Titre : La tristesa es un camino…
Spoliers : Seuls les six premiers tomes d'Harry Potter sont pris en compte pour cette fanfiction.
Disclaimer : Tout est à J.K.R.
Chapitre 3 :
« James ! JAMES ! JA-AAMES ! Debout ! »
Seul un grognement rageur et endormit répondit à l'ignoble gosse qui se trouvait sur la couette, hurlant aux oreilles de son frère avec un grand sourire. Voyant que le Maraudeur ne bougeait toujours pas, il haussa les épaules.
« Tant pis pour toi, il fallait m'écouter... Duncan ? »
Le jeune homme qui s'appuyait contre le battant de la porte de la chambre grande ouverte hocha la tête et, souriant, fit un petit mouvement de baguette, faisant apparaître un seau d'eau plus ou moins froide qui se dirigeait lentement mais sûrement vers le lit. Bryan sauta aussitôt sur le sol et regarda James une dernière fois.
« Jamesie, tu es sûr que tu ne veux pas te lever ?
-Laisse-moi tranquille, marmonna le tas enfoui sous les couertures en guise de réponse. Et arrête de m'appeler comme ça...
-Je t'aurais prévenu ! » Lança le frangin tout en levant les mains en signe d'innocence.
Quelques secondes à peine plus tard, un cri se fit entendre dans le Manoir Potter, partant que la chambre de l'aîné et se répercutant sur tous les murs de la maison. Kevin, Alexia et Blanche échangèrent un sourire amusé.
« Je crois qu'il ne va pas apprécier le réveil... Commenta Kevin avec un clin d'oeil.
-Je te ferais remarquer que James n'apprécie jamais son réveil le jour de son anniversaire, compléta Alexia.
-Et il n'a pas retenu la leçon ? Demanda Blanche, étonnée.
-Il faut croire que non, poursuivit le père. Ou alors, il éprouve un plaisir malsain à se prendre des seaux d'eau sur la figure chaque année... »
Un deuxième cri se fit entendre, plus aigu celui-là. Les trois résidents du salon se regardèrent avec étonnement.
« DUNCAN ! FAUX-FRERE !
-Ah, l'arroseur arrosé... déclara Monsieur Potter en reconnaissant la voix de son plus jeune fils.
-Je ne suis pas là, vous ne m'avez pas vu ! S'exclama Duncan en passant en coup de vent dans le salon, un grand sourire aux lèvres.
-... Très bien, dit Alexia. Il semblerait que ton petit-ami soit de meilleure humeur...
-Oui, répondit Blanche. Je crois qu'il commence à se sentir vraiment à l'aise.
-Nous en sommes ravis, dit Kevin au nom de sa femme et de ses fils.
-Vous n'avez pas vu Duncan ? S'exclamèrent d'une même voix les deux frères, trempés de la tête aux pieds.
-Bonjour James, bonjour Bryan, répliqua Alexia. Bien dormi ?
-Allez Maman, la pria son deuxième enfant. Vous l'avez vu ou pas ?
-Oui, on l'a vu. Lança Kevin. En même temps, depuis le temps qu'il partage notre table, heureusement qu'on l'a vu au moins une fois !
-Papa, c'est pas drôle. Rétorqua James.
-Ah bon ? Pourtant j'en connais un que ça fait beaucoup rire... Annonça Blanche avec un sourire.
-Où ça ?! » S'écrièrent les deux Potter.
Personne ne leur répondit et ils finirent par entendre un rire étouffé provenant de la cuisine. Ils s'y rendirent en courant et les trois autres eurent le plaisir de revoir passer Duncan en sens inverse, la main devant la bouche pour de pas rire, poursuivi par son père et son oncle.
« Duncan, reviens ici !
-Ben voyons ! J'tiens pas à finir trempé moi ! S'exclama le jeune homme en partant dans le jardin. Il tourna la tête un dixième de seconde pour voir si ses poursuivants étaient toujours là, mais cela suffit pour qu'il rentre dans la personne qui était en face de lui, et qu'il n'avait pas vu.
« Désolé, répondit Duncan en remettant sa tête dans le bon sens, je ne t'avais pas... »
Il finit sa phrase dans un cri de surprise, alors que la personne en face de lui lui prenait les bras, afin qu'il ne puisse s'enfuir.
« James, je le tiens ! S'exclama t-il ensuite d'une voix joyeuse. Je suppose que c'est toi Duncan ? Continua t-il à l'adresse de son prisonnier.
-Merci Sirius, t'es le meilleur ! » S'écria James alors qu'Harry tentait de s'extirper du piège en rochonnant. Mais il fallait avouer qu'il n'avait que la carrure d'un Attrapeur, ce qui n'était pas le cas de l'Animagus chien qui le tenait fermement.
Quelque secondes plus tard, les deux Potter apparurent dans le champ de vision du Survivant, l'un avec un seau d'eau et l'autre avec... de la farine ?!
« Non non, ça va pas être possible là ! Lança Duncan en se débattant de plus belle.
-Pourquoi pas ? Questionna James, qui était arrivé à la hauteur des deux autres. Bryan, à toi l'honneur. »
Le jeune garçon s'en donna à coeur joie et balança l'eau présente dans le seau sur l'espagnol, arrosant Sirius au passage qui s'ébouriffa comme un chien, sans pour autant lâcher la victime, qui regardait intensément le paquet de farine que son père tenait dans les mains.
Paquet qui fut soudainement propulsé dans les airs, échappant au contrôle de James, pour s'ouvrir au-dessus des deux Potter qui se couvrirent de blanc de la tête aux pieds, sous le regard étonné des deux principaux intéressés, de Sirius, mais aussi des adultes qui avaient suivis leurs fils dehors.
Seuls Blanche et Duncan ne paraissaient pas plus supris que ça. Ce dernier entendit ensuite une voix dans sa tête lui murmurer doucement :
« Bravo mon chéri, il l'a bien mérité pour toutes ses mauvaises blagues ! »
Et elle s'évanouit aussitôt. Bien qu'il ne l'ait jamais entendue consciemment avant la veille, il savait qu'il s'agissait de sa mère, Lily Evans. Il sourit et se libéra finalement du joug de Sirius, qui avait enfin déserré son étreinte.
« Bien, que ça vous serve de leçon, reprit Duncan sans cesser de sourire. Ne jamais provoquer quelqu'un qui a le droit de se servir de sa baguette... »
Tout le monde remarqua alors que l'espagnol tenait fermement sa baguette dans la main, qu'il avait dû prendre avant que Sirius n'arrive. Bryan s'avoua vaincu et partit en direction de ses parents quelques mètres plus loin, tandis que James s'approchait de Duncan avec un sourire.
« Je m'en souviendrai, assura t-il. On fait la paix ? »
Le jeune espagnol acquiesça et tendit la main vers celle qui lui était proposée, mais avant qu'il ne se rende compte de quoi que ce soit, James avait pris sa main et l'entraînait vers lui pour l'étreindre, afin que Duncan se retourve lui aussi avec de la farine bien collante un peu partout.
« Mais toi, tu dois apprendre qu'il ne faut jamais provoquer un Maraudeur ! Continua Cornedrue en lâchant sa proie.
-Je m'en souviendrai ! Dit à son tour le jeune homme aux yeux gris petillants d'amusement. Allez, sans rancune. »
Et, d'un geste de baguette magique, le châtain se sécha et enleva les traces de poudre blanche avant de faire la même chose pour les deux Potter et Sirius, qui s'avançait d'ailleurs vers lui.
« Bon, ma mère m'a jeté dehors à son réveil alors je suis venu plus tôt, ça ne te dérange pas Jamesie chou ?
-A la base non, répliqua le jeune Potter, mais si tu continues comme ça tu vas pouvoir repartir aussi sec ! »
Les deux Maraudeurs continuèrent à se chamailler un moment, jusqu'à ce qu'ils arrivent dans le salon, où Nessa avait dressé la table du petit-déjeuner pour tout le monde, même les invités de dernière minute.
« Manger ! S'exclamèrent aussitôt Bryan et Sirius en se jetant littéralement à table.
-Bande de goinfres, commenta James en souriant malgré tout.
-Foui, mais f'est comme fa qu'fu m'aimes Cornefrue ! Répliqua Sirus.
-Pas la bouche pleine toujours ! Rétorqua le susnommé. Et puis je ne t'aime pas, je te supporte, nuance !
-Je vois que l'amitié est au beau fixe... déclara Duncan, amusé.
-C'est toujours comme ça entre eux, expliqua Bryan qui était assis à côté de lui. En même temps, ils se sont bien trouvés, ils sont aussi insupportables l'un que l'autre...
-Tu peux répéter microbe ? » Menaça Patmol alors que James, assis de l'autre côté de son frère, se contentait de lever les yeux au ciel en ajoutant un « T'es bien placé pour parler tiens...
-Ben oui ! Répondit le cadet Potter. Regarde, j'suis sûr que si je demande à Blanche, elle dire que c'est moi le plus gentil, hein Blanche ?
-Ne compare pas ce qui n'est pas comparable Bryan, répliqua la jeune femme avec un sourire amusé.
-Ca veut dire quoi ça ?! S'écrièrent les deux fils Potter d'une même voix, faisant rire les deux espagnols.
-Vous êtes tous les deux gentils à vorte manière... poursuivit Blanche.
-C'est sa façon de parler pour ne rien dire en faisant en sorte de ne blesser personne, glissa Harry dans un chuchotement qui n'échappa à personne.
-Duncan ! Fit semblant de s'offenser Ginny.
-Quoi ? Demanda inocemment son petit-ami. Ce n'est pas vrai ? »
La tablée finit par éclater de rire et le repas se continua ainsi, entre discussions plus ou moins animées et éclats de rire, dans la joie et la bonne humeur.
Le bruit de la sonnerie magique retentit dans la maison, alors que le petit groupe, augmenté depuis quelques minutes des deux membres restants des Maraudeurs, se mettait à table. Le maître de maison se leva, tandis qu'instinctivement, Nessa apparut près de la table pour ajouter une assiette entre Alexia et Duncan. Les trois Maraudeurs tournèrent la tête vers James, qui haussa les épaules pour toute réponse à leur question muette. Non, il n'avait aucune idée de l'identité de la personne qui allait rejoindre leur table. Harry, par contre, en voyant l'ombre du nouveau venu s'agrandir au fur et à mesure que Kevin Potter et son invité revenaient, eut l'intuition qu'il allait devoir commencer à jouer un jeu encore plus serré que depuis que Ginny et lui étaient arrivés ici...
« Professeur Dumbledore ?! S'étonna Remus dès qu'il l'eut reconnu.
-Bonjour, mes enfants, dit le directeur de l'école avec son air bienveillant habituel. J'espère que je ne dérange pas...
-Bien sûr que non, Monsieur le Directeur ! » S'empressa de répondre Bryan, presque avec révérence, tandis que les Maraudeurs s'échangeaient des regards intrigués. Pourquoi leur directeur avait-il donc décidé de leur rendre visite ?!
La lumière se fit dans l'esprit de James lorsque le vieil homme tourna la tête vers l'espagnol qui était assis à ses côtés.
« Alors, vous êtes les deux jeunes gens ayant attéri sur le terrain des Potter il y a deux semaines ? »
La voix de Dumbledore ne trahissait rien d'autre que la bienveillance et la curiosité pure, mais Harry savait qu'il y avait bien plus que cela. Albus ne posait jamais une question pour rien. Il prit parti de répondre avec le plus d'honnêteté et de sincérité qu'il le pourrait.
« En effet. Je m'appelle Duncan Linesa, et voici Blanche Meloria, fit-il en montrant son amie d'un geste de la main. Je sais que ça peut paraître étrange, même pour nous, mais nous n'avons aucune idée de la façon dont nous sommes arrivés là. » Ce qui était tout à fait vrai. Même si les deux voyageurs savaient qui avait provoqué ce retour dans le passé, ils en ignoraient encore le procédé. Et mieux valait que cela reste ainsi, d'ailleurs. « J'ai cru comprendre que vous étiez directeur, Monsieur... ? » continua Harry d'un ton faussement badin.
« C'est vrai, je ne me suis pas présenté : Je suis Albus Dumbledore, directeur de l'école de Sorcellerie Poudlard, où vous allez étudier cette année » répondit le magicien en tendant la main, que Duncan serra avec un hochement de tête et un petit sourire. « Je suis venu pour vous donner ceci, et pour m'assurer que vous n'aviez pas de questions particulières à l'égard de l'école » s'expliqua t-il ensuite en lançant un sort qui fit que deux grosses malles de cuir frappées des initiales des deux étudiants apparurent sur le côté de la salle.
« Oh, nous les avons déjà informé de l'essentiel, Professeur, lui assura Bryan avec dévotion.
-Oui, assura Duncan, et finalement, le fonctionnement de cette école n'a pas l'air très différent de celle où nous étions.
-J'en suis heureux, sourit Dumbledore. Dans ce cas, je vais vous laisser, je m'en voudrais de gâcher la fête. » Il se leva avant que quiconque n'ait pu protester, et ajouta en direction de James. « Joyeux Anniversaire, Monsieur Potter.
-Merci, Monsieur. » Répondit l'aîné de la famille, qui n'avait pas ouvert la bouche depuis l'arrivée du vieil homme.
Ce dernier se dirigea vers la porte, avant d'ajouter « Oh, et si quelqu'un avait la charmante idée d'organiser une petite surprise lors du repas de Répartition, ce ne serait pas de refus... Le Choixpeau m'a avoué qu'il se languissait de ne faire qu'entendre parler de vos exploits, Messieurs. »
Et, avant que les Maraudeurs ou qui que ce soit d'autre puisse répliquer, le directeur était déjà parti, laissant le reste de la table pantoise.
« Je rêve, où il vient de nous demander de faire une blague pour la Répartition ?! Lança Sirius bien après que la porte du domaine des Potter se soit refermée.
-Il semblerait bien... répondit doucement Remus, un peu étonné.
-Il n'a pourtant jamais fait ça avant... » avança Peter, qui n'avait pas dit un mot depuis bien longtemps.
Pour être honnête, le regard des étrangers lui pesait. Il n'avait pas pour habitude d'être au centre des attentions, et pourtant il avait la vague impression que les deux espagnols ne cessaient de le surveiller du regard, comme s'ils s'attendaient à ce qu'il fasse une -grosse- bêtise. Le garçon -Duncan, se rappela t-il- plus particulièrement. Il y avait dans son regard une lueur que l'Animagus rat ne lisait pas très bien, et qui lui faisait un peu peur...
...Mais bon, Gryffondor ou pas, il avait peur de beaucoup de choses, au fond.
« Il y a une première fois à tout Quedever, répliqua James avec un sourire de conspirateur. En tous cas, maintenant qu'il nous a officieusement donné le feu vert, je ne vois pas pourquoi on se gênerait ! »
Bryan soupira pour toute réponse, tandis que les Maraudeurs commençaient déjà à échaffauder des plans plus foireux les uns que les autres, sous le regard amusé des parents Potter, et intrigué des deux espagnols. Duncan se permit pourtant une réflexion.
« Je ne sais pas ce que vous avez en tête, mais je pense qu'un coup d'éclat devrait s'étendre à l'école entière... »
Le châtain s'attira tous les regards, mais ne broncha pas. Il tenait vraiment à ce que les Maraudeurs -ou plutôt James et Sirius- comprennent qu'il ne fallait pas mettre tous les Serpentards dans le même sac. Et d'ailleurs, il avait une idée plutôt précise de comment y parvenir...
« De toute façon, s'exclama Alexia pour couper court à toute discussion, ce n'est pas le moment d'en parler. Vous verrez ça plus tard. En attendant, c'est l'heure pour James d'ouvrir ses cadeaux. »
Ce dernier s'exécuta sans se faire prier. Pendant ce temps, Blanche laissa échapper un long soupir, comme si elle s'autorisait à respirer à nouveau pour la première fois depuis un moment. Les Maraudeurs et Bryan n'en firent pas cas, trop plongés dans l'ouverture des divers cadeaux de la star du jour, mais Alexia lui jeta cependant un regard soucieux que la jeune fille ne vit même pas, trop préoccupée par ce qu'il venait de se passer. Elle avait laissé Harry conduire l'interrogatoire -car c'en était un, à n'en point douter- mais réalisait à quel degré tout cela pouvait être compliqué. Il avait pourtant été tellement simple d'arriver ici...
La main se posant délicatement sur son épaule la sortit de ses pensées, et elle rencontra le regard émeraude d'Harry, qui lui fit un sourire rassurant.
« Tout va bien se passer Blanche, lui souffla t-il. Même si ce dont tu as peur arrive, ce ne sera pas un problème. »
Elle haussa un sourcil pour toute réponse. Qu'on découvre leur véritable identité, pas un problème ?! Permettez-lui d'en douter !
« Fais-moi confiance, » ajouta Duncan en guise d'argument. Puis, il changea d'interlocuteur. « James, pratiquez-vous le Quidditch régulièrement, en Angleterre ? »
C'était le signal. Pendant qu'un Cornedrue -insulté qu'on puisse ignorer la suprématie évidente des anglais en matière de Quidditch- délaissait ses nouvelles acquisitions pour se tourner vers Duncan en vue de lui énumérer les joueurs d'élite et les diverses Coupes remportées par l'équipe d'Angleterre, les trois autres Maraudeurs passèrent à l'assaut. Sans se faire remarquer, ils sortirent leurs armes de leurs poches puis se jetèrent sur James, qui leur tournait le dos, avant de le plaquer au sol.
L'étonnement passé, on put entendre le jeune homme vociférer à ses amis de le laisser tranquille, ce à quoi Patmol répondit joyeusement :
« Pas question Jamesie Pooh, c'est ton anniversaire aujourd'hui, et on n'a pas 16 ans tous les jours ! »
Et, sans lui laisser le temps de répliquer, il sortit la palette de maquillage qu'il cachait dans son dos. A sa vue, James commença à se débattre de toutes ses forces, mais Remus -qui le tenait fermement- avait le dessus et ne se pria pas pour lui faire remarquer avec un sourire... de loup.
« Laisse tomber James, tu sais que tu ne fais pas le poids... »
Cela retira une remarque étouffée au principal intéressé, qui ne cessa pas de bouger pour autant. Tellement que Sirius ne parvenait à rien, et que les photos prises par Bryan avec l'appareil magique de la famille étaient toutes floues. Alexia et Kevin avaient quitté la pièce, laissant les jeunes s'amuser, et Blanche fixait son camarade espagnol avec un sourire amusé.
Ce dernier était en proie à un choix cornélien : aider les Maraudeurs à ridiculiser son père, ou non ? James lui en voudrait, c'était certain. D'un autre côté, c'était vraiment très tentant... mais ils étaient déjà trois contre un...
« Cornedrue, arrête de bouger bon sang, c'est agaçant ! » s'exclama alors Sirius, vraisemblablement irrité. Il n'en fallut pas plus.
« Immobilis. »
L'aîné des Potter cessa aussitôt toute résistance, à la surprise des trois autres, qui n'avaient pas entendu l'incantation. Ce fut quand l'espagnol se leva de sa chaise et s'approcha d'eux qu'ils réalisèrent.
« Rappelez-moi quand vous avez fini, mais souvenez-vous : toute médaille a son revers... »
D'un autre mouvement de baguette, Duncan fit léviter les malles et se dirigea vers l'escalier, Blanche sur les talons. Les autres le regardèrent partir en silence, un peu incrédules. Puis :
« Je ne le connais pas vraiment cet espagnol, mais je l'aime bien ! Décida l'Animagus-Chien avec un sourire ravi. Bon, maintenant qu'il est calmé, au boulot ! »
Les trois Maraudeurs s'appliquèrent donc à leur tâche, tandis que Bryan mitraillait à nouveau et que James, immobilisé mais pas dans l'incapacité de penser, ruminait des plans de vengeance non seulement à l'égard de ses soi-disant « amis » Maraudeurs, mais aussi de son petit frère et de l'espagnol, qui semblait prendre un malin plaisir à le martyriser depuis le début de la journée. Pour parodier une personne dont il ignorait le nom, sa vengeance serait terrible...
« Linesa, tu es un homme mort !
-C'est pas avec ta tenue affriolante que tu pourras mettre tes menaces à exécution James... Mais, si je peux me permettre, tu n'as jamais été aussi mignonne ! »
Le cri de rage se fit entendre dans tout le domaine de Godric's Hollow, suivi par un grand éclat de rire et quelques pouffements amusés. On vit aussitôt deux personnes quitter la véranda des Potter pour courir l'un après l'autre.
Un voisin inattentif aurait vu une jeune fille en longue robe rose poursuivre en criant des choses incompréhensibles (mais mieux valait ne pas les comprendre, je vous assure) à un jeune homme qui courait plusieurs mètres devant. La jeune « fille » semblait avoir du mal à se déplacer à cause de la robe, mais aussi des chaussures à talons qu'elle semblait porter aux pieds.
En s'approchant, on s'apercevait qu'il ne s'agissait pas d'une fille pourchassant un garçon pour un jeu quelconque, mais d'un James enragé, dont le rouge de colère se voyait à peine sous la dose de fard à joues utilisée par ses amis pour le maquiller. Ses yeux bruns étaient maintenant dotés de longs cils noirs et surmontés d'un fard à paupières bleu océan et d'une fine ligne d'eye liner noir se terminant en une spirale sur le côté extérieur de l'oeil droit. Une bonne dose de fard à joues rose et un rouge à lèvres rouge sang complétait le travail. Il était vêtu d'une robe à corset rose pâle qui se laçait dans le dos. Les volants de tulle se soulevaient au rythme de ses pas, révélant des jambes parfaitement épilées (très certainement dans la douleur) et des pieds enserrés dans d'élégantes chaussures noires à talons aiguilles qui expliquaient qu'il ne pouvait pas courir aussi bien qu'il le voulait pour rattraper (et probablement faire regretter sa situation) le jeune homme en jean et chemise décontractée qui s'arrêtait enfin pour lui faire face.
James se serait fait un énorme plaisir de lui arracher son sourire mi-amusé mi-sadique à mains nues s'il n'avait pas eu au bout des doigts une sorte d'extension moldue inconnue pour lui que ses amis appelaient « faux ongles ». Il n'en voyait pas l'intérêt, juste que cela le dérangeait pour attraper quoi que ce soit et n'avait pas encore réalisé le potentiel de torture infligé par des ongles, puisqu'il gardait toujours les siens très courts.
Mais, de toute façon, Duncan ouvrit la bouche avant que l'aîné Potter ne puisse dire quoi que ce soit.
« Tu sais James, ce qui est fait est fait et tu ne peux rien y changer. Oh, tu peux m'en vouloir, c'est sûr ! Mais à ta place, j'essaierais plutôt d'éviter le tout d'empirer... en empêchant mon petit frère d'envoyer des hiboux de photos à tous les sorciers de ma connaissance, par exemple... »
Pour appuyer ses dires, le châtain fit un signe de tête vers la maison, où l'on pouvait clairement apercevoir un jeune homme attacher une missive à la patte d'un hibou. Nul doute que Duncan avait raison et qu'il s'agissait de Bryan. Sirius, Remus ou Peter n'oseraient pas faire une chose pareille, James ne leur pardonnerait jamais un tel affront. Bryan, cependant, aimait bien trop le provoquer pour penser à sa propre sécurité. En plus, ce petit insolent semblait penser que le fait qu'ils soient de la même famille lui offrait l'immunité. Il suffisait de regarder Sirius pour comprendre que la famille ne faisait pas tout... Et Bryan allait l'apprendre à ses dépends.
« Je vais lui faire regretter d'être venu au monde à celui-là... » promit Cornedrue en faisant demi-tour pour retourner à la maison retrouver ses invités, Harry/Duncan sur les talons. Il lui jeta un regard mauvais, prouvant qu'il ne l'avait pas oublié. « Et toi, tu ne perds vraiment rien pour attendre... Déjà l'Immobilis, c'était traître... Mais franchement Duncan, le sort de persistance, c'était de trop, maugréa t-il avant d'ajouter : Et d'ailleurs, j'en ai encore pour combien de temps ?! »
Le châtain se donna le droit de passer la porte vitrée de la véranda et de traverser la moitié de la pièce avant de se tourner vers James pour lui répondre, avec un sourire mutin que le brun aurait presque qualifié de Maraudesque.
« Jusqu'à ce que je me lasse, James. Jusqu'à ce que je me lasse... »
Et Harry éclata de rire en voyant l'éclat de peur suivi d'une certaine résignation dans les yeux fardés de son -futur- père.
« Il y a un truc qui me dérange... »
James, tranquillement installé sur son lit, ventre sur les couvertures et livre sur l'oreiller, se tourna d'un air vaguement intéressé vers son meilleur ami qui -appuyé sur le rebord de la fenêtre et le regard vers l'extérieur- venait de prendre la parole.
Quatre jours étaient passés depuis l'anniversaire du Potter et, heureusemement pour lui et certainement pour tous ceux qui auraient fait les frais de sa mauvaise humeur si ça n'avait pas été le cas- il n'était plus en robe depuis longtemps, Duncan ayant eu pitié de lui quelques heures à peine après avoir lancé le sort de conservation et lui ayant rendu son aspect normal d'un coup de baguette, malgré les plaintes de Bryan qui ne se lassait pas de voir son frère aîné dans une telle situation.
Bien sûr, le jeune Potter n'avait pas vraiment envoyé de lettre avec photos comme James et Duncan l'avaient supposé, mais il n'avait pas démenti. Après tout, bien qu'étant un loyal Poufsouffle, il ne résistait pas à l'envie de charrier son grand frère. Ce dernier le lui rendait bien, d'ailleurs ! Et puis, si l'idée de s'être ridiculisé face à plusieurs de ses connaissances pouvait le calmer un peu sur les blagues asservissantes une fois à Poudlard, le pré-ado n'allait pas s'en plaindre !
Bon, évidemment, ça voulait aussi dire que James ne lui adressait plus la parole depuis. Ce foutu Gryffondor était plus têtu qu'une mule, surtout lorsqu'on s'en prenait à son égo surdimensionné... Mais heureusement pour lui, Bryan n'était plus seul avec son frère dans la demeure familiale, il ne s'ennuyait donc pas autant qu'il aurait pu du silence de son aîné.
Il fallait dire ce qui était, le plus jeune Potter s'entendait bien avec les deux espagnols qui avaient débarqué il y a un peu plus d'un mois. Comme la grande partie de ceux qui les avaient rencontrés, alors que les circonstances prêtaient tout de même à la méfiance. Mais il y avait ce je-ne-sais-quoi chez Duncan Linesa et Blanche Meloria qui faisait qu'on avait envie de leur faire confiance. Même si Duncan semblait parfois très taciturne et que Bryan s'entendait mieux avec la jeune fille qu'avec son homologue masculin, il aimait se balader avec eux dans le jardin bordant la propriété en parlant de tout et de rien, comme il était en train de le faire, inconscient d'être suivi du regard par une paire d'yeux noirs, depuis l'une des fenêtres de la bâtisse familiale.
James finit par soupirer et s'approcha de son presque frère, fixant lui aussi son regard sur les trois silhouettes se promenant dans le jardin.
« Quoi donc, Patmol ? Demanda alors l'aîné, tout en ayant une assez bonne idée de ce qui allait suivre...
-Je ne sais pas et c'est bien ça le problème ! » Répondit Sirius en fronçant les sourcils, contrarié.
James ne répondit rien, laissant la réflexion s'installer. Il connaissait Sirius par coeur. Certes, les Maraudeurs étaient un quatuor, mais les aînés Black et Potter en étaient le noyau dynamique, et indestructible.
James se souvenait parfaitement de sa première rencontre avec Sirius, il y a bientôt six ans de cela, dans le Poudlard Express. Il entendait encore son (pas encore sur le moment) ami s'écrier d'une voix aigüe qu'il avait perdue depuis presque deux ans maintenant que « Mère peut aller se faire cuire un oeuf de Verracrasse, je ne passerai pas ma journée, et encore moins mon année, à suivre les moindres pas de ma cousine ! », et avait acquiescé avec entrain lorsqu'un garçon d'à peu près sa taille (« Non, beaucoup plus grand, arrête de mentir James, t'as toujours été un nabot ! » l'aurait aussitôt contredit Sirius, ce qui aurait immanquablement donné lieu à une nouvelle bataille d'oreillers) lui avait demandé s'il pouvait s'installer dans son compartiment. Pas vraiment timide, James avait directement engagé la conversation en lui demandant des explications quant à ce qu'il venait d'entendre, ce que Sirius s'était fait un plaisir de lui donner.
Avant qu'ils s'en rendent compte, ils arrivaient à Pré-au-Lard et étaient devenus les meilleurs amis du monde.
En six ans qu'ils avaient passé ensemble, leur complicité était devenue de plus en plus forte, tellement qu'ils se comprenaient sans avoir besoin de mots. Ils avaient rapidement accepté Remus, puis plus tard Peter, dans le duo qu'ils formaient, mais ni l'un ni l'autre ne pouvaient prétendre à un niveau d'amitié tel que celui qui unissait Black et Potter. Ils avaient trouvé en l'autre un frère d'armes, de coeur, qui les comprenaient et avec qui ils s'entendaient bien mieux qu'aver le frère qu'ils avaient réellement, surtout Sirius. Et il était clair depuis longtemps que seule la Mort pourrait séparer ces deux-là, tout comme leur sujets de dispute et de divergeance étaient très peu nombreux.
Mais il était possible que la discussion s'annonçait plus tendue qu'ils ne l'auraient pensé, l'un comme l'autre...
« Je veux dire, reprit Sirius en détournant finalement son regard de la vitre pour le tourner vers son meilleur ami, je l'ai dit hier, j'l'aime bien ce mec... Mais il y a quelque chose de pas net autour de lui et je ne sais pas quoi. Et ça, ça m'ennuie.
-Patmol... » Commença James, sachant pourtant que c'était peine perdue.
En effet, il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit que l'aîné Black reprit :
« Non mais c'est vrai ! Qui ils sont déjà, pour arriver comme ça ici ! Pour ce qu'on en sait, ils pourraient très bien être des partisans de l'autre timbré !
-Je te l'ai dit Sirius, j'ai vérifié leur version, et rien ne laisse à penser que Blanche et Duncan mentent, répondit James d'une voix qui commençait à sonner fatiguée de se répéter depuis plusieurs jours déjà.
-Je n'ai jamais dit qu'ils mentaient sur l'attaque, lança alors son vis-à-vis comme on lâche une bombe. Mais sur le rôle qu'ils y ont joué.
-Sirius... Si des ados de notre âge doivent être impliqués dans les rangs de Voldemort, je ne pense vraiment pas que ce soit de pauvres gamins de l'autre côté de la Manche...
-Justement, c'est le plan parfait ! Tu vois bien, personne ne s'en douterait ! S'exclama le jeune homme aux longs cheveux noirs.
-Non, tu vas trop loin là Sirius... Tu vires à la paranoïa, sans vouloir te vexer l'ami ! Lança le brun avec un maigre sourire pour tenter de détendre l'atmosphère, bien que l'éclat dans ses yeux marrons démontrait le sérieux qu'il prêtait à la conversation.
-Et c'est toi qui me dit ça ! Rit le susnommé, avant de reprendre. Non, sérieusement James... Tes parents sont assez impliqués dans ce truc, ça ne me paraît pas si insensé que ça...
-Si Voldemort voulait vraiment s'en prendre à mes parents, il aurait attaqué depuis un moment. Répliqua aussitôt Cornedrue, perdant tout ce qui lui restait de patience (soit pas grand chose). Si Voldemort avait vraiment envoyé ces deux-là pour tuer mes parents, continua t-il avec un geste en direction du jardin, ils l'auraient fait dès leur arrivée, alors que tout le monde à la maison était trop surpris de les voir pour réagir. Si Duncan et Blanche sont vraiment reliés à Voldemort, finit James à voix plus basse, on le saura très vite, une fois à Poudlard. Tu sais aussi bien que moi qu'il serait très facile de les surveiller... »
Un long silence accueillit ces paroles, alors que Sirius retournait fixer les silhouettes dans le jardin et que James retournait à son livre de Métamorphose. Ce dernier savait que son ami était en train de se ranger à son opinion. Il en avait toujours été ainsi. Sirius était impétueux, colérique et agissait avant de penser. James possédait également toutes ces belles qualités, mais il avait tout d'abord l'âme d'un leader. Ce qui faisait que tous les Maraudeurs l'écoutaient et finissaient par se ranger à son avis, Sirius compris. En réalité, tout Gryffondor se rangeait généralement à son avis, évitant de le contrarier et parfois même le soutenant dans ses actions. Tout Gryffondor, sauf Lily Evans, évidemment.
Les pensées du brun se tournèrent alors vers la jolie rousse. Leur dernière rencontre avait été étrange, dans le sens où ils ne s'étaient pas disputés de l'après-midi, chose qui n'était pas arrivée depuis leur première année, s'il se souvenait bien. Etrange, mais pas vraiment désagréable. Cependant, c'était certainement dû à la présence des deux espagnols avec eux. Evans avait beau être une vraie tigresse une fois qu'elle savait face à qui elle se trouvait, il n'empêche qu'elle savait se tenir face à des inconnus.
« Mais, insinua une petite voix dans sa tête qui sonnait clairement amusée, si c'était seulement la présence de Blanche et Duncan qui l'avait fait se comporter civilement, pourquoi aurait-elle prit la peine de t'envoyer une carte d'anniversaire ? »
James tourna la page de son livre de Métamorphose, un sourire aux lèvres. Coincée entre les deux pages se trouvait une carte tout ce qu'il y avait de plus Moldue. Il s'agissait d'un gros gâteau à plusieurs étages, plein de bougies et sur lequel on pouvait lire un « 16 », et en-dessous un « Tu te fais vieux ! » accompagné d'un drôle de visage jaune qui tirait la langue. A l'intérieur, un simple « En espérant que tu grandisses également dans ta tête » se joignait au « Joyeux Anniversaire » déjà imprimé sur le carton. Pas de signature, mais le jeune homme n'avait pas eu besoin de ça pour connaître son expéditeur. Il était rare que la rousse fasse ainsi preuve de l'impulsivité qui l'avait en partie conduite à Gryffondor, mais elle avait craqué cette fois et, malgré l'ironie présente dans chaque mot de la jeune femme, James ne se plaignait pas !
Il tourna son livre à la page suivante d'un geste brusque, sans pour autant ôter le sourire de son visage, et se reconcentra sur sa matière favorite.
Fin du chapitre. Dans le prochain, Poudlard Express et Cérémonie de Répartition... haute en couleurs !
