Chapitre 3 :
Un policier apparut derrière la directrice et expliqua la situation avec le moins de détail possible, quelqu'un avait tué leur professeur de maths et avait laissé un message disant que le coupable se trouvait dans cette école. Le policier demanda ensuite aux élèves de rentrer chez eux en faisant très attention. La directrice interpella alors Ayumi.
- Mademoiselle Yoshida, pouvez-vous me dire qui se trouve au fond de la classe côté fenêtre ? demande la directrice avec un regard indéfinissable
- C'est Mitsuhiko, répond la jeune fille en tremblant
- Je vois, monsieur Tsuburaya pouvez-vous me dire pourquoi il y a un cœur avec écrit Ayumi dedans, sur votre table ?
- Je... je... sais... pas... madame... bégaie Mitsuhiko aussi blanc comme un linge.
Conan rougit, attrape la mains d'Ai et s'éloigne de la classe, la chimiste le regarde surprise, en temps normal le jeune homme aurait directement était sur la scène de crime, elle se rappelle ensuite de leur intrusion juste avant de manger et comprend pourquoi la directrice avait interpellé les deux enfants.
- Hé Kudo ! Tu les laisses dans le pétrin ? demande la chimiste.
- Tu veux que je fasse quoi ? Tant pis pour l'enquête, je n'ai pas envie de me faire coller déjà que c'est chiant de refaire un passage ici alors j'aimerais autant éviter le plus possible les colles ! réplique le détective.
Ai soupire, c'était bien la première fois qu'elle voyait Conan s'enfuir. Un grand silence s'installe entre les deux faux enfants qui arrivèrent bientôt chez Agasa. Ai était inquiète, quoi que fasse les enfants, elle n'aimait pas l'idée qu'ils soient punie pour dégradation de matériel alors que ce n'était pas eux les coupables. Le détective la rassure en lui disant que la directrice ne serait pas trop sévère vu les événements récents et que de toute évidence s'il se prenait une heure de colle ou deux ça les calmerait peut-être.
Les cours du lendemain avaient été annulés, Conan passe une partie de la journée en compagnie d'Ai dans le laboratoire. Toujours rien du côté de l'organisation ce qui inquiète fortement les deux complices. De plus Ai n'arrive plus à avancer sur la recherche d'un antidote pour l'APTX-4869 mais elle se refuse de l'admettre à Conan de peur qu'il se fâche. Un téléphone sonne, c'est celui de Shinichi, Conan prend le ruban qui se trouve sur la table, tourne le bouton et répond avec son ancienne voix, c'était Ran. Elle lui demande des nouvelles et il invente une histoire comme quoi il se trouve actuellement en Amérique avec ses parents. Il se haïssait à lui mentir de la sorte mais que pouvait-t-il faire de plus ? Il raccroche son téléphone et regarde la chimiste.
- Tu penses qu'on peut cesser d'aimer quelqu'un quand le lien qui nous unis change ? Je veux dire avant j'allais en cours et compagnie avec elle maintenant je dors chez elle mais j'ai dix ans de moins... murmure Conan.
Bien que son cher camarade de mauvaise aventure avait murmuré, Ai l'avait entendu et elle répondit en toute franchise.
- Honnêtement, je n'en sais rien, l'amour a une logique que la logique elle-même ignore mais n'est-ce pas une illusion d'aimer quelqu'un ? Qu'est-ce réellement d'aimer quelqu'un ?
Conan réfléchit mais ne trouvant rien à répondre, il choisit de se taire. Il se lève et va rejoindre la chimiste qui se trouve sur une chaise en face de l'ordinateur, il observe ce qu'elle fait mais ne comprend rien à ce qu'elle écrit, c'est d'un niveau bien trop élevé même pour lui. Cela faisait des années qu'elle cherchait mais ne trouvait rien, il soupire, toujours la même scène de la chimiste tapant sur l'ordinateur et lui la regardant.
Il quitte le laboratoire pour aller trouver le professeur Agasa dans le salon. Il jouait à une de ses nouvelles inventions, encore un programme sans intérêt se dit Conan. Il s'assoit à côté de son ancien voisin et prend une seconde manette, il reçut le rôle du détective ce qui le fit sourire. Le professeur lui avait le rôle de l'inventeur catastrophe. Ils devaient unir leur force pour combattre un groupe de malfaiteurs. La partie se finit par une défaite pour le côté du bien. Conan remet la manette sur la table basse. Il voyait très bien ce qui avait inspiré le professeur et ça ne lui plaisait donc pas du tout de s'être fait battre aussi facilement. Il quitte le salon et va dans la chambre d'ami où il dort ce soir, il prend un roman policier et le lit sûrement pour la trentième fois au vu de l'état du livre. Les pages sont déchirées à certains coins et la couverture est abîmée. La journée se fut longue pour les trois habitants de la maison et ils se couchèrent tôt.
Le quatrième jour de cours était un vendredi, dernier jour de la semaine, une des femmes de ménage avait été arrêté par la police pour le meurtre du professeur de mathématique, elle l'aurait tué car il aurait envoyé aux buissons ses sentiments ce qui l'avait emplie d'une rage sans limite.
Les élèves commençaient par français, rien de spécial ne se passa, les deux faux enfants échangent un regard, ils espèrent en silence que les vrais enfants ont laissé tomber mais c'est bien mal connaître Ayumi et Mitsuhiko. A cause de Conan et Ai ils s'étaient pris deux heures de colles. Les cours n'ayant pas eu lieu hier ils ont pu mettre leur vengeance en place, en effet pendant qu'Ai avait le dos tournée en cours d'histoire, Ayumi mis un ballon rempli d'eau dans le sac d'Ai et à l'aide d'une aiguille le fit exploser. Elle s'était éloigné le plus vite qu'elle avait pu pour éviter de recevoir de l'eau. Ai était furax, ses chaussettes et ses chaussures avaient reçu de l'eau et son cartable était inondé. Conan eut tout le mal du monde à la calmer. Ils demandèrent au professeur pour aller vider le sac d'eau. Pendant qu'ils partent aux toilettes, le professeur fit la morale aux autres élèves en essayant de deviner qui était le ou la coupable. Coupable qui bien sûr garda le silence.
- Sérieux ! Ayumi exagère ! rumine Conan.
Ils commencent à vider le sac des cahiers, trousses et autres affaires scolaires puis le vidèrent de l'eau. Le sac était foutu et les affaires aussi hormis les outils de géométrie qui étaient en plastique. Ai pesta son livre tout neuf de chimie qu'elle avait acheté la semaine dernière pour ses recherches était totalement foutu. Elle haïssait cette petite peste sur le coup mais se reprit en pensant qu'elle avait dix ans de moins qu'elle.
Ils retournèrent en classe et enchaînèrent l'histoire par l'heure de vie de classe. L'heure de manger arriva. Ai raconta à qui voulait bien l'entendre l'histoire de son premier baiser avec Conan qui bien entendu était fausse.
- C'était cet été, on était à la plage avec Agasa, d'ailleurs c'était génial là-bas, une température parfaite. Bref ce n'est pas le sujet, donc on était à la plage, le soleil commençait à se coucher, ah qu'il était beau ce coucher de soleil ! Et pis là Conan est venu vers moi, il a mis ses mains sur mes joues, il a approché son visage du miens et là... ah si vous saviez c'était si romantique ! décrit Ai avec un sourire.
Elle avait attendu qu'Ayumi passe à côté d'elle pour en parler, elle était contente, le visage d'Ayumi était devenu si blanc. Conan regardait de loin Ai parler à ses amies si on pouvait les appeler comme ça et Ayumi qui écoutait elle aussi son récit. La dite Ayumi ayant aperçu Conan s'en approcha pour savoir si c'était vrai.
- Conan-kun ? C'était comment ton premier baiser avec Haibara ?
- Hein ? Euh... De qu...
Le jeune détective fut interrompu par sa meilleure amie qui venait à sa rescousse.
- Voyons Ayumi, je sais très bien que tu as entendu ce que j'ai dit, pourquoi demandes-tu confirmation à Conan ? Ne me crois-tu pas ?
La jeune fille en question soupire et tourne les talons à ses anciens amis. Elle devait récupérer son amour de toute urgence, elle ne pouvait pas le laisser avec cette fille. Qu'est-ce qu'elle avait de plus qu'elle ? Elle est belle d'accord, elle est un génie ok, elle est populaire ? Bon d'accord elle avait tout pour elle alors qu'Ayumi était juste belle et encore. Mais quand même pourquoi Ai et pas elle ? Elle avait tout fait pour Conan, elle se maquillait tout les jours avec soin depuis qu'ils étaient au collège mais pas une fois, il n'avait complimenté Ayumi. Ai, elle, ne se maquillait pas, elle avait de beaux traits naturellement, ça avait toujours eu le don d'exaspérer Ayumi qui enviait son ex-meilleure amie.
Conan prit Ai par la main et ensemble ils se dirigèrent vers les plateaux, ils en prirent un chacun puis prirent à manger et partirent s'asseoir à une table. Cet après-midi ils avaient anglais, physique-chimie et japonais.
Toute la classe était maintenant au courant de la guerre qui s'était lancée entre ceux qu'on se plaisait à appeler les inséparables, en effet depuis leur rencontre ils avaient toujours été dans la même classe mais désormais c'était la guerre et ce fut au grand étonnement de toute leur classe et même du collège entier.
Le détective et la chimiste rentrent chez le professeur Agasa pour se changer. Ai jette son sac dans la grande poubelle noir. Elle regarde ses livres. Ils ne servent plus à rien. Elle les jette à leur tour mais dans la poubelle pour le recyclage bien qu'elle doutât que ceci soit recyclable.
Après avoir essuyé les objets sauvés de cette inondation au ballon, ils partirent chercher de nouvelles affaires au magasin de papeterie à quelques rues de là. Ça embête la chimiste de dépenser de l'argent pour autre chose que ses recherches mais elle n'avait pas le choix. Les achats fait elle tira le bras de Conan pour l'amener devant une bibliothèque.
- J'avais un livre dans mon sac pour les recherches sur l'APTX-4869 mais maintenant, il n'est plus donc il faut que j'en rachète un, explique la chimiste.
Ils entrèrent dans cette bibliothèque à l'aspect lugubre. A en juger par la poussière et la matière, quatre-vingt pour cent de ces livres devait avoir plus de cinquante ans. Ai se dirige vers une étagère qui menace de s'effondrer d'une minute à l'autre. Elle prend un des rares livre qui semble neuf puis observe un livre qui au vu des pages jaunis et de l'odeur a du faire son temps. La chimiste ne le repose pas et part vers la caisse avec les deux livres. Elle tend l'argent à un vieil homme qui avait bien quatre-vingt-dix ans. Il n'avait plus de dent mais sourit aux enfants. Conan était intrigué par cet homme, il sentait émané de lui une profonde tristesse et une solitude qui pesait lourd dans son esprit. Ai rendit son sourire au vieil homme, un sourire que Conan ne voyait pas souvent.
Ils rentrèrent chez le professeur Agasa et Ai s'enfermèrent dans le laboratoire pendant que Conan retourne à ses éternels romans policier.
