Chapitre 2

Je courrais vers les toilettes pour enlever ces énormes ronds rouges sur ma figure. Et il fallait que je voie Karen. Elle pouvait m'aider.

Je me rappelai qu'Eiichiro faisait du tennis. Je m'étais donc rendue au terrain de tennis du collège. Une fois arrivée, j'observai si Eiichiro était en train de jouer il était au terrain n°3, en train de s'échauffer avant son match. Karen ne manquerait cela pour rien au monde. Elle me disait « Quand ils s'échauffent, ils sont super concentrés, donc supers mignons » ou un truc dans le genre. Je regardai rapidement dans les gradins, et elle était là, les yeux fixés sur la cible, comme un lion qui s'apprêtait à attraper une proie. Je montai dans les gradins et la rejoignis au premier rang. Je m'assis à côté d'elle, mais elle ne remarqua pas ma présence. Elle était là, à contempler celui qu'elle aimait. Je lui fis une tape amicale sur l'épaule :

-Toujours à guetter ? Tu peux la ramener sur Shindou, mais toi tu n'es pas mieux !

-Oh ça va ! Venir ici me détend, et me fait tout oublier.

-La raison pour laquelle tu as des mauvaises notes ? dis-je en ricanant.

Mais elle ne fit même pas mouche. Elle resta immobile, regardant vers l'horizon. Néanmoins, je n'oubliais pas la raison de ma venue :

-J'ai besoins de ton aide.

-Parles, je t'écoute.

Elle semblait très différente d'auparavant. Ce serait donc ça l'effet de son amour ? Je lui racontais donc mon récit depuis le début, n'oubliant pas chaque détail. Elle fit signe plusieurs fois de la tête pour dire qu'elle écoutait pendant que Eiichiro, de son côté, faisait son match.

Karen était une formidable amie. Je l'avais rencontré à la cérémonie d'ouverture en 5e. Nous étions très vite devenues amies, ayant un objectif commun :

« -Ecoutes, on fait un concours : celle qui a la première son prince gagne ! »

Et j'ai accepté. Pourquoi ? Je ne savais pas si j'allais gagner mais je pensais que la compétition me pousserait à aller de l'avant.

A la fin de mon histoire, elle resta calme et me proposa :

-Allons dehors, veux-tu ?

Je la suivis. Une fois à l'extérieur, elle poussa un soupir, puis prit rapidement un sourire :

-C'est vrai !? C'est vraiment vrai !? s'exclama-t-elle avec ce même sourire.

-Oui oui, c'est vrai, je confirme.

-Oh ! Je suis super contente ! Super super contente !

Elle était complètement différente. Sûrement pour ne pas exhiber cette joie dans tout le stade.

-Il faut absolument que tu commences l'entrainement !

-Mais… Je ne sais pas comment…

-Mais si ! Tu peux le faire ! Il faut juste trouver un pigeon qui n'a que ça à faire…

-Un…pigeon ?

-Quelqu'un qui peut te l'apprendre et qui n'a pas grand-chose à faire en ce moment…

-Mais qui ?

Nous réfléchissions un moment, puis Karen eue l'idée d'aller à la bibliothèque pour consulter les archives du club de foot. Puis, nous trouvions enfin quelqu'un qui en serait peut être capable :

-Le coach Trevis… lisait Karen. Il peut être un bon candidat.

-Mais…Ce n'était pas l'ancien entraineur de Raimon ?

-Si, et alors ?

-Bah je ne sais pas mais, je ne pense pas que quelqu'un d'une telle envergure acceptera de m'aider à jouer…

-Ce type est au chômage et sûrement désespéré : on peut tenter notre chance ! Et puis un peu de retour dans son boulot initial lui fera du bien !

Je restais sceptique. C'était assez risqué, mais on pouvait tenter. Et puis, j'aurai tout fait pour que Shindou me reconnaisse. Le football pouvait peut-être être différent de ce que l'on croyait…