, Fol Œil et Dawlish. Nous avons pénétré dans la maison, mais elle était déserte. Il n'y avait plus aucun Mangemort. Cependant, il était évident qu'ils avaient été là, et en grand nombre d'après nos observations. L'intérieur était totalement saccagé, plus aucun meuble n'était debout. Nous avons finit par trouver deux corps, dans le living-room, un homme et une femme, qui avaient apparemment subis le sortilège de mort, Avada Kedavra, après avoir certainement enduré le sortilège Doloris.

Après quelques recherches, nous avons appris que les moldus en question étaient Mr John Granger et Mrs Jean Granger, son épouse. Il serait donc préférable d'informer immédiatement Miss Granger, plutôt qu'elle n'apprenne la nouvelle dans la Gazette du Sorcier, demain (ces satanés reporters sont déjà sur les lieux !). Je dois également vous informer que Mrs Weasley a proposé de prendre Hermione Granger chez elle, à partir de maintenant. Miss Granger fêtera son dix-septième anniversaire à la fin du mois, le 19 Septembre. Elle aura donc la possibilité de choisir son prochain lieu de résidence, puisqu'elle sera légalement majeure.

Je dois vous laissez là, Dumbledore, Scrimgeour veux que je revienne au Ministère le plus tôt possible pour l'informer de la situation. Si vous avez besoin de plus amples détails, vous pourrez me joindre dans mon bureau. Je vous fais pleinement confiance pour mener cette affaire à bien, de votre côté.

Recevez mes salutations respectueuses,

Kingsley Shackelbolt.

Hermione continua de fixer le parchemin blanchâtre qu'elle tenait entre les mains, bien après avoir fini de le lire. Elle ne pouvait détourner ses yeux ; ce bout, ce simple bout de papier symbolisait la mort de ses parents. Il représentait tout ce qu'elle avait pu redouter dans la vie ; il était la preuve de son abandon. Son abandon ? Oui, c'était le mot. Ses parents l'avaient abandonnée, bien trop tôt, dans le monde hostile qui s'offrait à présent à elle, et qu'elle était désormais condamnée à affronter toute seule. Orpheline. Orpheline et seule, maintenant et à jamais. Elle sentit les larmes lui picoter les yeux.

A cet instant, des bruits de pas sonores retentirent à l'extérieur du bureau, se rapprochant inexorablement. Soudain, la porte s'ouvrit à la volée, offrant à la vue Harry et Ron qui pénétraient en courant dans la pièce, ainsi que le professeur McGonagall, haletante et passablement outrée, qui leur courait vainement après.

- Professeur… Je suis désolée… mais… ils ne m'ont même pas… laissé le temps de leur expliquer ! Ils… Ils sont arrivés en courant… et ils sont passés… devant moi sans même ralentir ! gronda le professeur McGonagall, pantelante.

Elle regardait les deux garçons d'un air sévère, mais ni Harry ni Ron n'arboraient un air honteux, ou même repentant. Dans une expression de défi, ils fixaient à présent Dumbledore. Hermione ne s'étaient même pas retournée pour les voir ; ses yeux menaçaient de lâcher leurs larmes à tout moment. Peu après, Dumbledore sourit.

- Je n'en attendais pas moins d'eux. L'amitié nous amène à faire des choses dont on ne pèse les conséquences qu'après qu'on les ai faites…

Le professeur McGonagall sembla sur le point de dire quelque chose, mais elle se contenta de froncer les sourcils, toujours essoufflée.

- Professeur, nous sommes désolés de nous être introduits de cette manière dans votre bureau, mais… Nous avions trop attendu, commença Harry.

- Oui, monsieur, enchaîna Ron. Il y a un problème, et si ce problème concerne Hermione, alors il nous concerne aussi.

Dumbledore souriait toujours.

- Je suis impressionné par l'ardeur que vous mettez à vouloir venir en aide à votre ami –le sourire de Dumbledore s'effaça. Je pense qu'elle va en effet avoir besoin de vous dans les jours qui viennent, ajouta-t-il en posant son regard sur la jeune fille.

Pour la première fois depuis qu'ils étaient entrés dans le bureau, Harry et Ron regardèrent Hermione. Elle leur tournait ostensiblement le dos, apparemment décidée à ne pas les regarder. Les deux garçons se préparèrent dès lors au pire. Ils échangèrent un regard inquiet.

- Hermione… commença Harry.

Celle-ci laissa échapper un hoquet. Sans hésiter d'avantage, Harry et Ron s'avancèrent prudemment. Arrivés à sa hauteur, ils se penchèrent vers elle. Elle essayait de retenir ses larmes avec une telle difficulté qu'on voyait son visage se crisper. Harry posa une main sur son épaule, et Ron lui mit une main rassurante sur le dos.

- Hermione, qu'est-ce qui se passe ? s'enquit le rouquin.

Elle releva alors très légèrement la lettre qu'elle tenait toujours serrée au creux de sa main. Harry et Ron se penchèrent un peu plus pour la lire par-dessus son épaule, Harry sur sa gauche et Ron sur sa droite. Au fur et à mesure qu'ils progressaient dans leur lecture, leur regard s'assombrissait. Hermione, les yeux obstinément rivés au sol, semblait avoir de plus en plus de mal à s'empêcher de pleurer.

Enfin, Harry et Ron relevèrent la tête, et échangèrent un bref regard, l'espace d'un instant. Puis ils regardèrent Hermione. Raide comme un balai, la tête baissée vers le sol, elle restait silencieuse. Mais à présent, des larmes coulaient le long de ses joues, sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Pas un mot ne fût prononcé par un des membres du Trio, ni même par Dumbledore ou McGonagall.

Harry s'agenouilla aux côtés d'Hermione ; il lui passa un bras autour de la taille, et lui saisit la main de son autre bras. Il la serra étroitement dans sa paume, tandis qu'il fixait la jeune fille dans les yeux, sans se soucier du fait qu'elle continuait d'observer le sol.

Ron, lui, resta debout, et passa son bras gauche sur les épaules d'Hermione. D'un geste doux et réconfortant, il lui caressait les cheveux, sa tête toute proche de la sienne tandis qu'il observait les traits de son visage.

Hermione sentait les larmes rouler sur ses joues, avant de s'écraser sur le col de sa robe. Elle sentait Harry et Ron, tout près d'elle. Elle s'était trompée sur un point. Elle avait perdu ses parents aujourd'hui, certes. Elle était orpheline, oui. Mais elle avait encore une chose, une chose à laquelle elle tenait plus que tout, la seule chose qui pourrait l'aider à se remettre de sa peine. Elle n'était pas seule. Elle avait ses amis. Elle avait sa vraie famille. Harry et Ron.

Après un long moment, Dumbledore toussota discrètement. Harry et Ron relevèrent la tête vers lui. Il les fixait intensément. Harry comprit ce qu'il voulait, et il se releva, faisant signe à Ron de s'écarter légèrement. Agitant de nouveau sa baguette, Dumbledore fit apparaître deux nouveaux fauteuils de chintz à côté de celui d'Hermione.

Les garçons s'y assirent ; tous deux tenaient fermement une main d'Hermione dans la leur.

- Vous allez retourner dans votre Salle Commune ce soir, commença Dumbledore. Si quelqu'un vous demande des explications, Miss Granger, sachez que vous n'êtes pas obligée d'en fournir.

Hermione avait toujours les yeux rivés vers le sol, mais elle dodelina très légèrement de la tête pour montrer qu'elle avait entendu. Dumbledore poursuivit :

- Demain, vous emprunterez le réseau de Poudre de Cheminette pour vous rendre au 12, Square Grimmaurd.

Harry sentit un frisson lui parcourir l'échine.

- Là-bas, vous serez attendue par Remus Lupin, Nymphadora Tonks, Maugrey Fol Œil et certainement Kingsley Shackelbolt, ainsi que par Mr et Mrs Weasley. Ils vous mèneront à votre maison, où vous devrez rassembler les quelques affaires personnelles dont vous ne pouvez vous séparez et qui auront été épargnées par l'attaque.

Hermione acquiesça à nouveau de la tête.

- Si vous acceptez la proposition de Mrs Weasley d'aller vivre désormais chez elle, vous serez en droit dès le 30 Septembre d'officialisez votre décision, et vos affaires seront transportées au Terrier.

Le visage de Ron se fendit d'un sourire lorsqu'il entendit qu'Hermione allait peut-être venir vivre chez lui. La jeune fille remua vivement la tête de haut en bas.

- Vous acceptez donc la proposition de Molly, Miss Granger ?

Hermione acquiesça de plus belle, et le sourire de Ron s'élargit.

- Très bien. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire demain, Miss Granger. Après cette… visite, vous rentrerez directement au Terrier, où vous passerez la nuit. L'enterrement de vos parents doit se dérouler dans deux jours. Vous resterez donc au Terrier durant ce délai. Je vous autorise également à prendre le temps qu'il vous faudra pour vous en remettre, Miss Granger.

Un air malicieux trônait dans les yeux du directeur.

- Restez donc au Terrier une semaine, un mois, voire plus, s'il le faut. Vous ne reviendrez à Poudlard que lorsque vous vous en sentirez prête. Je fais pleinement confiance en vos capacités pour rattraper le retard que vous aurez prit.

Harry, qui s'était tenu coi jusque là, n'y tint plus :

- Euh… professeur…

- Je compte bien entendu sur vous, Mr Potter, et vous, Mr Weasley, pour apporter toute l'aide et le soutien nécessaire à Miss Granger. Vous êtes autorisé à suivre le même programme qu'elle au cours des jours qui viennent. Et j'entends bien que vous rattrapiez vous aussi le retard que vous aurez prit, ajouta Dumbledore en fixant Ron avec amusement. Demain, vous vous rendrez au 12, Square Grimmaurd en même temps que Miss Granger.

Harry adressa à Dumbledore un sourire radieux. Il ne pouvait pas savoir à quel point cela était important pour lui, pour Ron et pour Hermione d'être ensemble dans un moment pareil. Il lui était extrêmement reconnaissant de les laisser prendre soin d'elle, de les autoriser à s'absenter de l'école eux aussi.

- Bien, reprit Dumbledore. Il est inutile de défaire vos valises ce soir, elles seront envoyées au Terrier demain matin. Minerva, je vous demanderais de bien vouloir envoyer un hibou à Remus Lupin, tout d'abord pour l'informer de la situation, même si je doute qu'il soit encore dans l'ignorance, et ensuite pour lui annoncer l'arrivée de ces jeunes gens au Square Grimmaurd, demain dans la matinée.

Minerva McGonagall sortit immédiatement de la pièce pour remplir la tâche que venait de lui confier Dumbledore. Celui-ci porta à nouveau son regard sur Harry, Ron et Hermione.

- Je vais me charger d'écrire à Kingsley pour organiser la journée de demain. Vous pouvez aller vous coucher, tous les trois, vous avez besoin de repos. Demain sera une dure journée, conclut Dumbledore.

Dans un geste lent et triste, Harry et Ron se levèrent. Hermione, qui semblait avoir perdu à tout jamais l'usage de la parole, se releva péniblement avec leur aide. Sans un mot, ils se dirigèrent vers la porte massive, au fond de la pièce.

- S'il-vous-plaît, intervint Dumbledore, en observant attentivement les deux garçons par-dessus ses lunettes. Prenez soin d'elle.

Harry acquiesça de la tête, et Ron approuva vigoureusement. En silence, ils sortirent du bureau.

Une fois les escaliers de pierre menant au bureau de Dumbledore descendus, les trois amis commencèrent à avancer lentement, péniblement, s'élevant dans les étages jusqu'à la tour de Gryffondor.

Harry tenait fermement Hermione par la taille et Ron, de l'autre côté, avait toujours son bras sur ses épaules tremblantes. Ils l'aidaient à avancer ; s'ils n'avaient pas été là, il semblait évident qu'Hermione se serait effondrée en plein milieu du couloir, incapable de mettre un pied devant l'autre.

- Mandragora, prononça Harry dans un souffle tandis qu'ils arrivaient devant la Grosse Dame.

Cette dernière observa Hermione avec un intérêt mêlé de consternation ; de toute évidence, elle ne savait pas ce qui était arrivé, mais brûlait d'impatience de l'apprendre. Cependant, elle jugea bon de réserver ses questions pour plus tard, et le portrait s'écarta, dégageant le trou aménagé dans le mur qui menait à la Salle Commune des Gryffondor.

Harry, lâchant Hermione, y pénétra en premier. Ron fit passer la jeune fille devant lui, puis s'engagea à son tour.

La Salle Commune était presque déserte. Apparemment, ils avaient du s'absenter longtemps, puisque seuls quelques élèves de dernière année avaient lutté contre le sommeil pour se regrouper et discuter entre eux. Hermione vit avec soulagement qu'elle n'était plus au centre de l'attention.

Seule Ginny, ravagée par l'inquiétude, était restée, profondément enfoncée dans un fauteuil en face de l'âtre de la cheminée, où le feu presque éteint lui tenait chaud dans son demi-sommeil.

Pourtant, elle se réveilla instantanément lorsqu'ils firent irruption dans la pièce.

- Harry ! Hermione ! Ron ! Oh là là, j'étais tellement inquiète, si vous saviez, je n'ai pas pu aller me coucher, je me demandais ce qui… Hermione ? s'écria-t-elle en voyant le visage abattu de la jeune fille. Mais qu'est-ce qui se passe ?

Hermione n'était toujours pas décidée à prononcer le moindre mot, trop abattue pour en aligner deux. Cependant, Harry et Ron restèrent également silencieux, dans l'attente de l'autorisation de la jeune fille pour révéler quoi que ce soit à quelqu'un d'autre, même à Ginny. Rompant le silence, Harry demanda de sa voix hésitante :

- Hermione… Est-ce que tu veux que je mette Ginny au courant ?

Ils virent les sourcils de la jeune fille se froncer légèrement, signe qu'elle réfléchissait. Puis, toujours sans lever les yeux, elle fit oui de la tête.

- O.K. Gin, suis-moi, je vais te raconter, ajouta Harry en direction de la rouquine.

Il l'entraîna alors avec lui à l'extérieur de la Salle Commune, repassant devant le portrait de la Grosse Dame qui s'écarta en maugréant.

Ron et Hermione étaient à présent seuls ; les derniers élèves qui étaient encore présent quelques instants auparavant venaient de monter dans leurs dortoirs respectifs. Ron avait toujours son bras autour des épaules d'Hermione. Incertain, il se tourna vers elle et lui demanda de but en blanc :

- Euh… Tu veux peut-être pas rester seule cette nuit ?

Hermione haussa un sourcil, l'espace d'un instant, puis acquiesça vigoureusement de la tête.

- D'accord, approuva Ron.

Il balaya la salle du regard. Près du feu se tenait le plus grand canapé de la salle, suffisamment grand pour que trois personnes puissent y tenir à l'aise.

- Viens, lui dit-il en la prenant par la main.

Il l'amena vers le canapé, et s'installa au bout de celui-ci, prenant appui sur l'accoudoir moelleux qui s'offrait à lui sur sa gauche. Hermione se laissa lourdement tomber à côté de lui, en plein milieu de la banquette. Après une légère hésitation, Ron, les oreilles rougissantes, lui passa à nouveau un bras autour des épaules. Hermione laissa échapper un soupir, puis posa sa tête sur l'épaule de Ron.

Quelques instants plus tard, Ginny et Harry refirent irruption dans la pièce. Avec une précipitation fort à propos, Ginny se rua vers le canapé où se trouvait Hermione et Ron, écarta le bras de Ron et serra la jeune fille avec force contre elle.

- Oh, Hermione… Je suis vraiment, vraiment désolée ! lâcha-t-elle dans un souffle. Je… Si je peux faire quoi que ce soit… Enfin… Tu sais que tu peux compter sur moi…

Ginny desserra son étreinte, s'écarta d'Hermione et l'observa avec attention. Celle-ci lui adressa un pâle sourire, pour la première fois depuis qu'elle était arrivée dans le bureau de Dumbledore, et hocha la tête.

- Je… je dois aller me coucher, j'ai un cours de potions demain en première heure, alors mieux vaut que je sois en forme, tu comprends, pas vrai ?

A nouveau, Hermione hocha la tête. Ginny la serra encore une fois contre elle, puis lui adressa un dernier sourire rassurant et se dirigea d'un pas lourd vers l'escalier menant au dortoir des filles.

Ron repassa son bras autour d'Hermione, et celle-ci reposa sa tête sur son épaule. Harry sembla hésiter, puis se dirigea lui aussi vers l'escalier pour se rendre à son dortoir. Avant que Ron ai pu lui enjoindre de rester avec eux, Hermione les surprit tous les deux.

- Reste…

C'était le premier mot qu'elle prononçait de la soirée. Elle l'avait dit dans un souffle, si bien que les deux garçons se demandèrent s'ils n'avaient pas rêvé. Mais Harry comprit en voyant le regard d'Hermione intensément posé sur lui. Il eut un faible sourire et s'avança lui aussi vers la banquette.

Sans un bruit, il s'assit aux côtés de la jeune fille. Elle sembla satisfaite ; doucement, elle saisit la main de Harry et posa de nouveau sa tête sur l'épaule de Ron. Harry resta silencieux, caressant doucement la main de sa meilleure amie.

Hermione avait besoin d'eux. Elle n'avait pas seulement besoin de Ron, ni d'Harry. Non, elle avait besoin des deux seuls membres proches qu'il lui restait de sa famille. Elle avait besoin de Ron et Harry avec elle, pour surmonter tout ça.

En guise de bonne nuit, Harry marmonna doucement :

- On va t'aider, Hermione. On va t'aider à traverser cette épreuve.

Puis il posa sa tête sur l'épaule de la jeune fille, serrant toujours sa main dans la sienne ; Ron mit sa propre tête sur celle d'Hermione et, sans plus de cérémonie, ils s'endormirent tous les trois, ensemble.

oOoOo

Alors ? Qu'est-ce que vous pensez de ce chapitre ? Pas trop dramatique ? C'est ce à quoi vous vous attendiez ?

C'était un chapitre difficile à écrire, mais je suis plutôt satisfaite du résultat. N'hésitez pas à me donner votre avis, histoire de savoir ce que je dois améliorer et ce que je dois garder dans ma fanfic... Les suggestions sont également les bienvenues ;).

Je remercie ceux qui m'ont mis en Story Alert ou en Author Alert ; si vous pouviez vous aussi laisser une petite review avec vos impressions, ça serait vraiment sympa...

Voilà pour aujourd'hui, je ferais (encore une fois) de mon mieux pour ne pas trop tarder... Attention, sortez les mouchoirs, le prochain chapitre risque d'être triste (bin un enterrement, que voulez-vous...) !

Bisx à tous... You rock !