Bonjour tout le monde !
Merci à Luffinette, Melior et GlaceChouette28741 pour leur reviews. Je tiens à préciser que je réponds aux commentaires et au mp, si jamais vous avez envie de me laisser un petit coucou, un avis (bon ou négatif).
Sur ce, bonne lecture ! Faîtes vous plaisir !
Queen of Middle-Earth
« Ton passé est juste une histoire et lorsque tu le réalise, il n'a plus aucun pouvoir sur toi…» (anonyme)
Avec impatience, Aragorn sortit de la taverne. Aussitôt, l'ambiance tapageuse de l'établissement fut étouffée par le silence de la nuit. Un silence paisible, que le rôdeur apprécia avec soulagement. Sans compter l'air frais, qu'il inspira profondément, ainsi que la vue du ciel étoilé, qui eurent le don de l'apaiser définitivement. Avec une sérénité nouvellement retrouvée, Aragorn sortit donc sa pipe afin de fumer en toute tranquillité.
Depuis plusieurs mois, il voyageait avec quatre Semi-Hommes, qu'il avait rencontrés par hasard en bordure de la Comté. Nommés Frodon, Sam, Merry et Pipin, ces derniers étaient alors pourchassés par un fermier après avoir osé voler de la nourriture. Sa présence opportune avait dissuadé l'homme de poursuivre ses imprécations. Reconnaissant et s'estimant ses débiteurs, les Hobbits avaient donc décidés de le suivre dans ses errances. En premier lieu réticent, car en ces temps de guerre, il lui était déjà assez difficile d'être un hors-la-loi et de devoir constamment se dissimuler pour ne pas être traqué, il avait fini cependant par accepter, la solitude de son exil commençant à lui peser. Et puis avec le temps, les hobbits avaient su se révéler être d'excellents compagnons, même si parfois, les cousins Merry et Pippin, mettaient sa patience légendaire à rude épreuve.
« J'ai faim !
- Moi aussi !
- Moi aussi ! »
- Pourquoi ne pas attendre d'arriver à la taverne ? » Leur proposa-t-il.
- Je suggère un vote ! » Lança Pippin, au grand damne du rôdeur. Surtout, lorsque Merry le suivait dans ses nombreuses facéties. « Qui désire manger maintenant ?
- Moi ! »
- Moi aussi ! »
- Je peux attendre.
- Merci Frodon.» Aragorn leva les yeux au ciel, son visage grimaçant néanmoins d'amusement. Avoir quatre semi-hommes avec lui, dont deux qui voulaient faire une halte à chaque auberge qu'ils croisaient, ne l'aidait en rien pour passer inaperçu. Heureusement, le plus sage d'entre eux, Frodon, parvenait à chaque fois à tempérer l'excitation des deux cousins. Il en était de même pour Sam, qui était le plus réservé.
Tout à ses réflexions, le rôdeur commença à remplir sa pipe de tabac. Soudain, un mouvement sur sa droite attira son attention, et lorsqu'il tourna la tête, ce fut pour voir que quelqu'un se tenait non loin de lui. Un inconnu dont la silhouette immobile se fondait presque dans la nuit, vêtu d'une longue cape et dont le regard était fixé en direction du paysage à l'est. Troublé de ne pas avoir perçu plutôt son arrivé, Aragorn senti la méfiance l'envahir. Ayant l'expérience des mauvaises rencontres, il rangea sa pipe puis s'avança, gardant une main vigilante sur le pommeau de son épée. Cependant, lorsqu'il arriva à la hauteur de l'étranger, il reconnut avec surprise son vieil ami Legolas.
«Mon ami, je ne m'attendais pas à vous voir ici, s'étonna-t-il.
- Je vous cherchais » expliqua gravement l'elfe, son regard perçant se perdant dans la nuit. « Quelque chose est advenue, une chose qui changera notre avenir à tous...
- Qu'est-ce donc ? Demanda Aragorn avec inquiétude.
- Je ne peux le définir... » L'elfe s'interrompit un instant, comme pour chercher ses mots. Puis reprit, se tournant cette fois vers Aragorn et le regardant avec intensité. « Une présence, murmura-t-il. Une force qui est entrée dans ce monde, et qui changera tout ce que nous connaissons. Mettant fin à la guerre et unissant l'avenir des sorciers et des humains...»
Le rôdeur regarda son amis avec scepticisme, ne sachant que penser. Legolas ne s'est jamais trompé dans ses prédictions, mais celle-ci paraissait peu probable. Sorciers et Humains ? Unis ? Il ne pouvait y croire. Cette guerre durait déjà depuis bien trop longtemps pour s'arrêter aussi facilement et déboucher sur une alliance aussi paisible que son ami le laissait entendre. Et puis que voulait-il dire par « entrer dans ce monde ? » Que pourrait-il bien apparaître ? Songeur, il suivit le regard de son ami qui s'était de nouveau porté à l'est, et décida que ses interrogations attendraient le lendemain matin afin de ne pas tirer de conclusions hâtives. De plus, éreinté comme il était, il désirait simplement fumer en toute tranquillité.
« Allez-vous rester ici ? Demanda-t-il finalement à Legolas
- Oui, répondit l'elfe. Je comptais me joindre à vous et les semi-hommes. Si vous le souhaitez, bien entendu...
- Cela serait avec plaisir » Répondit-il avec un soulagement non dissimulé, ravi de voyager de nouveau aux côtés de l'elfe, mais aussi à l'idée d'avoir quelqu'un d'autre avec lui pour supporter les hobbits.
Depuis que sa tête avait été mise à prix par les magiciens, il avait toujours été en mouvement, sillonnant la Terre du Milieu et se faisant connaître sous le nom de « Grands Pas », le rôdeur. Un exode forcé qui l'obligeait à ne pas avoir d'attaches ou d'endroits dans lesquels il pourrait se sentir en sécurité. Il y avait des endroits qui étaient certes encore protégés de l'influence des mages, mais Aragorn ne s'y attardait jamais trop longtemps. Aussi était-il depuis des années sur les routes, et rares étaient ceux qui étaient capables de le retrouver.
Les mots de Legolas virent hanter une nouvelle fois sa tête : «Sorciers et Humains seront unis ». Aragorn secoua la tête. Ça ressemblait à un rêve qui ne réaliserait jamais. Le rôdeur avait depuis longtemps désiré le retour de la paix, mais cela ne s'était plus produit depuis que les anciens rois et reines, eux même des sorciers, étaient morts, assassinés par les mages qui régnaient désormais sur cette terre. Contre ce coup d'état, Aragorn s'était battu, encourageant le peuple de la Terre du Milieu à se rebeller contre les usurpateurs. Malheureusement, ces derniers parvinrent à écraser la rébellion au prix de nombreuse victimes et instaurèrent un âge de terreur où les dernières poches de résistance furent toutes massacrées, et d'innombrables innocents assassinés. Une guerre sanglante et sans fin. Sans issue possible.
Legolas se trompait ; plus jamais il n'y aurait de réconciliation avec les sorciers.
« Je suis fatigué...Il faut que je fasse une pause ! » Gémit Ron.
Le trio marchait maintenant depuis trois jours, leurs nerfs se dégradant peu à peu. Les jambes courbaturées et les pieds douloureux, Hermione n'en pouvait plus également. Elle voulait s'endormir à ne plus s'en réveiller. Oublier la situation désastreuse dans laquelle ils se trouvaient et à laquelle elle ne parvenait pas à trouver de solutions. À de multiples reprises, ils avaient tenté de transplaner chez les Weasleys. Sans succès. Ils apparaissaient à chaque fois dans un autre lieu différent, qui était cependant encore et toujours sur la Terre du Milieu. Et cela, sans même croiser âme qui vive et qui aurait pu les aider, les aiguiller sur une direction à suivre.
Depuis trois jours, ils n'avaient donc aucune idée d'où ils se trouvaient et ne savaient combien de temps, ils pourraient tenir ainsi. Ni même si leurs provisions seraient suffisantes, et ce, en dépit de la prévoyance d'Hermione, habituée aux départs précipités, et qui portait constamment sur elle un petit sac à main, doté d'un sort d'extension afin de transporter tout le nécessaire en cas de fuite. Ainsi y avait-il à l'intérieur plusieurs livres et vêtements, nourriture ainsi qu'une tente pour dormir...
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Le crépuscule tombait peu à peu. Hermione n'en pouvant plus, cessa de marcher puis se laissa tomber sur le premier rocher à sa portée dans un soupir.
« C'est une excellente idée ! » Déclara Ron en s'asseyant non loin d'elle.
La jeune femme ne répondit pas. Elle était trop fatiguée et se sentait capable de s'endormir là où elle était assise.
«Restons ici pour la nuit, proposa Harry, qui d'un enchantement, dissimula leurs présences.
- Tu peux monter la tente ? Demanda alors Hermione. Je n'en peux plus...
- Oui, pas, de problème » Le jeune homme se saisit du petit sac à main, sortit la tente puis d'un coup de baguette, l'assembla.
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La nuit était paisible et Hermione était profondément endormie. Elle rêvait d'eux trois, marchant encore et toujours, perdus sur la Terre du Milieu. Ils marchaient dans une plaine ensoleillée lorsque…
Quelque chose n'allait pas, elle pouvait le sentir à travers son rêve. Elle était trop fatiguée pour penser clairement, consciente de dormir profondément, mais pourtant, quelque chose d'indéfinissable, d'à peine perceptible, clochait. Elle se força à ouvrir les yeux. Dans la tente, l'obscurité régnait. Une obscurité opaque, si sombre qu'elle percevait difficilement le lit dans lequel elle était entendue. Et puis flottait une odeur de fumée. Du feu ? Sentant l'angoisse l'envahir, Hermione sauta hors de son lit aussi vite qu'elle le put et se dirigea vers les lits des garçons pour les réveiller. Or, les lits étaient vides. Où étaient-ils ? Où étaient les garçons ? Subitement affolée, la jeune femme regarda tout autour, mais elle était seule. Elle se dirigea vers la sortie de la tente, espérant que le feu ne soit pas à l'extérieur, en train de dévorer la végétation tout autour et que les garçons étaient eux-mêmes dehors. Mais dans ce cas, pourquoi ne l'auraient-ils pas appelée ?
«Harry !?» Sa voix résonna dans les ténèbres. «Ron !? » Elle était parfaitement réveillée et commençait à deviner ce qui se passait : l'un des garçons, avait suffisamment été stupide, pour avoir oublié d'éteindre leur feu de campement, dont les braises s'étaient probablement envolées et provoquaient à présent un début d'incendie. Elle ne voyait que cette éventualité.
Elle s'apprêtait à sortir, lorsque soudainement, des flammes surgirent devant elle, l'empêchant de sortir de la pièce. Si grandes qu'elles éclairaient d'une lueur sinistre l'intérieur de la tente, et que leur chaleur intense en faisait des barrières infranchissables, l'obligeant à reculer vivement tandis que la fumée épaisse lui arracha une brutale crise de toux.
«Hermione ! » Harry se tenait à présent devant elle, de l'autre coté des flammes et criait dans sa direction. Comment avait-il pu entrer ? C'était impossible, les flammes étaient beaucoup trop hautes. Il n'aurait jamais pu les franchir.
« Tu dois partir, maintenant ! » Cria-t-il. Oui, elle le savait. Mais toute brillante sorcière qu'elle était, cela lui était impossible. Elle ne pouvait franchir les flammes. Ces dernières n'étaient pas naturelles et sitôt qu'elle essayerait de les passer, sitôt ces dernières la réduiraient en cendres.
« Par là ! » Harry pointa une porte derrière elle. Une porte étrange, par laquelle il avait du probablement passer pour entrer, et qui était tout aussi étrange que le décor qui se métamorphosa tout autour d'elle, les murs de la tente se transformant en hauts murs de pierres.
Hermione fit un pas en direction de la porte. Cependant, l'hésitation la saisit et elle s'immobilisa. Oui, elle savait qu'elle devait absolument sortir d'ici. Mais elle ne le pouvait pas. Pas sans Harry. Elle se retourna. Son ami avait disparu. À la place, se trouvait son père. Ce dernier la poussa sans ménagement en arrière, l'écartant des flammes qu'il tentait de maîtriser à l'aide de sa baguette.
« Aller ! » Cria-t-il. « Va-t-en maintenant ! »
Mais elle ne le pouvait pas, ses pieds lui semblant comme ancrés au sol. Elle ne le pouvait pas. Elle ne pouvait laisser son père. Pas cette fois. Elle allait l'aider, refusant de le voir mourir.
«Hermione va-t-en ! Hurla-t-il.
- Non ! Je veux t'aider ! » Cria-t-elle en réponse, malgré le bruit des flammes qui couvrit sa voix.
«Hermione ! » Son père se tenait devant elle, lui tenant les épaules. Il la secoua.
« Hermione ! » Fit la voix d'Harry, résonnant étrangement tout autour d'elle.
« HERMIONE ! »
La sorcière se redressa soudainement. Les doigts crispée sur sa baguette et le visage blême, elle regarda tout autour d'elle. Il n'y avait nulle flammes qui embrasaient la pièce. Et son père était parti. Assit à coté d'elle, Harry l'observait d'un air inquiet.
« Il y a….Le feu ? » Murmura-t-elle.
- Le feu ? Rit-il doucement. « Non » Il posa une main rassurante sur son épaule. «Tu as fait un cauchemar. »
Hermione soupira. Par Merlin, cela lui avait semblé si réel ! Et même si elle reprenait peu à peu ses esprits, elle avait l'impression d'être encore prisonnière de ce rêve.
« Tu as crié dans ton sommeil expliqua Harry.
- Je t'ai réveillé ?
- Oui. Tu m'as fait un peu peur...
- Oh Harry, je suis désolée.
- Ne le sois pas ! Mon rêve était assez désagréable à moi aussi, et je suis content d'avoir été réveillé, avoua-t-il en souriant d'un air malicieux.
- Et Ron ? Demanda-t-elle.
- Il dort comme un bébé » Il se leva. « Viens, je te faire du thé. Tu te sentiras mieux après... »
Hermione hocha la tête. C'était une bonne idée, la meilleure chose à faire à vrai dire, car tandis que son ami se dirigeait vers le coin cuisine de la tente, elle prit conscience de la raideur de son corps et du léger tremblement nerveux qui la parcourait. De l'étreinte de fer, qui lui nouait les entrailles. L'étreinte de la peur.
Lorsqu'elle parvint finalement à se lever et s'habiller, Harry était déjà attablé, l'attendant avec deux tasses de thé fumantes.
« Merci » murmura-t-elle, lorsqu'il lui en tendit une. Elle but une longue gorgée.
«Ça va mieux ? Demanda alors Harry en la voyant se détendre instantanément.
- Oui, répondit-elle dans un petit sourire.
- Alors, de quoi as-tu rêvé ? »
Le visage de la jeune femme s'assombrit. Elle ne voulait pas parler de ça. Cependant… « J'ai rêvé que notre tente prenait feu... » Se contenta-t-elle simplement de dire. Ne souhaitant pas lui donner plus de détails, de peur qu'il se mette à lui poser des questions auxquelles elle ne pourrait apporter de réponses.
«Ah oui, c'est plutôt flippant.. » grimaça-t-il.
Ce qu'Hermione ne dit pas non plus, c'est qu'elle faisait ce rêve depuis longtemps. Et bien que certains détails avaient tendance à changer, en ce qui concernait le lieu, elle savait où s'était réellement produit cette scène cauchemardesque. Un endroit auquel elle ne voulait pas songer pour le moment. Sur cette pensée, elle regarda Harry, qui était assit à ses côtés. Le jeune homme sirotait son thé et semblait perdu dans ses propres pensées. Cependant, au bout de quelques minutes de silence, le jeune homme se tourna à nouveau vers elle, un air résolu se dessinant sur son visage.
« Hermione...
- Oui ? »
Elle le regarda, interrogative.
« J'ai une question... Pourquoi sommes nous ici ? »
Silence. Elle avait eu peur de cette question depuis qu'ils avaient échoué sur la Terre du Milieu et qu'elle avait été contente, presque soulagée, que personne n'ose la lui poser. Mais désormais, tandis les mots flottaient lourdement dans la pièce, il lui fallait y répondre.
Hermione ouvrit la bouche pour réagir, pour lui dire que non malheureusement, elle ne connaissait pas la réponse, un mensonge auquel elle essayait elle-même se convaincre, tant la vérité lui était si difficile à accepter. Un mensonge pour se réfugier, loin de la peur et des ombres de la nuit, des souvenirs qui ne cessaient de ressurgir à l'instar de cette nuit.
«Hé bien, commença-t-elle.
- Je voudrais le savoir aussi, l'interrompit la voix de Ron, surgissant de l'obscurité. Besoin de lumière ? »
Il ouvrit son Déluminateur, libérant un flot de lumineux dans la pièce. Un objet unique au monde, qu'il avait déniché par hasard dans l'une des nombreuses salles de classe de Poudlard. Ne voyant personne réclamer l'objet, il se l'était donc approprié, et depuis adorait l'utiliser pour taquiner de temps en temps sa famille. De plus, l'objet s'était révélé très utile lorsqu'il leur était arrivé de devoir se dissimuler dans les zones moldus, faisant croire à ses derniers des coupures de courant. Néanmoins, la seule différence en cet instant, était qu'il ne plaisantait pas, son visage fermé reflétant toute la frustration de ces derniers jours à ne pas pouvoir revenir dans leur monde.
Hermione se leva et fit un pas vers lui. « Ron, ça ne va pas ? » Une question vide de sens. Non, ça n'allait pas. Il était en colère et elle le savait parfaitement, et ce, même si elle avait espéré que les garçons lui donneraient plus de temps pour comprendre.
«Je veux rentrer chez moi ! Déclara-t-il durement. J'ai laissé ma famille est là-bas, et je ne sais même pas s'ils vont bien! ».
À ces mots, Hermione sentit son cœur se serrer brusquement. Ce n'était vraiment pas le moment de parler de ça. Elle ne voulait pas.
Sentant que la situation allait dégénérer, Harry les rejoignit afin de s'interposer. Il connaissait suffisamment son ami pour savoir que sa colère, à cet instant parfaitement justifiable, allait aggraver les choses.
« Alors pourquoi est-ce que tu es venu avec nous ? » Lui rétorqua-t-il durement.
- Parce que je n'avais pas envie de mourir ! » Cria à présent le rouquin. Il était devenu fou. « Et qu'en outre, je pensais qu'on trouverait un moyen de les rejoindre ! »
Hermione se mordit la lèvre. Elle savait que ce qui s'était passé était de sa faute, tout comme elle savait que Ron et Harry avaient essayer de ne pas lui en tenir rigueur. Qu'ils avaient essayé d'attendre. Mais à quel prix ? La situation s'était envenimée sans qu'elle ne puisse faire quoique ce soit, avant même qu'elle ne puisse se décider à agir et prendre les devants.
«Ron, essaya-t-elle de dire calmement, afin de l'apaiser du mieux qu'elle pouvait. « Je suis désolée » Elle tenta de poser une main sur son épaule, mais il la repoussa brutalement. «S'il te plaît, calme-toi ! » Le supplia-t-elle, essayant de le toucher à nouveau. Mais il la repoussa une nouvelle fois, la faisant brusquement reculer d'un pas. La jeune femme avait désormais les larmes aux yeux. Ce n'était pas juste. Elle souffrait tout autant qu'eux de la situation, il n'avait pas le droit de lui imposer de ça !
« On trouvera un moyen de rentrer, ok ? » Sa voix était tremblante, et elle était peu convaincante. Elle ignorait s'ils pouvaient en trouver un, mais elle devait essayer.
« Hermione ! Je ne sais pas si tu l'as remarqué, fit Harry avec amertume. Mais nous sommes au milieu de nul-part ! Nous avons déjà essayé de rentrer et ça n'a rien donné !
- Je sais, mais on trouvera bien quelque chose » insista-t-elle, essayant de les persuader autant qu'à elle-même. Elle ne voulait pas qu'ils abandonnent. S'ils le faisaient, ils seraient perdus à jamais dans ce monde.
« Ouais, ouais, fit Ron avec cynisme. Tu parles ! Je ne crois pas qu'on en trouvera justement un, un moyen de rentrer chez nous ! On est coincés ici pour le restant de nos vies !»
Les larmes glissèrent sur ses joues. Comment pouvaient-ils être aussi cruels avec elle ? Comment ne pouvaient-ils pas la croire ?
«J'en ai assez entendu, fit soudainement Harry. Je vais faire un tour ». Il passa entre elle et Ron pour sortir de la tente. « Moi aussi, ajouta Ron. À plus tard ». Et il suivit Harry à l'extérieur.
Hermione essuya ses larmes et s'avança vers la sortie de la tente. Puis dans un soupir, sortit à son tour, à la suite des garçons. Lorsqu'elle s'avança au sein de la nuit froide, les garçons étaient déjà partis, ayant chacun prit une direction différente. Résignée, la jeune femme décida de veiller et s'installa donc alors auprès du feu de campement.
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Elle avait lu toute la nuit, essayant de trouver une réponse dans l'un des nombreux livres qu'elle avait apporté avec elle. Ses yeux déchiffrant la moindre page d'information au sujet des Transplanages.
Licence de Transplanage par le Ministère de la Magie. Pour passer l'examen, le sorcier ou la sorcière doit avoir plus de 17 ans (…). Sort difficile à maîtriser. Mal exécuté, un Transplanage peut causer une « désarticulation », ce qui signifie qu'une partie du corps du maladroit reste sur place. Il n'est heureusement pas coupé en deux il est juste bloqué (…) la difficulté du Transplanage augmente avec la distance. Seuls des sorciers hautement entraînés peuvent envisager des Transplanages intercontinentaux -
La jeune femme était frustrée. Il n'y avait rien au sujet des Transplanages entre deux mondes.
Le sorcier doit fixer son esprit sur la destination souhaitée. Puis concentrer sa détermination sur l'espace à occuper. Enfin, tourner sur place en essayant de trouver son chemin dans le néant et en accomplissant son mouvement avec décision.
Super. Elle avait pourtant bel et bien penser à Londres en transplanant avec Ron et Harry. Cependant, cela n'expliquait pas pourquoi ils avaient atterri ici. À moins...que le fait d'avoir pensé à son père pendant l'attaque, juste avant de transplaner, n'ait influencé sa trajectoire ?
«Hermione !»
Elle sortit de ses pensées et leva les yeux. Dans la lumière froide du matin, la silhouette de Harry s'avança vers elle. À son visage tiré, Hermione devina qu'il n'avait pas dormi non plus et qu'il avait sans doute marché toute la nuit. À l'instar de Ron, qui était toujours absent.
« On peut parler, s'il te plaît ? Demanda-t-il en s'approchant afin de venir s'asseoir auprès d'elle.
- Oui, bien sûr, répondit-elle.
Elle rassembla ses livres et les déplaça afin de lui faire de la place. Harry les avisa et observa les pages marquées par son amie, s'attardant quelques secondes sur les paragraphes liés au Transplanage.
«Écoute, commença-t-il avec précaution, j'ai réfléchi toute la nuit et je veux juste savoir pourquoi on ne peut pas rentrer ? »
Hermione soupira et regarda le livre qu'elle tenait entre ses mains. « C'est ce que j'ai essayé de chercher toute la nuit. »
Harry ne répondit pas, se contentant d'observer son amie qui semblait plus perdue que jamais.
«Ce n'est pas notre monde Harry », c'était la seule explication qu'elle avait. Le Transplanage d'un monde à l'autre semblait être impossible et aussi rare que voler sans balais. Dans tout les livres qu'elle avait parcouru, elle n'y avait vu aucune mention, pas même une simple allusion. Ce genre de chose semblait n'avoir jamais existé.
Elle releva la tête. Harry l'observait avec une vive curiosité. Elle savait qu'il espérait plus que ce qu'elle pouvait lui donner. Elle était toujours celle qui savait tout sur tout.
«Je ne sais pas comment nous sommes arrivés là » mentit-elle. Sur ce, la sorcière se leva et rassembla ses livres, ne pouvant répondre à d'autres questions, et retourna à la tente, laissant Harry perplexe.
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Un autre jour passa et Ron n'était toujours pas rentré. Pour Hermione, cela en était presque comme un soulagement, l'absence du rouquin et de son humeur pesante, lui permettant ainsi qu'à Harry de souffler un peu. Sans compter que son escapade lui permettrait sûrement de se changer les idées.
Cependant à la fin de la journée, alors Harry était à extérieure, le jeune homme entendit Hermione sangloter dans la tente. Malgré lui, il ne fut pas surpris. Et était même plutôt soulagé de la voir enfin extériorisé le mal-être qui la rongeait depuis ces derniers jours, et contre lequel il ne pouvait rien.
Lorsqu'il entra dans la tente, Hermione était assise sur les quelques marches de la mezzanine. Le voyant apparaître, la jeune femme essuya d'un geste vif son visage avec sa manche, n'ayant aucune envie qu'il soit témoin de ses larmes. D'autant plus qu'elle craignait une nouvelle conversion, à laquelle elle pourrait et ne voulait pas répondre. Cependant, le sorcier ne dit pas un mot, s'asseyant silencieusement sur une chaise à l'autre bout de la pièce et l'observait avec inquiétude. Embarrassée, Hermione détourna alors la tête, lui cachant ainsi ses yeux rouges.
Les minutes passèrent et peu à peu, Hermione se calma. Lorsque ses sanglots cessèrent, Harry se leva et s'avança vers elle.
« Écoute Hermione, je suis désolé », murmura-t-il.
Elle leva les yeux vers lui et vit qu'il lui tendait une main. Elle s'en saisit et il l'aida à se lever.
« On trouvera un moyen de rentrer » promit-il dans un sourire. Avec douceur, il essuya ensuite ses larmes et réajusta le col de sa chemise. « Maintenant, fais-moi un sourire... »
Hermione ne sentait pas de sourire, elle voulait juste s'asseoir et se replier sur elle-même. Cependant, Harry avait une idée différente, il tira les deux mains de son amie et commença à danser avec elle, fredonnant du bout des lèvres l'une de ses chansons favorites. Au début peu enthousiaste, la jeune femme se laissa finalement entraînée, et au bout de quelques minutes, retrouva peu à peu le sourire.
«Là, c'est mieux » rit Harry en la faisant tourner sur elle-même, d'avant en arrière, leur rires résonnant à présent dans le crépuscule.
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Plus tard dans la nuit, Hermione montait la garde.
Harry s'était endormi, à moitié affalé sur la table. Ron quant à lui, était finalement revenu de sa longue promenade, rejoignant son lit sans dire le moindre mot à Hermione. Il avait l'air toujours en colère.
C'était une nuit froide, mais le feu de camp émettait une chaleur réconfortante. Hermione suivait des yeux la danse des flammes dans le vent. Des choses qu'elle détestait le plus, c'était le feu. Il lui rappelait son rêve, ce passé si douloureux qu'elle s'efforçait d'oublier. Alors à la place, elle leva les yeux vers le ciel, observant la beauté des étoiles tout au-dessus d'elle, ainsi que la lune énorme qui brillait d'un pâle éclat. Un ciel qui semblait identique à celui qu'elle connaissait, avec son soleil, ses étoiles et son astre lunaire. Une similarité étrangement rassurante, car peut-être qu'il existait quelque part une chance de réellement rentrer à la maison après tout…
Au même moment, mais dans un autre lieu sur la Terre du Milieu, Aragorn était également assis devant un feu de camp, fumant sa pipe. À ses côtés, les hobbits étaient en train de dormir. Legolas, quant à lui, était parti errer dans les bois, à la recherche d'ennemis.
Tout à ses réflexion, l'homme leva les yeux vers le ciel et observa la lune, laquelle était pleine et brillante. Une lune dont l'aura lui parut étrangement mélancolique et alors qu'il la contemplait, il se prit à songer à ce que l'elfe lui avait dit quelques jours plutôt. Des paroles qui résonnèrent en lui, mais qui, alors qu'il observait l'astre lunaire, ne lui parurent plus aussi vaines et vides de sens. Faisant naître en lui, bien au contraire, une impression fugace, qu'il n'avait pas ressentit depuis bien longtemps.
De l'espoir. L'espoir que Legolas ait finalement raison. L'espoir qu'il ait peut-être vu véritablement ce changement. Et que sorciers et humains allaient être de nouveau forts et unis...
Et voila !
Le décor est planté ! Nos personnages principaux mis en lumière : notre trio d'or perdus dans un monde (pas si) inconnu, un rôdeur hors-la-loi accompagné d'un elfe médium, et quatre hobbits facétieux...
Il ne manque plus que les grands méchants !
Pour les découvrir, rendez-vous fin Octobre-début Novembre pour un nouveau chapitre ! ^^ (À moins que vous êtes aller vous spoiler grâce à la fanfiction originale de Buchjj ainsi que son fan-made sur youtube...? ^^ )
Bisous, bisous !
