C'est parti pour le chapitre 3!
Les reviews sont toujours adorées avec passion, inutiles de le préciser...
Disclaimer: vous commencez à le savoir peut-être mais tant pis, je me répète: je ne suis qu'une humble fanfictionneuse et rien n'est à moi dans tout ça. Ca c'est fait....
C'est la souffrance qui me réveille. Elle irradie dans tout mon corps, étincelante, aveuglante. Courage ma fille. Pense: je souffre donc je suis. Je souffre donc je suis, je souffre donc je suis, je souffre....
J'ouvre les yeux. Je vois du ciel. Il est bleu foncé. Surprise: la terre ne s'est pas arrêtée de tourner. Je me sens arrachée de quelque chose, j'ignore quoi. Au secours. C'est le nom de mon maître qui effleure mes lèvres dans mon désarroi, mais je le retiens. Je ferme les yeux, les rouvre, me redresse un peu.
Tout de suite, souffrance. Souffrances. J'ai l'habitude, mais c'est dur quand même.
Je bouge doucement les jambes. Bon. A première vue ça ça va. Autant faire d'abord l'inventaire de ce qui marche, ça ira plus vite que le contraire.
Mes côtes me brûlent affreusement. Quand je me redresse vraiment, la douleur me coupe le souffle. J'ai du sang partout. Mes bras sont écorchés, j'ai trois plaies assez profondes. Je me rappelle la sensation du métal froid de la grille, les piquants s'enfonçant dans ma chair, le sang. Les côtes, cassées sûrement, les blessures aux bras, quelques bobos sans importance, égratignures, bleus et bosses; c'est tout?
Ca a l'air d'être tout. Je m'en tire à bon compte. C'est mon jour de chance. Ca me donne envie de rire. Rien que le fait d'imaginer de rire me donne mal aux côtes. Mmmmmm.
Je tourne lentement la tête. J'aperçois une silhouette. Verticale. On dirait bien que je ne suis pas la seule veinarde dans la famille!
J'ouvre la bouche, collecte mon souffle, prend mon courage à deux mains:
«Cissy?»
Ou plutôt Cissgggnnnnnmmmmh. Ca fait plus mal que je ne l'imaginais. Je ferme brièvement les yeux, les rouvre. Ma soeur s'avance lentement vers moi.
Bella, Dieu merci. Je me demandais quand est-ce que tu allais te décider à te réveiller...
Je m'épargne la peine de commenter. Courageuse oui, mais pas masochiste! Je remue lentement, prudemment. Puis-je transplaner?
Ca devrait aller. Je lève les yeux vers ma blondinette préférée. Bon, une épaule qui paraît cassée, le reste semble à peu près à sa place. Bleus et bosses, bien sûr....
Elle s'avance de nouveau vers moi.
Tu te sens de transplaner?
J'acquiesce et saisit sa main valide qu'elle me tend. Elle a de la terre sur le visage et mon sang sur les bras, le buste; je me rappelle la manière dont elle s'accrochait à moi quand nous sommes tombées. Courage, petite soeur....
Je suis complètement passive dans le transplanage, je me contente d'étreindre ses doigts et de ne pas m'évanouir, ce qui est assez de travail comme ça quand la pression s'étend à mes côtes. Je ne tente même pas de deviner où elle m'emmène. Je la laisse faire.
Nous sommes à présent devant une maison que je reconnais aisément, qui me glace. J'y ai passé mon enfance. Je l'ai fuie dès que possible. La grâce indicible du Castel aux Anémones m'emplit d'effroi. Pas maintenant. Non. Je suis affaiblie, blessée, épuisée, terrorisée. Pas la maison de mes parents.
Devant la grille, Lucius et Drago. Indemnes tous les deux. Une chance encore.
Lucius s'avance et Narcissa se jette dans ses bras. Elle pousse un bref cri de douleur. Son épaule.
La douleur m'emplit le coeur plus encore. Comme je voudrais que l'homme que j'aime m'aime. Comme je voudrais être calme et posée comme ma soeur. Comme je voudrais être cette femme parfaite, joyau de son mari, fierté de ses parents. Comme je voudrais un foyer, un enfant, un homme, du luxe, toute cette vie sereine. Comme je voudrais qu'il soit à mes côtés, là, maintenant, tout de suite.
Mon coeur bat si fort, mes côtes me font de plus en plus mal. La colère m'écrase et me grandit en même temps, je me redresse complètement, me projette sur mes jambes et me lève. La douleur me tue, mais pas grave. Je fais un pas de côté et appuie mon épaule contre la grille. Ma soeur se tourne et me regarde. Incompréhension et désapprobation, puis elle se retourne et enserre son fils, prudente cette fois.
«Venez, Druella et Cygnus ont appelé un guérisseur», affirme Lucius. Ma poitrine se glace. Non, non, au secours...
Je m'avance lentement. La souffrance est encore tolérable quand je ne me penche pas trop. Nous marchons ensemble, au-delà de la grille, vers le perron immaculé, vers la silhouette svelte qui nous attend sur les marches.
«Mes chéries, venez vite, vous êtes blessées!», s'exclame ma mère. Elle avance vers nous les bras ouverts, mais se ravise en voyant le sang. Elle n'a pas changé, depuis des années que je ne l'ai pas vue. Depuis plus de vingt ans... Je sens son regard sur moi, inquisiteur, doux et froid. Elle note en un éclair tout ce qui ne va pas ou peut faire mal. Je n'échapperai pas à la curée. Moi la fille indigne, la petite catin qui couche avec d'autres hommes que son mari, celle qui fuit ses parents, celle qui s'engage parmi les Mangemorts, celle qui a du sang sur les mains et ne craint pas de faire des scandales!
Je baisse les yeux devant ma mère, je passe devant elle en silence. «Au salon orange», annonce-t-elle. J'obtempère.
Dans le salon orange, le guérisseur s'occupe de mes blessures et de celles de ma soeur. Je sens le regard de mes parents sur la nuque. Mes yeux sont baissés. Je me tais. La brûlure de mes côtes achève de s'estomper. Je me sens tellement fatiguée, tellement vide.
Le guérisseur parti, ma mère nous mène à l'étage, nous montre nos chambres. Une fois seule dans la mienne, je sens une bouffée d'angoisse me serrer la poitrine, avec un élancement dans mes côtes encore fragiles. Je m'écroule sur le lit, sans force. Mes yeux se ferment tous seuls, mais je suis incapable de m'endormir, malgré mon épuisement; la terreur ne me lâche pas et me refuse le repos. Mon coeur bat encore comme un fou. Je pense à mon maître; j'ignore où il est. A l'étranger, en Angleterre? En sécurité ou au milieu de ces bêtes affreuses? Indemne, blessé....mort? Il a perdu, par la faute d'Harry Potter, les Horcruxes qui lui assuraient l'immortalité, je le sais à présent; il peut être blessé, être tué tout comme nous, même s'il est bien plus puissant, et cette fois-ci, si nous le perdons à nouveau, ce sera sans retour.
Je suis pleine de terreur, ça m'étouffe. A présent que j'ai commencé à m'inquiéter pour mon maître, inutile d'essayer d'arrêter. L'angoisse m'habite; c'est ma nouvelle locataire, je sens qu'elle va s'incruster un certain temps. En tout cas, de toute la nuit, elle ne me lâche pas un seul instant.
