Bonsoir tout le monde !

Voici le chapitre trois, un chapitre « charnière » on va dire. Il introduit plusieurs personnages assez sympathiques vous verrez.

C'est tout ce que j'avais à dire. Je vais maintenant répondre aux reviews anonymes. Pour les autres, sauf erreur, c'est déjà fait.

Bonne lecture !

Akan : Bof, non, il n'y a pas encore de paradoxe. En effet… On va dire que c'était une boutique de luxe pour rois et princes du monde… hum hum… ^^"

LuceInTheDark : Je suis contente que la suite te plaise tout autant ! C'est une partie pleine de surprises, tu as raison ! Merci pour tes encouragements !

Constance : Juste un seul mot : Merci ! Je suis super contente de recevoir autant de compliments ! Je ne pensais vraiment pas ! Je fais de mon mieux pour que ça continue dans ce sens ! Encore un gros merci !

Juliette : XD oui, moi aussi je range comme ça… beaucoup de choses partent à la poubelle en général ! Je l'aime bien ma lettre ! Et encore plus celui qui l'a écrite ! Moi aussi j'ai tendance à mettre des suspensions à chaque phrase ! J'espère que la suite te plaira aussi !

Chavenda : Mais non, je ne me moque jamais de mes lecteurs ! Et encore moins de mes reviewers ! Beaucoup de personnes ne voient pas la suite.. . Je pense que je vais le préciser à la fin de ma première partie ! C'est de ma faute !


A tire d'aile

Comme l'année précédente, Harry fut heureux de retrouver son école. Retrouver le château, même après deux mois d'absence, lui faisait toujours un bien fou.

C'est donc avec un sourire plus marqué qu'il poussa les grilles du parc devant lesquelles lui et Estelle venaient de transplaner.

Tendant la main à sa compagne, il s'engouffra dans l'immense domaine entourant Poudlard.

Rien n'avait changé, la forêt interdite était toujours là, menaçante et obscure, le lac toujours calme, le Saule Cogneur, toujours aussi colérique.

Ils remontèrent lentement le chemin caillouteux qui devait les mener aux grandes portes de chêne, retrouvant le paysage familier aux alentours.

Ils passèrent devant la cabane d'Hagrid où ils furent accueillis par un mini Crockdur. Le chien leur fit la fête un bon bout de temps mais les deux jeunes gens ne se lassèrent pas de le caresser, amusés qu'ils étaient par la petite bête.

Le maître du jeune molosse finit par arriver, courant et appelant son chien de sa voix rauque.

- Ah te voilà enfin, toi !

Puis, remarquant le couple, un sourire illumina son visage barbu, tandis qu'il s'empressait de les serrer dans ses bras.

Oppressés par l'étreinte à en briser leurs côtes du demi géant, ils ne tardèrent pas à demander leur libération. Cette dernière leur fut accordée de mauvaise grâce.

- Ah, vous m'avez manqué vous les deux ! rugit-il enthousiaste. Vous n'êtes même pas passés me voir.

Pour la dernière phrase, il avait le regard triste et un peu de reproches dans la voix.

- On n'était pas en Angleterre, Hagrid… Mais on ne t'a pas oublié, fit Estelle pour le réconforter. On a pensé à toi, regarde.

Elle sortit de sa poche une petite statue, haute d'une vingtaine de centimètre, qu'elle déposa dans la paume démesurée du gardien des clefs.

La statuette représentait une créature chimérique à la tête de crocodile entourée d'une crinière de lion. Ses postérieures étaient ceux d'un Hippopotame tandis que ses antérieures étaient ceux d'une hyène.

Hagrid regarda la représentation, intrigué.

- Nous sommes passés en Egypte et l'avons trouvé sur un marché, expliqua l'auror. Il s'agit de Babaï.

- Je ne connais pas, souffla le demi-géant. Mais elle est magnifique.

- Babaï, pour les égyptiens, c'est la grande dévoreuse ou la Dévorante… Elle se trouvait dans la salle du jugement des deux vérités. Lors de la pesée de l'âme, si le cœur était plus lourd que la plume symbolisant Maât, elle était chargée de la dévorer. L'âme, ainsi éliminée, ne pouvait plus s'échapper et revenir du royaume des morts, continua-t-elle.

- Cette créature était très crainte des Egyptiens de l'époque, tu peux me croire, compléta Harry. Pour eux, moldus, ce n'était qu'un mythe, mais l'animal existe réellement. Lorsque Babaï fut aperçu des Egyptiens, il s'en suivit un vent de panique qui fit trembler tout le royaume. C'était en 1343 avant la naissance du Christ, si je me souviens bien. Akhenaton, alors au pouvoir, eu toutes les peines du monde à faire revenir l'ordre.

Il se retint d'ajouter que lui-même, conseiller du pharaon, avait eu bien du mal à se débarrasser de la bête.

- Quoi qu'il en soit, Babaï est une créature magique très rare de nos jours, continua d'expliquer Estelle. Seule trois sont encore en vie selon les études du ministère. Elle s'abrite dans les coins les plus arides et inaccessibles du Sahara. Il est presque impossible d'en apercevoir. Pas étonnant que beaucoup de personnes ignorent son existence.

Hagrid resta un instant à contempler son présent, quand il sursauta soudain sous les regards amusés du couple.

- Il a bougé, fit-il surpris.

- Bien sûr qu'il bouge, il est en vie, rigola le professeur de défense.

Le garde chasse du château leva un sourcil interrogatif, ne pouvant en croire ses yeux et ses oreilles. Et pourtant l'animal dans sa main, se mouvait bel et bien.

- Elle est encore endormie mais ne va pas tarder à se réveiller complètement, constata Estelle.

- A vrai dire, ce n'est pas une vrai Babaï, avoua Harry. On ne pouvait t'en ramener un. Je ne vois pas comment nous aurions pu, d'ailleurs. Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit là d'un animal redoutable et mortel. Des hordes de sorciers de tous temps ont tenté d'en capturer, ils se sont tous fait tuer. Il est déjà très difficile et très dangereux de s'en approcher…

- Ce n'est qu'une réplique, certes, mais fait attention tout de même, son original étant mortel, la réplique n'est pas douce non plus, le prévient la jeune femme pour le mettre en garde. Elle se comportera comme un animal réel. Il faudra la nourrir, s'en occuper… Elle grandira aussi, pas de beaucoup. Elle n'atteindra au final qu'une quarantaine de centimètre. Tout ce qui la différencie d'une vraie Babaï ce sont sa taille, sa force physique amoindrie, quoique, encore conséquente et son venin inoffensif.

Emu, les larmes aux yeux, Hagrid ne put s'empêcher de prendre une nouvelle fois le couple dans ses bras. Ce dernier dut, cette fois encore, faire un immense effort pour survivre à l'embrassade.

La séance émotion arrivant à son terme, les trois amis reprirent leur marche vers le château. Devant eux, courant et sautant de tous les côtés, Crockdur ouvrait la marche, alors que son maître, en arrière, s'amusait avec son nouveau familier. Il en devenait presque papa gâteux, sous les regards plus qu'amusés des jeunes adultes.

La petite Babaï, toujours dans la paume de son nouveau propriétaire, se roulait en boule sous les caresses du demi-géant, qui, assurément, savait s'y faire avec les créatures magiques dangereuses.

- Je vais l'appeler… Elise ! Alors Elise, fit-il en se penchant vers la petite bête, tu vas bien hein ? Tu vas bien ?

La nouvelle baptisée regarda intrigué son maître avant de planter soudainement ses petites dents pointues dans le pouce du garde-chasse.

La peau d'un demi-géant étant très dure, Hagrid n'en ressentit aucun mal et au contraire, continua de caresser la bête et de l'encourager dans ses démarches.

Estelle se mordit la lèvre pour ne pas rire trop fort du comportement attendrissant d'un demi-géant.

Bientôt, ils se retrouvèrent au troisième étage, devant la statue du grand aigle marquant l'entrée de l'antre professorale.

- Ah oui, commença Harry, Albus a omis de me communiquer le mot de passe… Hagrid, tu pourrais... ?

N'obtenant aucune réponse de son ami, il se retourna pour le voir jouer avec son nouveau compagnon. Accroupi au sol, il s'amusait de la bête qui tenait entre ses crocs son pouce de géant.

- J'y crois pas, fit le professeur, dépité, se cachant derrière sa main.

Estelle ne put se retenir et éclata de ce rire cristallin qui réchauffait tant le cœur du voyageur temporel.

- Bon, Hagrid, s'impatienta-t-il en posant ses mains sur ses hanches. Hello, tu m'écoutes ?

- Oui, quoi ? répondit l'interpellé sans détourner le regard d'Elise. Ah oui, le mot de passe… C'est Deneb et Véga !

- Tiens, Albus a la tête dans les étoiles, remarqua la jeune auror, tiltant en entendant le nom des deux astres composant le triangle de l'été.

L'aigle, quand à lui, s'effaça, laissant apparaître la porte de la salle des professeurs.

Toujours galant, il invita Estelle à entrer en premier et puis il la suivit, Hagrid sur ses talons, Crockdur s'invitant lui aussi à la réunion.

Dans l'immensité de la salle, debout sur le tapis aux armoiries de l'école, l'équipe enseignante et les aurors étaient déjà présents, parlant brillamment, riant tout aussi peu discrètement.

Harry et Estelle restèrent un moment sans bouger, regardant un à un leurs amis qui ne les avaient pas encore remarqué.

Ça y était, ils étaient de nouveau réunis, tous ensemble, prêt à revivre une année entière, remplie de discussions scientifiques et de blagues beaucoup moins matures.

C'est dans cette atmosphère euphorisante que se déroulèrent les retrouvailles entres amis.

Les animaux peints sur les murs semblaient, eux aussi, apprécier la rencontre. Le serpent, enroulé aux pieds du Griffon, l'aigle perché sur le dos du blaireau. Les quatre symboles couvaient d'un regard bienveillant les adultes heureux.

- Mais en fait, il manque Klaus ! remarqua très justement l'homme à la cicatrice. Où est-il ?

Ce dernier avait vu juste. Son collègue, Klaus Geschwafel, professeur de runes, était introuvable.

- Il est parti, il a résilié son contrat la semaine dernière, expliqua Horace.

Estelle leva un sourcil interrogatif.

- Comment ça ? Du jour au lendemain, il arrête de travailler ?

- Oui, il a gagné à la loterie, un jeu moldu, compléta Liva, prenant part à la conversation. Sachant ça, il a décidé de partir en voyage.

Harry et l'auror se jetèrent un regard surpris. Cette histoire était des plus étranges.

- D'ailleurs, une idée de qui va le remplacer ? Je ne vois aucune nouvelle tête dans cette salle, s'étonna Arthur tournant la tête de tout côté.

Les autres firent de même.

- Aucune idée… Albus ne nous à rien dit à ce sujet, capitula Pomona, ne sachant rien de plus.

Puis la réunion commença. Assit dans leurs fauteuils de cuir autour de la table ovale, Albus prit la parole et présida le conseil de prérentrée.

Comme toujours, Harry, peu intéressé, finit vite par s'ennuyer. Il termina assis par terre, jouant avec Crockdur sous la table, au plus grand amusement des autres, qui tentèrent de se faire sévère envers lui, sans succès.

- Harry ? appela alors McGonagall en se penchant sous la table pour tenter de retrouver son collègue. Tu es d'accord ?

- Heu… D'accord pour quoi ? fit ce dernier en émergeant à nouveau de sa cachette.

Elle soupira devant le peu d'intérêt manifesté par Harry.

- Pour accompagner à Pré-au-Lard les élèves pendant tout le premier trimestre…

- Ah oui, bien sûr ! s'empressa-t-il de répondre tout en jouant avec le chien. Pas de problème, ça me va ! Qui sera aussi accompagnateur pendant cette période ?

- Moi, le renseigna Horace, levant la main pour attirer l'attention.

- Oh chouette alors ! s'écria-t-il, enthousiaste, imaginant déjà ses samedi après-midi passés aux Trois Balais, à affronter son collègue dans une belote de comptoir, tout en sirotant un whisky pur feu.

- ça me fait penser, s'exclama Albus se rappelant de quelque chose. Vous serez accompagnés du nouveau professeur de runes.

- Mais qui est-il, Albus ? en profita pour demander Rolanda, tout aussi curieuse que les autres de le savoir.

- Je ne vous l'avais pas dit ? s'étonna le directeur de bonne foi.

Son visage ahuri fit rire plus d'un.

- Et bien ? s'impatienta Minerva.

Albus savait faire durer le suspense.

- Il s'agit d'un jeune homme… Giacomo Stigma Tornupco. Un italien bien sympathique, vous verrez !

- Vous l'avez trouvé où, celui là ? fit Pomona, sceptique quant au jugement d'Albus sur ses professeurs. Vous avez ramené tellement de zigotos que je commence à me méfier !

- Ne t'inquiète pas, se défendit le directeur. Il s'est présenté une heure à peine le début de l'annonce. Un jeune garçon, la trentaine, très compétent.

- Et pourquoi n'est-il pas présent aujourd'hui ? demanda Fillius de sa voix fluette.

- Il était convoqué par un chercheur du ministère pour l'aider à la traduction de tablettes. Je suis désolé de vous dire que vous ne le verrez pas avant la rentrée. Mais je pense qu'il vous plaira ! Surtout à vous les filles, termina-t-il avec une pointe de malice.

La réunion dura quelques instants encore jusqu'à ce qu'Albus décide de la clôturer.

- Bon et bien, il me semble que nous avons réglé toutes les questions qui se posaient, commença-t-il en réfléchissant aux éventuels oublis. Je vous rappelle donc que la rentrée se fera le dimanche cinq septembre, au soir. Sur ce, je vous libère pour que vous puissiez profiter de vos tous derniers jours de tranquillité et de repos. Ah, juste une dernière chose, s'exclama-t-il, les yeux brillant de malice. Harry ?...

L'interpellé leva un sourcil interrogatif, se demandant bien ce que pouvait vouloir de lui le directeur.

A sa grande surprise, toute l'équipe enseignante se tourna vers lui.

- Bon anniversaire !

Harry resta bouche bée un instant.

- Un mois pile de retard, mais on ne pouvait pas faire autrement, s'excusa Pomona. Toi et ta petite amie, vous étiez indénichables !

- Comment avez-vous su ? bredouila-t-il encore sous le coup de la surprise.

- Le contrat d'embauche, élucida Fillius. Tu as dû y indiquer ta date de naissance. Elémentaire.

Harry se frotta le haut du crane.

- Oui, bien sûr, je suis bête…

Au même instant, Minerva apparut à ses côtés, lui apportant son présent.

- De notre part à tous, lui fit-elle en tendant son présent.

Dans ses deux mains jointes en coupole, une minuscule boule de poil s'était paresseusement lovée parmi les replis d'un morceau de tissu.

La professeur de métamorphose lui tendit le petit animal et le Survivant le prit délicatement dans sa main pour mieux l'observer.

L'oiseau était d'un rouge orangé flamboyant aux reflets d'ébène, semblables à la couleur d'une flamme. Les plumes de ses ailes et de sa queue touffue étaient elles d'un noir profond.

Sentant le jeune animal trembler dans sa paume, Harry, le doigt léger le caressa.

Surpris, l'oiseau releva sa tête qu'il avait enfouit jusqu'alors sous une de ses ailes. Il cessa aussitôt de trembler pour observer son nouveau maître d'un œil curieux.

L'Elu passa un doigt câlin sur le haut du crâne de son prochain compagnon qui ouvrit son bec de jais pour pousser une chansonnette.

- Hé, tu chantes bien, toi, dis donc, fit Harry en continuant de caresser l'oiseau, le sourire aux lèvres.

- Il te plait ? s'assura alors Rolanda.

- Il est magnifique, souffla le professeur de défense, la larme à l'œil, touché par l'intention de ses collègues.

Il ne put se retenir d'avantage et, tout en prenant garde de tenir hors de portée son nouvel ami, il prit Minerva dans ses bras. Celle-ci lui rendit son étreinte, riant de son collègue aux manières et réactions infantiles.

Harry remercia ainsi tous ses amis et collègues, les prenant un à un dans ses bras. Il termina par Estelle qu'il embrassa tendrement sous le regard pétillant d'amusement d'Albus.

- Comment vas-tu l'appeler ? lui demanda-t-il.

Harry posa son index sur son menton, réfléchissant intensivement.

- Je ne sais pas…Voyons voir…

Le voyageur temporel resta silencieux un temps, se laissant le temps de la réflexion tout en observant, les yeux plissés, l'oiseau au plumage si intense.

- Hélios… Oui, ça te va bien… Hélios, quand dis-tu ? fit-il en s'adressant à l'oiseau.

L'oiseau, à présent baptisé, poussa un chant de satisfaction qui fit pouffer les présents.

- Et toi ? « Hélios », ça te va, tu es d'accord ? fit-il à l'adresse de sa compagne.

- C'est ton oiseau, à toi de choisir.

- Tu auras aussi à le supporter !

- Hélios… Alors… Voyons si j'ai bien reçut la leçon… Mythologie grecque… Personnification du soleil ? récita Estelle de mémoire.

Harry hocha la tête à l'affirmatif et l'auror poursuivit.

- Il révèle tout ce qui ce passe sur Terre… Petit cafteur ! dit-elle à l'adresse d'Hélios, provoquant l'hilarité générale.

Le jeune oiseau, n'appréciant guère l'insulte poussa un sifflement mécontent avant de partir dans une véritable tirade.

- Hum… Oui… Il te ressemble, Harry, on l'a bien choisi…

- Pourquoi dis-tu ça ? s'étonna le concerné entre deux sifflements intempestifs.

- Même caractère de cochon, parle tout le temps à devenir soûlant… C'est tout à fait toi, ça ! se moqua-t-elle faisant redoubler les rires.

- C'est pas vrai ! nia-t-il en adoptant une moue boudeuse. Je ne parle pas tout le temps ! Je ne suis pas soûlant. Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.

- Tu ne t'entends pas parler, ou quoi ? lui rétorqua Estelle, outrée. Tu n'as fait que ça pendant les vacances ! Je me demande comment tu fais. Ça t'arrive de respirer, des fois ?

- Mais n'importe quoi ! se défendit avec vigueur Harry.

Il se tourna vers ses collègues cherchant du soutient de leur part, en vain. Poppy, Septima et Aurora toussèrent pour cacher leurs gênes. Pomona, Rolanda et Minerva partirent sans attendre dans une conversation pour échapper au regard implorant de leur collègue, tandis qu' Arthur trouvait soudain le sol bien intéressant.

En dernier recours, Harry chercha appui vers Albus, Jones et Liva mais tous trois étaient partis dans un fou rire moqueur.

- D'accord… Sympa… C'est bon, j'ai compris, je ne parlerais plus, je ne dirais plus rien… Je me tais, fit-il la mine boudeuse.

S'intéressant soudain Hélios, il le caressa tout en tournant le dos à ses camarades, toujours hilares.

Au prix d'un gros effort, Estelle parvint à se contrôler.

- T'es mignon quand tu boudes, fit-elle, souriant malicieusement en allant se coller au vexé, passant ses bras autour de sa taille.

Gardant son air de chien battu, il tourna la tête vers la jeune femme qui en profita pour l'embrasser de façon langoureuse.

L'homme tenta de résister, en vain. Il se tourna complètement vers sa compagne qu'il prit à son tour dans ses bras alors qu'Hélios, jouant sa mélodie, s'envola pour aller se poser sur le dossier d'une chaise.

Surpris et de mauvaise grâce, Harry mit fin à son baiser.

- Tiens, tu sais voler toi ? Mais d'ailleurs, de quelle espèce es-tu ?

Hagrid, de par sa connaissance des créatures magique, fut chargé de répondre.

- C'est un Sol Scintilla, vulgairement appelé PoussièreDeFeu. Un petit oiseau assez rare d'Amazonie, très social.

- Quel âge a-t-il ?

- Oh, rien qu'un petit mois, pas d'avantage…

- Un mois ? Pour un oiseau, c'est beaucoup, s'étonna Harry, regardant le Sol Scintilla juché sur le dossier de la chaise.

- Ah oui, nous avons omis un petit détail, ajouta Hagrid. Pour ça, ne t'en fais pas, il vivra aussi longtemps que toi.

- Pardon ? s'étonna Harry, sûr de ne pas avoir bien saisi le sens de ces paroles.

- Si, si, tu as bien entendu, intervint Albus, lisant aisément les pensées de son jeune ami. En devenant le maître d'Hélios et en le nommant, tu as créé un lien qui t'uni à lui.

- Ce qui signifie que ?

Harry ne poursuivit pas sa phrase, la laissant volontairement en suspens.

- Ce qui signifie qu'Hélios devient indépendant de toi. Tant que tu seras là, Hélios pourra s'appuyer sur ta magie pour le faire vivre.

- C'est moi qui le maintient en vie ? répéta l'Elu, grimaçant, trouvant ce principe légèrement glauque.

- En quelque sorte. Hélios a bien sûr sa propre magie qui le fait vivre, mais une réserve assez pauvre. Voilà pourquoi les PoussièreDeFeu doivent trouver très rapidement une autre source de magie auprès de qui il décide de vivre. S'il ne trouve pas de source complémentaire, ils n'ont qu'une simple vie, semblable à ses congénères moldus : une vie de cinq ans… A partir de maintenant, tu es lié à vie à Hélios…

Appuyant les paroles du vénérable directeur, l'oisillon vint se poser sur l'épaule du Survivant, poussant son chant qui réchauffait tant les cœurs.

Une heure plus tard, ayant pris congé de leur collègue, Harry et Estelle partirent de la salle des professeurs, prêts à retrouver leur appartement.

Hélios voletait devant eux, partant dans tous les sens, explorant les différents couloirs avant de revenir à tire d'aile vers le couple.

Les deux amis le regardaient faire, s'amusant de cette si petite chose. Petite, mais bruyante !

- Hé, dis donc, tu ne te tais jamais ? lui demanda, goguenard, le Survivant. Tu ne serais pas un cousin du pinson, par le plus grand des hasards ?

- ça me fait penser…, commença Estelle, stoppant sa marche pour mieux regarder son compagnon.

- Quoi donc ? lui répondit ce dernier, regardant sa compagne réfléchir, les sourcils froncés.

- Tu es déclaré ?

- Déclaré ? Pour… quoi ? fit-il sans comprendre.

- Et bien, le soir où tu t'es battu avec Théodore, tu as pris la forme d'un loup, l'éclaira Estelle.

- Oh… Je vois où tu veux en venir.

La gêne dans la voix d'Harry n'était guère dissimulée.

- Tu es un animagus non déclaré ?

- Et bien… commença-t-il hésitant.

Le Survivant tenta de trouver une excuse valable à ce fait qui pouvait le conduire à tout instant à Askaban. Rien ne vint pourtant, pas le moindre petit mensonge valable. Considérant l'auror devant lui, il voulut dissimuler son hésitation, peine perdue.

- Je vois… Animagus non déclaré, ça fait quoi ? Trois ans à Askaban, plus…

Pour la faire taire et par la même occasion se sortir de cette mauvaise passe, Harry l'embrassa fougueusement en la plaquant au mur.

L'auror se débattit un instant, voulant continuer la torture, mais la main baladeuse de son compagnon l'en dissuada.

- Et moi, j'ai une autre question, lui susurra-t-il en rompant le baiser tandis qu'il passait sa main sous le t-shirt de la femme. Cette même nuit, comment as-tu fait pour me suivre ? Je ne t'ai pas entendu et pourtant, j'ai une très bonne ouïe…

Tout en réfléchissant, il continua ses caresses qui déconcentraient tant la jeune auror.

N'entendant plus Hélios, il le chercha des yeux sans pour autant le trouver. Lorsqu'il tourna la tête sur sa gauche, il fut surpris de trouver l'oiseau aussi près de lui. C'est alors que la solution lui apparut.

- Oh, toi aussi alors ? déclara-t-il avec un petit sourire entendu et complice. Tu es un animagus… Quel est ton animal ?

Entre deux soupirs Estelle parvint difficilement à articuler le nom de l'aigle. Avant que leur petit jeu ne parte trop loin, Harry se décolla de l'auror, lui offrant un dernier baiser.

- Voilà… Nous sommes ex aequo ! Toi non plus tu n'es pas déclarée !

- Toujours garder un atout dans sa main, conclut-elle tandis qu'ils venaient d'atteindre le tableau du loup, marquant l'entrée de leur appartement.

- Hé, Silver ! l'interpella le maître des lieux, faisant sursauter la bête peinte qui fit volte-face vers ses opportuns.

- Hé, Harry, Estelle, de retour ? fit-il en gambadant gaiement. Alors vous deux, prêts pour un tour ? Vous revenez encore cette année ? Vous m'avez manqué vous savez ! J'ai cru que vous ne reviendriez plus et que vous alliez me laisser avec un nouveau professeur, un type bizarre. Je me demandais déjà sur quel drôle de zigoto j'allais encore tomber.

- Mais non mon gros Sisi, on ne te laisserait pas tomber, le rassura Estelle, lui trouvant par la même un surnom.

- Tiens, Sissi… Sissi… c'est joli comme surnom, marmonna le professeur de défense.

- Quoi ? Non surtout pas, cria le loup, effaré d'un pareil surnom. Tout sauf Sissi. C'est une horreur ! Estelle, je ne trouve pas ça drôle. Tu aurais pu te retenir de m'appeler de la sorte, quand même ! Sissi, pour un loup, ça fait… ça fait…

- ça fait la princesse Sissi, trouva Estelle en repensant au film de Ernst Marischka, réalisé en 1955. C'est mignon et ça te va super bien. Tu n'aimes pas ?

Lorsqu'elle lui posa la question de manière innocente, un sourire carnassier sur le visage s'affichait sur les lèvres de la jeune femme.

Le canidé resta un instant sans voix, choqué des propos tenus.

- Non, non, vraiment, fit-il paniqué. Et toi Harry, arrête de rire et aide moi, je t'en supplie. Tu ne peux pas la laisser m'appeler comme ça, c'est nul pour un loup. Tu devrais comprendre. Entre loup, on se connaît, on s'entraide !

- Bon allez, basta ! Crois en moi parce que je suis la voie de l'éternité.

- Heu… pardon ? s'étonna Silver.

- Le mot de passe, imbécile, le rappela à l'ordre l'auror.

- Ah ouais, c'est pas faux, c'est pas faux… Mais en fait, tu le sors d'où, ce mot de passe ? Enfin, cette phrase, ça ne fait pas un peu long pour un mot de passe ?

- Il marque un point, tu le sors d'où cette phrase ?

- Ce n'est pas une phrase, c'est la signature de mon grand-père, s'expliqua l'Elu en levant les yeux au plafond.

- La signature de ton ancêtre ? lui demanda Estelle, étonnée. Quel ancêtre ?

- Vlad III Tepes Dracula !

- Non, nia le loup, sans pouvoir y croire. Pas possible ! Tu es le rejeton de Dracula ? Le vampire, le comte vampire, le maître vampire, le vampire original ?

- Ouais, celui-là, tu en connais d'autre des Vlad III Dracula, toi ?

- Ouaw, jappa le loup. C'est classe ça ! L'hérité d'un vampire, que dis-je « Du Vampire ». J'abrite le petit-fils de Dracula. Quand les autres seront ça, ils vont en faire une jaunisse.

Le loup courait partout dans son tableau, sautant comme un petit fou, se roulant dans l'herbe.

- Oui, justement, pas un mot, Silver ! le menaça avec humeur Harry. Ne dis rien aux autres ou je te nomme officiellement Sissi !

- Bon, bon, consentit l'animal, déçu de ne pas pouvoir parader devant ses collègues tableaux. Mais dis-moi, toi aussi tu es un vampire, alors ? Toi aussi tu attaques les gens comme ça (Il mima l'assaut en bondissant dans les airs, rugissant de toutes ses forces). Toi aussi tu as des dents pointues et tu suces le sang des gens ?

- Non, je ne suis pas un vampire, ça ne se transmet pas de génération en génération, lui expliqua Harry. Mais si tu continues, je vais tenter le sang de loup.

Le loup se figea puis lui montra les dents en guise de sourire.

- Hé, mais si tu me tues, tu ne pourras plus rentrer dans tes apparts, se moque Silver. Ha, ha, tu t'es fait avoir. Sans moi, bah, c'est mort, plus d'appartement.

- Holà, holà, on se calme, les garçons ! les tempéré Estelle, mettant fin à leur petit jeu du plus grand et du plus malin. Ça sent la testostérone à plein nez, ici. Et toi, mon petit Sissi tout mimi, laisse nous entrer.

Protestant une dernière fois contre le surnom à l'eau de rose et grinçant des crocs, le loup disparut pour laisser au tableau la place de s'agrandir et de former la voûte d'accès aux lieux.

Estelle entra la première et Harry en profita pour appeler Hélios d'un sifflement mélodique.

Le petit animal exotique répondit à l'appel par un sifflement joyeux avant de revenir vers son maître à tire d'aile.

L'appartement n'avait pas changé. Il était resté tel qu'ils l'avaient laissé avant de partit en vacances.

Hélios voleta dans toute la pièce, découvrant son nouvel environnement. Il ne lui fallut pas longtemps pour élire domicile sur la bibliothèque, imaginant déjà la chaleur que pourrait lui fournir en hiver la cheminée de marbre, en face de son nouveau nid.

Battant des ailes, il dépoussiéra son petit coin, après quoi, il y tracta, avec difficulté, une écharpe que son nouveau maître avait laissé traîner sur le portemanteau, l'année précédente. Il l'arrangea pour s'en faire un véritable petit nid douillet dans lequel il se coucha paresseusement.

- ça va, tu as tout ce qu'il te faut, on ne te dérange pas ? fit moqueuse l'auror à l'adresse d'Hélios. N'hésite pas à demander s'il te manque quoi que ce soit.

Ce dernier poussa un chant de satisfaction tandis qu'Harry se précipitait sans plus attendre vers la chambre pour attester vocalement de la présence du piano.

- Chouette, le plus important y est ! cria-t-il joyeux. Ah oui, la deuxième chose la plus importante ?

Il revint en trombe dans le salon pour ouvrir le minibar. Il le trouva rempli de différents alcools et liqueurs.

- Parfait, on est paré pour une année de cours, résuma-t-il en se frottant les mains.

- Un piano, de l'alcool, souffla Estelle désespérée. T'es bien un gars, toi alors… Pas de doutes à avoir…

Elle éclata soudain de rire, sans raison apparente. Harry, surprit et ne comprenant guère ce qui pouvait bien provoquer son hilarité s'approcha d'elle, inquiet.

- Quoi, qu'est ce qu'il y a ? Ça ne va pas ? Pourquoi tu rigoles ?

- Non, je t'imaginais seulement bourré en train de jouer du piano…


Voila…

J'espère que ce chapitre vous a plus et qu'il ne vous a pas trop ennuyé !

La suite suivra dès que je recevrais le retour de ma bêta.

Sur ce, passez une bonne soirée,

Skarine