Chapitre 3

Bra ouvrit les yeux brusquement en aspirant l'air goulûment, comme si elle avait oublié de respirer depuis un bon moment. Sa tête lui sembla aussitôt sur le point d'exploser. Elle voulut porter ses mains à ses tempes, dans un réflexe pour atténuer la pression à l'intérieur de son crâne, mais quelque chose l'en empêcha. Elle lâcha un gémissement à la fois de douleur et de frustration et se recroquevilla sur elle-même. Elle referma les yeux et attendit patiemment que la souffrance s'apaise progressivement. Sa respiration restait saccadée et elle haletait légèrement. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait et focalisait entièrement son attention sur sa migraine foudroyante.

- Uub, grommela-t-elle entre ses dents, enfoiré…

Elle expira pour essayer de réguler l'afflux d'air dans ses poumons. Tandis que la tension dans son corps paraissait revenir à la normale, elle entendit un bruit près d'elle, un léger frottement. Elle était allongée sur un sol dur et froid et réalisa que ses mains étaient liées dans son dos. Ce détail lui fit aussitôt rouvrir les yeux.

Elle se trouvait dans une pièce sombre et visiblement crasseuse. Elle perçut une présence derrière elle et tenta de se retourner pour apercevoir l'intrus à ses côtés. Sa tentative fut accueillie par un coup brutal dans son dos qui lui arracha un cri de surprise et de douleur.

- T'es réveillée ? grommela une voix, tant mieux.

Bra n'eut pas le temps de réagir, une main la saisit au col et la releva brusquement pour la remettre sur pied. Elle constata que son équilibre était très sommaire et vacilla d'un pied sur l'autre.

- T'as fini de cuver ? reprit l'homme qui avait parlé, c'est très bien parce que le mec qui prend livraison va pas tarder.

- Lâche-moi, connard, marmonna Bra en chancelant.

Il la rattrapa in extremis alors qu'elle s'apprêtait à s'affaler sur le côté. La tête lui tournait et elle ressentit à nouveau une pression insupportable dans son crâne.

- Uub, je vais te tuer, souffla-t-elle tandis que sa vision se brouillait.

Ses mains ligotées dans son dos rendait difficile la station debout. L'homme qui venait de l'empêcher de tomber la frappa tout d'un coup au visage avec une force inattendue. Elle gémit à nouveau. Cette fois-ci cependant, elle sentit la colère monter derrière la surprise et la douleur.

- Faut que tu apprennes à parler que quand tu y es autorisée, grogna-t-il en attrapant à nouveau son bras pour éviter qu'elle ne bascule.

Elle leva enfin les yeux sur lui. Il était massif avec un visage anguleux et un air malveillant. Une barbe naissante semée de pointes blanches et sombres laissaient entrevoir qu'il devait avoir un certain âge. Ses mains étaient immenses. Bra n'avait aucun souvenir où elle avait pu le rencontrer. Elle le fusilla de ses yeux luisants.

- Bordel, tu me frappes encore une fois… Une seule fois, siffla-t-elle sur un ton menaçant.

Il éclata de rire et la repoussa pour qu'elle s'assoie sur une chaise bancale dans un coin.

- T'es une tigresse, ça se vend bien aussi. Il en faut pour tous les goûts et les tigresses ne vivent pas longtemps, commenta-t-il avec amusement.

Bra baissa la tête et ferma les yeux pour essayer de rassembler ses esprits. Elle n'avait aucune idée de la façon dont elle était arrivée à cet endroit avec cet imbécile. Elle avait sûrement trop bu et… Ses yeux mi-clos focalisèrent sur son pantalon. Elle se souvint qu'elle avait décidé, pour une fois, de sortir sans son uniforme. Marron n'était pas d'accord avec ça, elle était même franchement chiante sur la question, mais Bra avait planqué ses fringues dans son sac et elle avait désobéi. Pour une fois.

Son idée première, et qui s'était avérée complètement stupide, avait été de pouvoir draguer un mec à peu près normal qui ne soit pas un soldat lui-même, parce que, évidemment, quand on était identifiée comme un soldat de l'armée saïyenne, aucun mec normalement constitué ne s'approchait. Elle leva un regard sceptique vers la brute épaisse qui la retenait maintenant, les bras attachés, dans un cabanon pourri. Il était loin de la représentation qu'elle se faisait d'un mec normal, même si elle devait bien reconnaitre qu'elle n'était pas sûre d'en avoir jamais croisé beaucoup dans son existence.

- C'est ça que t'espères ? Me vendre ? T'es vraiment débile, grommela t-elle en forçant sur ses liens.

- Me force pas à te frapper encore, je voudrais pas abîmer la marchandise, coupa-t-il brutalement.

Elle brisa d'un seul coup les cordes solidement nouées sur ses poignets et observa avec contrariété les traces qu'elles avaient laissées sur ses avant-bras.

L'homme se figea en constatant la facilité avec laquelle elle s'était libérée et un doute s'alluma dans son esprit. Bra ne faisait plus attention à lui. Elle se frottait les yeux, consciente de ne pas être encore tout à fait remise de ses excès. Elle hésitait à se lever aussi, et doutait de pouvoir conserver tout à fait son équilibre.

- Bon dieu, d'où tu viens, petite ? siffla l'homme.

- T'as pas envie de savoir, crois-moi, marmonna Bra en pressant son visage contre ses paumes.

Elle se sentait franchement vaseuse. Trop bu. Comme souvent. Comme toujours. Elle releva la tête d'un coup et cligna des yeux pour tenter de reprendre sa contenance. L'homme en face d'elle continuait à la fixer avec indécision. Elle lui jeta un coup d'œil et s'affligea de constater que comme d'habitude, elle n'avait évidemment pas attiré l'attention d'un type intéressant, sans même parlé d'un top-model.

Elle avait un goût aigre dans la bouche et cracha péniblement sur le sol avant de se lever. Elle était nettement plus petite que son geôlier mais ne paraissait aucunement impressionnée. Elle contempla son pantalon moulant, en fait un des rares vêtements civils qu'elle possédait, supposé super-sexy, mais qui tenait à cet instant d'un rebut pour miséreux, tâché d'auréoles sombres à l'odeur douteuse.

Elle plissa le nez et vérifia son corsage. Tout avait l'air en place au moins. Elle l'ajusta avec un haussement d'épaule.

- Erk… Et je te demande pas si t'as vu mon sac et ma veste, hein ?maugréa-t-elle.

- Tu te fous de ma gueule ? balbutia-t-il avec des yeux écarquillés d'incrédulité.

Bra avait trop mal au crâne pour chercher à en savoir plus ou même pour se mettre en colère contre lui. Elle s'avança d'un pas trainant vers la porte sans répondre, tout en se massant distraitement la tempe.

Cette fois-ci, il s'interposa et lui barra le passage en refermant ses doigts sur son bras.

- T'as pas vraiment compris, ma poulette…

Il y eut un crac subit et lugubre. Avant même qu'il réalise ce qui se passait, Bra avait saisi la main qu'il avait posée sur elle et elle avait serré si fort en lui tordant le poignet qu'il eut l'impression que tous ses os avaient explosé en même temps. La surprise l'emporta sur la douleur un instant, puis il constata l'angle anormal formé entre sa main et son poignet et se mit à hurler subitement en s'écartant d'elle vivement. Il se tenait l'avant-bras de sa main valide et lui jetait des coups d'œil horrifiés pour vérifier qu'elle n'avait pas l'intention de finir ce qu'elle avait commencé. Elle haussa un sourcil avec un sourire narquois.

- Cot, cot… minauda-t-elle en imitant la poule avant de sortir.

A l'extérieur, elle se retrouva dans une ruelle minable et encombrée d'une faune peu recommandable. Des mendiants, des putes, des types encapuchonnés… Toute sorte d'êtres misérables que Bra connaissait trop bien. Les cris de douleurs du gars qu'elle venait de blesser retentissaient dans la petite rue étroite mais personne ne paraissait y faire attention.

Bra tituba sur quelques mètres en se retenant au mur. Elle se sentait étourdie et fatiguée. Très fatiguée. Trop fatiguée. Elle finit par se laisser glisser le long du mur jusqu'à s'accroupir sur le sol, convaincue qu'elle avait besoin d'une pause pour rassembler ses idées. Elle ne savait même pas où elle se trouvait. Elle aurait pu… Non, elle aurait s'envoler. Rejoindre le port. Uub voulait qu'elle rejoigne le port. Dans quelle direction ? Elle était à peine capable de marcher, alors… Voler ? Un éclair de douleur transperça son crâne et elle serra les dents jusqu'à ce qu'il s'atténue.

- Uub… siffla-t-elle. Fous-moi la paix… Je te jure…

Elle sentit la pression de sa tête s'alléger et sa respiration revint graduellement à la normale.

- T'es super sexy comme ça, tu sais ? Sans rire !

Bra leva les yeux vers la voix qui venait de lui lancer ce judicieux commentaire. Pan se tenait devant elle, les poings plantés triomphalement sur les hanches. Elle arborait un sourire glorieux et semblait, à l'inverse de Bra, parfaitement réveillée et de bonne humeur. Bra répondit par un grognement indifférent.

- Le cap veut qu'on rentre, il paraît que t'as un peu de mal à retrouver la bonne direction ? annonça Pan en se penchant vers elle pour l'encourager à se lever.

- Trop mal au crâne, gémit Bra.

- T'as goûté le tord-boyau local, j'imagine. Très mauvaise idée, commenta Pan avec amusement en tirant son amie pour la forcer à se lever.

Bra suivit le mouvement péniblement, une main toujours en appui contre le mur. Pan jeta un coup d'œil à sa tenue et eut un léger froncement de sourcil.

- Où es ton uniforme, alors ? demanda-t-elle.

- Au-cu-ni-dée.

- C'est dangereux ici, Bra, rappela Pan, le capitaine sera pas content.

Bra se mit à rire bêtement.

- C'est toi qui dit ça ? Bordel, Pan… Me fait pas rire, j'ai tellement mal au crâne et ce connard d'Uub arrange rien… Je te jure que je vais le buter ce connard de terrien un de ces jours.

- Pas de problème. Je te filerai un coup de main. Mais viens maintenant.

Pan passa le bras de sa camarade sur son épaule pour la soutenir et commença à s'élever lentement dans les airs.

Elle pesta contre l'inertie de Bra qui ne parvenait pas à se concentrer complètement pour la soulager de son poids. Sans compter qu'elle puait. Pan se demanda vaguement ce que sa camarade avait pu faire de sa nuit mais elle devinait, dans les grandes lignes, qu'elle avait dû boire et se retrouver dans des situations invraisemblables avec des gens dont elle n'avait gardé aucun souvenir. Les sorties de Bra se résumaient bien souvent à ça, et la dernière nuit n'avaient pas dû échapper à la règle d'autant que la jeune femme avait, en plus, cru intelligent de se débarrasser de tout signe d'appartenance à l'armée saïyenne.

- Uub dit qu'il y a une surprise, marmonna Pan en repérant le port au loin.

- Une mission sûrement… Tu parles d'une surprise, bredouilla Bra d'une voix rauque.

Pan sourit faiblement. Une mission. Exactement ce dont elle avait besoin. Ce dont tout le monde avait besoin en fait. Le sang saïyen s'accommodait mal de l'oisiveté des permissions, ça finissait toujours en catastrophe. D'ailleurs Pan savait que Marron, excédée par les frasques de son équipage dans le monde civil, en était arrivée au point de décider de retourner sur Vegitasei puisqu'on ne leur avait plus assigné de mission depuis plus d'un mois maintenant. Pan savait aussi que retourner là-bas était une perspective terrible. Surtout pour Goten et Bra. Ils n'avaient pas remis les pieds dans la capitale saïyenne depuis plusieurs années, et c'était mieux comme ça. C'était dur mais c'était mieux.

Quand Pan atterrit, Bra n'eut pas le réflexe d'accompagner le mouvement et s'étala de tout son long sur le tarmac devant le hangar où stationnait l'Every. Pan eut un soupir et posa les yeux sur son amie qui tardait à se relever. Sa chute avait été assez impressionnante mais Pan n'avait aucun doute sur le fait qu'elle n'était pas blessée.

- Bra, fais un effort, ordonna-t-elle à son équipière.

Bra s'était redressée mais restait maintenant assise les yeux dans le vague et totalement muette. N'obtenant aucune réaction, Pan se détourna d'elle et commença à se diriger vers le vaisseau sans l'attendre. Elle remonta la passerelle et passa la porte d'accès.

Elle fut aussitôt frappée par le silence. Habituellement, l'ambiance était invariablement animée. Il y avait toujours du bruit, à partir du moment où il y avait plus de deux membres de l'équipe à bord. Pan se demanda un instant si Uub ne s'était pas foutu d'elle et de Bra en les rappelant avec tant d'insistance.

Elle fut presque étonnée de le trouver vautré dans l'un des fauteuils du poste de pilotage. Elle s'immobilisa sur le seuil de la salle et avisa Marron, adossée à une console un peu plus loin, et un homme, apparemment terrien, dont les traits lui parurent aussitôt familiers. Le visiteur était installé dans le fauteuil du capitaine et semblait absorbé par la lecture de documents. Aucun des trois ne parlait. Elle plissa les yeux.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle avec méfiance. Où est Goten ?

- Il se douche. Où est Bra ? répliqua aussitôt Marron avec préoccupation.

Par terre devant le hangar quand je l'ai laissée. Elle cuve. Et lui ? C'est qui ? répondit Pan en désignant l'inconnu du menton.

A ce moment seulement, il daigna lever les yeux vers elle. Elle le reconnut instantanément et fronça les sourcils. Sa présence ne lui inspirait pas confiance. Végitasei n'envoyait pas son Prince chéri à la légère et Pan soupçonna qu'il se passait quelque chose de grave. Il lui adressa un faible sourire.

- Ça fait longtemps, maugréa-t-elle en guise de salut. On peut savoir ?

- Bonjour Pan. Moi aussi je suis content de te revoir. Quand Bra sera là, ton capitaine vous expliquera ce que je fais ici.

Pan serra les lèvres et tourna les yeux vers Uub dans l'espoir d'en apprendre plus mais il haussa simplement les épaules.

L'écho d'un pas titubant sur le sol métallique annonça l'arrivée nonchalante de Bra. Elle finit par trébucher une fois de plus et tomba à genoux juste à l'entrée du poste de pilotage.

- Capitaine, je suis rentrée, annonça-t-elle d'une voix exténuée.

De là où elle se trouvait, Bra ne voyait pas son frère caché par la silhouette de Pan. Elle renonça d'ailleurs à se lever et se contenta de se caler dos au mur avant d'enfouir son visage dans ses avants bras.

Marron pencha la tête de côté pour mieux la voir.

- Pourquoi tu n'es pas en uniforme ? gronda-t-elle.

- C'est une longue histoire… Mais me voilà… Je suis rentrée… On peut y aller, gémit Bra sans même lever la tête.

- Bra, on a de la visite, Princesse, reprit Pan en s'écartant pour laisser apparaître Trunks derrière elle.

Bra leva enfin les yeux et se figea en voyant Trunks. Il la regardait en retour. Marron épiait sa réaction. Il restait imperturbable mais elle comprenait qu'il tentait de dissimuler ses émotions. Quelles émotions ? La colère ? La tristesse ? L'inquiétude ? L'indignation ? Marron n'aurait su le dire.

- Hey… Frérot, siffla Bra.

Subitement sa voix n'était plus hésitante et fatiguée. Son regard trouble était maintenant perçant et se plantait droit dans les yeux du prince devant elle.

- Bra…

Il s'interrompit. Les trois autres attendaient avec impatience de savoir ce qu'il aurait à dire à la brebis galeuse de la famille. Mais il se tut.

- Tu devrais faire comme Goten et te rafraichir un peu avant que je vous explique pourquoi je suis là, finit-il par dire.

- Pourquoi ? Je suis pas assez présentable pour son Altesse ? grinça-t-elle sans bouger.

- Ah! Les filles sont là ! Qu'est-ce que vous avez foutu ? Vous en avez mis un temps !s'exclama Goten qui entra à cet instant.

Il portait un T-shirt immaculé affichant l'emblème de l'armée saïyenne et s'étira avec bonne humeur, inconscient du malaise qui flottait dans la pièce.

- Elles ont été retardée, répondit Marron, mais tu tombes pile, Trunks allait nous faire son petit laïus avant qu'on décolle.

Goten contourna distraitement Bra qui était toujours assise sur le sol et se laissa tomber dans un fauteuil à côté de celui de Uub.

- J'ai loupé quelque chose ? murmura-t-il à son camarade.

- Pas grand-chose. De chaleureuses retrouvailles en famille, répliqua Uub.

Goten sourit avec un haussement de sourcils et se tourna vers Trunks avec attention. Uub se fit la réflexion que Goten ressemblait terriblement à son père par moment.

Trunks s'éclaircit la voix et s'avança vers la console centrale qu'il alluma d'un geste expérimenté en actionnant plusieurs commandes.

- Votre prochaine mission est de purger et sécuriser une planète inconnue qu'on a baptisée Eden, expliqua-t-il.

- La routine, maugréa Uub.

- C'est moi qui prends le commandement cette fois-ci, précisa Trunks.

- Dans tes rêves, cracha Bra.

Trunks se tourna vers sa sœur.

- C'est moi qui prends le commandement, répéta-t-il fermement, sans la lâcher des yeux.

- Pourquoi ? demanda calmement Pan. Qu'est-ce qu'elle a de spécial cette planète ?

- On soupçonne qu'elle dispose d'une ressource rare et on veut absolument mettre la main dessus, répondit Trunks.

- Une ressource rare ? Du genre ? enchaina Uub.

Trunks soupira et croisa le bras.

- Je ne peux rien vous dire pour l'instant mais ne vous inquiétez pas, je vous expliquerai quand on y sera.

Bra ricana avec sarcasme.

- Tu sais toujours aussi bien mentir, lança-t-elle à son frère.

Il fronça légèrement les sourcils mais ne riposta pas.

- Et alors ? Qu'est-ce qu'il y a de terrible à affronter là-bas ? reprit Goten sans cacher son excitation.

- Justement… Rien, à notre connaissance, répondit Trunks avec un certain embarras.

- Tu déconnes ? siffla Marron. Pourquoi nous alors ? Vous n'avez rien de plus palpitant en stock ? Vous pourriez envoyer un simple commando classique.

- On l'a déjà fait. Aucun n'est revenu.

- Oh. Charmant, conclut Pan.

- Mais… Mais il y a bien des ennemis à combattre, hein ? ça va pas être juste une expédition chiante avec trois pauvres bestioles à décapiter? ajouta Goten avec ennui.

Trunks soupira et prit place au poste de commandement pour afficher la carte sur l'écran principale. Un point rouge s'alluma pour signaler leur position et, après quelques manipulations du prince, un point blanc s'éclaira à l'autre bout pour localiser leur destination.

- C'est dangereux en tout cas, c'est tout ce qu'on sait, répondit-il.

- Assez dangereux pour éradiquer des commandos saïyens au grand complet… Et on nous envoie tout seul, souligna Marron avec amertume.

- Pas tout seul. Avec moi, rectifia Trunks. C'est une mission dangereuse mais pas impossible, mon grand-père n'aurait jamais autorisé que j'y participe.

- Ton grand-père passe son temps à faire rentrer des carrés dans des ronds à grands coups de poings, il n'a pas la moindre idée de ce que veut dire « impossible », riposta Marron avec humeur.

Uub leva les bras en signe d'apaisement et se leva.

- Très bien, très bien, qu'est-ce qu'on sait sur ce caillou, en fait ?demanda-t-il.

Trunks se frotta la tête avec embarras.

- Pas grand-chose en réalité… Il est enveloppé d'une brume qui parasite toutes les transmissions et les hommes qui s'y sont rendus n'ont jamais pu communiquer aucune information. On a pu faire quelques relevés satellites qui ne laissent apparaître aucune forme de vies particulière et aucune énergie redoutable.

- Peut-être que les crétins qui s'y sont posés sont juste coincés sur la planète à cause d'une avarie et qu'ils n'arrivent plus à repartir ? maugréa Marron.

- Trois commandos ? ça fait beaucoup d'avaries, tu trouves pas ?

Marron haussa les épaules avec ennui. Il y eut un moment de silence pendant lequel chacun sembla réfléchir à ce qui venait d'être dit. Marron échangea un regard furtif avec Uub. Instinctivement, aucun des deux n'aimait l'histoire qu'on venait de leur servir. Ils étaient les seuls parmi tout l'équipage qui n'avaient pas de sang saïyen. Ça les rapprochait suffisamment pour constituer une sorte de solidarité entre eux.

- En tout cas, c'est moi qui commanderais cette mission. Je connais tout ce qu'i connaître sur la planète et sur le but à atteindre alors…

- Compte pas sur moi pour exécuter tes ordres, coupa Bra qui ne s'était toujours pas relevée.

Trunks se tourna vers elle et pinça les lèvres. Marron observait le prince attentivement. Elle se demandait s'il allait réprimer la rébellion de sa sœur comme il l'avait fait avec elle. Il serait terriblement déçu. La petite avait beaucoup gagné en force et en agilité depuis qu'elle combattait à leurs côtés et elle donnerait du fil à retordre à Trunks, c'était certain.

Mais le prince ne bougea pas.

- Tu obéiras à ton capitaine ?demanda-t-il.

- J'ai pas de problème avec elle. Je lui fais confiance, à elle, répliqua Bra.

- D'accord, tu n'obéiras qu'à Marron, marché conclu, soupira Trunks.

Bra regarda Marron qui acquiesça d'un signe de tête pour lui signifier qu'elle serait toujours de son côté.

Bra était la benjamine de l'équipage. Elle était en plus particulièrement capricieuse et caractérielle et ça rendait son comportement très puéril par moment. Mais elle était fragile et, à un degré moindre, tout aussi dangereuse et imprévisible que Goten. Elle n'était pas aussi naïve que lui et avait certainement beaucoup plus souffert parce que, membre de la famille royale, sa déchéance avait été beaucoup plus brutale. Marron lui gardait une affection particulière, comme à une enfant blessée.

- Bien. Si tout est clair, j'aimerais qu'on puisse décoller le plus vite possible maintenant, conclut Trunks.

Uub et Goten échangèrent un coup d'œil anxieux.

- Bonne idée, approuvèrent-ils à l'unisson.

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