Tonks n'était pas ravie que Remus ait emmené sa valise avec lui lorsqu'ils arrivèrent Square Grimmaurd. Elle pensait qu'ils devaient régler au plus vite ce désaccord et elle était déterminée à ne pas rentrer sans lui à son appartement ce soir là.
Ils apparurent devant la maison et, sans un mot de lui, elle poussa la porte et entra, se prenant les pieds dans un coin du tapis de l'entrée. Remus posa sa valise devant la porte et lui offrit sa main pour se relever. Elle le repoussa et se remit toute seule sur ses pieds. Il haussa les épaules, et il se tourna pour tirer les rideaux devant le portrait de la vénale Madame Black.
« Ca sonne comme une entrée de Tonks. »
Elle remit de l'ordre dans sa tenue, regarda autour d'elle et sourit lorsqu'elle vit les jumeaux Weasley qui marchaient vers eux, venant de la cuisine, « Bien vu, Fred, George. »
« Salut Tonks, Remus. J'espère que vous avez faim, maman cuisine comme une folle en ce moment, » dit George, un cookie à la main.
« Nous venons de manger, mais je ne suis pas contre un morceau de dessert, » dit elle en les suivant.
Fred gloussa, « Tu vas en avoir plus qu'un bout. »
La cuisine était remplie de Molly et Arthur Weasley avec Bill, Fleur, Charlie et les jumeaux. Kingsley s'assit autour de la table avec Dedalus Diggle, Maugrey Fol Œil, Hagrid et McGonagall, chacun d'eux avait un morceau de gâteau devant lui, et ils parlaient.
« Oh, Tonks, Remus, je suis si heureuse de vous voir, » Molly se leva pour les saluer. « Vous voulez prendre quelque chose ? Il y a du ragoût et des pommes de terre, et de la viande, et de la tourte aux rognons. »
Tonks sourit gentiment. Molly avait perdu du poids et semblait fatiguée. « Merci Molly, mais nous avons déjà mangé. »
« Du dessert alors ? Nous avons des cookies, du gâteau, des tartes, tout ce que vous voulez. Prenez un siège. Bill, va chercher du thé s'il te plaît. »
Tonks s'assit à côté de Fleur et sourit à la magnifique jeune femme, « J'ai entendu dire que tu avais une bonne nouvelle. »
Elle sourit et posa une de ses mains sur son ventre plat, « Oui, Bill et moi allons avoir un bébé. »
« Pour quand est il prévu ? »
« Il est prévu pour Juillet. »
« Oh c'est tellement merveilleux, je suis si heureuse pour vous. »
« Merci Tonks, nous sommes très excités. Je dois juste convaincre Bill que ce n'est pas parce que je suis enceinte que je suis totalement impotente. »
« Je crois que j'ai toutes les raisons pour m'inquiéter à ton sujet, » dit Bill, posant une main sur l'épaule de son épouse.
Fleur leva la tête et posa une de ses mains sur celle de son mari, « Oui, oui, tu as le droit de t'inquiéter pour moi, mais tu n'as pas besoin de m'étouffer pour autant. »
Molly déposa un généreux morceau de gâteau au chocolat devant Tonks, « Il n'écoutera pas, ma chérie, quand j'étais enceinte de Bill, Arthur était terrible, il ne me laissait pas lever le petit doigt. Mais quand j'étais enceinte de Ginny, la veille de sa venue au monde, je dégnomais le jardin. »
La porte de la cuisine s'ouvrit brusquement et une personne aux cheveux noirs et aux joues roses entra. « Désolée, je suis un petit peu en retard. »
Minerva McGonagall se leva pour la saluer, « Nous sommes heureux que vous ayez pu venir, Hestia, nous n'attendons plus que Sturgis. »
Hestia Jones embrassa la pièce du regard, saluant tout le monde, « Mundungus est arrivé ? »
« Personne n'a vu ou entendu parler de lui depuis plus d'une semaine, » grogna Fol Œil. « Et je ne pense pas que Podmore viendra. »
Kinglsey acquiesça, « Malheureusement, je crois que toutes les personnes qui peuvent venir ce soir sont déjà là. »
Minerva se tint debout au bout de la table et attendit que tout le monde ait pris place autour de la table avant de commencer à parler. « Je crois, » commença t-elle calmement. « Que nous devrions prendre un moment pour nous rappeler de ceux qui ne peuvent pas être avec nous ce soir, Sirius, Emmeline, et Albus. »
Tout le monde baissa la tête à l'unisson pour honorer silencieusement ceux qui étaient déjà tombés.
Elle s'éclaircit la gorge et refoula les larmes qui menaçaient de couler, Minerva leva la tête, « Et maintenant, parlons de notre affaire. Nous avons subi un terrible coup, non seulement avec la porte des nos amis, mais aussi avec la traîtrise de Severus Rogue. »
Un peu plus bas, des murmures en colère pouvaient s'entendre autour de la table.
« Kingsley s'est chargé de le rechercher et a promis de nous le ramener. Kinglsey ? »
Le grand auror noir acquiesça doucement de la tête. « J'ai suivi plusieurs pistes différentes, mais pour le moment nous ne sommes pas parvenus à lui mettre la main dessus. Mais soyez assuré, je n'aurai pas de repos tant que je ne l'aurai pas entre mes mains. Nous avons interrogé les Mangemorts que nous avions attrapés, mais pas un n'a parlé. »
Minerva acquiesça une fois de plus de la tête brusquement. « Les cours ont repris à Poudlard depuis trois mois sans aucun incident jusqu'à maintenant. Des aurors surveillent Poudlard et Pré-au-Lard. » Elle soupira profondément. « Malheureusement, moins de la moitié des étudiants sont revenus. Horace Slughorn assure les cours de Potions et les cours de Défense Contre les Forces du Mal, ce qui ne posa pas de problème vu que les classes sont relativement moins nombreuses. Il n'y a eut aucune trace de Mangemort depuis le début de l'année, je crois que comme Albus ou Harry Potter ne sont plus là, l'école ne les intéresse plus. En parlant de Harry, avez vous eut des nouvelles d'eux récemment ? »
Molly acquiesça excitée et sortit un bout de parchemin de la poche de son tablier. Les bouts étaient abîmés et le papier chiffonné. Considérant le fait qu'il était arrivé juste ce matin, Tonks pensa que Molly l'avait lu, et relu, toute la journée.
La dépliant précautionneusement, Molly la lit avec une voix serrée, « Chère Maman, je sais que ça fait un mois que je ne t'ai pas donné de tes nouvelles. Hermione m'a cassé les pieds pour que je t'écrive, mais nous avons été occupés. Ne t'en fais pas, nous allons bien. Je ne peux pas vraiment te donner de détails. Je voulais juste vous faire savoir, à toi et à papa, que nous allions bien et que notre quête se passe bien, un peu plus longue que nous le pensions, mais nous nous rapprochons du but et espérons être bientôt de retour. Harry et Hermione te saluent. A bientôt. Je t'aime. Ron. »
Avec beaucoup de précaution, elle la replia et la remit dans la poche de son tablier. Arthur lui prit la main et l'embrassa gentiment.
Minerva sourit avec douceur à Molly, « Merci d'avoir partager ça avec nous. Et comme c'est arrivé aujourd'hui, nous savons qu'ils vont toujours bien, j'espérais que nous aurions plus d'informations sur le lieu où ils se trouvaient et sur ce qu'ils faisaient. »
Fol Œil hocha la tête, « Ils ne peuvent pas nous en dire plus, si la lettre tombait en de mauvaises mains, ce serait la fin pour eux. »
Pendant l'heure qui suivit, ils partagèrent les rumeurs qui circulaient sur les mangemorts aussi bien les murmures que les captures qui avaient eut lieu. Des spéculations sur le lieu où se trouvait Harry fut suivies des interrogations sur la manière dont le monde moldu pouvait être directement influencé.
Arthur s'éclaircit la voix, « Remus, qu'as tu appris des loups-garous ? »
« Rien, » soupira Remus de manière lasse. « Même ceux qui me parlent n'avait rien de bien à dire. Ils pensent toujours que le monde sorcier a ce qu'il mérite et ils pensent que je suis un traître en restant avec vous. »
« Sa tête a été mise à prix, » ajouta Fo Œil. « J'ai entendu dire que c'est Greyback qui l'avait fait et je ne pense pas, pour la sécurité de Remus, qu'il doive continuer sa mission. »
« Oh, je suis d'accord, » dit Minerva. « Nous ne voulons pas que vous vous mettiez en danger. Nous apprécions grandement votre travail et les sacrifices que vous avez fait, Remus, mais il y a encore beaucoup de choses que vous pouvez faire au sein de l'Ordre pour nous aider au lieu d'essayer de convaincre les loups-garous de nous rejoindre. »
Lupin acquiesça.
« D'ailleurs, j'aimerais en reparler avec vous plus tard, » continua t-elle. « Est ce que quelqu'un a quelque chose à ajouter ? »
Avec le temps, les réunions étaient devenus plus désinvoltes alors qu'ils s'asseyaient autour de la table pour parler de ce qui leur venait à l'esprit, de où Voldemort pouvait être, pour conseiller Fleur à propos de ses nausées matinales. Molly commença alors à débarrasser la table, Tonks et Fleur se levèrent pour l'aider. Hestia et Dedalus saluèrent tout le monde par un bonne nuit alors qu'ils partaient, suivi peu de temps après de Kingsley, ensuite de Hagrid et du Professeur McGonagall. Les jumeaux montrèrent à Fol Œil quelques unes de leurs nouvelles inventions qu'ils avaient prévu de vendre dans leur magasin. Bill et Remus étaient toujours assis, le visage fermé.
« Comment va Ginny ? » demanda Tonks, aidant Molly à ranger les restes de nourriture.
Molly hocha la tête. « Elle est si calme. Je sais qu'elle se fait du souci pour Harry, mais elle ne veut pas en parler. Elle travaille bien à l'école, elle est même préfète cette année, mais ça ne semble pas l'intéresser. Je ne sais plus quoi dire ou faire pour elle. »
« Peut être pourrais je lui envoyer un hibou ? »
« Oh, tu ferais ça Tonks ? Peut être qu'elle te parlerait à toi. »
« J'en serais ravie, » sourit Tonks. Elle fit un geste du poignet, voulant envoyer un bol propre dans le vaisselier par magie, mais accidentellement elle l'envoya voler près de la tête de Remus.
Il inclina la tête lui permettant d'éviter le projectile de justesse et il la regarda alors que le bol s'écrasait contre le mur derrière lui.
« Des problèmes au paradis ? » taquina Bill alors que Remus pointait sa baguette sur le bol pour le réparer et le faire retourner dans le vaisselier.
« C'était un accident, » répliqua Tonks. « Tu vas bien ? »
Remus acquiesça, « Je vais bien, mais je pense que tu devrais laisser Molly et Fleur finir de ranger. »
Elle lui tira la langue.
« Remus, j'ai reçu le hibou que tu m'as envoyée plus tôt, » dit Molly. « Je t'ai préparé la chambre que tu vas occuper le temps que tu seras parmi nous. »
« Merci Molly, j'apprécie mais tu n'étais pas obligée de le faire. »
« Ca ne m'ennuie pas, et j'avais un peu de temps libre devant moi. »
Fol Œil hocha la tête en signe d'approbation, « C'est un endroit sûr pour te cacher pendant un moment. »
Tonks grinça des dents et ne semblait pas avoir remarqué que ses yeux avaient foncé pour devenir noir.
« C'est ce que j'ai pensé, » murmura Lupin, jetant un regard vers Tonks.
Bill se leva quand il vit Fleur essayer de cacher un bâillement derrière sa main. « Il se fait tard, je crois qu'il est temps de rentrer à la maison. »
Molly regarda autour d'elle, apparemment contente de ce qu'elle voyait. « Oui, chéri, je pense que tu as raison, ton père commence de bonne heure demain matin. »
« Nous devons passer par la boutique et préparer les promotions pour les vacances, » dit George sur un ton excité. « Nous avons quelques bonnes idées avec les diablotins de Noël. »
« Et les Petits Fours font que la victime, uh, je veux dire le client, se transforme en un gros oiseau blanc. »
Madame Weasley hocha la tête, « Je ne veux rien entendre à ce propos les garçons. »
Remus et Tonks suivirent les autres alors qu'ils se rendirent sur le pas de la porte où ils échangèrent calmement quelques adieux, espérant éviter de déranger le portrait de Madame Black. Tonks marcha jusqu'au pas de la porte et les regarda alors qu'ils disparaissaient tous.
Il faisait froid alors elle croisa les bras autour de son corps, se demandant silencieusement pourquoi elle n'avait pas prit une veste ou une cape. Tonks inclina la tête en arrière et leva les yeux vers le ciel clair, se demandant ce qu'elle devait faire ensuite. Elle savait qu'elle devait rentrer chez elle et aller se coucher. Elle travaillait le lendemain et rester debout à attendre là que Remus explique pourquoi c'était mieux pour lui de rester là qu'avec elle n'était pas quelque chose qu'elle voulait entendre.
« Tonks. »
Un moment, elle pensa l'ignorer, mais elle trouva mieux que ça. La dernière chose au monde qu'elle voulait qu'il lui dise était à quel point elle pouvait être immature. « Je, euh, je crois que je vais rentrer chez moi. »
« Ne pars pas comme ça, » dit il, d'une voix basse et fatiguée.
Elle se tourna vers lui, « Comme quoi ? »
« Tu es en colère. »
« Oui. »
Il lui tendit la main, « Rentre à l'intérieur, Dora. »
« Tu m'avais dit que tu ne me quitterais pas, » gémit elle.
« Je ne te quitte pas. »
« Tu reste ici. »
« Ce n'est pas définitif. C'est juste pour quelque temps, jusqu'à ce que les rumeurs de me trouver mort disparaissent. »
Se sentant un peu coupable à cause de son comportement égoïste, Tonks prit la main qu'il lui tendait. « As tu donné l'armoise à Fol Œil ? »
« Oui, il semblait ravi. »
« C'était pour quoi faire ? »
« Je ne lui ai pas demandé, je n'étais vraiment pas sûr que je voulais savoir. »
« Reste avec moi cette nuit, » lui murmura t-il, l'étreignant tendrement.
Incapable de le repousser, Tonks passa ses bras autour de lui et lui sourit. « Peut être. »
« Je vais être seul dans cette grande maison vide. »
« Tu as choisi de rester ici. »
« Je pense seulement à ta sécurité. »
« Je peux prendre soin de moi. »
Il posa son front contre celui de Tonks, « Je sais que tu le peux. »
« Tu cuisineras encore pour moi, n'est ce pas ? »
« Tu trouve que c'est le moment de penser à ton estomac ? »
« Bien, sans toi chez moi, je vais probablement perdre du poids. »
« Comment parvenais tu à survivre avant que je ne vienne cuisiner pour toi ? »
« Je chapardais chez mes parents. »
Remus gloussa. « A quelle heure dois tu être au travail ? »
« 9h00. »
« Reste avec moi toute la nuit. »
« Je n'aime toujours pas le fait que tu reste ici. »
« Ce n'est pas pour toujours. »
« Promis ? »
« Promis. »
De bonne heure le lendemain matin, Tonks sortit du lit de Remus et transplana dans son appartement. Après avoir pris une douche rapide et avoir mis des vêtements propres, elle arriva au ministère alors qu'il était en plein remue-ménage.
Elle se fraya un passage parmi des aurors juniors qui parlaient calmement ensemble et avec sa baguette, elle défit le charme qui avait verrouillé son bureau.
« Oh, c'est vert aujourd'hui, hein ? »
Tonks regarda par dessus son épaule pour voir Dunne qui s'approchait d'elle, « Salut Paul. Oui, j'ai pensé à essayer quelque chose de différent. »
« J'aime bien la longueur, mais je ne suis pas trop sûr de la couleur. »
« Je garderais ça à l'esprit. Qu'est ce qui se passe ici ? »
« Tu n'es pas au courant ? »
« Si j'étais au courant de quelque chose, je ne te poserais pas la question. Qu'est ce qui se passe Paul ? »
« Une monstrueuse capture la nuit dernière » dit Dunne excité. « Rookwood et Nott ont été capturés. »
« Vraiment ? »
« Ouais, c'est arrivé vraiment tard cette nuit, ou très tôt ce matin. Nous avons des raisons de penser qu'ils ont un lien ou plus avec l'enlèvement de Florian Fortarôme »
« Ils n'ont toujours pas retrouvé son corps, n'est ce pas ? » demanda Tonks.
« Non, toujours pas. »
« Tant qu'il n'y a pas de corps, il y a toujours un espoir qu'il soit encore en vie. »
« C'est ce que j'espère aussi, Tonks. »
« Voyons ça, » dit elle en tapotant sa lèvre inférieure avec un ongle. « Avec Nott et Rookwood entre nos mains, ça ramène le nombre de Mangemorts connus, en vie et arrêtés à onze. Leur nombre diminue. »
« Si nous pouvions juste attraper Rogue, Dolohov et les Lestrange, les autres seraient trop faibles pour agir seuls et seraient plus faciles à attraper. »
« Bellatrix est à moi, » grogna Tonks.
« Tu devras faire la queue pour avoir cette honneur. »
« Tonks ! Dunne ! » les appela la voix de Robards à travers la pièce. « Devant et au centre. »
« Oui Monsieur ? » demanda Tonks, allant rapidement devant lui.
« Il y a des rumeurs de personnes ayant vu un homme qui correspond à la description de Dolohov, il a été vu dans les environs de Pré-au-Lard. Nous envoyons un groupe d'auror pour aller vérifier. Je veux que vous y alliez, vous serez accompagné de Larson, Fitzgerald, Hawthorne, et de Stewart pour aller jusqu'à Poudlard et sécuriser le périmètre. Il y a déjà quatre là bas, vous travaillerez avec eux. Préparez vous à y rester au moins une semaine, alors rentrez chez vous, préparez votre nécessaire et soyez de retour ici dans trente minutes. »
Ils acquiescèrent tous les deux et Robards alla à la rechercher de Fitzgerald.
« Bien, je crois que je te revois ici dans une demie heure, » dit Dunne.
Tonks acquiesça.
« Hey, Tonks ? »
« Quoi ? »
« Est ce que tu, euh, va dire à Lupin où est ce que tu vas ? »
« Oui, je ne veux pas qu'il s'inquiète. »
« Peut être… peut être que tu ne devrais pas. »
« Pourquoi ? »
« Pour des raisons de sécurité. »
Le regard de Tonks se rétrécit et elle s'approcha de lui, « Tu ne connais pas Remus, je lui confierais ma vie, j'ai confiance en lui plus que j'ai confiance en n'importe qui dans cette pièce. Si tu n'es pas capable de garder tes opinions fondés sur de la non information pour toi, je vais devoir trouver un nouveau partenaire. »
« Je fais juste attention à toi. »
« Je n'ai pas besoin de toi pour ça, » siffla t-elle, le contournant et quittant la brigade.
Tonks rangea rageusement ses vêtements dans un sac à dos, en marmonnant dans ses moustaches.
« Au nom du ciel, pour qui se prend il ? Il ne connaît même pas Remus, tous ceux qui le connaissent savent que c'est un homme étonnant, qu'il ne me blessera jamais. C'est l'homme le plus adorable, le plus gentil que je n'ai jamais rencontré. Stupide Dunne. » Se retournant rapidement, elle trébucha et tomba sur ses mains et ses genoux, se rattrapant avant qu'elle ne se cogne la tête sur le coin de l'armoire.
Tonks s'assit sur le sol et prit trois profondes respirations. Elle devait se défaire de sa colère et de sa frustration. Soudainement, douloureusement ,elle fut submergée par un besoin de parler à Sirius. Son sourire lui manquait et sa joie de vivre. Plus que tout, elle voulait s'asseoir et parler avec lui, lui demander ce qu'il ferait à sa place. Elle savait ce qu'il ferait. Sirius trouverait que Dunne était une langue de vipère envers son meilleur ami, il irait jusqu'au ministère et lui botterait les fesses.
« Foutu Voldemort, » grogna t-elle, retroussant son petit nez. « Tout ça c'est de sa faute. Tout le monde est sceptique envers tout le monde, on ne sait pas en qui on peut avoir confiance, ou où on peut aller, ou encore ce qui va se passer. »
Dans un souffle, elle se remit sur ses pieds et se tourna vers son armoire. Elle se posta devant le miroir et regarda son reflet, ses cheveux longs, ébouriffés, et leva les yeux au ciel. Sachant que ça ne resterait pas comme ça, elle commença à se concentrer et vit ses cheveux se raccourcir et s'éclaircir jusqu'à ce qu'ils deviennent courts et roses.
« Je ne sais pas pourquoi tu es revenu au roses, » murmura le reflet. « J'aime bien tes cheveux bruns. »
« Mais c'est ennuyeux, » argumenta Tonks.
« Ca ne l'est pas, tu es une si belle femme avec un petit ami adorable. »
« Merci, oh mince, je suis en retard, pourquoi ne m'as tu pas dit qu'il était si tard ! »
« Je suis un miroir, pas une montre, chérie. »
Avec un regard noir, Tonks tourna sur elle même et prit son sac à dos qui était sur son lit, « Je dois envoyer un hibou à Remus à Poudlard. »
« Bonne chance, chérie ! » l'appela son reflet.
« Merci. »
Le Professeur McGonagall remercia les six aurors devant les portes de Poudlard. Elle leur montra deux dortoirs vides où ils pourraient rester, un pour les trois hommes et un pour les trois femmes.
« Vous travaillerez en dehors des heures normales, » explique McGonagall. « J'ai demandé la présence de plus d'aurors dans l'école à cause des apparitions de Dolohov. Vous relevez quatre aurors qui ont du partir pour Pré-au-Lard. Je ne veux pas prendre le risque qu'il puisse s'approcher du château. J'espérais que vous pouviez travailler là dessus, que vous patrouilleriez dans le château tout le temps. «
Bridget Fitzgerald acquiesça, comme elle était l'auror la plus ancienne, elle prit le commandement du groupe. « Ca ne devrait pas être un problème, Professeur, on s'en occupe immédiatement. »
Après que la Directrice soit partie, Fitzgerald fit un rapide emploi du temps, divisant la journée avec les différentes équipes. Ils resteraient tous au château et il y aurait trois réunions par jours quand ils seraient tous ensemble.
Tonks et Dunne allait commencer leur premier tour de garde le soir même. Comme elle avait du temps libre devant elle, Tonks prit le chemin de la volière de l'école.
Elle grata rapidement une note à Remus, lui expliquant qu'elle avait été envoyée à Poudlard et qu'elle viendrait le voir dès qu'elle le pourrait. Regardant par dessus son épaule pour être sûre qu'elle était seule, Tonks déposa un baiser sur le parchemin à l'endroit où elle avait signé, laissant une empreinte de ses lèvres. Elle roula le papier et l'accrocha à une patte d'un hibou.
« Amène ça à Remus Lupin, s'il te plaît. »
Le hibou cligna des yeux et ses pattes quittèrent le bras de Tonks.
Tonks s'appuya contre le montant d'une des ouvertures de la volière et regarda le hibou s'éloigner jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un tout petit point dans le ciel bleu automnal. Elle baissa les yeux vers les étendues qui lui faisaient face. Des étudiants marchaient dans la cour de l'école pour se rendre à leurs cours. Ca lui brisait un peu le cœur d'en voir si peu alors qu'ils devraient être beaucoup plus nombreux. Elle se remémora alors l'époque où elle était à Poudlard, comme elle s'y amusait, les problèmes qu'elle y avait eut, elle repensait à tout. Son imagination se demandait à quoi ça pouvait ressembler à l'époque de Remus, Sirius, James et Lily. Dans son esprit, elle ne pensait pas à Peter Pettigrew comme étant un de leurs amis, il était trop démoniaque.
Une brise entra par l'étroite fenêtre et toucha Tonks, la sortant de sa rêverie. Ses yeux firent un contrôle suplémentaire dans le cour et tomba sur une personne seule assise contre un arbre, la tête basse et ses cheveux de feu dansant dans l'air du vent.
« Ginny, » murmura Tonks.
Elle descendit rapidement les marche et parcourut rapidement les couloirs vides du château, saluant le professeur Sinistra quand elle la dépassa et lorsqu'elle passa près de Nick Quasi Sans Tête. Lorsqu'elle sortit dans l'air frais de Novembre, Tonks vit Ginny appuyé contre un tronc d'arbre, la tête baissée et un morceau de parchemin chiffoné entre les mains. « « Salut Ginny ! »
La jeune femme leva les yeux, surprise de voir Tonks traverser la cour venant vers elle. Ginny sauta sur ses pieds et rangea le parchemin dans une poche de sa robe de sorcière. « Tonks ? Euh, salut, que, euh, que fais tu ici ? »
« J'avais un peu de temps libre, alors j'ai décidé de m'arrêter pour voir comment tu allais. »
« Vraiment ? »
Tonks haussa les épaules, elle n'était pas d'accord avec la façon dont Molly voulait garder les enfants dans l'ignorance de tout. « Il y a eut quelques apparitions à Pré-au-Lard et ils ont envoyé quelques uns d'entre nous pour aider à sécuriser le château, pour être sûre que rien ne se passe ici. »
« Oh. »
Tonks étudia la jolie jeune fille qu'elle avait face à elle et elle eut l'impression de se voir elle même. Des mois en arrière, quand elle pensait que Remus ne l'aimerait jamais, Tonks avait alors sur le visage la même expression de désespoir. Ginny se tenait devant elle, ses cheveux long entouraient son visage pâle. Ses yeux étaient vides et vitreux. Elle était blessée. La peine profonde qui venait de l'amour, de la perte de l'être aimé, de l'inquiétude et de la peur, mais pas pour elle, mais pour celui qu'elle aimait.
« Ginny ? »
« Oui ? »
« Tu veux en parler ? »
Ginny baissa les yeux et regarda ses mains, les tortillant. « Je, euh, je n'ai pas de nouvelles de lui depuis presque un mois. »
« Oh, mais il va bien. Ron a écrit à ta mère et lui a dit qu'ils allaient tous très bien. »
« je sais. C'est juste que… »
« Tu préférais l'entendre de sa bouche. »
« Oui. Je veux dire, quand il est parti, je lui ai dit qu'il n'avait pas besoin de m'écrire, qu'il avait assez de soucis en tête comme ça et tout, mais… »
« Tu espérais juste qu'il prendrait un moment pour t'envoyer un petit mot. »
Ginny rougit, « Je suis égoïste parce que je pense ça ? Je veux dire, il est on ne sait où pour sauver tout le monde et moi je suis ici à me demander pourquoi il ne m'écrit pas. »
Tonks posa une main amicale sur le bras de Ginny, « Ce n'est pas égoïste du tout. Tu es seulement un être humain Gin, et tu l'aimes. Je sais ce que tu ressens. »
« Merci, » murmura Ginny, alors que des larmes lui montaient aux yeux. « Ne te fais pas des idées, je me fais aussi du souci pour Ron et Hermione. »
« Je sais, ils le savent. Tu n'as pas à te sentir coupable de quoi que ce soit, tout ce que tu fais c'est te faire encore plus de peine. »
« Je ne peux rien y faire, » hoqueta t-elle, essuyant une larme.
Tonks la rapprocha d'elle et l'étreignit gentiment. Ginny accepta son réconfort et pleura contre son épaule.
Après un moment, Ginny se reprit et s'éloigna de Tonks, en lui souriant. « Désolée pour ça. »
« Il n'y a pas de quoi être désolée. Regarde, tu avais juste besoin de pleurer un coup. »
« Oui, je pense que j'en avais besoin. Je, euh, je n'avais pas réalisé à quelque point Poudlard me semblerait vide sans Harry, Ron et Hermione. C'est juste que… ce n'est plus la même chose. »
« Puisque tu en parle, pourquoi tu n'es pas en cours en ce moment ? » demanda Tonks, en fronçant les sourcils.
« Je n'ai pas de cours à cette heure ci ? »
« Ginny. »
« J'avais besoin d'une pause. A cette heure ci normalement j'ai potion et Skughorn m'aime tellement qu'il ne se fâche pas si je sèche un cour. »
« Tu le fais souvent ? »
« Non. »
« Ginny, tu es Préfète. Bien sûr, moi aussi j'ai séché des cours quand j'étais étudiante à Poudlard, mais maintenant ce n'est pas le temps pour ça. Tu as besoin de tes cours et de tes leçons et rester assise dehors, dans le froid, te faisant du soucis pour Harry ne fera pas en sorte que les choses aillent mieux. »
« Je sais. »
« Ta mère se fait du soucis à ton sujet. »
« Elle ne devrait pas, elle a déjà assez de soucis comme ça. Tu sais que Fleurk, euh, Fleur est enceinte ? »
« Oui, c'est très excitant. »
Ginny grogna.
« Tu n'es pas excitée à l'idée de devenir tante ? »
« Tu crois que c'est vraiment le bon moment pour mettre un enfant au monde ? »
« Tes frères sont nés pendant la première guerre, » fit remarquer Tonks.
« Tu as trouvé une faille dans mon raisonnement, n'est ce pas ? »
« Ouaip. »
Ginny regarda le château et murmura, « Je crois que je devrais y aller avant que début du cour de Divination. »
« Oui, tu ne voudrais mettre Firenze en colère. »
« Il est vraiment gentil en fait. »
« Je suis sûre qu'il l'est. »
« Est ce … est ce que vous avez entendu quelque chose à propos… à propos de Tu Sais Qui ? » demanda Ginny alors qu'elles marchaient vers le château.
Tonks nia de la tête. « Pas spécialement de lui, mais de ceux qui le suivent car ils ont causé pas mal de problème. Nous avons attrapé onze Mangemorts. Ils ne parlent pas, mais c'est agréable de savoir qu'ils sont derrières les barreaux. Nous n'avons pas eut un seul détail à travers les lettres de Ron, mais il doit être prudent au cas où son hibou est intercepté. »
« Oui, je sais. C'est juste que… ne pas savoir est en train de me rendre folle. »
« C'est en train de nous rendre tous fous. »
Ginny s'arrêta sur le pas de la porte avant d'entrer dans le château et se tourna pour faire face à Tonks, « Je sais. Parfois je me sens comme si j'étais seule. »
« Mais tu n'es pas seule. Ginny, si tu as besoin de parler, tu peux me contacter. Je serais toujours là pour toi si tu as besoin de moi. »
« Merci, Tonks, peut être… » elle s'arrêta, quelque chose captant son attention.
Tonks regarda par dessus son épaule, ses yeux aperçurent le vol d'une chouette blanche qui volait vers elles.
« Hedwige, » murmura Ginny, regardant la chouette alors qu'elle se posait. Le hibou se posa sur son épaule et lui tendit une de ses pattes. « Salut, ma belle. » dit Ginny en hoquetant, détachant le parchemin. Ses doigts tremblaient alors qu'elle déroulait le petit bout de papier.
« Gin ? »
Repoussant les larmes qui coulaient de ses yeux, la jeune sorcière leva la tête, « C'est personnel. »
« Il va bien ? »
« Oui, il va bien. Hum, je dois y aller. »
Tonks acquiesça.
Sans un autre mot, Ginny poussa la porte et entra rapidement à l'intérieur du château. Hedwige vola autour de Tonks un moment, semblait confuse.
« Il y a de la nourriture et de l'eau dans la volière, » dit Tonks. « Je suis sûre qu'elle veut envoyer une réponse, elle a juste besoin de temps. »
Hedwige claqua son bec en réponse et s'envola en direction de la tour qui abritait tous les autres hiboux.
Tonks balaya la cour du regard une dernière fois et décida de se rendre dans le dortoir qu'on lui avait assigné avant de se mettre à la recherche de son partenaire. Ca va être amusant, pensa t-elle. C'est comme si je revenais au collège. J'espérais que Remus serait là, comme ça j'aurais une excuse pour me faufiler dans son dortoir la nuit.
Assis au pied de son lit où était son sac à dos, se trouvait un petit hibou gris. Tonks pencha la tête étudia le hibou, mais elle ne le reconnaissait pas. « Salut ? »
L'oiseau sauta vers elle, lui tendant l'une de ses pattes. Elle défit le parchemin et lut la courte note :
Dora,
Merci de me dire où tu es. Reste sur tes gardes et fais bien attention à toi, je vais attendre ton retour avec impatience.
Bien à toi,
Remus.
Elle sourit et plia le bout de papier, puis elle le déposa sur la table de nuit. Elle aussi était impatiente de retourner auprès de lui.
A suivre…
Je sais que je suis un peu à la bourre niveau publication, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop !
J'espère que ce chapitre vous a plu !
Merci à Nini d'avoir pris le temps de corriger ce chapitre !
N'hésitez pas à me laisser un petit mot pour me le dire !
A +
Dinou
