Chapitre 3

« C'est injuste » déclara Agnès en boudant.

« Qu'est-ce qui est injuste Agnès ? » lui répondit Altaïr avec un regard moqueur. Elle savait parfaitement de quoi son amie parlait mais elle ne pouvait pas résister à la tentation de la taquiner un peu.

« Que tu ais déjà réussi l'exercice. Le pire c'est que c'est le cas à chaque fois ! Comment tu fais pour être aussi douée en métamorphose ? Ça c'est injuste. Mon stupide livre ne veut même pas avoir un début de plume tandis que le tien est devenu une poule qui caquète depuis déjà 10 minutes. »

« Chacun ses secrets. On en parle de tes dons en sortilèges ? Tu finis toujours avant tout le monde. Laisse-moi savourer un peu ma gloire en métamorphose »

Altaïr clôt ainsi la conversation avec un sourire triomphant. Elle n'avait certes pas tout dit. Mais elle n'allait certainement pas lui expliquer le pourquoi du comment de ses prodiges en métamorphoses, surtout avec les recommandations de ses parents à la rentrée.

« Très belle métamorphose Mademoiselle Black. 10 points pour Serpentard. »

Minerva Mcgonagall regretta encore une fois que cette étudiante n'ait pas atterri dans sa maison. Que la jeune fille soit à Serpentard n'était pas surprenant. Après tout, un seul Black avait dérogé à la règle. Mais la professeure de métamorphose aurait aimé avoir ce géni dans sa matière dans sa maison. Au début, la professeure serrait les dents en donnant systématiquement des points à Serpentard pour ses triomphes en métamorphose. Avec le temps cette frustration s'était transformé en dépit de voir la jeune fille appartenir à la maison adverse. Un autre sentiment était également né chez la professeure : la curiosité. Elle n'en avait parlé à personne mais le dernier géni de cette envergure qu'elle avait pu avoir dans sa classe était Inari Kitsune, il y a 20 ans de cela. La professeure avait appris que la jeune femme avait été déclarée disparu pendant la guerre. Cela l'avait attristé de perdre une élève aussi talentueuse. Désormais, elle surveillait la jeune Black. Un tel talent ne pouvait être gâché, même les métamorphomages n'avaient pas une telle maîtrise de la matière. La cloche retentit, tirant la professeure de ses réflexions.


« On va avoir notre premier cours avec le fameux Professeur Lupin ! » s'exclama Agnès en gloussant.

« Tu imites très bien Emily »

Les deux amies éclatèrent de rire en se dirigeant vers la salle de défense contre les forces du mal. Le professeur ne tarda pas à arriver et laissa entrer ses élèves. En passant à côté de lui, Altaïr remarqua à nouveau son étrange odeur. C'est songeuse qu'elle s'installa dans la classe.

« Bienvenue dans votre premier cours de défense contre les forces du mal. Je suis le professeur Remus Lupin. Aujourd'hui le cours se déroulera en deux parties. Je vous ai préparé un questionnaire théorique pour évaluer votre niveau, puis nous commencerons le programme. Le test n'est pas noté. Je vous prie de me préciser dans votre copie si vous avez des difficultés sur certains sujets. Cela me permettra d'adapter le niveau pour vous préparer au mieux aux BUSEs qui se dérouleront à la fin de l'année. »

À peine avait-il fini ses mots que des sujets volaient vers chaque étudiant. Altaïr était soufflée par le professionnalisme et la pédagogie dont semblait faire preuve ce nouveau professeur. C'était un changement radical par rapport à Lockhart. Elle se plongea dans le test et cru qu'elle allait s'arracher les cheveux. C'était simple : elle ne pouvait à peine répondre qu'à la moitié des questions. Un bref coup d'œil à ses camarades lui permis de voir qu'elle était loin d'être la seule dans ce cas. Ils avaient apparemment un niveau catastrophique en défense.

Au bout d'une petite demi-heure, les copies s'envolèrent vers le bureau.

« Bien maintenant levez-vous s'il-vous-plait. Nous allons commencer le programme par de la pratique. Nous commencerons doucement par un rappel de 3e année. »

Le professeur fit un mouvement de baguette qui fit disparaitre les pupitres et les chaises. Il se tourna vers un imposante armoire ébène qui trônait au fond de la salle. Le meuble était secoué de tremblements sporadiques. Il semblait pris de spasmes violent, ce qui se manifestait par d'inquiétant grincements.

« Quelqu'un peut me dire ce que cette armoire contient ? »

« Un épouvantard je suppose, Professeur »

« Très bien Monsieur Jordan, 5 points pour Griffondor. Qui peut me rappeler ce qu'est un épouvantard ? »

Après quelques réponses peu détaillées de la part des élèves, le professeur débuta ses explications. Puis, vint le moment où les étudiants se préparèrent à affronter la créature. La porte s'ouvrit d'abord sur Lee. Un énorme serpent en sortit. Il fut bientôt réduit à l'état de serpentin par le Ridikulus du Griffondor. Les élèves se succédèrent rapidement. Le passage des jumeaux jeta un froid : Fred vit le cadavre de Georges tomber du placard, Georges vit celui de Fred. Puis ce fut à Agnès. Son épouvantard se transforma en une magnifique femme vêtue de blanc. Après quelques secondes d'observations, tout le monde compris que cette femme n'était autre qu'Agnès plus vieille en robe de mariée. La jeune fille désamorça néanmoins vite la situation en se débarrassant de l'épouvantard.

Enfin ce fut au tour d'Altaïr. La créature sortit de son armoire et sembla hésiter un instant. Cela ne dura néanmoins pas longtemps et l'épouvantard pris une forme inattendue : un cadavre de renard à côté duquel se trouvait un exemplaire de la Gazette du Sorcier. Elle devina rapidement ce qui était écrit sur ce journal. Personne ne devait savoir. C'est pourquoi elle reprit vite ses esprit pour lancer un Ridikulus avant que quelqu'un ne s'approche pour lire l'exemplaire de la gazette.

En retournant à sa place, Altaïr ne manqua pas le regard interrogatif du professeur. Il avait pu lire la gazette ! Affolée, elle tenta de garder son calme pendant que les étudiants sortaient de la salle de classe en bavardant.

« C'était trop bien ce cours ! »

« On a enfin fait quelque chose d'intéressant. Pas comme l'année dernière avec l'autre crétin de Lockhart. »

« D'ailleurs tu savais que toutes les années font l'épouvantard au premier cours ? Ça doit être sa tradition. »

« Oui Ron m'avait dit qu'ils l'ont eu aussi. Apparemment, ils ont même vu l'épouvantard de Lupin. C'est une sphère argentée qui flotte dans le ciel. »

Cette remarque attira l'attention d'Altaïr. Une sphère argentée qui brille dans le ciel… Cet homme avait une odeur étrange en plus. Elle devait creuser cette affaire. Elle allait en parler à ses parents. Cet homme avait vu son épouvantard. Il était trop dangereux de laisser cet évènement sans conséquence.


« C'était un cours fort en émotion. »

Altaïr se tourna vers son amie. Elle se rappela alors soudainement l'épouvantard d'Agnès. Son amie avait peur de se marier. Une telle peur n'était pas naturelle à seulement 15 ans. Élevée par un sang-pur et dans le respect de leurs traditions, Altaïr connaissait les usages de cette société. Elle avait peur de comprendre ce que signifiait la peur de son amie. Alors elle lui demanda doucement :

« Comment s'appelle-t-il ? Ton fiancé ? »

« Je n'en ai pas encore » répondit Agnès avec un sourire amère. « Mais j'ai reçu des lettres cet été. Je sais que mes parents y pensent. J'ai peur qu'il me trouve un fiancé avant même que j'ai fini ma scolarité. Qu'est-ce qui se passera si le type refuse que je travaille ? Je voulais devenir briseuse de sorts. Ça fout tout en l'air ces foutus lettres ! »

La jeune fille était attristée par l'état de son amie, elle ne savait néanmoins pas trop quoi faire pour la consoler ou l'aider. En effet, si Regulus et Inari avaient tenu à faire d'Altaïr une digne héritière de la noble famille des Black (ainsi que de la noble famille des Kitsune mais sur ce point ils restaient tous les trois discrets), les parents avaient néanmoins refusé d'imposer à leur fille ce à quoi ils avaient tous les deux échappé : un mariage arrangé.

Les traditions sang-pure étaient sacrées pour certaines familles. Les Français avaient beau être plus progressistes, les Fontanges étaient de la vieille noblesse française. Pour tout dire, les parents d'Agnès regrettaient encore la mort du roi. Agnès partageait leurs idées pendant son enfance, elle avait été éduquée par les elfes de maison et des précepteurs privés et n'avait jamais vu le moindre « manant » de sa vie. L'erreur des Fontange fut probablement d'inscrire leur fille à Poudlard.

Le choix paraissait logique au début : le couple vivait en Angleterre en raison du poste du Comte de Fontange au Consulat magique des Français sorciers de Londres. D'un côté, la bonne société anglaise comportait de nombreux bons partis qui feraient leurs études à Poudlard. Tandis que de l'autre côté, l'école française de magie de Beaubâton venait de nommer pour directrice une demi géante répondant au nom de Mme Maxime. Entre une école fréquentée par de bonnes gens et un établissement dirigé par une hybride, le Comte et la Comtesse de Fontange n'avaient pas hésité une seconde : bien que Française, la jeune Agnès ferait ses études à Poudlard.

Les études auprès de la bonne société britannique auraient pu faire d'Agnès la jeune fille bien élevée attendue par ses parents. Le problème, c'est qu'elle eut Ulysse, Émilie et Altaïr comme meilleurs amis : un né-moldu et deux sang-mêlées. Auprès d'eux, Agnès découvrit un nouveau monde dans lequel les femmes travaillaient, étaient indépendantes, et parfois même chef de famille. Puis elle se découvrit une passion pour les enchantements et la défense. C'est ainsi que trois ans après son entrée à Poudlard, Agnès de Fontange déclara à ses amis qu'elle serait la plus grande briseuse de sorts de tous les temps, et que personne ne lui marcherait sur les pieds.

Elle ne tint évidemment pas les mêmes propos devant ses parents. Néanmoins, d'une manière ou d'une autre, le Comte et la Comtesse avait entendu parler des libertés que semblaient prendre leur progéniture. Ils avaient maintenant décidé qu'il était grand temps d'y mettre fin et avaient pris contact avec les familles qu'ils estimaient convenables dans la prévision d'un contrat de mariage.


Blabla de l'auteur

Bien le bonjour mes chères lectrices et mes chers lecteurs ! Merci beaucoup de suivre cette histoire. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Les personnages commencent à s'étoffer. À votre avis quel est le secret d'Altaïr ? Et que pensez vous du personnage d'Agnès ?

Merci encore de me lire !