Tout pour votre vampire

Chez Sanji

Le vampire sur moi, j'avais bien du mal à bouger. Mais … Tout dans les jambes, je lâchai une bouffée de cigarette vers son visage. Il toussa et j'assénai un bon coup à ses pauvres…Boulettes. Le pauvre, même pour une créature surnaturelle, un coup à cet endroit, ça fait mal.

-Ouah ! Salop-…

-Et encore, ça, c'est pour mon père…

Et un coup au poitrail.

-Pour ma mère…

Et un dernier à la tête, qui lui tourna le cou à quatre-vingt-dix degrés.

-Et pour Karya !

-Gnnnia ha ha ha ! *Il se cogna la tête contre le mur, se la remettant d'aplomb* Me fait pas rire… Pauvre toi !

Et il sortit son sabre noir. La lame brillante me renvoyais mon reflet mais… Mes cheveux étaient noirs, le blanc de mes yeux noir et mes canines… Animales. J'étais un de ses sales bestiaux que sont les vampires. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant que mes larmes, sur l'image, étaient noires et qu'à chaque battement de mon cœur humain, mes pupilles viraient rouge sang…Brr, ça faisait froid dans le dos !

-Voilà ce que tu seras si mon maître le veut. Mais moi, je ne te le souhaite pas. Il a tué tes parents mais pas sous tes yeux. T'as de la chance. Moi, j'ai eu droit à l'assassinat de ma sœur par ce monstre, juste devant moi. Elle m'appelait, elle criait mon nom. Ma chère sœur… Elle qui n'avait que dix ans.

A ces mots, j'attrapai son regard… Il avait l'air mignon, avec cette mine désolée. Mais attendez… MIGNON ?! Je devenais fou ! Je m'approchais de lui.

-Si tu veux… Ton … *je déglutis* Maître, on peut le tuer à deux.

-Un vampire ne peut pas tuer son père vampirique. Et si tu y arrive, pauvre mortel… *il approcha la bouche de mon oreille et chuchota sur un ton angoissant* Il y a ma mère vampirique et sa fille. Crois-moi, contre les fantômes de la maîtresse, tu serais qu'un bête jouet.

Il eut un mouvement de recul. Son regard surpris m'en dit beaucoup. Je sortis les pieux de ma chaussure.

-Je comptais te les planter dans le cœur.

-Très amical, l'humain. Regarde l'homme que tu devras tuer *il m'attrapa la main*

Je vis un homme qui jouait avec un couteau, un garçon enchaîné à ses pieds. Je reconnu le garçon mais l'homme… Pas le moins du monde. Il était plutôt bien foutu mais en un sens, il fichait la frousse. Ses yeux de faucon jaunes et ses canines perçaient le cœur. Ses cheveux appelaient aux caresses, comme le poil luisant d'un animal. C'est ça ! Un animal ! Il shootait parfois du bout de ses bottes dans les côtes de l'enchainé. Une femme aux cheveux roses et aux grands yeux noisettes caressait les cheveux de cet inconnu en regardant avec compassion le plus jeune, laissant parfois traîner sa main dans les cheveux verts de ce dernier avec un « mon fils » lâché du bout des lèvres. Elle était belle, sa taille fine et son corset la moulant lui donnant l'air d'une fille de dix-sept ans, un peu plate certes mais mignonne.

Je revins à la réalité dans les bras de celui qui m'avait donné un aperçu de l'enfer familial.

-Alors. Tu comprends. Dès que je fugue trop longtemps ou trop loin, il m'enchaîne et me torture.

-…Rassure moi, il ne t'as jamais…

-…ça, je n'ai pas à te le dire. Mais, t'es froid !

-C'est le manoir.

Il m'embrassa sur le front. Quel contact agréable. Il avait des lèvres si douces…

Je m'endormis quand je vis qu'il somnolait. Je pris une couverture sur le fauteuil qui me servait de lit et la posai sur nos corps froids de cette visite de son enfer…

A suivre …