Good-bye Monsieur Crétin

*POV Percy*

L'année au cours de laquelle je suis entré au Ministère de la magie a également vu le retour de Vous-Savez-Qui. Harry, dans un cimetière lugubre où il n'aurait pas du être, en a été témoin, victime de la machination d'un Mangemort.

J'y crois. Cela n'est pas du tout le genre du Survivant de mentir et encore moins à ce genre de propos. Bien que je ne lui aie jamais vraiment parlé, je suis sûr de cet aspect de sa personnalité.

Fudge, lui, est bien loin d'être du même avis. Cet imbécile imagine que le Professeur Dumbledore tente de lui prendre son poste et qu'il se sert du héros du monde sorcier pour y parvenir.

En parlant de Dumbledore, j'ai eu un entretien avec lui, peu après l'enterrement de Cédric. Je lui ai confié, dans la plus grande confidentialité, mes doutes concernant le Ministère. Lui aussi y avait pensé et c'est pour cela qu'il a reformé l'Ordre du Phoenix.

*Flash-Back*

-Mes parents en font partie, n'est-ce pas ?

-On ne peut rien vous cacher Percy.

-Et je suppose que d'autres membres sont également employés au Ministère. Quelques aurors par exemple.

Le directeur acquiesça.

-Ils auront beau être prudents, des informations atteindront des oreilles extérieures. Si Vous-Savez-Qui est vraiment de retour, cela n'est qu'une question de temps pour que ses Mangemorts infiltrent les plus hautes sphères du pouvoir. Monsieur, avec votre permission et votre soutien, j'aimerais vous être utile de par ma position au Ministère de la Magie.

-Il est vrai que vous avez une place de choix, et ce, même depuis la disparition de Barty. Cependant vous êtes encore jeune pour une telle tâche mon garçon.

-Je peux y arriver Monsieur le directeur ! Si des mandats d'arrestation - qui ne tarderont certainement pas à concerner les nés-moldus - sont délivrés, je pourrai toujours en modifier le contenu. Je pourrai peut-être aussi entendre des choses qui seront utiles à l'Ordre. Peut importe les sacrifices si cela peut nous permettre de vaincre définitivement Vous-Savez-Qui !

-Soit Percy. Après tout tu es maintenant un adulte et tu sais ce que tu fais.

-Merci Professeur. J'aurais toutefois une requête à formuler.

-Dis-moi.

-Ne dites rien à mes parents. Dans l'ignorance de ce plan, ils joueront mieux le rôle qui convient à mon égard.

-Je comprends.

*Fin du Flach-Back*

oOo

La suite vous la connaissez il me semble. Je me suis conduit comme un véritable crétin, con arrogant, salaud, choisissez votre terme préféré, tant j'ai fait du mal à ceux que je voulais protéger.

La honte d'être un Weasley, que papa n'ait pas assez d'ambition, la lettre que j'ai écrite à Ron pour le convaincre de s'éloigner de Harry. Tout ce que j'ai prétendu est faux, je ne l'ai jamais pensé.

J'ai éloigné ma famille pour ne pas leur nuire, j'ai renforcé l'amitié de Ron envers Harry (ce bouquin sur la psychologie inversée était fort instructif). Le Ministère était infesté de Mangemorts. Quel meilleur moyen de passer inaperçu parmi eux que d'être renié « pour mes idées » par ma famille, qui a toujours été considérée comme « traître à son sang ». J'ai fait des choses profitables pour l'Ordre, entièrement dans l'ombre, un peu comme Snape maintenant que j'y pense, bien que je n'égale en rien son niveau de courage et d'utilité.

Lorsque la dernière bataille fut déclarée entre les murs de Poudlard, je ne pouvais plus me permettre de rester en retrait. J'ai rejoint ceux que j'aimais plus que n'importe qui d'autre au monde. J'ai voulu leur expliquer, mais je n'ai pas pu sur le moment, encore moins quand Fred et George m'ont charrié comme ils le faisaient avant, ou quand maman m'a serré dans ses bras. Ils m'avaient tous pardonné, en quelque sorte, alors à quoi bon tout leur dire ? Dumbledore, le seul à savoir, n'était plus là pour m'appuyer devant l'incrédulité qu'ils auraient affichée. Comment un crétin égoïste et vantard comme moi aurait-il pu faire tout ça ?

Peut être qu'un jour je tenterai tout de même de leur raconter, me disais-je. Mais au moment où Fred est tombé raide mort entre mes bras, un éternel sourire accroché aux lèvres, j'ai abandonné cette idée. Seule la vengeance m'habitait, et, avec le recul des ans, je m'aperçois que tuer son assassin n'a servi à rien. J'aurais du l'épargner pour pouvoir le torturer et l'envoyer à Azkaban, dans un trou minuscule, pour le restant de ses jours ! C'est ça qu'il aurait vraiment mérité pour toutes les morts qu'il avait pu causer avant celle de mon frère. Après la colère, j'ai décidé de me taire. Comment pouvoir se faire passer pour un héros au sein de sa famille alors qu'elle a perdu un des siens ?

Nous avons tous été dévastés par la perte du jumeau de George. Ce dernier n'a d'ailleurs plus été le même sans lui.

Cependant nous avons passé le cap et construit nos vies. George avec Angelina, Ron avec Hermione, Ginny et Harry. J'ai refait, plus formellement, la connaissance de Fleur en tant que beau-frère, puisque je n'avais pas assisté au mariage de Bill. Quand à Charlie, il ne s'est jamais marié, préférant son couple tel qu'il était, sans engagement écrit.

Moi, je me suis marié avec Pénélope Deauclair. Plus par automatisme que par envie, je l'avoue. Notre petite fille est rapidement venue s'ajouter à la clique des Weasley, et, je remercie Merlin qu'elle ne me ressemble absolument pas.

Les années passaient et toutes les occasions étaient bonnes pour que nous soyons tous réunis, surtout pour maman qui ne se lasse jamais de chouchouter ses petits enfants.

J'aime retrouver ces ambiances auxquelles je suis resté fort attaché, ayant connu l'entourage chaleureux depuis l'enfance. Pourtant ce n'est plus comme avant : je suis mal à l'aise. J'ai l'impression d'être une sorte de tache sur un carrelage fraîchement nettoyé.

En réalité j'aurais du mourir à la place de Fred. C'est moi qui aurait du reposer dans un cercueil six pieds sous terre. Moi, la racine pourrie parmi toutes les siennes. C'est ce que les autres souhaitent, inconsciemment. Après tout l'esprit n'oublie jamais la douleur qu'il a éprouvée à cause de mes actes immondes envers eux, même si la plaie est entièrement refermée.

oOo

C'est le réveillon, les enfants sont rentrés pour Noël et nous sommes tous réunis chez Bill et Fleur cette année.

Je marcherai bientôt sur mes cinquante ans. Le temps passe tellement vite.

L'air se fait de plus en plus étouffant, alors je sors un peu sur le perron, regardant la neige tomber tandis que les souvenirs m'envahissent à nouveau. Ils ne me quittent que très rarement.

Soudain je réalise que j'en ai assez de sourire, de faire comme si tout allait bien, de ne pas voir le sentiment de malaise des autres lorsqu'ils m'adressent la parole. Ca fait plus de dix-neuf ans que je ne vais pas bien, parce que je me sens coupable, parce que je n'ai pas pu me justifier, parce que je … je ne me sens plus aimé, je veux dire, vraiment aimé. Et c'est bien normal après tout ce qui s'est produit.

Je me dirige vers la mer, la neige craquant sous mes pas. Personne ne l'aime en hiver. Je ne comprends pas pourquoi. Elle est tellement plus belle qu'en été, accueillant sous la lumière de la lune, les flocons dans ses profondeurs, teintant ses ténèbres de blanc pour un instant éphémère mais réel.

Le froid m'engourdit, je me sens étrangement bien. C'est agréable de ne plus rien sentir, comme dans un paisible sommeil.

Est-ce pareil pour l'esprit ?

J'ai tellement envie de savoir que je me laisse tomber. Moi aussi je vais colorer les eaux ténébreuses et les réchauffer par la couleur flamboyante de mes cheveux, seul élément me rattachant encore faiblement aux miens.

Et alors que le froid intense envahit douloureusement mes veines, égoïstement encore, je me demande s'ils me pardonneront réellement cette fois.

*Fin POV Percy*

oOo

-C'est l'heure des cadeaux !, lança joyeusement Arthur. Tout le monde au pied du sapin !!

Il n'en fallait pas plus pour que tous les invités s'exécutent comme un seul homme, les enfants en premier lieu, qui n'en pouvaient plus d'attendre.

-Tiens, mais où est Percy ?, demanda Pénélope, provoquant ainsi un grognement de la part des jeunes qui allaient devoir encore patienter jusqu'au retour de leur oncle.

-Il était sous le perron il y a cinq minutes, dit Bill.

-Mais plus maintenant, intervint Molly.

Une recherche rapide s'effectua dans la petite chaumière aux coquillages, sans résultat, ce qui provoqua l'agacement général.

-Mais enfin c'est pas vrai, il est passé où Monsieur Crétin ??!!, s'énerva George.

das Ende

Infime Séquelle

Tout ce qu'ils avaient pu retrouver de Percy ce soir là, fut une paire de lunettes, faites d'écailles usées. Ce n'est que le lendemain qu'ils purent retrouver son cadavre, après avoir renvoyé les enfants à Poudlard.

Dans le hall de Sainte-Mangouste, ils attendent qu'on leur rende le corps pour l'enterrer.

-Je me souviens lui avoir dit je ne sais combien de fois depuis Poudlard de changer ses lunettes, dit soudain Pénélope afin de briser le silence pesant. Mais il a toujours refusé, même quand il voyait moins bien avec, ou qu'une des branches venait encore de se casser.

Molly essuya ses larmes avec la manche de son pull. Elle chipotait sans arrêt l'objet, sans réellement le voir, jusqu'à ce que :

-Oh mon Dieu, Arthur ! Ne serait-ce pas la paire que nous avions du lui acheter lorsqu'il avait quatre ans ?

Mr. Weasley les pris alors en main pour les examiner soigneusement.

-Oui, ce sont elles. Je me rappelle encore des écailles décollées et ce bout d'armature manquant, sous le verre droit. Nous n'avions pas les moyens pour des lunettes neuves.

-Pourquoi ne les a-t-il jamais changées s'il ne voyait plus bien avec ?, demanda Ginny.

-Il devait sûrement y tenir au point de ne pas vouloir en porter d'autres, intervint Harry. Parce que, même en mauvais état, N'étaient-elles pas la seule chose que vous lui ayez donné rien que pour lui ? Je veux dire, par rapport à un hibou ou un balai, qui sert à toute une famille, même s'il a été offert à l'un des membres. Elles devaient le réconforter dans les temps difficiles, l'aider à se sentir moins seul.

Molly se remit alors à pleurer, comme Pénélope, ainsi que Ginny et ses frères, Arthur, quant à lui, se contenta de serrer plus fortement la paire de lunettes de son fils entre ses doigts.

Das Ende