Coucou ! Je suis malade, du coup je vous écrit un autre chapitre. Au fait, merci Jay'Fel, j'apprécie beaucoup tes reviews (d'autant que tu es le (la ?) seul(e) à m'en envoyer…).

Peu à peu, une certaine routine s'était installée : Morpheus, Link, Niobe et Ghost passaient la journée entre les chantiers de réparation et la chambre de leurs deux amis. Ils se relayaient de manière à ce qu'il y ai toujours quelqu'un à leur chevet. Bien sûr, la présence des deux héros à qui on devait la fin de la guerre n'était pas restée secrète bien longtemps, et chaque jour, les membres survivants des équipages du Logos et du Nebuchadnezzar devaient jouer des coudes pour traverser la foule qui se pressait aux portes de l'hôpital. On avait installé des gardes devant la chambre de Néo et Trinity, et les entrées et les sorties étaient soigneusement filtrées. Mais ça n'empêchait pas de plus en plus de monde de camper devant l'hôpital.

- Néo deviendrait fou s'il voyait ça, dit un jour Link, en venant relever Ghost. Lui qui n'appréciait pas particulièrement… Eh, ça va, vieux ?

Il avait cru voir son ami essuyer furtivement ses yeux quand il était entré.

- Oui, oui, ne t'inquiète pas pour moi. C'est juste que… C'est terrible de la voir dans cet état…

L'opérateur s'approcha de Ghost et lui mit une main sur l'épaule, alors que tous deux s'abîmaient dans la contemplation du visage blafard de Trin.

- Je crois bien que je ne l'ai jamais vu aussi calme, chuchota Link, comme s'il craignait de les déranger.

- Tait-toi, tu me fais peur…

- Arrête, Ghost ! Tu la connais mieux que moi, elle survivrait à pire ! Elle s'en remettra…

L'autre se retourna pour jeter les yeux sur ce qui restait de Néo, couché sur le lit voisin. Son corps était agité de spasmes à intervalle irrégulier et il avait beaucoup de fièvre. Il semblait mourant.

- C'est vrai, Link. Elle peut survivre à tout. Mais je ne suis pas sûr qu'elle veuille lui survivre, à lui.

L'opérateur se retourna, mais ne parvint pas à regarder l'Élu plus de quelques secondes.

- On dirait qu'il… Qu'il va…, balbutia-t-il d'une voix brisée.

- Mourir d'un instant à l'autre ?

- Elle ne nous le pardonnera jamais s'il meurt.

- La question n'est pas de savoir si elle pardonnera. Après tout, ça n'est pas notre faute. Le problème, c'est qu'elle ne pourra pas vivre sans lui. Elle refusera, en tous cas.

Link dévisagea Ghost, d'un air pensif.

- On a pas vraiment eut le temps de créer des liens, eux et moi, mais… Toi, tu étais proche d'elle.

Ghost hocha lentement la tête en faisant un geste pour se tourner vers Trin, puis, réalisant ce que l'autre venait de dire…

- Je t'interdis de parler d'elle à l'imparfait, tu entends ?, grognât-t-il d'un ton féroce, en attrapant Link par le col.

- Excuse-moi, ça m'a échappé…

- Je persiste : nous devrions attaquer avant qu'elles ne nous attaquent !

- En quelle langue faut-il vous le dire ? La guerre est terminée, terminée, bon sang ! Les machines ont même fait un geste de paix envers nous en nous rendant Néo et Trinity…

- C'est sûr qu'ils sont en parfaite santé, tous les deux !

Si Niobe ne l'avait pas attrapé par le bras, Morpheus se serait jeté sur Lock dans la minute. Cela faisait désormais trois semaines que la « Dernière Bataille » avait eu lieu, et les deux hommes se disputaient férocement chaque jour. Seulement, jusqu'ici, les altercations se faisaient en privé, dans le bureau de Lock. En plein milieu du conseil, ce n'était peut-être ni l'heure, ni le lieu le plus approprié.

- Messieurs, allez-vous enfin cesser ces enfantillages !, tonna le conseiller Haman.

Il était rare qu'il s'énerve, mais quand il le faisait, ça n'était pas pour rien. Commandant et capitaine se turent aussitôt et se rassirent lentement.

- Merci. Bon. Commandant Lock, votre expérience et vos brillants états de service sont connus et reconnus de tous, dans cette salle.

- Merci, conseiller.

- Cependant, mon ami, la totalité d'entre-nous a plutôt tendance à être du même avis que le capitaine Morpheus…

- Conseiller…

Haman le fit taire d'un geste de la main avant de poursuivre, s'adressant à l'assemblée toute entière.

- Il semble, effectivement, que nous soyons sur le chemin de la paix. Les sentinelles qui nous ont ramené Néo et Trinity n'ont fait preuve d'aucune animosité à l'égard du vaisseau et de l'équipage que nous avons porté à leur rencontre. Au contraire, nous n'avons eu aucun mal à obtenir leur coopération pleine et entière. De plus, ils ont tous les deux été maintenus en vie par les machines elles-mêmes, avant que nous ne prenions le relais, et d'après leurs dires, elles auraient pris l'initiative de sauvegarder leurs consciences en les réinsérant dans la Matrice le temps que leurs corps soient complètement remis.

Lock ne parvint pas à se contenir plus longtemps.

- Foutaises ! Depuis quand les machines collaborent-elles gratuitement avec les humains ? Depuis quand sauvent-elles nos soldats ? Le fait qu'elles aient prétendu les avoir réinsérer ne signifie absolument pas que ce soit la vérité ! Et qui nous dit que ce ne sont pas elles qui les ont mis dans cet état ?

- Les médecins qui les ont examiné, rétorqua vivement Morpheus. Les blessures de Trin résultent du crash du Logos, quant à Néo c'est en se laissant convertir par l'agent Smith que les déchargent reçues par son cerveau lui ont été infligées.

- Si je puis me permettre, intervint doucement une conseillère, personne ne sait réellement ce qui s'est passé entre Néo et cet agent Smith. Le combat que les sentinelles nous ont décrit n'a peut-être jamais eu lieu…

Cette dernière réplique donna lieu à des murmures dans la foule, murmures qui ne tardèrent pas à se muer en brouhaha au milieu duquel plus personne n'écoutait personne.

Trinity trouva Néo assis sur le rebord de la fenêtre de l'Oracle, les yeux dans le vague. Elle posa sa main sur son épaule pour lui signaler sa présence. L'Élu la recouvrit de la sienne.

- Tu as remarqué : il y a de moins en moins de monde, dans le coin, fit-il sans lever les yeux.

- Tu crois que la Matrice se vide ?, demanda Trin en se glissant à côté de lui.

- J'en sais rien, mais si ça n'est pas le cas, alors c'est inquiétant.

Ils laissèrent filer le silence pendant quelques minutes. Les babillages de Sati leur parvenaient depuis la cuisine.

- Je ne vois plus en crypté, chuchota Néo.

Trinity glissa sa main dans la sienne et entrelaça leurs doigts.

- Ça t'embête ?

- Non, au contraire, ça fait du bien de ne plus voir tout en vert, surtout si on doit s'éterniser. Mais je ne peux plus voler, non plus. En fait, je crois que j'ai perdu tous mes pouvoirs en laissant Smith me convertir.

Elle frissonna au souvenir de son récit, ce qui ne l'empêcha pas de percevoir la pointe de mélancolie dans la voix de Néo.

- Et ça te manque ?

- Oui. Non. Je ne sais pas, en fait. Si on était dehors, je m'en ficherais complètement. Mais là, je me sens moins protégé. On fera quoi s'il se passe quelque chose ?

- La guerre est finie de toute façon, non ?

Il haussa les épaules avant de se décider à la regarder. Sa présence l'apaisait.

- J'espère…

Voili-voilou… Reviews ?