Bonjour à toutes (tous ? manifestez-vous !) Voici le troisième chapitre donc, qui s'intitule Halloween, vous aurez compris pourquoi haha. Je suis tellement frustrée que la fic n'avance pas plus vite que je pense très sérieusement à poster deux chapitres par semaine. Qu'est-ce que vous en pensez ? Je vais voir avec mon avance et ma vie perso, mais vraiment, j'ai tellement hâte de vous faire tout découvrir au fur et à mesure, on dirait une gamine haha.

Je remercie les personnes qui ont pris le temps de lire mais surtout celles qui ont commenté, comme toujours vous êtes mes chouchous haha. Les reviews c'est une récompense pour l'auteur, mais aussi, un moyen de s'améliorer alors n'hésitez surtout pas, vous petits lecteurs anonymes, à laisser votre trace.

Swangranger : je suis ravie de te retrouver dans ce second chapitre ! Ah oui Drago a tout un tas d'idée pour utiliser cette magie de l'âme haha. Merci pour ton commentaire, il me fait chaud au cœur.

Leolili : Et oui c'est une quête ! En effet, Ange est très ambivalent, et c'est un personnage que je chéris particulièrement. Pour ce qui est de tes questions, je pense que ceux qui vivent à part ont des sorts de fidélitas et des gardiens du secret, et comme à l'époque du tome 5, il y a des sorts de protection à Grimmaurd ce qui permet aux membres d'aller et venir sans se faire repérer. Oui Harry sera un horcruxe dans cette fiction ! Merci pour ton commentaire toujours aussi construit !

Lily Orya : Je suis ravie de te retrouver ici ! Et aussi que le début te plaise haha. Voici la suite.

JudorangeHp : Oh merci ça me touche, parce qu'il y a tellement de Dramione que c'est difficile de faire dans l'originalité ! Pour Drago, il ne comprend pas qu'on puisse ne pas mettre en œuvre la légilimencie alors que c'est la solution. Peu importe qu'Hermione soit d'accord ou non…

Miss Lolote : Je suis ravie que ça te plaise et que mon Drago se plaise aussi. Voici la suite !

Bonne lecture !


Plus de deux semaines s'étaient écoulées depuis le retour de Drago. Quelques membres de l'Ordre s'étaient attendus à ce qu'il reparte aussitôt, mais il avait tenu parole et s'était installé au Square Grimmaurd d'une manière qui paraissait définitive. Même s'il n'était plus le même, Drago restait un colocataire agréable à vivre. Il ne faisait pas de bruit, passait beaucoup de temps dans sa chambre ou dans la bibliothèque, et aidait à préparer les repas. Il n'avait pas encore demandé à Harry de le remettre dans le bain, et aucune mission ne lui avait été donnée, sauf peut-être celle qui concernait ce mystérieux marchand d'âme.

Le mois d'octobre avait été particulièrement froid et pénible. Quand ce n'était pas la neige qui tombait à gros flocons, c'était le vent qui soufflait et la maison des Black se retrouvait envahie de courants d'air désagréables.

Quand Drago se leva ce matin-là, il fut surpris d'entendre l'agitation qui animait le quartier général. Il y avait beaucoup plus de monde qu'à l'accoutumée dans la cuisine. Ça riait, ça criait, ça plaisantait et ça sculptait. En effet, d'énormes citrouilles avaient été disposées ici et là et chacun s'attelait à sculpter dans la chair orange deux petits yeux et un sourire édenté.

—Ah Drago, tu tombes bien, s'écria Ginny en s'approchant de son ami.

—J'allais prendre mes jambes à mon cou, grogna l'intéressé.

Ginny eut un rire cristallin. Depuis qu'il était revenu, Drago avait pu constater combien la grossesse lui allait bien. Elle était tout bonnement rayonnante. Ses cheveux flamboyants lui tombaient en cascade jusqu'aux reins, et lui faisait un véritable halo de feu tout autour de son visage poupin. Elle avait posé deux mains protectrices sur son ventre rebondi et regardait Drago d'un air si maternel qu'il se sentit rougir.

—Tu vas aider la pauvre femme enceinte que je suis à sculpter sa courge.

—C'est une citrouille, Gin.

—Je n'ai jamais compris la différence.

Ginny lui adressa un petit sourire en coin – mimique qu'elle lui avait volé depuis des années, et l'attira jusqu'à la table où elle le fit asseoir à côté d'une jeune femme qu'il n'avait jamais vu au paravent.

—Je te présente Hazel MacLaine, c'est une amie, elle aide l'Ordre quand elle en a l'occasion. Hazel, voici Drago Malefoy, ajouta Ginny en se tournant vers son amie.

Hazel était une jolie blonde aux grands yeux verts. Elle lui adressa un sourire rayonnant et lui tendit une petite main aussi douce que la soie. Drago la lui serra en inclinant doucement la tête, et lui rendit un sourire bien moins chaleureux cependant. En effet, quand leur main s'était touché, une sorte de courant électrique s'était emparé de son corps, et ce fut crispé qu'il brisa cet étrange contact. Hazel continua de le fixer de ses yeux perçants pendant de longues secondes. C'était très impoli de sa part et très désagréable pour Drago qui ne baissa pourtant pas le regard.

Ce fut Ginny qui brisa, sans le savoir, ce drôle de contact en déposant devant Drago une énorme citrouille encore vierge de toute entaille.

—Laisse parler ta créativité, Drago.

Elle se moquait ouvertement de lui. Drago lui lança un regard noir, et jeta un bref coup d'œil alentour. Il n'était pas le seul à avoir été attiré dans les filets de Ginny. Georges était là, lui aussi, et semblait avoir de grandes difficultés à garder son sang-froid face à sa citrouille qui ne voulait pas coopérer à sa propre découpe. A côté, Teddy Lupin s'amusait à lancer des morceaux de légume à la tête de Ron qui était trop occupé à jeter des regards en coin à la copine de Ginny.

A l'autre bout de la table, silencieuse, et appliquée, Hermione était là aussi. Elle sculptait à l'aide d'un couteau la citrouille qu'on lui avait attribuée. Curieux, Drago se leva et s'approcha lentement pour jeter un œil à son chef d'œuvre. Les yeux étaient parfaitement identiques et symétriques, quant à la bouche, malicieuse et édentée, elle donnait l'impression que la cucurbitacée se moquait ouvertement de ceux qui la regardaient.

—Avec une baguette ça aurait été plus rapide, souligna Drago.

Hermione sursauta. Elle ne l'avait pas entendu arriver, et fut surprise de le trouver aussi proche d'elle. Drago lui adressa un petit sourire d'excuse. Il s'attendait presqu'à ce qu'elle réponde, mais comme toujours depuis plus d'un an, elle se contenta de lui sourire mystérieusement et se remit au travail.

—Elle n'utilise plus la magie depuis… tu sais… expliqua Georges qui avait écouté la conversation de son oreille valide.

En y repensant, Drago n'avait pas vu Hermione utiliser sa baguette depuis qu'il était revenu ici. Bien sûr, il n'avait l'avait pas tellement vue depuis son retour. Elle restait le plus souvent confinée dans sa chambre ou à l'infirmerie avec le docteur Apollyon. Elle ne venait que très rarement dans les lieux très fréquentés tels que la cuisine ou le grand salon, mais parfois, elle leur faisait la bonne surprise de les rejoindre quelques heures. Elle se contentait d'écouter et de sourire, mais sa présence apaisait incontestablement les autres résidents.

Les yeux de Drago se posèrent à nouveau sur Hermione. Il ne savait pas comment réagir avec elle, il aurait aimé poser une main sur son épaule et lui dire de s'accrocher, de tenir le coup et que tout irait mieux, bientôt. Mais qu'en savait-il vraiment ? Il n'était pas médecin, encore moins spécialiste en blocage mental. Alors il ne disait rien.

Il retourna s'asseoir face à sa citrouille et lui jeta un regard mauvais.

— Cette citrouille t'a fait quelque chose ?

Drago tourna la tête pour dévisager Hazel qui lui souriait de toutes ses dents. Il haussa un sourcil, ne comprenant où elle voulait en venir.

— Ta citrouille, répéta-t-elle. Tu lui jettes un regard noir.

Drago l'observa encore quelques secondes avant d'hausser les épaules. Il ne répondit pas. Cette fille le mettait mal à l'aise. La façon qu'elle avait de le dévisager de ses grands yeux verts lui donnait l'impression d'être passé aux rayons X.

Après plus d'une heure à massacrer sa citrouille, Drago reposa sa baguette magique en soupirant. Il jeta un regard autour de lui mais personne ne le regardait, à l'exception d'Hermione dont il croisa le regard tout aussi morose que le sien.

—Drago, donne-moi une bougie ! s'exclama Ginny.

Drago attrapa l'une des nombreuses bougies qui jonchaient la table et la balança à Ginny. Ses réflexes de joueuse de Quidditch reprirent le dessus et elle l'attrapa d'une main leste et habile. Elle venait juste de refermer son petit poings quand Drago se leva d'un geste brusque et s'exclama :

—Je vais prendre l'air.

—Où ça ? demanda Ginny.

—Dans le quartier. J'ai le droit, maman ?

Ginny lui lança un regard noir.

—Potter m'a dit que tout le quartier était protégé, ajouta Drago.

—C'est le cas.

—Bien alors je vais prendre l'air. Ça intéresse quelqu'un ?

Dans son for intérieur, il espérait que personne ne soit intéressé, pourtant, quand il vit Hermione lever la main, il eut un petit sourire en coin.

—Alors Granger, on manque d'air ?

Sans laisser le temps à qui que ce soit de répondre ou de s'y opposer, Drago se dirigea vers elle et empoigna le fauteuil roulant d'Hermione. Sans ajouter quoi que ce soit, tous les deux quittèrent la cuisine, laissant les autres à leurs citrouilles. En quittant la pièce, Drago eut la désagréable sensation de sentir un regard lui transpercer les omoplates, mais quand il se retourna une dernière fois, Ginny était en grande conversation avec Hazel tandis que Ron et Georges avaient abandonné leur citrouille pour parler Quidditch.

Quand ils se furent habillés chaudement, Hermione et Drago sortirent du Quartier Général et s'avancèrent dans l'allée principale du Square Grimmaurd. La maison des Black avait beau se situer à Londres, le calme et la quiétude qui y régnaient donnaient l'impression à Drago qu'il se trouvait dans une maison de campagne. L'agitation de la foule, le bruit des klaxons, les cris, les rires, tout cela semblait disparaitre une fois le premier pied posé dans Square Grimmaurd.

Le fauteuil d'Hermione crissait sur la neige fraîche qui s'était ajoutée la nuit même aux précédentes couches de poudreuse.

C'était une étrange situation, à la fois intrigante et apaisante qui s'était installée entre eux. Drago ne parvenait pas à mettre de mot sur ce qu'il ressentait vis-à-vis d'Hermione. Il y avait d'abord eu la colère de savoir qu'elle s'était faite kidnapper, et la crainte de perdre sa couverture pendant le sauvetage. Il y avait eu la rage et la culpabilité après la mort de Livia et à présent, il y avait le silence.

Ils avaient vécu ensemble quelque chose de fort et chacun l'avait assimilé à sa façon. Drago s'était enfui, Hermione s'était réfugiée dans le silence.

—C'est bizarre, hein, marmonna Drago, plus pour lui-même que pour Hermione.

Celle-ci avait cependant tendu l'oreille pour entendre ce qu'il disait, même si elle-même n'y répondrait pas.

—La Miss-Je-Sais-Tout qui ne parle plus, et moi… qui parle pour ne rien dire.

Hermione se dévissa légèrement le cou pour tourner sa tête en direction de Drago. Ils se jetèrent un bref coup d'œil avant que la pudeur ne les fasse détourner le regard.

Elle ne pouvait pas parler, elle n'y arrivait tout bonnement pas. Mais cela ne signifiait pas qu'elle n'avait rien à dire. Elle voulait le remercier, elle voulait lui dire combien elle était désolée pour Livia. Elle voulait lui dire de se pardonner, tout ça n'était pas de sa faute, mais tout cela restait incontestablement coincé en travers de sa gorge. Alors elle ne disait rien.

—Le marchand d'âme, commença Drago. Ca peut être la solution. Pour tout…

Il ne savait pas vraiment pourquoi il parlait de ça avec elle. Mais au fond, il en avait terriblement besoin. Il aurait aimé connaître son avis là-dessus, il aurait aimé qu'elle lui dise : ne lâche rien, tu as raison, c'est la solution à tous nos maux.

—L'âme du Seigneur des Ténèbres, la mienne, la tienne…

Hermione se tendit dans son fauteuil. La sienne ? En quoi le marchand d'âme pouvait-il être la solution à son âme ? Elle ne pensait pas avoir de problème, du moins, elle essayait de s'en convaincre. Bien sûr, elle y avait pensé quand Drago avait mentionné cette étrange entité de magie. Peut-être qu'on pouvait la sauver de son mutisme, peut être que son âme était trop brisée et qu'il fallait la réparer… Mais c'aurait été croire qu'elle n'y pouvait rien changer, et elle s'y refusait. Elle voulait être forte et à force de travail, elle sortirait de ce silence destructeur qui l'animait depuis des mois.

—Peut-être que…

—HERMIONE ?

Une voix s'était élevé derrière eux. Drago sentit les poils se hérisser sur ses avants-bras quand il se retourna et se retrouva nez à nez avec le docteur Apollyon.

—Ah vous êtes là, s'exclama-t-il, le souffle court d'avoir trottiné jusqu'à eux. C'est l'heure de ta séance de kiné.

Drago le regarda d'un œil mauvais avant de lui adresser un petit rictus.

—Oui c'est vrai, il ne faudrait pas avoir dix minutes de retard, grogna-t-il d'un air mauvais.

—Hermione a besoin de repères, les horaires sont très importants…

—Elle a surtout besoin d'air.

—Non, elle a besoin d'être tranquille et au chaud.

Drago eut un petit rire.

—C'est elle qui vous l'a dit ?

Le ton de défi de Drago eut le mérite de faire taire Apollyon. Au lieu de lui répondre, ce dernier s'approcha d'Hermione et lui adressa un sourire charmeur.

—On y va, Hermione ?

Celle-ci ne répondit évidemment pas et se contenta d'hausser les épaules. Aux yeux de Drago ce n'était certainement pas un oui, mais à ceux d'Ange, cela semblait être une véritable requête. Sans ajouter quoi que ce soit, le guérisseur s'empara du fauteuil d'Hermione et lui fit faire demi-tour. Il la ramena vers la maison, laissant Drago seul, au milieu de la neige.

Sous l'eau brûlante de la douche, Drago réfléchissait. Il ne se l'expliquait pas mais il avait ce besoin presque vital de voir Hermione. Eux qui n'avaient jamais été réellement proches, voilà qu'il éprouvait le besoin d'être en sa présence. Et plus il y réfléchissait, plus il comprenait que peut être, il voyait en Hermione le dernier lien qu'il avait avec sa défunte épouse.

Tout n'était pas clair dans son esprit, mais il avait sacrifié sa couverture d'agent double pour Hermione, et quand il était rentré chez lui, Livia avait disparu. Il savait que tout ne s'était joué qu'à quelques heures, mais tout avait été orchestré pour le punir de sa traitrise. Il n'avait pas sauvé sa femme, mais il avait sauvé Hermione. La mort de sa femme avait été un sacrifice, et à présent, pour honorer Livia, il tenait à ce qu'Hermione vive la vie qu'elle méritait. Pour que Livia ne soit pas morte en vain.

Drago passa le reste de la journée dans sa chambre à tenter de traduire l'intégralité du Livre des Âmes. Quand la nuit tomba cependant, une délicieuse odeur de tarte à la citrouille commença à flotter dans l'air, et l'agitation au rez-de-chaussée semblait signifier que le repas d'Halloween allait commencer.

Quand Drago arriva dans la grande salle à manger, il ne fut pas étonné d'y retrouver de nombreux membres de l'Ordre du Phénix et des enfants qui courraient dans tous les sens.

—Tiens Drago, tu m'aides à mettre la table ? s'exclama Potter en le voyant arriver.

—Est-ce que j'ai le choix ?

—Si tu veux vivre et ne pas te mettre une femme enceinte à dos, non.

Ginny et sa mère étaient en train d'accrocher des centaines de petites bougies au plafond à l'aide de la baguette, tandis que Fleur faisait volter des citrouilles au-dessus des invités. Hermione était là aussi, elle écoutait d'un air distrait Ange qui lui racontait combien il avait toujours aimé Halloween et la façon qu'avaient les anglais de le fêter : très loin de la fête commerciale qu'offraient les français moldus.

Comme on le lui avait demandé, Drago s'activa donc à mettre des couverts autour des trente assiettes qui trônaient sur la table. A côté de lui, Hazel s'occupait de nettoyer les verres en cristal et les tendait à Harry qui les plaçait sur la table.

Quand la table fut dressée et les citrouilles toutes suspendues, Molly et Ginny virent flotter entre les invités des dizaines de plateaux d'argent, sur lesquels avaient été disposés des centaines de petits fours. Il y en avait pour tous les goûts : saumon, saucisse, fromage, tomate, citrouille. Chacun sembla y trouver son bonheur. Drago était en train d'en déguster un à la saucisse quand Hazel s'approcha de lui, deux verres de punch à la main.

—Tiens, dit-elle de sa voix carillonnante à l'intention de Drago.

—Merci, répondit-il, un peu bourru.

Il attrapa le verre qu'elle lui tendait et en avala une bonne moitié avant de lever à nouveau les yeux vers elle. Hazel ne semblait pas prête à partir, aussi se contenta-t-il de faire poliment la conversation.

—Alors tu fais partie de l'Ordre depuis quand ?

—Oh, depuis plusieurs mois. Je suis bouquiniste dans le Londres moldu, mais je connais beaucoup de monde et parfois, mes informations intéressent l'Ordre.

—Tu es une indic' alors ?

—Si on veut, sourit-elle. Sauf que je ne me fais pas payer pour ça.

Drago hocha la tête, et détourna les yeux. Cette fille le mettait terriblement mal à l'aise. Il ne savait pas quoi ajouter, mais elle n'était pas prête de le lâcher.

—Tu es célibataire ?

Drago recracha la moitié du punch qu'il avait dans la bouche dans son verre. Cette question tombait comme un cheveu sur la soupe, et il fut surpris de voir son petit sourire moqueur quand il leva à nouveau les yeux vers Hazel.

—Ouais, répondit-il finalement.

Et combien ça faisait mal de dire ça. Il n'aurait pas dû être célibataire. Il aurait dû être marié et peut être même père… cette pensée acheva de le convaincre qu'il ne devait plus s'approcher de cette fille. Hazel le mettait mal à l'aise et le faisait replonger dans des souvenirs ou bien une vie hypothétique qu'il n'aurait jamais plus.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, Ginny annonça que le dîner était prêt et que chacun pouvait s'asseoir à la table.

Drago attendit patiemment qu'Hazel aille s'asseoir et prit soin de s'installer lui-même à l'autre bout de la table. Elle en sembla déçue, mais ne dit rien, et se contenta de détourner ses yeux émeraude pour engager la conversation avec Fleur, à propos des enfants et de sa propre volonté d'en avoir plus tard.

Le repas se déroula dans la bonne humeur. Drago s'était finalement retrouvé assis entre Georges et Lupin et faisait face à Hermione, elle-même entre Ange et Potter.

A la fin du repas, tous les estomacs étaient repus et chacun se laissa aller contre le dossier de sa chaise, pour mieux digérer la quantité astronomique de nourriture ingérée. Ginny, assise à côté de son mari, avant un petit sourire béat et caressait son ventre avec tendresse. Elle prit la main d'Harry et la posa sur le sommet de son ventre.

—Ta fille bouge, murmura-t-elle.

Harry ne dit rien mais posa ses deux mains de chaque côté du ventre de sa femme et se pencha doucement pour lui murmurer quelques mots. Toute la table semblait attendrie par ce petit geste pourtant anodin. Fleur eut un sourire nostalgie, tandis que Bill lui jetait un petit coup d'œil qui en disait long : un autre petit Weasley viendrait sans doute bientôt agrandir la famille.

—Quelle chance tu as, Ginny, dit Hazel de sa voix chantante.

—Ton tour viendra, Haz', répondit l'intéressée. Peut-être que tu auras des triplets, comme ta mère.

—Oh, s'exclama Fleur, tu fais partie d'une fratrie de triplets ?

—Oui, j'ai deux sœurs nées en même temps que moi. Mais nous ne nous ressemblons pas du tout, sourit Hazel en portant son verre de vin à ses lèvres.

Elle donnait l'impression de ne pas vouloir trop s'étaler sur ce sujet. Drago s'énervait de ne pas réussir à cerner cette fille. Parfois elle parlait trop, se montrait curieuse, d'autre fois elle n'était qu'un mystère incompréhensible.

La conversation reprit peu à peu son court, et Drago se laissa happer par une discussion animée entre Georges, Bill et Ron qui se battaient pour savoir qui serait le parrain de la fille de Ginny. Quand Ron décréta que de toute façon ça ne pouvait être que lui étant donné qu'il était aussi le meilleur ami d'Harry, sa sœur coupa court à la conversation en déclarant qu'ils la baptiseraient pas.

La dispute fraternelle avait fait rire toute la table, et personne ne s'était vraiment aperçu qu'Hermione avait fait rouler son fauteuil lentement jusqu'à la sortie. Drago l'avait vu du coin de l'œil quitter la pièce, mais n'avait fait aucune remarque : après tout, il était déjà tard et peut être que l'agitation qui régnait dans la pièce avait fini par l'achever.

Les minutes passèrent et Drago se sentit peu à peu sombrer dans le sommeil. Avant de piquer du nez dans son assiette, il décida de se lever et souhaita une bonne nuit à tout le monde avant de monter l'escalier qui menait jusqu'à sa chambre, au second étage.

Sur le palier du premier étage cependant, il lui sembla entendre de drôles de bruit. Des gémissements ainsi qu'un rire glacial et dénué de toute humanité. Surpris, Drago sortit sa baguette magique et s'approcha lentement de la porte par laquelle s'échappaient les bruits étouffés.

—Y a quelqu'un ? grogna-t-il en poussant doucement la porte.

Il ne s'attendait pas à se trouver dans une vaste salle de bain médicalisée. Il n'eut cependant pas le temps de s'attarder sur la décoration car en s'approchant d'avantage il réalisa qu'Hermione se trouvait par terre, assise à côté de son fauteuil, l'air complètement pétrifié. Face à elle, une grande silhouette élancée pointait une baguette magique sur Hermione. On ne pouvait distinguer son visage, caché derrière son masque de mangemort, mais quelques mèches de cheveux blonds et ses ongles vernis achevèrent de convaincre Drago qu'il s'agissait d'une femme.

Qui était-elle ? Comment est-elle entrée ? Drago ne chercha pas à comprendre, il s'approcha d'un pas vif et s'interposa entre la mangemort et Hermione. Il n'eut cependant pas le temps de lever sa baguette car déjà, la silhouette encapuchonnée changeait de forme pour se transformer en…

—Non, s'écria Drago, pas ça !

Il avait compris. L'épouvantard n'avait pas tardé à prendre possession de sa peur et bientôt, un corps allongé sur le sol vint prendre la place de l'agresseur d'Hermione. Drago s'approcha, sachant pertinemment ce qu'il allait voir. Allongée là, dans sa plus belle robe, Livia gisait dans une mare de sang. Sa chevelure d'un blond vénitien lui faisait un halo de lumière autour du visage et ses grands yeux bleus le regardaient avec tant de souffrance que Drago sentit son estomac se nouer.

Elle n'était pas encore morte, mais ses derniers mots, il le savait, lui seraient destinés :

—Tout est de ta faute, murmura Livia – ou du moins l'épouvantard – en fermant les yeux d'une manière définitive cette fois.

—NON ! hurla Drago.

Ses yeux s'étaient remplis de larmes avant même qu'il ne s'en rende compte. Et son cœur de lâcher prise, de s'ouvrir à nouveau et de laisser se déverser la douleur de cette plaie béante qu'avait laissé Livia derrière elle. Il se précipita vers elle, posa une main derrière sa tête et porta son front à ses lèvres. Il savait au fond de lui que ce n'était pas elle. Elle n'avait pas son odeur, ni même la peau aussi douce, mais il ne pouvait s'en empêcher.

Il aurait immanquablement sombré dans la folie si à cet instant précis, il n'avait pas croisé le regard apeuré d'Hermione. L'épouvantard les avait eus tous les deux. Dans un élan de lucidité, Drago leva sa baguette et s'écria d'une voix tremblante :

—Ridiculus !

Ce fut cet instant que choisirent Remus, Harry et quelques autres membres de l'Ordre pour apparaître dans l'encadrement de la porte. Alertés par les cris de Drago ils avaient dégainés leur baguette, prêts à en débattre.

Quand l'épouvantard disparu cependant et que Drago eut retrouvé ses esprits, chacun compris que cette histoire avait causé plus de peur que de mal, et tous rangèrent leur baguette. Apollyon se précipita sur Hermione et l'aida à s'installer dans son fauteuil. Elle était blanche comme la mort et ses yeux étaient baignés de larmes. Drago, quant à lui, ne pleurait plus, mais son teint verdâtre ne sembla pas rassurer ses amis.

—Ça va ? lui demanda Potter.

—Ouais, marmonna-t-il. Rien qu'un foutu épouvantard.

—Ouais, on les chasse régulièrement mais ils finissent toujours par revenir.

Drago acquiesça puis quitta la pièce sans dire un mot.

Il se réfugia dans sa chambre, le corps encore recouvert d'une fine pellicule de sueur froide. Il savait que l'épouvantard ne faisait que représenter sa propre peur, qu'il ne s'agissait pas de la réalité. Pourtant, l'entendre dire que la mort de Livia était de sa faute, l'avait bouleversé.

Assis sur son lit, Drago se prit la tête entre les mains. Il était fatigué. Fatigué de souffrir, fatigué de se battre. Fatigué d'être seul aussi. Il était prêt à tout abandonner, une fois encore. A faire ses valises et à partir où le vent le porterait. Et puis il repensa à Granger…

Son épouvantard à elle était tout aussi terrifiant. Qui était cette femme ? Il ne l'avait pas reconnue, pourtant, il avait passé beaucoup de temps aux côtés du Seigneur des Ténèbres et il avait pensé connaître tous ses partisans. Il avait tort. A croire que le Lord n'avait pas eu totalement confiance en lui. Le fait était que cette mangemort était un véritable cauchemar pour Hermione. Il s'agissait sans doute de sa tortionnaire, durant ses trois mois de captivité.

Ce fut sans doute ce qui l'empêcha de fuir à nouveau. Ce besoin presque vital de voir qu'Hermione irait bien à présent, qu'il n'avait pas sacrifié sa propre famille en vain. Il se jura de retrouver cette femme et de lui faire regretter d'avoir fait d'Hermione Granger plus que l'ombre d'elle-même.

Il se promit de trouver ce foutu marchand d'âme et de tout mettre en œuvre pour tuer Voldemort, il se promit de réparer l'âme d'Hermione.

En fait, ce soir-là, Drago se promit tout un tas de choses, et il savait qu'il n'aurait de répit tant que toutes ces promesses ne seraient pas tenues.


Et voilà. Alors, vos avis ? Comme toujours, les premiers chapitres mettent en place l'intrigue, mais peu à peu, on découvrir de nouveaux personnages. Qu'avez-vous pensé d'Hazel ? Et du chapitre en général ? Du lien entre Drago et Hermione ? J'ai hâte de lire vos commentaires. Comme je le disais dans l'intro il se peut que je commence à poster deux chapitres par semaines, donc restez en alerte ! A très vite et portez vous bien.