Cuddy s'apprêtait à quitter l'hôpital. En passant devant l'accueil, elle entendit une jeune femme aux cheveux d'une teinte incertaine demander si le Dr House était à son bureau.

Cuddy : « Bonjour, je peux peut-être vous aider, je suis la directrice de l'hôpital. Vous cherchez le docteur House? »

Lydia : « Oui, bonjour! Oui, je souhaiterais le voir. Il m'a laissé un message sur mon portable... C'est personnel... »

Cuddy : « Gregory ne consulte pas actuellement. Il est absent. Malade. » Dit-elle avec un sourire grimaçant...

Lydia, hésitante : « Oui, je sais, il me l'a dit. Justement, je voulais avoir une discussion avec lui à ce sujet. »

Cuddy : « Nous serions peut-être mieux dans mon bureau pour discuter »

Lydia : « Je ne sais pas... Vous pouvez peut-être juste me donner son adresse, son téléphone ne répond pas... »

Cuddy : « C'est normal, je l'ai coupé. Il est dans mon sac. On continue dans mon bureau? » Lui dit-elle en lui indiquant la direction.

Lydia fit une petite moue et elles partirent toutes les deux vers le bureau de la directrice.

Cuddy : « Je vous en prie, asseyez-vous. Je téléphone juste à ma baby-sitter pour lui dire que je vais avoir un peu de retard... »

Lydia acquiesça... Elle observa attentivement le bureau et son occupante. Vraiment belle cette femme. D'un œil, Cuddy estimait aussi, d'un œil qui se voulait blasé, celle qui lui faisait face. Assez quelconque, les traits plutôt grossiers, malgré tout une espèce d'assurance et de sérénité, le coin de la bouche rieur...

Cuddy, raccrochant : « Je suis à vous. Greg est donc malade. Pour tout dire, il est hospitalisé ici depuis deux heures. Il n'est pas visible pour le moment. Donc, il faut attendre... «

Lydia : « Et il a quoi? »

Cuddy mit ses mains devant sa bouche : « C'est le secret médical, je n'ai pas le droit de vous en parler, je suis désolée. A moins que vous ne soyez de la famille... Mais... Je connais Greg depuis longtemps, et je ne crois pas qu'il ait de la famille d'origine allemande... Peut-être demain... mais ce n'est pas garanti... »

Lydia la regarda avec amusement : « Mais moi je n'ai rien à cacher. Il m'a téléphoné pour me dire qu'il avait vraisemblablement une blennorragie, contractée avec moi pendant son séjour en H.P., alors je suis venue lui dire que, d'une part, on ne laisse pas un message pareil sur le répondeur d'une femme mariée, et que d'autre part, je ne traîne pas de maladie sexuellement transmissible. Voilà! Et dernièrement, je lui aurais bien dit aussi qu'il était un pauvre con, mais ce n'est pas tout à fait vrai, et puis il était malade, alors on va dire qu'il avait des circonstances atténuantes! » Elle souffla avec satisfaction.

Cuddy, qui était passée de la colère la plus franche à l'hilarité la plus complète en quelques secondes, réussit à articuler : « Dès que ça touche sa précieuse virilité, Greg perd toute mesure... C'est un cancer, que dis-je un cancer... Une abominable conspiration visant à détruire sa puissante sexytude!! »

Lydia éclata de rire avec elle.

Lydia : « c'est bizarre, je ne l'avais pas exactement vu comme ça, là-bas. Plutôt en homme sensible, artiste, assez... triste... sensible... Doux... Cynique aussi... Et à vous entendre, c'est un homme à femmes. Un bourreau des cœurs. »

Cuddy : « C'est un homme à putes surtout... »

Lydia : « Oh, c'est rude... »

Cuddy s'excusa : « Je ne parlais pas pour vous... Je suis désolée. Je vous parlais du Greg d'ici, notre célébrité, notre Grand Greg à nous! Le célèbre et irascible et merveilleux et Oh! Combien irritable et énervant génie Gregory House... »

Lydia : « C'est une blennorragie? Parce que nous avons eu des rapports non protégés, mais comme je suis allée chez le gynécologue il y a quinze jours et que tout allait bien... »

Cuddy : « Le génie s'est trompé de diagnostic! Il fait une pyélonéphrite, qui s'est compliquée en septicémie! Fort pour un néphrologue!! « Elle secoua la tête. « Il était complètement déboussolé quand il couchait avec vous? Ce sont de nouvelles méthodes thérapeutiques, les relations sexuelles en HP? Je dois avouer que je ne comprends pas bien... »

Lydia sourit : « Il allait plutôt mieux. Bien sûr, je l'ai peut-être un peu provoqué, mais il avait besoin de tendresse, et moi aussi... Et... Nous avons pleuré ensemble. C'est tout...Et je me suis rendue compte que je devais retrouver mon mari. Et il a guéri ma belle-sœur... C'est un bon souvenir dans ma vie... C'était... Parce que mon mari a fait un drôle de tête en entendant son message! J'ai menti comme jamais! Faut être con! »

Cuddy : « Oh la, c'est un génie, certes, mais c'est aussi un con de classe olympique! Si on mesurait la connerie, il servirait de mètre étalon! »

Lydia souriait de plus en plus : « Vous êtes amoureuse de lui, c'est ça? »

Cuddy fit une grimace : « Entre deux envies de lui mettre des baffes... Ca se voit beaucoup? » dit-elle d'une petite voix...

Lydia hocha la tête en pouffant de rire.

Cuddy, affligée : « Si même une étrangère le voit, c'est la fin » fit-elle en soupirant. « je suis aussi con que lui alors... Nous sommes faits pour nous entendre. Il va m'entendre d'abord! Il me fait une cour incroyable, il m'offre même des fleurs!! Et il vous téléphone, comme ça.... parce qu'il a fait ça exprès, pour foutre sa merde! C'est un spécialiste!!! Je vous assure!! »

Lydia : « Et si nous allions le voir? J'ai réussi à rattraper le coup avec mon mari en disant que c'était un fou avec lequel j'avais juste été gentille, mais je ne suis pas contre le fait de lui donner une bonne leçon!! »

Cuddy, hilare : « Là, c'est dur, il est... un peu endormi... Quoique... Après tout, autant profiter qu'il soit un peu diminué... Tous les coups sont permis, à la guerre comme en amour... »

Les deux femmes se levèrent et se dirigèrent vers la porte.

Il se réveilla en entendant deux voix douces se parlant doucement.
Une voix de chaque côté de lui.
Bizarrement, il connaissait ces deux voix.
Bizarrement, elles n'auraient pas dû se trouver en cet endroit à ce moment...
Cette bizarrerie l'aida à ouvrir les yeux : ça ne se faisait pas de mélanger deux puzzles.
Lisa à sa main droite, la lui caressant amoureusement...
Lydia à sa main gauche, lui massant la paume avec chaleur.
Il alterna un regard vers chacune.

Elles firent « chuuuuuut, mon amour... Chûuuut,ne parle pas... Nous sommes là... N'aie pas peur... Chuuuuuuut.... Tout va bien... »

Les deux puzzles étaient définitivement mélangés...
Il ferma et rouvrit les yeux plusieurs fois, mais la vision était la même.

Cuddy : « mon amour, ne t'inquiète pas... Tout va bien... Je t'aime »

Oh lala, quelle voix... Comment pouvait-elle lui dire des mots d'amour comme ça en plein milieu des urgences, avec cette voix... Il sentait la fièvre remonter en lui...

Lydia : « Mon amour... Je suis là... Comme je t'aime... Mon dieu que je t'aime... »

Sa voix douce le transperçait, l'accent tonique allemand, un peu granuleux, lui donnait le vertige...
Que se passait-il bordel?
Il devait se réveiller...

Cuddy : « Tu as vu, Lydia, il se réveille... Notre pauvre amour... »

Lydia : « Oui, Grégory, chéri, nous sommes là, ne parle pas... Nous serons toujours ensemble... Je t'aime... »

Il y avait un problème...

Cuddy : « Mon amour... tout est résolu... »

Lydia : « Nous t'aimons... Nous avons parlé... Tout va bien... »

Cuddy : « Toi... Moi... Nous... Après tout... L'amour... »

Lydia : « Nous... Pourquoi attendre... L'amour... »

Il ouvrit plus franchement les yeux et parla :
« Qu'est-ce qui se passe? Lisa... Lydia??? Je ne comprends pas... Qu'est-ce qu'on m'a donné comme drogue? »

Cuddy : « Rien mon amour... Juste des antipyrétiques et tes antibiotiques... Nous sommes là... Nous t'aimons... Lydia a raison... Les autres... Les gens... On s'en fout... »
Lydia : « Nous allons vivre notre amour... Lisa... Toi … Moi... Les autres on s'en fout... »

Il continuait de les regarder à tour de rôle...

« Mais qu'est-ce qui se passe? » des larmes lui montèrent aux yeux...

Cuddy: « Mon amour, ne pleure pas... Je comprends... C'est la joie... Il est heureux... Lydia, ma chérie... Il est enfin heureux... «

Lydia : « Lisa, je t'aime... »

Elles échangèrent un regard énamouré... Se levèrent... Et s'embrassèrent délicatement au-dessus de lui, sur la bouche...
Puis l'embrassèrent toutes les deux... A tour de rôle...
Mais qu'est-ce que c'était que ce rêve...
Un grand éclat de rire généralisé le fit sursauter!!
Wilson et Martin, et Treize, puis les deux femmes hurlaient maintenant de rire en se tapant sur les cuisses.
Wilson avait du mal à reprendre son souffle. Des larmes lui coulaient le long des joues...
House se redressa brusquement.

Cuddy : « Mon amouuuurrrrr »
Lydia : « Amouuuuuuurrrrrrrrrrrr »

La farce était rude, mais méritée. Mais pendant un instant, il avait vraiment cru avoir perdu l'esprit.

Wilson continuait à se foutre de lui. Il avait énormément de mal à calmer son fou rire. Martin et Treize aussi en profitaient.

Il les ignora et rapporta son attention sur les deux femmes debout de chaque côté du lit. Il voulut parler mais Cuddy le devança.

Lisa : Bizarre, pour une hallucination, Lydia est vraiment très réaliste, non?

Oups! Il baissa la tête comme un enfant prit en faute. Il n'arrivait pas à définir si Cuddy était en colère ou pas. Que lui avait dit Lydia....la vérité certainement. Ce qui expliquerait leur petit numéro.

Il se rallongea, fermant les yeux en soupirant.

House : Ce que je peux être con parfois!! Merde, il venait de dire ça à voix haute, sa fièvre y était pour quelque chose.

Lydia : C'est marrant, c'est exactement ce que Lisa à dit de toi!

Lisa : Apparemment notre génie vient d'avoir une révélation! A défaut d'avoir trouvé une excuse valable!

House : Je...

Lydia venait de se pencher vers lui pour l'embrasser. Il n'en revenait pas qu'elle fasse CA devant Lisa...Qui souriait....mauvais signe, très mauvais signe...

Lydia glissa sa bouche jusqu'à l'oreille de Greg et murmura.

Lydia : Nous avions besoin de réconfort...Il n'a jamais été question d'amour entre nous. Plus fort se redressant, Ah, au fait, la prochaine fois que tu croiras avoir chopé une MST, arrange-toi pour prévenir la personne de vive voix.

Lisa : Attendez moi Lydia, je vais vous déposer à votre hôtel, mais avant j'ai une chose à dire à Casanova.

Lydia : Je vous attends dans le hall, Adieu Greg ajouta-t-elle dans un sourire.

House : Heu…Salut, se tournant vers Lisa, je suis....

Lisa : Un abruti de compétition, il va donc falloir que je trouve une punition digne de vous....

House aurait pu disparaître, il aurait fait sans hésiter. Ce qui le gênait le plus, c'était la présence des trois personnes qui assistaient au spectacle en se foutant de lui. Son ego venait d'en prendre un coup.

House : Ca peut pas attendre demain...Je...Suis vraiment ...Pas en forme...

Lisa le regarda c'est vrai qu'il n'était pas bien, il avait toujours de la fièvre. Elle se sentit subitement coupable de l'avoir fatigué un peu plus avec ses plaisanteries...Enfin, juste un peu. Et subitement elle trouva. Elle lui fit son plus beau sourire de "House je vous tiens" et lui dit d'une voix douce.

Lisa : Vous connaissez l'histoire des douze travaux d'Hercule?

House : .....?

Lisa : Et bien j'ai une variante rien que pour vous. Dès que vous serez sur pieds, vous viendrez dans mon bureau.

House : Encore plus de consultes? demanda-t-il faiblement.

Lisa : Non, j'appellerais plutôt ça "les douze gages de House"

Elle sourit devant son air de franche inquiétude. Et sans ajouter un mot quitta la salle des urgences. House lança un regard désespéré à Wilson, qui fut subitement repris d'une crise de fou rire. Il arriva juste à articuler un 'Bonne nuit à demain' avant de partir à son tour.

Treize resta près de lui pour le surveiller, en attendant qu'il soit transféré dans une chambre. Quand à Martin, il alla s'occuper d'un jeune patient qui venait d'arriver une fourchette plantée dans une narine. Les risques lorsqu'à 4 ans on court avec cette objet à la main.