Troisième chapitre d'une fics qui s'annonce mouvementée ! Pour celles qui ne l'auraient pas encore deviné, c'est un peu ma version personnelle et écrite des doujinshi célèbres « Saint Panic ». J'espère que cela vous plaira. Merci de vos reviews ça fait toujours énormément plaisir !
* * *
Camus se réveilla aux aurores le lendemain. Il avait à peine fermé l'oeil... trop perturbé pour s'autoriser le quota de sommeil salvateur que nécessitait l'imminent voyage qui se profilait. Il savait qu'il n'avait gagné qu'une bataille et que son adversaire était extrêmement tenace... le français se doutait que le voyage ne s'annonçait pas de tout repos... d'ailleurs, l'entité n'avait pas émis la moindre protestation à ce .
Pourtant, une fois à Delphes, la Pythie l'identifierait et Athéna serait alors sans-doute en mesure de l'expulser du corps de , l'esprit ne semblait pas le craindre... que cherchait-il exactement? Cela ne présageait rien de bon. Camus comprit qu'il faudrait constament garder un oeil sur le Scorpion, à l'affût de la moindre entourloupe.
Il prépara donc rapidement ses affaires, tandis que l'entité était escortée jusqu'à la Salle du Pope par Aldébaran et Mü. Le Scorpion resta silencieux et beaucoup moins taquin qu'avec Camus. Le chevalier du Verseau se demanda un instant s'il devait signaler le «relâchement» d'Aphrodite, mais après tout, il n'y avait eu aucun incident majeur occasionné par ce manque de vigilance, alors Camus décida de passer cette faiblesse à la trappe. Mieux valait ne pas aller chercher trop loin concernant Aphrodite. Ami ou ennemi, le Poissons lui seul connaissait la réponse à cette délicate question et le Verseau avait d'autres chats à fouetter à l'heure actuelle.
Vêtu d'une longue et ample toge noire semblable à celle du Pope, Camus semblait vouloir protèger chaque centimètre carré de sa peau des rayons meurtriers du soleil, à moins que ce ne soit du regard perçant de son indésirable compagnon de route...
La salle était déserte, seuls se trouvaient là Aldébaran et Mü postés de chaque côté du détenu qui se tenait d'une droiture insolente, presque. Shion était assis sur le trône, Saga et Dohko n'étaient pas loin. Camus s'inclina respectueusement:
« Camus du Verseau, au rapport » !
« Tu peux te relever Camus.L'heure du grand départ vais te remettre une carte de la Grèce, chevalier du Verseau. Il a été unanimement décidé pour des raisons évidentes de discrétion et de prudence que vous voyageriez en bâteau. Cela éviterea toute implication superflue de civils. Vous partiez donc du Sanctuaire à pied afin de vous rendre au Cap Sounion. Là-bas, les Marinas vous ravitailleront et vous prêteront un bâteau pour le long voyage qui vous attend. Ensuite, vous remonterez le Golfe de Corinthe tout au Sud, avant d'arriver à Delphes en quelques jours. Des questions » ?
« Oui, j'en ai une ».
« Je t'écoute Camus. Parle ».
« Devons-nous emmener nos armures » ?
« Non. Tu sais que lorsque vous quittez le Sanctuaire, vos armures doivent rester ici. Elles gardent vos temples à votre place ».
« Et si le voyage s'avèrait plus périlleux que prévu » ?
« Je ne pense pas que vos armures soient nécessaires. Il n'y a rien que vous ne puissiez surmonter sans elles et si le Dieu qui nous menace attaquait en ton absence, il faudrait que Hyôga se tienne prêt à revêtir l'armure sacrée du Verseau ».
« Je comprends. Il en serait fait ainsi alors »...
Quelque part, cela ne rassurait pas Camus de devoir se lancer à l'aventure sans sa précieuse protection, mais si telle était la volonté du Pope, alors il ne protesterait pas. Après tout, même si le voyage s'annonçait mouvementé, il n'y avait pas de raison qu'il le soit au point que Camus ait besoin de revêtir sa fidèle armure dorée. Il avait toujours ses pouvoirs pour se défendre et la place de l'armure du Verseau était bien au Sanctuaire. Il ferma les yeux un instant en supposant que le sort de l'armure du Scorpion serait le même. Après tout, à quoi bon l'emmener puisque Milo ne pouvait plus l'enfiler ? Mais étrangement, Shion en décida autrement... Et comme s'il semblait lire dans les pensées troubles du jeune homme, il aborda ce sujet.
« Par contre, vous emmènerez celle du Scorpion. Personne ici à part Milo n'est en mesure de la revêtir ».
« A part Milo, hein... » répèta machinalement Camus.
Avec ce qu'il avait vu la veille, cette phrase sonnait faux. Mais Shion l'ignorait-il vraiment? Peut-être justement était-ce pour cela qu'il voulait la leur confier.
« La Pythie sera en mesure de vous dire exactement pourquoi elle ne semble plus reconnaître son porteur. Ni Mü, ni moi, n'avons été en mesure de déterminer pourquoi ».
Oui, c'était bien cela. Mais Camus le savait, pour lui, cela semblait évident. Si elle ne voulait plus de Milo, c'était parce que ce n'était plus Milo. Les autres chevaliers semblaient ne pas en avoir conscience... Le Verseau semblait convaincu de sa thèse, mais était-ce réellement aussi simple ? Saga avait été en mesure de porter l'armure sacrée des Gémeaux, même lorsqu'Arès l'avait possédé...
« Très bien, je montrerai l'armure sacrée à la Pythie si tel est votre souhait. Puis-je disposer à présent » ?
« Oui... Mais, Camus... Promet-moi d'être très prudent. Cet esprit qui habite le corps du Saint du Scorpion est très perfide. Il va certainement tenter de s'échapper ou de te manipuler ».
Pas besoin de le dire deux fois, Camus l'avait parfaitement compris. L'ennui, c'est qu'avec lui, cet esprit était tombé sur un os plutôt coriace. L'incident avec Aphrodite le prouvait. Ce n'était peut-être que très secondaire, mais jamais Camus ne se serait laissé piéger ainsi. Et même si les conséquences avaient été insignifiantes, il savait plus que jamais qu'il devait se méfier du nouveau Milo...
N'adressant pas même un regard au Scorpion, il se mit en route, suivi de celui-ci. Pour tout bagage, le Saint des Glaces portait sur son dos la précieuse Scorpion's Cloth. Parfaitement libre de ses mouvements, le Grec le suivait... docilement. Ils quittèrent le Sanctuaire sous le regard inquisiteur des autres chevaliers, mais cela ne sembla absolument pas gêner Milo. Ils ne lui feraient rien. Ils ne prendraient jamais le risque d'esquinter leur innocent Milo. Bande de lâches. Il nargua chacun des habitants des temples sacrés qu'ils croisèrent en passant par ceux-ci, s'autorisant même à siffloter ouvertement en signe de mépris.
Camus soupira... Le voyage promettait d'être LONG dans ces conditions, mais au moins, il ne lui adressait pas la parole. Bizarre, mais c'était déjà ça. Malheureusement, ça ne durerait probablement pas.
Seuls les amis les plus proches du Scorpion attendaient à la sortie du Sanctuaire. Parmis eux se trouvaient évidemment Kanon et le rugissant Aiolia, qui se sentaient orphelins de leur ami au dard empoisonné. Ils avaient tenu à lui dire aurevoir en privé, même si ce n'était plus vraiment lui. Camus lui accueillit d'un sourire qui se voulait chaleureux et ça en lui ressemblait pas ! Mais leur présence réconfortante et leurs encouragements lui allaient droit au coeur. Tout le monde n'avait pas abandonné leur frère du Scorpion à son triste sort.
« On ne pouvait pas vous laisser partir sans vous dire aurevoir »...
« Et vous souhaiter bonne chance, termina le fier Lion », une pointe d'amertume dans la voix.
« Toi seul peut l'aider Camus, alors... on compte sur toi », fit le frère de Saga en lui posant une main sur l'épaule.
Oui, Camus était touché par leur geste. Cependant, cette joie fugitive fut de courte durée. Il semblait en effet que Kanon et Aiolia ne soyent pas les seuls à avoir souhaité dire aurevoir à Milo. Et le troisième laron ne semblait pas si bien attentionné. Le soleil tapait fort en ce bon matin d'août. Coiffé une capeline du plus bel effet, l'élégant chevalier des Poissons se trouvait également de la fête. Camus fronça immédiatement des sourcils et alla à sa rencontre.
« Aphrodite, n'en n'as-tu déjà pas assez fait » ?
« Allons, allons Camus-chan, ce n'est pas toi que je suis venu voir, mais Milo ».
« Tu sais très bien que ce n'est plus Milo... alors cesse tes balivernes et ne joue pas les pseudo-affligésça ne prend pas avec moi. Que veux-tu réellement » ?
« Juste dire aurevoir à Milo, je te l'ai dit » !
« Je croyais que tu trouvait qu'il était l'un des chevaliers les plus... « détestables et repoussants » du Sanctuaire »...
« En effet, mais dernièrement, je trouve qu'il a changé. Il a des cheveux beaucoup plus brillants, la peau légèrement tannée et il... a fait un régime non » ?
« Arrête ton char, Aphro... Je sais que tu hais Milo. Et c'est réciproque... alors pourquoi être venu ? Pour nous provoquer » ?
« Bien-sûr que non ! Comment peux-tu penser une telle chose Camus-chan ? Je suis blessé » !
Le chevalier suédois fit alors mine de sanglotter en se cachant le visage dans les mains. Mais ce n'était que de la comédie. Jamais Aphro ne pleurerait, ça risquerait de ruiner son maquillage. Alors que Camus soupirait en secouant la tête, son compagnon de route improbable s'avança à son tour et il s'agenouilla devant Aphrodite, avant de lui prendre la main et de la baiser avec douceur, sous le regard outré, choqué et autres synonymes des trois autres chevaliers présents sur les lieux. Même l'extravagant Aphrodite semblait pour le moins surpris !
« Mi... Milo » ?
« Quelle peau si douce »...
Le Scorpion se redressa, le sourire aux lèvres. Un sourire non pas sarcastique comme son habitude, mais un sourire empli de tendresse... Camus ressenti un coup de poignard au coeur. D'habitude ce genre de sourires sucrés lui était réservé et même s'il savait qu'il ne s'agissait pas de Milo, cela le blessait... Le Grec sècha même les pseudo larmes d'Aphrodite d'un revers de main.
« Merci Milo »...
« Je déteste ce nom... Je ne suis pas lui, pas plus qu'il n'est moi ».
« Comment pourrai-je t'appeler alors, chevalier » ?
« Comme il vous plaira ma déesse »...
« Déesse » ?
Aphrodite bomba le torse, heureux et fier comme un paon ! Enfin, on le traitait avec les honneurs qui lui revenaient de droit ! Le suédois se fit pensif, cherchant un nom qui irait bien à son nouvel ami... Camus de son côté, croyait rêver. Ou plutôt cauchemarder. Mais cet échange l'intriguait, il ne voulait pas l'interrompre. Comme si quelque chose d'essentiel était en train de se produire sous son regard incrédule...
« Adonis ! Tu seras mon Adonis ! Comme je m'appelle Aphrodite et que tu es à présent mon plus grand fidèle, il est normal que je te nomme ainsi ! Décréta le poiscaille avec le grand NATUREL du monde. Et trouver du naturel chez lui, ce n'était pourtant pas évident ».
Camus manqua de s'étouffer. Quant à Aiolia et Kanon, ils s'écroulèrent carrément par terre ! Un comble ! C'était tellement ridicule, qu'ils en virent à se demander si le Sanctuaire ne viraient pas au plateau de tournage d'une des telenovela à l'eau de rose dont Aldébaran est tellement friand ! Le pire, fut que Milo ne protesta même pas. Au contraire ! Il souriait fièrement sous le regard médusé des autres Saints qu'il ignorait royalement.
« Attends-moi, Aphrodite »...
« Oh oui, mon Adonisounet ! J'attendrai l'éternité s'il le faut ».
« Je doute que ton maquillage tienne jusque là, lui »... soupira Kanon, qui avait remarqué que le visage d'Aphrodite semblait fondre au soleil.
« C'est DM qui va être content », ajouta le Lion.
Camus lui, n'en revenait pas. Il resta sans voix. Ce qui, pour les autres, était une scène totalement comique et absolument pas sérieuse, était très grave pour lui. Il se tramait quelque chose entre ces deux là, quelque chose de moins anodin qu'on pouvait le penser à première vu. Ce qui ressemblait à une mauvaise blague était peut-être bien plus que cela en réalité. Et lui seul, encore une fois, semblait le voir. Il décida de couper court à cette baveuse scène de naisierie et il lança à Milo qu'il était temps d'y aller. Bien qu'il ne semblait pas vraiment pressé car bien plus occupé à compter fleurette à l'habitant de la douzième et dernière maison, Milo s'exécuta non sans avoir adressé un dernier clin d'oeil à Aphrodite... ce dernier saluant les deux déserteurs du Sanctuaire avec de grands gestes de la main et il lança même un petit mouchoir en dentelle à son nouveau « chéri » le tout, non sans le ridicule qui le caractérisait. Et Milo s'empressa de le ramasser et de l'amener à ses narines pour en humer le doux parfum de rose, alors que Camus s'écrasait une main sur le visage, en signe de consternation.
Oui, ce voyage n'allait décidément pas être de tout repos...
Ils passèrent la journée à marcher, sans se dire mot. Camus avait choisi d'emprunter de petites routes peu fréquentées et rustiques. Le Grèce était si belle, mais ses jambes le faisaient souffrir atrocement... Dans d'autres circonstances, il aurait apprécié se promener à travers les champs, à l'ombre des oliviers et peut-être même admirer la Méditerrannée si bleue et calme, en compagne de son meilleur ami. Mais actuellement, celui-ci n'était pas disponible, parasité par un insupportable squatteur. Le français se promit donc intérieurement que quand Milo serait de nouveau lui-même, ils partiraient arpenter la Grèce en tandem pour profiter de sa beauté... Car oui, pour Camus, il ne faisait aucun doute que Milo allait revenir. Il le fallait. Parfois, le français tournait la tête pour vérifier que l'autre le suivait toujours. Ce dernier semblait traîner les pieds, mais il marchait toujours bel et bien dans son sillage. Profitant d'avoir capté l'attention du Verseau, le grec prit la parole. Ils avaient marché toute la journée sans pause sous un soleil de plomb et l'esprit semblait quelque peu épuisé.
« On peut s'arrêter là pour aujourd'hui ? La nuit ne va pas tarder à tomber, de toutes façons ».
« Et alors, en quoi ça nous empêche de continuer ? Tu as peur du noir » ?
« Y a pleins de bandits sur les routes ! C'est pas prudent de marcher la nuit »...
« Et encore moins de dormir avec toi à côté ».
« Tu le savais en acceptant cette mission et je suis même sûr que c'est pour ça que tu n'as amené qu'un sac de couchage. Pour pouvoir dormir collé à moi... On pourra se tenir chaud mutuellement »...
« C'est vrai, tu as raison. Je n'ai effectivement amené qu'un seul sac de couchage, car les nuits d'été sont réputées fraîches dans cette partie de la Grèce ».
Cela faisait des heures qu'ils ne s'étaient pas parlés. Cela faisait des heures que leurs regards ne s'étaient pas croisés... Camus n'avait même pas demandé au Scorpion ce que signifiait son petit jeu avec Aphrodite. Et lui aussi était exténué, en réalité. D'aussi chaudes températures le contraignaient à user continuellement de son cosmos pour maintenir une température corporelle acceptable. Le français s'arrêta et se tourna bien vers le Scorpion, s'avançant même vers lui, un sourire séducteur aux lèvres pendant qu'il précisait qu'effectivement, il n'y avait qu'un sac pour deux... Il planta alors son regard azuré dans celui de Milo, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre et...
« Je savais que tu ne tarderais pas à craquer pour moi, fier Camus »...
« Hmm... ne te réjouis pas trop vite imbécile. Il est hors de question que je partage MON sac de couchage avec toi. Tu dormiras par terre ou dans un olivier, ce n'est pas mon problème ».
« QUOI ?! Tu oses laisser ton meilleur ami dormir à la sauvage ? Mais tu n'as pas de coeur » !
« Meilleur ami ? Où ça ? Je ne le vois nulle part moi... A présent, va chercher du bois et si jamais tu essaies de fuir, je te préviens que je te ramène par la peau de quelque chose que tu préfèreras que je ne nomme pas »...
« Moi qui pensais que ça allait être une vraie croisière en amoureux grâcieusement offerte par « Sanctuaire and Co », je suis déçu... Vous avez une drôle de manière de traiter vos invités »...
« Mais toi, tu es un invité indésirable... Et puis, si tu espérais tant que cela faire une petit voyage romantique, tu n'avais qu'à te faire accompagner par Aphrodite ».
« Ohhhh mais tu es JALOUX ma parole ! Jaloux, jaloux, jaloux » !
Les yeux de Milo se mirent à briller de satisfaction et il sautilla autour de Camus pour montrer la joie que lui procurait cette révélation. Le chevalier du Verseau se sentait perdre son sang froid légendaire. Tel un glacier sous la canicule, sa patience fondait...
Le beau grec sourit alors et il passa son bras autour du cou du Verseau, pour l'embêter. Il pris sa voix la plus sensuelle et susura à son oreille...
« A ton avis, qu'est-ce que je lui ai fait en échange de ma liberté conditionnelle d'hier » ?
« Tu me dégoûtes... tu ne peux pas être Milo... Jamais il ne s'abaisserait à une telle chose ».
« Tu sais pourquoi Aphro me plait tellement ? Parce que lui, contrairement à toi et tes petites fesses guindées, il assume ce qu'il est et ce qu'il désire... Il n'en n'a pas honte ».
Sur ce, Milo lui tourna le dos et il s'allongea au pied d'un arbre, à même le sol... Camus fit de même et il s'installa confortablement dans son sac de couchage, fermant les yeux. En vérité, il n'avait pas vraiment besoin de se couvrir, il était habitué au froid. Alors que Milo... déjà, il commençait à greloter malgré le feu de camp qu'ils venaient d'allumer. Et la façon dont il claquait des dents, rappela bien des souvenirs à Camus. Des souvenirs heureux... cela lui rappelait quand Milo venait lui rendre visite en Sibérie et que malgré cinq couvertures, il claquait des dents de la sorte. Camus avait toujours trouvé cela adorable, mais là... ça lui tapait passablement sur les nerfs. Il fronça des sourcils et il rouvrit les yeux, exaspéré. Le Grec faisait sûrement exprès pour pouvoir se glisser dans son lit, Camus s'en doutait mais d'un autre côté, s'il le laissait ainsi, Milo allait continuer à pourir sa nuit. Le choix fut donc vite effectué par la Reine des Glaces qui, magnanimement, se serra dans son paquettage et offrit une place à son compagnon d'infortune.
« Je te préviens. Si tu tentes le moindre truc louche, je te gèle là où ça ne repousse pas, c'est clair » ?
Le chevalier du Scorpion lui adressa un sourire des plus narquois avant de se glisser à ses côtés et il n'attendit par pour se coller à lui en toute impunité. La proximité de leurs deux corps aurait du faire grimper la température chez Camus, mais il n'en fut rien. Ce type le dégoûtait purement et simplement, impossible donc de ressentir le moindre désir pour lui. Et pourtant... pourtant... il arborait les traits délicats de son cher Milo. Impossible de le nier, impossible de démentir cette attirance qu'exerçait le maladroit chevalier du scorpion sur son homologue des glaces. Camus soupira et ferma les yeux, comme pour essayer de mettre un terme à ces réflexions bien mal venues. Ce n'était pas Milo. Point.
Et IL semblait l'avoir compris, comme il gardait soigneusement ses distances. Mieux valait y aller tout doucement et gagner sa confiance progressivement. Apparemment, la provocation ne donnait rien alors... Milo sentait bien que son tendre ami ne dormait pas. Il faisait juste semblant en se reposant les yeux, mais il préférait jouer la carte de la prudence.
« Rassure-toi, je ne vais pas te sauter dessus... du moins, pas tout de suite »...
Camus soupira fortement et il remua dans le sac trop petit pour deux, essayant de ne pas entrer en contact avec cet être méprisable. Il allait être crevé demain s'il ne dormait pas, mais comment s'abandonner aux bras de Morphée quand on est en présence d'un dangereux criminel ? La cohabitation allait être difficile, Camus en avait conscience. Quelle horreur... ça n'avait rien du voyage de noce ou de la promenade de santé. Pourtant d'habitude, partir seul en mission avec Milo était un moment agréable, mais là... quelle galère !
Et elle ne faisait que commencer...
