Tout d'abord, bonnes vacances à ceux qui ont la chance d'en profiter ! (je ne sais jamais les calendriers scolaires désolée XD)

Voilà un troisième chapitre de ma petite Hope, encore des entrées de perso, j'espère que vous ne finirez pas complètement perdus !

Enfin je n'en dis pas plus, profitez !

Chapter 3 : The Icy Swordman

Après ce léger incident Gumi marchait en direction de la sortie du parc avec celui qu'elle avait cherché toute la journée durant. C'était un jeune homme de vingt ans, assez petit pour son âge car il dépassait la jeune fille d'une dizaine de centimètres seulement, il avait les cheveux bleus ciels dont des mèches tombaient sur son visage en se colorant de blanc et les yeux d'un rouge plus foncé que ceux de Haku. Il portait une armure argentée assez légère qui alliait les pièces de métal à celles de cuir pour fournir un mouvement plus aisé et les dorures appliquées sur le haut de l'équipement et le bouclier fixé dans son dos témoignait de son rang plus élevé de la moyenne.

Car même si le garçon était loin d'aimer les relations avec les autres et donc l'idée de devoir commander un groupe de soldats, ses capacités l'avaient élevé jusqu'au rang de sous-officier de division tandis que son caractère un peu paresseux sur les bords l'empêchait de s'élever plus haut à son grand bonheur. En effet, s'il y avait bien une chose qu'il détestait c'était devoir diriger ces incapables qui avaient besoin d'un ordre pour savoir que lorsque l'on veut garder correctement un endroit il fallait établir des tours de garde alors si en plus il devait prendre la direction de divisions entières, il n'aurait plus qu'à démissionner et se retirer dans un coin calme et tranquille. Mais même s'il était loin de collectionner les véritables relations, il n'était pas aveugle en ce qui concernait les autres, par exemple en ce moment il voyait bien que celle qui marchait à ses côtés, et qu'il avait presque oublié depuis leur dernière rencontre, avait quelque chose à dire mais qu'elle hésitait, comme d'habitude.

Et il ne se trompait pas, la jeune fille qui marchait silencieusement depuis leur rencontre surprenante aurait facilement pu oublier qu'elle n'était plus seule tant ses pensées envahissaient son esprit. Car même si jusqu'à présent l'idée de parler au dénommé Matsuda Ppoiyo était des plus attirantes une fois en face de lui elle se dit que peut être ce n'était pas une bonne idée, il était de la garde royale du Royaume Bleu après tout, cette information serait un recommencement de la guerre, or était-ce nécessaire ? Une nouvelle guerre ferait de nombreux morts… Cette femme, Haku serait peut être condamnée pour avoir caché l'ancienne princesse, et même si Gumi était en colère contre elle pour avoir caché cette dernière, elle ne pouvait pas souhaiter sa mort après ses gentillesses et la confiance dont elle avait fait preuve à son égard.

Si une chose était sûre, c'est bien que la jeune fille ne voulait pas créer de problèmes, surtout pas pour la santé de sa petite conscience. Sa résolution était ferme, elle ne lui en parlerait pas, mais alors pourquoi est-ce qu'une voix au fond d'elle la suppliait de tout livrer à ce garçon ? Ce garçon qui brisa le fil de ses pensées d'une phrase prononcée d'une voix traînante :

« Je suppose que tu as quelque chose à faire ici… Mais vu ce qu'il reste de tes réflexes tu devrais aller te reposer, non ? » On pourrait presque croire qu'il se souciait d'elle, mais en faisant un minimum attention à son ton, il était clair qu'il disait cela pour se débarrasser rapidement d'elle et retourner à ses occupations. Cependant son interlocutrice ne fit pas attention à ce sens caché de sa phrase et garda à l'esprit une certaine inquiétude qui même si purement illusoire lui faisait plaisir.

« Tu dois avoir raison ! Où est-ce que je pourrais te trouver demain ? » Ajouta-t-elle alors qu'il commençait déjà à s'éloigner, sa question eu le don de le faire s'arrêter immédiatement, mais il ne se retourna pas pour autant.

« Tu ne vas pas me dire que tu es venu me voir ? » Sa question la surprit grandement et c'est incertaine qu'elle lui répondit.

« Ou- oui en effet… Je… Enfin… Je voulais te parler de certaines choses… » Elle l'avait finalement dit, elle ne le voulait pas ses mots lui avaient échappés, c'était finalement cette partie d'elle qui avait gagné. Comment pouvait-elle faire demi-tour, inventer une histoire demain ? Mais maintenant qu'elle y était… Et voudrait-il l'écouter au moins ? Ppoiyo marqua une pause de réflexion et dit simplement en recommençant à partir :

« Devant les portes du château. A sept heures. »

oOo

Une quinzaine de minutes avant que le clocher de la ville ne sonne les sept heures, le jeune sous-officier de la garde royale passa les portes de bois précieux du château, décorées de pierres grises marbrées qui donnaient au bois d'un éclat doré un air mystérieux. Il alla s'asseoir sur un muret de pierres blanches d'un peu plus d'un mètre de haut qui entourait les murs d'un blanc immaculé constituant les murs d'enceinte du château royal afin de délimiter le tour de garde des soldats et empêcher les gêneurs d'obstruer la voie. Techniquement, il n'avait pas le droit de s'asseoir là, mais il n'en avait rien à faire, rester debout à devoir supporter le poids de son armure (même si allégée) aurait été beaucoup trop fatiguant. De toute façon il ne serait pas renvoyé pour ça et même si c'était le cas, il n'en avait rien à faire, travailler n'était pas une passion, loin de là.

Pourtant, même si une partie de lui remerciait Gumi pour lui permettre de quitter son poste pendant quelques minutes, ce qui le faisait rester ici était uniquement la pointe de curiosité qui s'était réveillée et voulait connaître la raison de la venue de jeune fille. Elle avait dit vouloir lui parler de quelque chose, ce n'était donc qu'un caprice personnel de petite fille, c'est pourquoi si ça n'en tenait qu'à lui il serait parti sans rien lui dire. Mais même si c'était un caprice, il reconnaissait que la jeune fille n'était pas aussi immature qu'on pouvait le croire aux premiers abords, du peu qu'il avait vu d'elle depuis leur rencontre elle faisait trop vite confiance et était d'une maladresse déroutante, sans parler de la futilité de certaines de ses pensées.

Toutefois, elle était une gentille fille qui allait toujours vers les autres s'ils semblaient aller mal et restait campée sur l'idée d'obtenir des aveux et la possibilité d'aider jusqu'à ce qu'on lui fasse comprendre, avec violence si nécessaire, qu'elle n'était pas à sa place. Il avait déjà utilisé de ce genre de méthode avec la jeune fille, lors d'un de ses séjours dans la capitale, c'était d'ailleurs ainsi qu'ils s'étaient rencontrés, mais elle s'était trop intéressée à ce qu'il pouvait cacher et il l'avait durement (un peu trop ?) rejetée. Mais il ne s'en sentait pas coupable le moins du monde, elle l'avait cherché, et de toute façon, il n'aimait pas qu'on s'occupe autant de lui, ça le mettait mal à l'aise.

Les sept heures sonnèrent finalement alors qu'une certaine agitation prenait place dans la ville, c'était à cette heure que les marchés se remplissaient de clients potentiels, les ventes à la crié commençait donc avec les promotions prononcées assez fortement pour être entendues à quatre cent mètres à la ronde. La jeune fille aux cheveux verts n'était toujours pas là, ce qui agaça fortement celui qui l'attendait maintenant depuis près de vingt minutes. Certes, il ne s'attendait pas à la voir arriver juste après lui, mais sept heures sonnantes était vraiment trop demandé ? On voyait bien que ce n'était pas elle qui avait un poste à tenir. Heureusement pour la jeune fille, elle arriva peu de temps après, courant jusqu'à lui, essoufflée, les mains sur ses genoux lui permettant de se pencher vers le sol sans tomber pour reposer ses côtes douloureuses. Il la regarda faire, ne lui dit rien et ne bougea que lorsqu'elle releva la tête vers lui, il se mit alors debout, délaissant le muret derrière lui qui était pourtant assez confortable. Elle lui donna un de ses habituels sourires éclatant, c'était à se demander si elle était née en souriant à ses parents et aux docteurs, mais pas de chance pour elle, voir les gens de bonne humeur avait tendance à l'agacer.

« Excuse-moi du retard ! C'est le clocher qui m'a réveillée et je me suis perdue en chemin… Oh et il y avait ce petit garçon qui semblait perdu ! Et puis cette vieille femme avait besoin d'aide pour traverser… Et- »

« Ca va. J'ai compris. Tu es désolée. » La coupa-t-il avec un léger soupire pour éviter qu'elle ne lui fasse un récit de plusieurs heures sur les dix premières minutes de sa journées, elle ne fût pas déstabilisée par son ton froid, ayant appris à faire avec, même si sa phrase l'avait un peu surprise.

« Tu… Tu es sûr que tu as le temps ou- » Commença-t-elle a demander, mais une fois de plus il l'interrompu, la voix beaucoup plus dure.

« Je t'ai dis de venir aujourd'hui, ici, à cette heure-la, parle ou je retourne au château et tu ne me reverras plus. »

« D- d'accord ! » Dit-elle rapidement, comme s'il menaçait de partir à chaque instant bien qu'il n'est pas fait un mouvement pour lui laisser penser. « Je… Je suis consciente que parler de ça est un peu égoïste et- » encore une fois il la coupa avant qu'elle n'aille trop loin, d'un tapement de pied contre le sol pavé cependant, elle déglutie, cherchant à gagner des secondes pour tout mettre en ordre dans sa tête et dit : « Je suis allée voir une amie… Au Pays Jaune, elle avait servit la famille royale toute son enfance… Elle m'a révélé une chose… Je- j'avais besoin d'en parler à quelqu'un… » Elle regarda autour d'eux pour s'assurer que personne n'écoutait. « Je voulais quelqu'un qui saurait réagir de façon mesurée… » Elle marqua une nouvelle pause et reprit. « Elle m'a dit que Rin Kagamine, la princesse du Pays Jaune était encore en vie… Je ne l'avais pas complètement cru, puis je l'ai vu de mes propres yeux… » Cette fois se fût un grand silence qui s'installa, Gumi observait le visage de son ami, craignant sa réaction, une réaction qu'elle aurait bien plus redoutée si elle avait sût tout ce que renfermait son visage de pierre.

« Où ? » Interrogea brusquement Ppoiyo.

« Eh ? Hum, dans un couvant, sur la côte de l'ancien territoire Jaune… » S'il lui avait dit ce qu'elle avait tenté de savoir il y a longtemps, il aurait été la dernière personne à qui elle aurait parlé de tout ça. Les yeux du garçon s'étaient vidés, sa pupille se perdit dans le passé.

Le visage d'une jeune femme lui revint en mémoire, il ne l'avait jamais oubliée, elle et ses sautes d'humeurs, tantôt joueuse arborant son magnifique sourire, tantôt sérieuse avec une adorable moue se formant sur son visage. La magnifique Ppoine enviée de tous les hommes qui avaient un jour posés leur regard sur elle, sa sœur, d'un an sa cadette, et pourtant tellement plus mature que lui. Cette sœur aux cheveux bleus descendant sur son épaule gauche et aux yeux tout aussi rouges que les siens, mais bien plus pétillants. Elle n'avait jamais laissé son frère seul, même lorsqu'il avait tenu des propos désobligeants à son encontre, elle restait près de lui, lui laissant tout de même son espace vital dont elle seule connaissait les limites, et quand il était calmé elle le laissait s'excuser en ne faisant que sourire. Oui, il était vraiment un gamin comparé à elle.

Il s'était toujours demandé si ce n'aurait pas dû être elle l'aînée d'eux deux, s'il n'y avait pas eu une erreur. Elle n'aimait pas qu'il dise ça, elle lui disait combien elle le trouvait intelligent comparé à tous ces idiots. Ils avaient toujours évolués ensembles, se laissant tout de même une certaine liberté pour faire ce qu'il leur plaisait avec d'autres personnes (pour Ppoine uniquement). Ppoiyo était allé à la capitale, elle, était restée chez leur parents. S'il l'avait prise avec lui en ville, ce ne serait pas arrivé. S'il avait juste un peu insisté pour qu'elle découvre la ville d'elle-même, elle serait encore là. Il ne regrettait pas la mort de ses parents, pas qu'il ne les ais pas aimé, mais ils n'étaient plus tout jeunes, avaient vécu, elle, n'était qu'une enfant de dix sept ans, encore naïve et désireuse de voyager. Si elle avait quitté leur village ce jour là, elle n'aurait pas été tuée par les soldats du Pays Jaune qui avait tentés d'attaquer le Royaume Bleu en passant par les montagnes.

Depuis, il pensait avoir été vengé, la Princesse Tyrannique avait été décapitée, les soldats fautifs avaient été éliminés, il avait fait partie de ceux ayant porté l'épée contre eux et avait même rejoint l'armée peu de temps après. Sa sœur n'était pas revenue, mais son crime avait été lavé, il aurait dû pouvoir retrouver la paix après s'être renfermé sur lui-même. Mais il devait retourner au combat dorénavant, pas vrai ? Il ne pouvait pas la laisser vivre, pas après toutes les souffrances qu'elle avait causé, cet être détestable qui lui avait tout pris.

« … Ppoiyo… ? » Dit timidement Gumi qui bien qu'ayant attendu patiemment jusqu'à présent commençait à s'inquiéter pour son ami.

« Matsuda. » La corrigea-t-il, il n'aimait pas qu'elle l'appelle par son prénom, il n'aimait pas qu'on l'appelle par son prénom. En fait, il n'aimait pas son prénom, ou plutôt, comment il sonnait dans la bouche d'autres que sa soeur.

« Ou- oui Matsuda… » Elle se trouvait un peu idiote de ne rien dire de plus, mais elle ne voyait vraiment pas quoi dire, il avait l'air de souffrir mais la dernière fois qu'elle s'était inquiétée de son état il l'avait très mal pris. Sur le coup, elle avait été profondément blessée, elle s'était vite écartée de lui, puis elle était rentrée chez elle avec son père, s'était la dernière fois qu'ils s'étaient vu jusqu'à aujourd'hui. Sans doute le garçon était surpris qu'elle lui ait reparlé, mais elle ne lui en voulait vraiment plus, il était comme ça, elle l'avait compris un peu trop tard. Mais ce sentiment de confort qui s'était installé maintenant qu'elle lui reparlait, ayant l'impression de le connaître un peu mieux, presque comme une amie, s'effondra avec la surprise provoquée par sa dernière phrase, qu'il prononça dans une sorte de murmure.

« Merci de me l'avoir dit. » Elle ne comprit pas vraiment pourquoi il dit ça, en fait, elle ne le comprit pas du tout, c'était plutôt à elle de le remercier car grâce à sa brève écoute elle avait tout de même un peu soulagé son cœur. Il ne pouvait pas lui dire quoi faire, mais comme on dit, parler de ses problèmes aide toujours à les voir sous un autre angle et à trouver des réponses. Elle n'aurait qu'à faire comme si de rien n'était, après tout cette fille, même si ancienne tyran, semblait avoir arrêté ses crimes… La pensée de la laisser vivre tranquillement après tout ça ne lui plaisait pas vraiment, mais elle ne se voyait pas la recondamner à mort.

Le jeune homme en face d'elle lui fit un bref signe d'au revoir de la main et retourna dans l'enceinte du château sans un mot. Elle compris qu'elle ne le reverrait sans doute pas mais préféra tout de même rester dans la capitale quelques jours, au cas où il se déciderait à lui parler. Car elle voulait vraiment l'aider, peut importe qu'elles étaient ses souffrances. En partant de son côté, elle ne remarqua pas l'homme aux cheveux rouges feu qui se redressa de derrière muret, près de l'endroit où elle se tenait, le visage grave, et partit à la suite de Ppoiyo, en courrant presque.

oOo

Le garçon aux cheveux rouges, qui devait être un peu plus âgé que Ppoiyo, le héla d'un « Vous, attendez ! » mais celui a qui il s'adressait dont il ne connaissait pas le nom semblait l'ignorer. Le sang à ses tempes se fit alors plus fort, agacé de devoir courir une seconde de plus pour le rattraper, mais l'autre marchait tellement lentement, traînant presque des pieds, qu'il n'eut qu'à accélérer la cadence un bref moment pour se placer devant le sous-officier. Ce dernier était partagé entre l'idée de dégainer son épée pour faire comprendre à ce type qu'il le gênait et passer devant lui en l'ignorant totalement, mais ses deux idées furent expulsées de son esprit lorsqu'il fit plus attention au visage et aux vêtements du jeune homme au comportement étrange.

Il avait une veste d'un tissu noir qui semblait proche du satin par son éclat changeant avec ses mouvements, pourtant le tissu semblait épais, sa veste assez longue lui descendait en dessous des genoux et avait des bordures rouges et quelques motifs en forme de losange au centre duquel se tenait un Lys noir. Le reste de sa tenu était sur le même ton de rouge et noir mais beaucoup moins riche. Pourtant cette veste finement décoré ajouté à son visage que l'ont aurait pu croire être celui du Souverain Shion Kaito s'il n'avait pas eu les cheveux et les yeux rouges, sans parler de cette lueur sombre dans son regard. Reconnaissant celui qui était fasse à lui, Ppoiyo enleva sa main de la garde de son épée et se reculant de lui d'un pas s'inclina face à l'homme en prononçant ces mots :

« Veuillez pardonner mon impolitesse, seigneur. » Celui à qui la phrase était destinée se sentit soudain très mal à l'aise, les regards des personnes qui circulaient dans la cour du château se posant sur eux avec étonnement. Il fit alors signe au soldat de se redresser, ce que ce dernier fît en arborant un air lasse, déjà fatigué de la conversation et n'ayant vraiment pas l'esprit à ça. « Puis-je savoir ce que vous attendez de moi, seigneur ? » Rajouta Ppoiyo, voulant en finir avec cette entrevue au plus vite. Les personnes autour d'eux reprirent leurs activités et l'endroit fût vite plus tranquille, ainsi le presque sosie du Roi lui répondit :

« J'ai… Comme qui dirait, entendu votre conversation… » Ce n'était pas vraiment cela, il les avait complètement écoutés alors qu'il se rendait au château pour voir son demi-frère, le Roi lui-même. Il n'aimait pas vraiment dire qui il était et c'est pourquoi on le connaissait comme un ami proche du Roi Kaito, car dire qu'il était son demi frère revenait à livrer au grand jour le fait que leur père avait eu des aventures. Or cela ne ferait que ternir aussi bien l'image de l'aîné qui n'avait pu accéder au trône que celle de la lignée royale. Il était Crypton Akaito, ami de la famille royale.

« Si vous avez entendu, oubliez. » Dit froidement le bleuté en face de lui, il était agacé par la tournure des évènements, c'était bien sa vaine, il n'avait jamais été chanceux mais là il battait des records… Avoir un noble dans les pattes avec une histoire pareille n'était vraiment pas conseillé.

« Si vous comptez lui faire payer ses crimes une bonne fois pour toute, je veux être de la partie. » Rajouta-t-il en ne se formalisant pas de l'ordre donné par le soldat.

« Qui vous dit que je compte la tuer ? Je n'en ai peut être rien à faire de cette histoire. » Répliqua aussi tôt Ppoiyo à celui qui commençait à lui porter sur les nerfs.

« Car vous avez le même regard que Ka- … Que le Roi, lorsqu'elle fît tuer celle qu'il aimait. Vous aussi, vous avez souffert, n'est-ce pas ? Vous respirez la vengeance… » Pour la première fois depuis longtemps on avait sût faire taire l'épéiste, il ne pouvait croire qu'il était si transparent, il devait reprendre le contrôle de ses émotions avant que tous les idiots de la ville ne viennent lui demander de l'accompagner tuer la Princesse démoniaque. Oui, il comptait bien la tuer, lui faire payer ses crimes de son épée. Il la retrouverait et mettrait fin à tout cela, l'honneur ? Il s'en foutait complètement, si ce type ne l'avait pas entendu il voulait que personne ne soit au courrant de son acte, qu'elle meure dans le silence. Mais celui qui attendait patiemment une réponse favorable ne semblait pas enclin à lui laisser cette tranquillité. Pourquoi voulait-il la tuer d'abord ? Il ne semblait pas être si mal en point…

« Pourquoi ? » Demanda-t-il, pour le faire répondre à ses interrogations intérieures.

« Pour venger la douleur d'un être cher. » Lui répondit simplement Akaito, il ne pouvait lui dire que c'était pour son frère, il ne pouvait pas non plus mentir et s'inventer un drame. Il voulait juste tuer celle qui avait enlevé à son précieux petit frère son sourire et son innocence, certes, c'était un peu puéril, Kaito avait maintenant une femme haute en couleur et de fort caractère, il était heureux, connu comme un des deux héros du siècle. Mais s'il apprenait que cette fille était encore en vie, si elle se réattaquait à lui… Il devait l'arrêter avant.

« Matsuda. » Se présenta le sous-officier simplement, il n'allait pas lui dire en face qu'il acceptait qu'il l'accompagne, il ne lui donnerait même pas de lieu de rendez-vous comme pour Gumi, avec un peu de chance, le jeune noble le manquera.

« Crypton Akaito. » Dit à son tour l'autre, lui tendant la main avec un léger sourire étirant ses lèvres, on dirait qu'il avait passé le test finalement. Celui qui n'avait donné que son nom de famille regarda longuement la main qui lui était tendue et se résigna finalement à la serrer de sa main gantée de cuir. Une chose était sûre, il devrait tout faire pour semer l'homme.

oOo

Séparées d'un océan et de centaines de kilomètres de terres de la capitale du Royaume Bleu, les portes de celle de l'ancien Pays Jaune. Un jeune homme s'y avançait, marchant parmi les autres voyageurs, des vendeurs pour la plus part, il passait inaperçus avec ses vêtements de voyage, un pantalon d'un tissu résistant blanc délavé, un haut gris bleuté sans manches et une cape de voyageur de tissu marron. Un grand paquet de tissu était suspendu à son dos, faisant la largeur d'une grosse branche et sa taille en hauteur, environ un mètre soixante quinze. Quelques mèches de ses cheveux turquoise coupés courts dépassaient de sous sa capuche et dans l'ombre formée par cette dernière sur son visage, on ne distinguait que l'éclat vert d'eau aux éclats orangés de ses yeux.

Il passa les murs d'enceinte de la capitale sans problème, les gardes n'étaient pas vigilants pour les personnes seules comme lui, ils étaient sans doute trop confiants. Après tout, la guerre était finie. Dorénavant, le pays était sous la tutelle du Royaume Bleu qui avait conservé la majorité du territoire et comptaient créer un nouveau pays, même si tout le monde avait gardé l'habitude de l'appeler Pays Jaune. On ne réécrirait pas l'histoire si facilement. L'homme qui s'occupait du pays, en devenir de s'appeler le Pays Violet, était l'intendant Kamui Gakupo il savait se faire obéir même si sa réputation n'était pas parfaite, tout le monde réclamait le héro Shion Kaito comme souverain du pays.

Mais toutes ces histoires n'intéressaient pas vraiment le jeune homme qui se dirigeait vers le château royal, il n'était dans cette ville que pour une raison, voir ce qu'il restait de celle qui avait fait tuer sa sœur. Hatsune Mikuo, tel était son nom, était dans une sorte de pèlerinage, il était longtemps resté dans le village où lui et sa sœur jumelle avaient grandis, ayant appris sa mort il n'avait pas eu le courage de faire quoi que ce soit que d'attendre désespérément son retour impossible. Puis il avait finalement décidé de voyager, il était aller voir la ville où sa sœur était allée travailler, celle-là même où elle avait été tuée, la capitale des Terres Vertes. Puis il avait voyagé jusqu'ici, le terrier de cette meurtrière. Il marchait dans l'allée centrale de la ville, il y avait peu de commerçants déjà installés et il était difficile de circuler librement entre les charrettes et les chevaux au repos après cette marche matinale. Alors il passa dans une ruelle adjacente, surtout consacrée aux habitations, ces ruelles servaient de cours de récréation aux enfants le jour et de repère aux personnes mal attentionnées la nuit.

Après quelques minutes de marche il se dit qu'il serait peut être temps de rejoindre une rue plus fréquentée, avant de ne complètement rater le palais royal. Mais alors qu'il se dirigeait vers la sortie de cette ruelle mal éclairée une voix féminine à la fois forte et douce l'arrêta :

« Toi, ô voyageur égaré… » dit-elle, délaissant de ses yeux d'un bleu profond la boule de cristal posée devant elle sur un coussin de drap rouge sang qui était le seul objet de la vieille caisse qui lui servait de table. La voix mystérieuse de la femme traversa le cœur de Mikuo et il s'arrêta, surpris par ces intonations semblant venir d'un autre monde. Il la vit alors, une femme très belle aux traits fins, ses longs cheveux roses un peu ondulés descendaient sur ses épaules et jusqu'à la moitié de son dos, ses yeux bleus le scrutaient du plus profond de son âme, habités par une lueur spectrale et la couleur blanche de sa peau était rehaussée par son rouge à lèvre vermeille. Elle n'était pas habillée de façon étincelante, plus ou moins de vieux vêtements bariolés ajustés en une jupe longue rouge et un haut bleu-vert. Pourtant, cette femme, il devait l'avouer, était d'une beauté transcendante. Elle lui adressa un fin sourire et repris « Tu ne devrais pas continuer dans cette direction, le Palais n'est pas l'endroit que tu recherches. »

« Comment pouvez-vous savoir ce que je recherche ? » La questionna-t-il, perturbé par ses mots.

« Je sais que tu es un homme et que tes traits sont vaillants, tu cherches à protéger. Mais tu vas perdre ton dernier être cher au couvent des anciennes rives jaunes. Rester ici n'est que perte de temps. »

« Pourquoi vous écouterai-je ? » Lui redemanda-t-il, si elle avait été comme toute ses pseudos voyantes qu'il avait croisé il ne se serait pas retourné, mais en elle, il y avait quelque chose qui faisait la différence, la démarquait.

« Car je suis la seule ici à pouvoir interpréter ce que je vois, n'est-ce pas ? » Rétorqua-t-elle avec un charmant sourire, abaissant légèrement ses cils sur ses yeux et intensifiant son regard. Le garçon fût encore plus troublé et ne pu empêcher des rougeurs de naître sur ses joues puis en lui glissant une phrase comme quoi il reviendrait si elle s'était moquée de lui il partit dans la direction inverse au palais, soudainement pressé. Elle le suivit du regard et alors qu'il s'éloignait rapidement dit d'une voix forte « Le couvent de l'ancienne rive jaune, n'oubliez pas ! » puis elle se retrouva à nouveau seule dans cette ruelle déserte non sans un léger sourire.