Bonjour ! Je reprends ma traduction après quelques mois d'absence, dont je m'excuse bien bas.

J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre

Margaery

Le soleil brillait et une douce brise jouait dans ses cheveux bruns. La vue depuis la chambre de Garlan avait toujours été la meilleure, étant donné sa situation dans la plus haute tour du château, mais ce jour-là, Hautjardin semblait encore plus beau qu'il ne l'avait jamais été.

-S'il nous trouve ici, il nous tuera.

-Il ne nous trouvera pas, je te le promets.

-Comment peux-tu en être aussi certaine ? demanda Willas, regardant sa sœur, puis la porte, puis encore sa sœur.

-Parce qu'il est dans la Grande Cour en ce moment-même, répondit Margaery en se tournant vers lui avec un large sourire. Il se bat contre trois hommes en même temps, comme à son habitude. Je peux le voir d'ici.

Elle se détourna à nouveau et pointa l'extérieur de sa fine main.

-Dans ce cas…Willas haussa les épaules et reposa ses coudes sur le lit de son frère. S'il s'entraîne, ça lui prendra la journée.

-Je suppose, répondit Margaery, un œil inspectant nerveusement le dehors. De toute façon, nous devrons bien finir par descendre. Ils arriveront bientôt.

-Tu es excitée ?

-Oui.

-Impatiente ?

-Un peu.

-Heureuse ?

Margaery hésita.

Loras avait envoyé un corbeau à leur père depuis un peu moins de deux semaines, lui apprenant qu'il avait quitté Port-Réal avec Renly Baratheon, le frère de feu le Roi Robert, et qu'il avait de grands projets pour elle. Mace Tyrell avait immédiatement compris ce qu'il voulait dire, de même que sa fille : elle allait épouser le cadet des frères Baratheon.

Était-elle heureuse ? Elle l'avait vu une fois, deux, peut-être, et il était vraiment agréable à regarder. En plus, tout le monde l'aimait, ce qui devait signifier qu'il était également gentil.

Alors, oui, elle était heureuse. Elle devait être heureuse.

-Marge ?

La voix de Willas lui arriva comme s'il était extrêmement loin d'elle.

-Tout va bien ? demanda-t-il, inquiet.

-Oui, répondit-elle, un large sourire éclairant son doux visage. C'est juste que je ne peux plus attendre : Loras me manque tellement !

-C'est vrai qu'il est parti depuis un moment, notre Ser Marguerite.

-Ne l'appelle pas comme ça, dit Margaery en riant, s'approchant du lit et s'asseyant près de son frère. Il est le Chevalier des Fleurs.

-Et une marguerite, n'est-ce pas une fleur ? demanda Willas, un sourire amusé aux lèvres.

-Oui, en effet, admit sa sœur, lui souriant en retour.

-Alors, tout va pour le mieux, répondit-il d'un air joyeux. Et toi, que vas-tu porter, ce soir ? Une légère robe bleue, pour s'accorder aux yeux de Lord Renly ?

-Ha ha, très drôle.

-Puis-je alors te suggérer de ne pas porter ton manteau en fourrure de cerf ? continua Willas, moqueur. Je ne pense pas que sa Gay…heu, que sa Grâce appréciera.

-Will !

-Quoi ?

-Tu ne peux pas…Tu ne le connais pas ! s'exclama Margaery, mi amusée, mi scandalisée.

-Toi, non plus, ma douce sœur, répondit Willas en haussant les épaules. Mais nous connaissons tous deux Loras et…et bien, Renly doit être le plus singulier…

-Ne finis pas cette phrase, siffla sa sœur, se remettant rapidement sur ses pieds. Je ne te laisserai pas insulter à la fois mon frère et mon fiancé.

-Je n'insulte personne, je ne fais que les décrire…ouch !

-Je ne frappe personne, je ne fais que te présenter mes poings, expliqua Margaery, lui assenant des petits coups réguliers.

-D'accord, d'accord, s'il te plait, arrête, supplia Willas, essouflé à force de rire. Fais attention, princesse, tu as presque touché ma jambe.

-Oh, pauvre petite chose, dit-elle, sarcastique. Tu es vraiment un homme.

-Je serais blessé, si les hommes avaient des sentiments.

-Mais ils en ont, objecta-t-elle, narquoise. Tu sentiras l'épée de Loras, une fois que je lui aurai dit comment tu as appelé Renly.

-Ouh ! Je tremble de frayeur ! répondit Willas, attrapant les mains de sa sœur et l'attirant près de lui. Il lui adressa un sourire, qu'elle ne lui rendit pas.

-Penses-tu qu'il m'aimera ? demanda-t-elle, mordillant ses lèvres.

-Qui ne t'aimerais pas ? la rassura-t-il, pressant doucement ses mains. Tu seras une mariée fantastique, Marge.

-Vraiment ?

-Bien sûr. Tu es gentille, délicate, drôle et tout le monde trouve que tu es la plus jolie femme qui ait jamais existé…après Loras, bien sûr !

-Arrête, lui ordonna Margaery avec un minuscule sourire. Il est notre frère, un valeureux chevalier, un bon garçon, et nous l'aimons de tout notre cœur.

-Evidemment, répondit Willas. C'est pour ça que nous pouvons l'appeler « Ser Marguerite », car il est notre frère. Mais je te jure que si j'entends quelqu'un l'appeler ainsi, je m'assure d'abord qu'il n'est pas un Tyrell et après, je lui coupe la tête.

-Promis ?

-Promis.

-Bien, dit Margaery avec un hochement de tête. Tu entends ?

-Entendre quoi ? demanda son frère, confus.

Margaery courut jusqu'à la fenêtre et se pencha à l'extérieur.

-Oh, par les dieux !

-Ce sont eux ?

Sans attendre sa réponse, Willas attrapa sa canne, se leva et la rejoignit à la fenêtre. Il jeta un œil à l'extérieur et vit un petit groupe de cavaliers dépassé la porte du château. Loras était à leur tête, arborant son armure de fleurs brillantes et sa cape brodée de roses de laine, symbole de leur famille. À sa gauche, chevauchait le portrait craché de Robert Baratheon, mais en plus jeune…et en plus agréable à regarder.

-C'est Renly, murmura Willas, comme si quelqu'un pouvaient les entendre depuis leur perchoir.

-Je sais, répondit Margaery.

Elle ne savait pas comment, mais elle l'avait reconnu, même si elle ne l'avait pas vu plus d'une ou deux fois et qu'il était loin d'elle. Cela lui rappela le nombre de marches qu'il lui faudrait descendre pour rejoindre la cour, ce qui ne l'aurait normalement pas inquiétée. Mais elle était avec Willas, et elle ne pouvait pas courir en le laissant derrière elle.

-Viens, dit-elle en agrippant le bras de son aîné. Nous devons nous dépêcher, ou nous arriverons en retard.

-En effet, dit-il, commençant à claudiquer en direction de la porte. Pourquoi tenais-tu tant à venir ici, encore ?

-La vue est magnifique depuis la chambre de Garlan, répondit Margaery, son cœur battant la chamade alors qu'elle fermait la porte derrière elle et entamait sa descente.

-En effet, répéta Willas, en la regardant bizarrement.

Ils ne parlèrent pas jusqu'à ce qu'il ne reste plus que quelques marches avant l'entrée. Là, Willas s'empara du bras de sa sœur et la tourna vers lui :

-Tu n'as pas répondu à ma question.

-Pardon ?

-Est-tu heureuse ?

Avant que Margaery ait pu ouvrir la bouche, avant même qu'elle ait pu penser à une réponse, Garlan et Loras entrèrent, tous sourires, avec derrière eux un étranger.