Note de l'auteur: Merci beaucoup pour vos reviews, voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira autant que le reste!

Chapitre 3 : Feeling Way Too Damn Good

Nous étions donc le soir de la fameuse fête organisée par nos professeurs.

Résumons la situation.

Depuis deux ans, j'étais libertine et je-m'en-foutiste au possible.

Depuis deux semaines, les paroles de Draco Malfoy me hantaient jour et nuit… toi et moi on est pareil, avait-il dit et je n'avais toujours pas compris la signification de ces mots.

Et enfin, depuis deux heures, je m'observais dans la glace, essayant de choisir une tenue adaptée à la soirée. Finalement, je décidais que je n'avais rien de parfait et qu'il me fallait moi-même transformer mes vêtements. Fort heureusement, ma mère m'avait forcé à apprendre les formules de couture, et j'avais été capable de transformer l'un de mes deux uniformes de Poudlard en une robe rouge et noire, avec une coupe très design sur le bas, et un décolleté plongeant.

Plutôt fière de moi, je passai à la coiffure. J'essayai pendant un bon quart d'heure d'assembler mes cheveux en un chignon sophistiqué… avant d'abandonner finalement pour les lâcher dans une cascade rousse, presque rouge.

Je finis par me diriger enfin vers la Grande Salle où devait se passer l'évènement. Je n'avais toujours pas fait mon choix concernant mon attitude pour la soirée. A vrai dire, il s'était plutôt penchée sur la deuxième solution jusqu'à maintenant, c'est-à-dire, celle de laisser mes sentiments s'emballer et de passer une nuit superbe avec Malfoy. Mais en descendant les marche du Hall, je n'étais plus sûre de rien et je me dis qu'il valait peut-être mieux finalement que je reste de côté et que je laisse simplement les choses se faire.

Je rejoignis Luna et Padma dans le Hall. Padma avait mis toute son énergie à se rendre encore plus belle qu'elle l'était déjà, ce qui était fort difficile, et avait pourtant réussit. J'eus du mal à détourner mes yeux de son visage pendant un moment. Lorsque je vis son sourire moqueur se dessiner face à mon comportement, je détournai la tête. Mon regard se porta ensuite sur Luna. Contrairement à Padma, elle était venue simplement plus propre que d'habitude, mais n'avait rien changé à son apparence en dehors de ça. Ses grands yeux bleus et ses cheveux blonds emmêlés restaient fidèles à eux-mêmes. Elle semblait toutefois déçue.

« Dommage que Harry ne soit pas là… Je m'entendais bien avec lui… » expliqua-t-elle. « Et tu sais, il me croyait lui pour les Cornacs Ronflus ! »

Un peu exaspérée, je lui souris et me dirigeai vers le bar dans la Grande Salle. Je picorai d'abord quelques petites choses à manger. Par pur ennui en vérité. J'attendais avec impatience sa venue. Et son retard commençait à m'inquiéter. Que ferais-je de ma soirée s'il ne se pointait pas ?

Il arriva finalement aux alentours de 23h, alors que toutes les années en dessous de la mienne devaient quitter la pièce et que je m'étais résolue moi aussi à partir. Il était splendide, encore plus qu'à l'ordinaire, vêtu d'un simple pull à col roulé blanc, et d'un pantalon noir, sa robe en soie noire jetée par-dessus le tout. Un seul problème : je crus le voir lâcher doucement la main d'une fillette de 14 ans et lui lancer un clin d'œil complice.

Je sentis la haine monter en moi comme l'orage et je me réjouis qu'il soit enfin l'heure de l'open bar, qui me permettrait de noyer mes fichus sentiments dans l'alcool.

Je me dirigeai donc vers le bar auquel servaient des élèves de septième années, dont Dean et Seamus.

« Un Firewiskhy s'il te plaît Dean. » dis-je.

Je dus avoir l'air particulièrement déprimé parce qu'il afficha un air inquiet avant de me servir.

« Ginny, est-ce que tu vas bien? » demanda-t-il en me tendant le verre.

Je forçai un sourire simplement pour éviter les questions indiscrètes. Dean ne m'avait toujours pas oubliée. Cela faisait presque un an que nous étions sortis ensemble et il n'avait toujours pas tourné la page. Son inquiétude face à chacun de mes gestes m'exaspérait au plus haut point.

« Oui, oui ça va. » dis-je en tentant de cacher la lassitude qui imprégnait mon ton. Il n'eut pas vraiment l'air convaincu mais lorsqu'il voulut répondre, je lui avais déjà tourné le dos pour rejoindre le groupe de filles de sixième année avec qui je m'étais assise.

Je me laissai tomber, avec un soupire digne d'une vieille de 80 ans, sur une chaise qui me permettait de voir avec perfection le diable aux airs angéliques qui faisait bouillir ma rage.

Je le regardais depuis une petite demi-heure. Il était allé d'abord demander une Bièreaubeurre à Crabbe, avait discuté pendant quelques minutes avec lui puis était allé s'adosser tranquillement contre un mur, scrutant silencieusement la salle.

Il semblait chercher quelque chose ou quelqu'un. Mais après avoir enfilé 5 verres de Firewiskhy assez rapidement, j'avoue que j'avais du mal à penser que cette personne pouvait être moi.

Enfin, un éclair illumina ses yeux lorsque son regard se posa sur moi. Il se dirigea rapidement vers moi, la même Bièreaubeurre toujours en main.

Je ne m'étais toujours pas calmé de ce que j'avais aperçu auparavant, alors lorsqu'il fut suffisamment prêt, je me levai et ma main retentit sur sa joue trop rapidement pour que j'aie moi-même le temps de m'en rendre compte. Les regards étaient tous sur moi. Je décidai de m'en foutre et de quitter la Salle, malgré mon incapacité à marcher sans tituber.

Je m'assis sur un banc en pierre dehors, sur la véranda du château, un nouveau verre de Firewiskhy dans les mains. Ma tête commençait à tourner sérieusement. J'avalai une nouvelle gorgée. Je le maudissais, ce blond au yeux gris qui se permettait de m'embrasser comme ça juste pour s'amuser avant d'aller dans les bras d'une autre. Encore une gorgée. J'étais possessive, oui très très possessive. Et une autre. Je le haï, me jurant de ne plus jamais me laisser emporter stupidement par sa vue ou par son toucher. Encore une.

Il était devant moi.

J'eus le temps de voir son visage, et de froncer les sourcils devant son air réellement inquiet. Puis, trou noir.

Je me réveillai dans des draps incroyablement doux. En fait, au début, je crus rêver. J'ouvris les yeux sur un plafond de pierres brutes, taillées grossièrement. Des tentures de velours vert sombre, brodées de fils d'argent, parcouraient les murs, donnant à la pièce une allure médiévale.

Je fronçai les sourcils, perplexe. Ma tête était douloureuse. Je n'arrivais pas à me souvenir de comment j'avais atterri ici. Tentant de retrouver la mémoire, je laissai mes yeux parcourir la salle . Enfin, ils tombèrent sur Lui.

Malfoy dormait à côté de moi, toute trace de souci ayant quitté la surface de son visage. Il semblait paisible comme un ange.

Soudain, me faisant la réflexion qu'il n'était pas un ange, je me souvins du début de la soirée de la veille. Ma haine envers lui, ma claque, ma fuite dans le jardin, mes verres de Firewiskhy, son air inquiet. Un brusque pressentiment me poussa à baisser les yeux. J'étais nue et je me rendis compte avec horreur que lui aussi.

Sûre à présent que ce monstre avait profité de moi la nuit dernière je me levai et me dirigeai vers la porte, folle de rage. Non, en fait j'étais presque nue, j'avais gardé ma culotte me rendis-je compte. Je tentai d'ouvrir la porte, elle était fermée. De toute façon j'étais à demi nue, où serais-je allée ? Je me retournai, cherchant des yeux mes vêtements dans la pièce. Ils n'étaient nulle part. J'étais confuse.

Je vis une autre porte, sûrement celle de la salle de bain. Je l'ouvrai et trouvai mes vêtements soigneusement pliés sur une petite paillasse.

*Etrange…*

M'approchant pour les prendre, je vis qu'ils étaient accompagnés d'un petit mot, écrit d'une plume rapide et adroite, d'une écriture fort belle.

Bonjour Ginny, j'espère que tu as passé une bonne nuit. Voilà ta robe, je te l'ai enlevée hier parce que tu avais du mal à respirer, et cette robe serrée à la taille ne t'aidait pas. Je l'ai faite nettoyer, puisqu'elle était toute tâchée après que tu sois tombée dans la boue hier soir. J'ai caché ta baguette, et je ne te dirai pas où elle est, je ne veux pas que tu partes avant d'avoir pu te parler. Je ne sais toujours pas pourquoi tu m'as frappé hier soir…j'aimerais avoir quelques explications. Habilles-toi vite et viens me réveiller. Je t'attends.

Draco.

Agacée par tant d'attention de la part de cet homme que je détestais, je m'habillai, et me dirigeai vers lui d'un pas décidé.

« Malfoy ! Réveilles toi. » aboyai-je méchamment, observant de haut son corps de statue grecque.

Le gémissement qu'il émit soudain me fit sursauter. Il se retourna et marmonna quelques chose d'incompréhensible dont je ne pus saisir que la fin.

« …dans quelques minutes, promis maman… »

Perturbée, je rougis devant ce spectacle si inattendu, si différent de ce que j'aurais imaginé. Un peu radoucie, je m'assis sur le rebord de son immense lit et tendit la main vers l'épaule de Malfoy.

« Malfoy…réveilles-toi s'il te plaît… » dis-je en le remuant doucement. Il gémit à nouveau comme un enfant, et je ne pus m'empêcher de dégager d'une caresse son front des fines mèches blondes qui le cachaient.

Il ouvrit soudain les yeux…haussa des sourcils, apparemment surpris de me voir si douce, et sourit, tandis que je retirais vivement ma main, me sentant à nouveau rougir. Il faudrait vraiment que je fasse quelque chose contre ces rougissements, me dis-je.

« Tu es jolie quand tu rougis » murmura l'ange allongé à mes côtés, comme s'il avait lu dans mes pensées.

« Je veux ma baguette. » dis-je froidement, reprenant consistance.

« Non pas tout de suite…Je ne veux pas que tu partes…tout de suite. » dit-il doucement, se redressant en position assise, me dépassant à présent par sa taille.

« Alors fais vite. »répondis-je de plus en plus embarrassée, les joues encore vermillons.

« Pourquoi m'as-tu claqué hier soir ? » demanda-t-il, très sérieusement.

Je lui répondis par une autre question qui expliquait mon attitude.

« Qui était cette fille dont tu tenais la main lorsque tu es entré dans la Grande Salle ? »

Un silence s'installa inconfortablement entre nous. Nous le brisâmes ensemble.

« Oh et puis » commençai-je tandis qu'il disait « Je suis… ».

Nous nous tûmes à nouveau.

« Vas-y » lui dis-je finalement.

« Je suis désolé. » répondit-il simplement.

Je ne comprenais pas. Il n'avait pas répondu à ma question et cela commençait à me rendre dingue. Au moment où j'allais lui crier de m'expliquer, il continua.

« Je suis désolé, je ne pensais pas que tu m'en voudrais pour si peu… Tu fais tout pour me montrer que je n'ai aucune importance à tes yeux, tu ne me regardes pas, tu ne viens pas me parler, tu m'ignores malgré tous les efforts que je fais pour te croiser, pour m'habiller, pour que tu me voies tout simplement…Alors je n'ai pas pensé que tu serais jalouse si je passais la soirée avec une autre que toi. »

Jalouse…Le mot retentit avec violence dans mon esprit. Depuis quand étais-je jalouse ? Je n'en avais aucune idée. Mais surtout, pourquoi étais-je jalouse ? La réponse n'était pas celle que je voulais entendre, je décidai donc de l'ignorer.

« D'ailleurs je n'ai rien fait de plus que l'embrasser, la pauvre Aëryn est vraiment pure comme fille, c'est à se demander ce qu'elle fiche dans ma maison. »

Cela me remit les idées en place. Il l'avait embrassée. L'avait-il embrassé de la même façon qu'il m'avait embrassé moi quelques jours auparavant ?

« Et ce n'était pas aussi bon qu'avec toi Ginny… »dit-il, répondant encore à ma question mentale. Mon cœur rata un battement lorsqu'il prononça mon nom, et je crois que c'est à ce moment là que je fus perdue.

Je n'avais pas remarqué moi-même que j'avais baissé les yeux et qu'une larme s'était mise à couler sur ma joue droite, blanche et tachetée de taches de rousseur. Je n'en pris conscience que lorsque ses doigts frais furent sur celle-ci, essuyant ma larme et relevant mon menton délicatement.

Ses lèvres furent sur les miennes en quelques secondes. Douces, sucrées, fraiches, rondes, délicieuses… Il m'embrassa d'abord doucement, comme s'il craignait de me briser, puis lorsque j'entrouvris mes lèvres, il frissonna et me fit frissonner à mon tour, comme s'il m'avait passé une décharge électrique, sauf que là, il s'agissait d'une décharge d'extase.

C'est à partir de ce moment là que nous commençâmes à nous embrasser plus passionnément. Nous nous mordîmes avec haine et fougue, comme deux âmes désespérées tentant de fusionner en vain et ne pouvant se séparer, comme deux enfants jouant à celui qui aurait le dessus, mordant, tirant dansant vivement. Le temps n'existait plus…

Nous finîmes par réellement fusionner. Après avoir retiré la robe fraichement lavée que j'avais mis tant de temps à trouver, nous nous agrippâmes l'un à l'autre comme deux naufragés et dans une vague de passion simultanée nous fusionnâmes. Quelques minutes de torture délicieuse et d'extase douloureuse et nos gémissements synchronisés coulèrent, complémentaires.

C'était la première fois que je ressentais ça. L'orgasme féminin. Le vrai. Et c'était avec Draco Malfoy que je l'avais vécu pour la première fois.

Je me laissai tomber sur lui, épuisée par notre folie animale. Il souriait largement, comme plongé dans un rêve merveilleux.

« Merci mon amour… » je crus l'entendre murmurer…

Non, en fait… j'en était sûre.

*Oh merde…*

A suivre