À l'exception de deux élèves, la salle commune des Gryffondor est déserte. Remus est assis à une table il serait plongé dans sa lecture si le regard de Sirius, planté derrière lui depuis plusieurs minutes, ne venait pas l'incommoder.
-Qu'est ce que tu fais là ?
-Et toi ?
-Tu sais bien que je ne raffole pas du quidditch. Je vais voir quand James joue, mais sinon je préfère largement rester au calme. Ma présence ici n'est pas étonnante, mais toi tu devrais être dans les gradins en train de crier contre les batteurs des Serpentard.
Sirius s'affale sur le fauteuil le plus proche de Remus et, la tête en arrière déclame avec un ton dramatique -et largement exagéré- :
-J'aurai bien aimé agir insoucieusement, m'amuser au milieu de cette foule en profitant de ma jeunesse, mais mon corps refuse... Je suis en manque !
-En manque d'attention... marmonne Remus.
L'autre se redresse d'un bond, une main sur le cœur :
-En manque d'affection Remus ! Mon corps se languit, ma peau se dessèche, mon cœur s'éteint à petit feu, ça fait une éternité que personne ne m'a témoigner la moindre preuve d'amour !
Tandis qu'il s'écroule théâtralement dans son fauteuil, Remus hausse les sourcils avec un sourire amusé.
-Note pour plus tard : 48h sont désormais une éternité.
Voyant que son mélodrame ne le mène nulle part, Sirius change de stratégie. Il se redresse et fixe Remus du regard. Ce dernier lui lance un regard circonspect puis retourne à son livre :
-Le regard de chien battu, ça fonctionne moins bien sous forme humaine. Mais tu t'améliore, ça commence effectivement à déteindre sur toi.
Sirius se lève alors et, aussi doucement qu'il en est capable, se place derrière le fauteuil de Remus. Il place les mains sur ses épaules et rapproche sa tête de la sienne.
-Sirius, je lis là.
-Plus pour longtemps. Dit-il avec un sourire malicieux.
Il glisse une main dans les cheveux bruns de Remus et plonge son visage dans son cou.
Remus pousse un soupir excédé et se constitue le visage de l'homme intransigeant et insensible que ne craquera pas. Mais au premier baiser que Sirius glisse dans son cou, il succombe. Il se tourne vers lui et l'embrasse tendrement.
-Je déteste quand tu gagnes.
-Je gagne toujours.
Main dans la main, ils s'éloignent vers le dortoir, ne laissant derrière eux qu'un livre encore ouvert.
